CLASSIFICATION
Il n'existe en réalité qu'un seul vertige, caractérisé par la désorientation subjective sous une des quatre formes que nous avons décrites. Mais ce vertige pouvant apparaître à la suite des irritations, des troubles les plus variés, nous devons reconnaître, pour l'étude clinique, autant de vertiges qu'il y a de causes de vertiges, chaque vertige pouvant associer, par irradiation, tous les troubles imaginables. Nous examinerons donc les causes locales, qui sont toujours reconnaissables ou supposables, et les causes générales qui le sont infiniment moins. Nous avons réuni un grand nombre de causes de vertige que nous avons groupées par appareils physiologiques distincts. Les vertiges de cause générale ne sei oot que la mise en valeur de tel ou tel vertige de cause locale, sous une influence qui atteint également d'autres appareils et se manifeste par d'autres symptômes. Le vertige goutteux pourra ainsi être du vertige labyrinthique, hépatique, hémorroïdaire, oculaire, etc. Il nous suffira de dire, à propos de chacun d'eux, que la goutte peut y prédisposer. Le vertige tabétique pourra être bulbaire, oculomoteur, optique, laryngé, labyrinthique, cérébral, etc. Nous aurons donc peu de choses à dire des vertiges de cause générale; nous en parlerons cependant, pour plus de division, dans notre exposé clinique.
Nous n'avons aucune donnée analomique qui puisse nous expliquer la production directe des accidents vertigineux, d'origine olfactive. iVous ignorons absolument comment le bulbe olfactif est mis en rapport avec les régions centrales dont la lésion ou l'irritation provoquent la désorientation subjective. Cependant, il est évident que beaucoup d'animaux s'orientent par l'odorat et se définissent à euxmêmes un espace olfactif dans lequel ils se dirigent aussi sûrement et plus sûrement même parfois qu'au moyen des autres sens. Si l'appareil de l'olfaction est apte à définir, pour ces animaux, le lieu des points odorants, le moindre trouble de cette' fonction de localisation objective peut, par renversement, réagir sur l'orientation subjective de l'animal et lui donner des notions fausses sur sa position dans cet espace ainsi défini; l'équilibration et l'orientation en souffriront aussitôt. 11 faut avouer que cette question n'est pas suffisamment élayée par l'expérimentation et que nous ne pouvons même pas la formuler pbysiologiquement, comme nous le ferons pour les afipareils oculaires, auriculaires et tactiles.
Cliez l'homme, le flair, assez délicat comme analyse qualitative et quantitative, est très inférieur dans l'exercice de la localisation. Il est donc fort probable que le vertige olfactif est un vertige d'irradiation provoqué par certaines sensations ou trop aiguës ou trop spéciales.
La clinique nous offrirait sans doute peu d'observations de vertige olfactif; nous pouvons néanmoins en rencontrer des exemples autour de nous. Certains parfums, comme ceux des composées en particulier, dont les fleurs, chauflées par le soleil, exercent sur certaines personnes une griserie plus ou moins profonde, peuvent provoquer, selon l'intensité et selon les spécialités individuelles, soit de la lourdeur de tête, soit une demi-pâmoison caractérisée par une sensation d'élargissement, d'éblouissement olfactif,
(répanoiiissement inlérieur de loiil l'être, douL l'aboulissant est le vertige. L'encens, et certains parfums orientanx engendrent facilement ime sensation d'étourdissement, d'engourdissement et d'énervement toute spéciale que cerlaines natures recherchent comme une volupté ollaclive et psychique, et que d'autres tempéraments ne peuvent tolérer. Le vertige pourra apparaître chez les uns conune chez les autres.
L'odeur de ((uelques suhstances provoque la nausée plus encore que leur goût, et nous n'ignorons pas d'ailleurs que nous prenons sauvent pour des perceptions gustatives des perceptions purement olfactives. Les odeurs trop mélangées grisent plus vite que les odeurs simples, de même que le mélange des vins trouble plus vite que l'usage immodéré d'un même vin. Cerlaines personnes ne peuvent séjourner dans les expositions de parfumerie ou dans les foules, que le mélange des parfums portés et chauffés, joint aux multiples odeurs du corps humain, rend insupportables à beaui:oup de nerveux. Chacun peut trouver, avec un peu de recherche, les odeurs qui l'étourdissent, le troublent, le grisent, et inversement celles qui coupent et suppriment les étourdissements et les nausées. Les produits qui irritent la muqueuse nasale et font ainsi dérivation sur le bulbe olfactif, tels que l'ammoniaque, l'éther, le vinaigre, etc., sont dans ce cas. Nous n'insisterons pas davantage sur ce vertige des odeurs, dont la clinique n'a guère à s'occuper, et qui se manifeste cependant principalement quand il y a prédisposition à la réaction vertigineuse.
