Derniers moments de Vitellius
Tacite, Histoires , m, 84-85.)
La ville une fois prise, Vitellius se fait porter par le côté opposé du palais 1 , sur une modeste chaise à porteurs, à la maison de sa femme. -Son intention était, s’il réussissait à se dissimuler durant la journée, de se rendre à Terracine, auprès des cohortes que commandait son frère. Ensuite, cédant à son irrésolution habituelle ou parce que, selon l’ordinaire effet de la peur, il se croyait toujours le plus en danger là où il était, il rentra dans sa demeure du Palatin. Elle était vide 2 et abandonnée: les esclaves même les plus infimes avaient fui ou évitaient de se trouver sur son passage. La solitude et le silence l’épouvantent; il entrebâille les portes des salles 3 , frissonne de les trouver vides. Fatigué d’errer misérablement 4 , il s’était dissimulé dans un réduit abject quand il en fut tiré par Julius Placidus, qui commandait une cohorte. On lui lia les mains derrière le dos. C’était une chose lamentable que de le voir emmener, les vêtements déchirés, sous les huées, sans que personne versât une larme. N’ayant conservé aucune dignité dans sa chute, il n’inspirait aucune pitié. Un soldat de l’armée’ de Germanie qui passait asséna un grand coup d’épée 5 : voulait-il frapper Vitellius par haine ou pour le soustraire plus tôt aux humiliations? Voulait-il atteindre le tribun ? On ne le sut pas : il ne réussit