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LES VERTIGES

3° Les noyaux oculomoteurs, par un faisceau direct et par l'intermédiaire des tubercules quadrijumeaux antérieurs.

4° Les tubercules quadrijumeaux antérieurs, corps genouiltés externes.

5° La moelle, pour les réflexes de dilatation pupillaire (?).

Physiologie. — On peut diviser la rétine en deux surfaces neuro-épithéliales bien distinctes, que nous appellerons la rétine des bâtonnets et la rétine des cônes.

1° La rétine des bâtonnets est de beaucoup la plus étendue, la plus générale et la plus ancienne dans la série des formations oculaires. Les animaux nocturnes n'ont que la rétine des bâtonnets et ne voient, par conséquent, pas comme nous. Il en est. des perceptions de cet organe comme de celles des papilles vestibulaires, bien antérieures aux perceptions auditives du limaçon : elles commandent, sans doute, d'importants réflexes, mais n'ont guère, pour nous, de manifestation consciente; nous croyons volontiers que les bâtonnets ne servent pas plus à la vision telle que nous la connaissons consciemment, cérébralemenî, que les terminaisons vestibulaires ne servent à l'audition. Et pourtant, il est hors de doute que les animaux invertébrés, s'ils n'ont pas l'audition tonale, ont une perception très nette des ébranlements et des trépidations, et qu'ils en orientent la provenance. Doit-on admettre quelque perception d'un ordre analogue pour les bâtonnets des Invertébrés et des Nocturnes? Cette surface neuro-épithéliale puise-t-elle dans le spectre d'autres excitations que la couleur et la lumière? S'adresse-t-elle au spectre chimique, ou analyse-t-elle l'ébranlement lumineux directement comme ébranlement, sans fournir la synthèse des perceptions continues de lumière et de couleur? Devons-nous y voir, rassemblés en une rétine, les agents de perception analogues ou correspondant aux fonctions dermatoptiques? Le fait que les animaux nocturnes s'en servent comme d'une vision, définissant des images par orientation des perceptions élémentaires distinctes, nous ferait penser à une vision d'où la lumière et la couleur seraient absentes,

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comme l'orientation auriculaire des Invertébrés nous force à admettre une audition étrangère aux perceptions de son et de timbre. Notre ignorance complète des fonctions inférieures de la rétine est d'autant plus regrettable que nous savons que ce ne sont pas les parties de l'oreille consacrées à l'audition qui engendrent le plus volontiers le vertige, mais précisément les papilles vestibulaires que nous supposons fournir des perceptions inconscientes d'ordre analogue à celles qui naissent de la rétine des bâtonnets.

2° tiétine des cônes. — Ici le problème peut au moins se poser. Les cônes nous fournissent les perceptions colorées comme les cellules de Gorti donnent les perceptions tonales; la composition des unes donne les mélanges plus ou moins saturés comme la combinaison des autres donne les timbres. Tandis que les bâtonnets occupent toute la rétine, sauf au niveau de la tache jaune, où les cônes pressés ressemblent à des bâtonnets et cumulent peut-être les deux fonctions, les cônes ont une distribution toute spéciale. Occupant toute la fossette centrale, ils diminuent en nombre de cette région jusqu'à Y or a serrata. La lumière colorée simple, plus ou moins saturée, la lumière composée, la lumière blanche sont perçues sur toute la surface de la rétine des cônes, pourvu que l'excitation soit suffisante.

11 en est ainsi de toutes les perceptions neuro-épithéliales; la sensation se manifeste d'abord, puis elle se classe par ses caractères quand elle atteint une intensité suffisante pour que l'analyse se précise.

On a pu ainsi diviser les perceptions rétiniennes en photesthésiques et chrornoesthésiques ; ce sont les mêmes éléments, les cônes, qui exercent ces deux degrés d'une même fonction. La couleur est toujours lumineuse, et la lumière est toujours colorée, de façon simple ou composée. Il faut une certaine intensité pour que la tonalité d'une lumière se définisse. Une couleur de très faible intensité lumineuse apparaît blanchâtre, une couleur d'un éclat insupportable redevient blanchâtre. 11 en est de même des sons qui, lorsqu'ils sont faibles, ne révèlent pas leur tonalité, et qui, au delà d'une certaine intensité, cessent de

nouveau de se classer. La tonalité sonore, comme la lumineuse, ne s'analyse que dans certaines limites d'intensité. Les perceptions thermoesthésiques sont dans ce cas, la douleur également. Nous ne classons, nous n'analysons qu'entre certaines limites de l'intensité de perception. Mais c'est le même élément qui perçoit et qui classe.