Anatomie. — Chaque bandelette optique, qui constitue en réalité, nous l'avons vu plus haut, le véritable nerf optique mettant chaque hémisphère en rapport avec la moitié opposée du champ visuel, va se diviser en un certain nombre de faisceaux que nous devons suivre isolément.
LES VF.UTIGES.
Les fibres qui, de la réline au chiasma, forment les deux demi-nerfs optiques, ont été interceptées une seule fois, au niveau de la couche des grosses cellules ganglionnaires de la réline, large ganglion étalé que nous pouvons rapprocher du ganglion dill'us de Scarpa et du ganglion spiral qui interceptent les fibres du nerf labyrinthique. Deux sortes de fibres, comme poui' le nerf labyrinthique, d'ailleurs, vont aboutir aux formations corticales sans nouvelle interruption.
1° Le faisceau cérébral direct qui, de la bandelette optique, s'intléchit pour entrer dans la partie postérieure de la capsule interne, et par le faisceau scnsilif général se dirige vers le cunéus et la démi-circonvoiution placée sous lui. Ce faisceau est de tous points comparable au faisceau cérébral de la racine postérieure du nerf labyrinthique, qui remonte sans interruption par le même faisceau sensitif général vers les circonvolutions temporales.
2° Le faisceau cérébelleux direct, dont nous avons déjà fait mention, qui, sorti de la bandelette en arrière des corps genouillés par la racine descendante de Slilling, gagne le pédoncule cérébelleux supérieur et aboutit au noyau denté. Nous pourrons le comparer aux faisceaux cérébelleux directs du labyrinthe et de la moelle.
Viennent ensuite :
Tt" Un faisceaii oculomoteur, qui par les mêmes racines se dirige vers le noyau du moteur oculaire commun, et, par lui et le faisceau longitudinal postérieur, communique avec tout le système de l'oculomotricité réflexe.
4° Un faisceau genouillé externe. Une grande partie des fibres de la bandelette est interceptée par le noyau de ce nom, qui est en rapports commissuraux avec :
a) les tubercules quadrijumeaux antérieurs;
b) les lobes occipitaux par le segment postérieur de la capsule interne.
5° Un faisceau des tubercules quadrijumeaux antérieurs, vers ces noyaux, d'où part un gros faisceau qui, comme le
VERTIGE OPTIQUE. 7j
précédent, aboutit à l'écorce du lobe oeci{Dital. Un autre foisceau (Meynerl) va aux noyaux oculonioleurs.
6" Un faisceau oiivaire, vers l'olive inférieure du bulbe, qui émet à son tour un faisceau (f. central de la calotte, Bechterew) qui remonte dans la protubérance, se place près du faisceau longitudinal postérieur, au côté interne du noyau rouge, et disparaît au niveau de la substance grise du troisième ventricule (Bechterew). De ces mêmes olives partent des fibres soit vers le corps denté, ou olive cérébelleuse, soit vers l'écorce du cervelet, par les pédoncules inférieurs.
7" Un faisceau proliibérantiel. Celui-ci aboutit aux noyaux de la protubérance. Or, ces derniers communiquent avec :
a) les noyaux réticulés,
b) le cervelet,
c) les lobes occipitaux,
d) le noyau caudé,
e) le corps lenticulaire.
Le noyau réticulé établit «à son tour la correspondance avec les tubercules quadrijumeaux postérieurs, les ganglions cérébraux (Bechterew), le noyau postéro-basilaire de la couche optique.
La réline est donc en rapports avec :
1° Le cerveau : — Cuneus et lobe sous-jacent, par un faisceau direct;
— lobe occipital, par le faisceau sensitif de la capsule interne, provenant soit du corps genouillé interne, soit des tubercules quadrijumeaux antérieurs, soil enfin par les noyaux de la protubérance;
— la substance grise du troisième ventricule, par l'intermédiaire de l'olive inférieure;
— le noyau caudé, le corps lenticulaire, le noyau postéro-basilaire de la couche optique, par les noyaux de la protubérance.
2" Le cervelet, par le faisceau cérébelleux direct, par l'olive inférieure, par les noyaux de la protubérance.
LES VEItTIGES.
5" Les noyaux ocnlornoleurs, par un faisceau direct et par l'inlerinédiaire des tubercules quadrijumeaux antérieurs.
4° Les lubercules quadri jumeaux antérieurs, corps ge- 71011 i liés externes.
5" La moelle, pour les réflexes de dilatation pupillaire {?).
Physiologie. — On peut diviser la rétine en deux surfaces neuro-épithéliales bien distinctes, que nous appellerons la rétine des bâtonnets et la rétine des cônes.
1° La rétine des bâtonnets est de beaucoup la plus étendue, la plus générale et la plus ancienne dans la série des formations oculaires. Les animaux nocturnes n'ont que la rétine des bâtonnets et ne voient, par conséquent, pas comme nous. Il en est des perceptions de cet organe comme de celles des papilles veslibulaires, bien antérieures aux perceptions auditives du limaçon : elles commandent, sans doute, d'importants réflexes, mais n'ont guère, pour nous, de manifestation consciente; nous croyons volontiers que les bâtonnets ne servent pas plus à la vision telle que nous la connaissons consciemment, cérébralemeni, que les terminaisons vestibulaires ne servent à l'audition. Et pourtant, il est hors do doute que les animaux invertébrés, s'ils n'ont pas l'audition tonale, ont une perception très nette des ébranlements et des trépidations, et qu'ils en orientent la provenance. Doit-on admettre quelque perception d'un ordre analogue pour les bâtonnets des Invertébrés et des Nocturnes? Cette surface neuro-épithéliale puise-t-elle dans le spectre d'autres excitations que la couleur et la lumière? S'adresse-t-elle au spectre chimique, ou analyse-t-elle l'ébranlement lumineux directement comme ébranlement, sans fournir la synthèse des perceptions continues de lumière et de couleur? Devons-nous y voir, rassemblés en une rétine, les agents de perception analogues ou correspondant aux fonctions dermatoptiques? Le fait que les animaux nocturnes s'en servent comme d'une vision, définissant des images par orientation des perceptions élémentaires distinctes, nous ferait penser à une vision d'où la lumière et la couleur seraient absentes,
VERTICE Ol'TIQliE.
comme roriontalioii aiiricuhiiro des Invcrlébrés nous force à admeUi'e une audilioii étraiioère aux perceptions de son et (le timbre. Notre ignorance complète des fonctions inférieures de la rétine est d'autant plus regrettable que nous savons que ce ne sont pas les parties de l'oreille consacrées à l'audition qui engendrent le plus volontiers le verlige, mais précisément les papilles vestibulaires que nous supposons fournir des perceptions inconscientes d'ordre analogue à celles qui naissent de la rétine des bâtonnets.
2" Hétine des cônes. — Ici le problème peut au moins se poser. Les cônes nous fournissent les perceptions colorées comme les cellules de Gorli donnent les perceptions tonales; la composition des unes donne les mélanges plus ou moins saturés comme la combinaison des autres donne les timbres. Tandis que les bâtonnets occupent toute la rétine, sauf au niveau de la tache jaune, où les cônes pressés ressemblent à des bâtonnets et cumulent peut-être les deux fonctions, les cônes ont une distribution toute spéciale. Occupant toute la fossette centrale, ils diminuent en nombre de cette région jusqu'à Vora serrata. La lumière colorée simple, plus ou moins saturée, la lumière composée, la lumière blanche sont perçues sur toute la surface de la rétine des cônes, pourvu que l'excitation soit suffisante.
Il en est ainsi de toutes les perceptions neuro-épilhéliales; la sensation se manifeste d'abord, puis elle se classe par ses caractères quand elle atteint une intensité suffisante pour que l'analyse se précise.
On a pu ainsi diviser les perceptions rétiniennes en photesthésiques el chroinoesthésiques ; ce sont les mêmes éléments, les cônes, qui exercent ces deux degrés d'une même fonction. La couleur est toujours lumineuse, et la lumière est toujours colorée, de façon simple ou composée. 11 faut une certaine intensité pour que la tonalité d'une lumière se définisse. Une couleur de très faible intensité lumineuse apparaît blanchâtre, une couleur d'un éclat insupportable redevient blanchâtre. 11 en est de même des sons qui, lorsqu'ils sont faibles, ne révèlent pas leur tonalité, et qui, au delà d'une certaine intensité, cessent de
IJÎS VKI'.TKjES.
nouveau de se classer. La U)nalilé sonore, comme la lumineuse, ne s'analyse que clans certaines limites d'intensité. Les perceptions thermoestliésiques sont dans ce cas, la douleur également. Nous ne classons, nous n'analysons qu'entre certaines limites de l'intensité de perception. Mais c'est le même élément (jui perçoit et qui classe.
C'est précisément quand cette irritation rétinienne devient extrême que le vertige d'irradiation peut apparaître, consécutif à l'éblouissement. L'œil ébloui, surmené, ne définit plus l'image, ne localise plus, perd tout rapport avec le monde visible et figuré. La désorientation subjective se montre alors.