C'est précisément quand cette irritation rétinienne devient extrême que le vertige d'irradiation peut apparaître, consécutif à l'éblouissement. L'œil ébloui, surmené, ne définit plus l'image, ne localise plus, perd tout rapport avec le monde visible et figuré. La désorientation subjective se montre alors.

Certains contrastes de couleurs et de lumières, soit simultanés, soit consécutifs, provoquent également le trouble vertigineux, non par éblouissement total, mais par fatigue et surexcitation de certaines propriétés rétiniennes^ Le chatoiement de certaines étoffes, le jeu des moires, l'opposition immédiate de couleurs complémentaires intenses produisent un éblouissement localisé qui fatigue l'œil et, chez les sujets prédisposés, éveillent un vertige léger De même les successions rapides de couleurs contrastantes, d'obscurité et de lumière, fatiguent très rapidement la rétine et suscitent un retentissement vertigineux. Enfin, la vue des grandes surfaces monotonales sans accident qui arrête l'œil et le repose, les longs espaces blancs uniformes, l'obscurité absolue produisent également le vertige chez les sujets prédisposés.

3° Les surfaces neuro-épithéliales concaves sont adaptées à l'exercice des localisations à distance; de plus, quand elles sont centrées, elles renversent exactement l'image qu'elles reçoivent, c'est-à-dire que chaque élément, étant sur le prolongement d'un axe secondaire, extériorise selon cet axe, et l'ensemble de ces extériorisations élémentaires définit l'image objective. Plus les éléments analyseurs sont rapprochés, que ce soient des corpuscules tactiles ou des cônes rétiniens, plus l'image est délicate et précise dans sa définition. C'est donc de la périphérie de la rétine vers le centre, vers la tache jaune, que les images vont se préciser, et c'est même au niveau de la tache jaune que se

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trouve le lieu des définitions d'image les plus précises et les plus exactes. L'image objective a donc pour centre constant le centre de la vision nette autour duquel s'étend, de moins en moins analysé, le champ visuel. L'œil mesure la distance de tout point du champ rétinien au centre de la rétine, et cette mesure dirige les déplacements angulaires du globe dans la recherche de la vision nette de chaque point intéressant. Cette définition de l'image visuelle en mesures rapportées au centre de la rétine nette, contribue à former l'orientation visuelle objective directe; elle préexiste aux déplacements du globe dans l'orbite, et aux mouvements de la tête. L'orientation objective directe régit les accommodations du globe et de la tête aux conditions extra-oculaires de la vision nette. Nous voyons immédiatement quelle série d'actes réflexes compliqués celte fonction commande et dirige.

Cette fonction d'orientation directe est liée très immédiatement aux phénomènes vertigineux. On peut dire que tout ce qui trouble l'économie de l'orientation objective directe est une source de vertige chez les sujets prédisposés. Les déformations d'images, soit par des surfaces réfléchissantes sphériques, comme les boules des jardins, soit par des surfaces mal aplanies, par l'eau en mouvement, la création d'images secondaires par le déplacement en sens inverse de surfaces rayées formant des moires, les mouvements rythmés et monotones d'objets oscillants dans le voisinage de la vision nette, sollicitant constamment la recherche d'une accommodation involontaire, le déplacement rapide de tout le champ visuel, comme lorsqu'on regarde de trop près, en chemin de fer, le paysage qui fuit; une grande différence d'éclairage, de perspective, de couleur ou de mouvement entre les deux moitiés du champ visuel, toutes ces causes peuvent provoquer le vertige.

On conçoit que tout ce qui trouble l'orientation objective altère par renversement l'orientation subjective et fait ainsi apparaître le trouble vertigineux.

De ce qui précède nous pouvons conclure à certaines attributions de quelques-uns des conducteurs nerveux.

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Le faisceau cérébral direct servira à véhiculer vers l'écorce les perceptions rétiniennes, d'où nous tirons la conscience des images visuelles, nos appréciations, nos combinaisons esthétiques visuelles, la lecture, et tout ce qui nous définit l'espace objectif lumineux et coloré et le livre à l'assimilation et à l'exploitation psychiques.

Le faisceau cérébelleux direct fournirait au cervelet les images d'espace sans lesquelles cet organe ne peut établir de coordination réflexe ni d'adaptation motivée. 11 appartient donc à l'orientation objective inconsciente et joue, pour le globe oculaire, le rôle que remplissent les faisceaux cérébelleux du vestibule pour l'orientation subjective directe, et ceux de la moelle pour le sens musculaire, dans l'acception la plus large qu'on puisse donner à ce mot.

Le faisceau olivairc est, après le cérébelleux, celui qui nous intéresse le plus au point de vue des phénomènes vertigineux. En effet, Bechterew a démontré, par des expérimentations sur des animaux, que les olives inférieures ont une relation incontestable avec les fonctions d'équilibre du corps, ce qui concorde, ajoute-t il, de tout point avec le fait de la connexion intime de ces organes avec le cervelet.

Il admet, d'ailleurs, également que les noyaux de la protubérance sont en rapport avec les hémisphères cérébelleux et doivent jouer un rôle, encore mal défini, dans la fonction de l'équilibre.

Le rôle du faisceau oculomoteur se comprend aisément, les noyaux oculomoteurs servant aux réflexes d'adaptation, d'accommodation et d'orientation du globe oculaire, ayant pour but de réaliser la vision nette d'un nombre infini de points de l'espace. Ces fibres forment la voie centripète des irritations qui déterminent les réflexes visuels, et ne servent sans doute pas à l'adaptation, à l'accommodation, à l'orientation volontaires des fonctions visuelles, qui demandent l'intervention de centres supérieurs de l'écorce cérébrale, auxquels se soumet l'action des noyaux oculomoteurs inférieurs. Il est ici question de l'accommodation à la distance et non à l'intensité lumineuse.

Nous savons encore que la substance grise du 3e ventricule est, d'après Bechterew, en rapport avec les fonctions

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d'équilibration et que cette région, par l'olive inférieure, peut être regardée comme reliée de loin aux fonctions de la rétine.

En résumé, le vertige rétinien ou optique ne s'explique pas aussi directement que le vertige labyrinthique, — et l'anatomie et la physiologie nous permettent peu d'inductions précises.

Clinique. — La clinique nous apprend peu de choses. Nous savons que, dans certains cas de vertige, la fixation du regard peut enrayer la marche des troubles de désorientation en maintenant l'orientation visuelle, la plus précise de toutes les orientations sensorielles, et en maintenant sous l'inhibition cérébrale l'irritation fonctionnelle des oculomoteurs, si susceptibles chez les vertigineux. Weill remarque que chez les neurasthéniques et les névrosés, le vertige peut être provoqué par la vue d'un nuage, celle u*un cours d'eau. « Mais l'expérience de tous les jours révèle une série de vertiges visuels provoqués sans état pathologique proprement dit. Le passage de l'obscurité à la lumière ou l'exposition subite à une lumière trop vive (Purkinje), la vue de couleurs multiples et châtoyantes, un faux jour produit par des vitraux bleus (Guéneau de Mussy), etc., déterminent une sensation vertigineuse. La vue d'une tenture tapissée de losanges uniformes fait croire qu'il y a un véritable mouvement s'effectuant sur cette surface; il suffit de fixer un des dessins en le marquant d'une autre couleur et le vertige s'arrête (Darwin). ! Le passage devant une grille ou la vue d'une tenture rayée agissent de même. La vue des corps en rotation produit le vertige. — Le vertige peut encore être dû à la vision à Iravers certains brouillards, à travers des corps transparents irréguliers, des verres impropres par réfrangibilité ou inclinaison (Cuignet). On connaît le vertige provoqué par l'examen attentif d'une eau courante, le vertige des chemins de fer, des voitures, qui donne la sensation du déplacement inverse des objets extérieurs, surtout dans la position à rebours ». — Malheureusement Weill confond, sous le nom de vertiges visuels, le vertige optique, le vertige

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oculomoteur et le vertige ophtalmique qui ont des mécanismes et des causes très variables. Nous n'avons cité ici que ses exemples se rapportant au vertige rétinien ou optique.

Les troubles circulatoires des anémiques, goutteux, chloro-brightiques, etc., provoquent facilement dans la rétine des éblouissements, des brouillards, des mouches volantes noires et lumineuses, soit au moment d'une crise neurovasculaire, avec palpitations, oppressions, bourdonnement d'oreilles, battement temporal, etc. ; soit quand le sujet baisse la tête ou fait effort, dans la toux, dans la défécation, etc. Le vertige est souvent, dans ce cas, labyrinthique selon toute vraisemblance, mais il est aussi parfois franchement rétinien. Certains malades savent qu'ils ne peuvent ramasser un objet à terre sans vertige, à moins de ne pas baisser la tête et de la maintenir droite. Enfin, la congestion due à la suractivité fonctionnelle, lecture prolongée à la lumière vive, séjour dans les neiges trop éclairées, etc. Ce vertige disparaît par l'occlusion des yeux.

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