Certains contrastes de couleurs et de lumières, soit simultanés, soit consécutifs, provoquent également le trouble vertigineux, non par éblouissement total, mais par fatigue et surexcitation de certaines propriétés rétiniennesa Le chatoiement de certaines étoffes, le jeu des moires, l'opposition immédiate de couleurs complémentaires intenses produisent un éblouissement localisé qui fatigue l'œil et, chez les sujets prédisposés, éveillent un vertige léger De même les successions rapides de couleurs contrastantes, d'obscurité et de lumière, fatiguent très rapidement la rétine et suscitent un retentissement vertigineux. Enfin, la vue des grandes surfaces monotonales sans accident qui arrête l'œil et le repose, les longs espaces blancs uniformes, l'obscurité absolue produisent également le vertige chez les sujets prédisposés.
3" Les surfaces neuro-épithéliales concaves sont adaptées à l'exercice des localisations à distance; de plus, quand elles sont centrées,, elles renversent exactement l'image qu'elles reçoiv» nt, c'est-à-dire que chaque élément, étant sur le prolongement d'un axe secondaire, extériorise selon cet axe, et l'ensemble de ces extériorisations élémentaires définit l'image objective. Plus les éléments analyseurs sont rapprochés, que ce soient des corpuscules tactiles ou des cônes rétiniens, plus l'image est délicate et précise dans sa définition. C'est donc de la périphérie de la rétine vers le centre, vers la tache jaune, que les images vont se préciser, et c'est même au niveau de la tache jaune que se
YEl\TIGE OI'TIOLIE
trouve le lieu des définitions d'image les plus précises et, les plus exactes. L'image objective a donc pour cenli'e constant le centre de la vision nette autour duquel s'étend, de moins en moins analysé, le champ visuel. L'œil mesure la distance de tout point du champ rétinien au centre de la réline, et cette mesure dirige les déplacements angulaires du globe dans la recherche de la vision nette de chaque point intéressant. Cette définition de l'image visuelle en mesures rapportées au centre de la rétine nette, contribue à former l'orientation visuelle objective directe; elle préexiste aux déplacements du globe dans l'orbite, et aux mouvements de la téle. L'orientation objective directe régit les accommodations du globe et de la tête aux conditions extra-oculaires de la vision nette. Nous voyons immédiatement quelle série d'actes réllexes compliqués cette fonction commande et dirige.
. Cette fonction d'orientation directe est liée très immédiatement aux phénomènes vertigineux. On peut dire que tout ce qui trouble l'économie de l'orientation objective directe est nue source de vertige chez les sujets prédisposés. Les déformations d'images, soit par des surfaces réfléchissantes sphériques, comme les boules des jardins, soit par des surfaces mal aplanies, par l'eau en mouvement, la création d'images secondaires par le déplacement en sens inverse de surfaces rayées formant des moires, les mouvements rythmés et monotones d'objets oscillants dans le voisinage de la vision nette, sollicitant constamment la recherche d'une accommodation involontaire, le déplacement rapide de tout le champ visuel, comme lorsqu'on regarde de trop près, en chemin de fer, le paysage qui fuit; une grande différence d'éclairage, de perspective, de couleur ou de mouvement entre les deux moitiés du champ visuel, toutes ces causes peuvent provoquer le vertige.
On conçoit que tout ce qui trouble l'orientation objective altère par renversement l'orientation subjective et fait ainsi apparaître le trouble vertigineux.
De ce qui précède nous pouvons conclure à certaines attributions de quelques-uns des conducteurs nerveux.
LES VEKTIGES.
Le faisceau cérébral dirccl servira à véhiculer vers l'écorce les perceptions l éliiiieiines, d'où nous tirons la conscience des images visuelles, nos appréciations, nos combinaisons esthétiques visuelles, la lecture, et tout ce qui nous définit l'espace ohjectit lumineux et coloré et le livre à l'assimilation et à l'exploitation psychiques.
Le faisceau cérébelleux, direct fournirait au cervelet les images d'espace sans lesquelles cet organe ne peut établir de coordination réflexe ni d'adaptation motivée. 11 appartient donc à l'orientation objective inconsciente et joue, pour le globe oculaire, le rôle que remplissent les faisceaux cérébelleux du vestibule pour l'orientation subjective directe, et ceux de la moelle pour le sens musculaire, dans l'acception la plus large qu'on puisse donner à ce mot.
Le faisceau olivaire est, après le cérébelleux, celui qui nous intéresse le plus au point de vue des phénomènes vertigineux. En effet, Bechterew a démontré, par des expérimentations sur des animaux, que les olives inférieures ont une relation incontestable avec les fonctions d'équilibre du corps, ce qui concorde, ajoute-t il, de tout point avec le fait de la connexion intime de ces organes avec le cervelet. .
Il admet, d'ailleurs, également que les noyaux de la protubérance sont en rapport avec les hémisphères cérébelleux et doivent jouer un rôle, encore mal défini, dans la fonction de l'équilibre.
Le rôle du faisceau oculomoteur se comprend aisément, les noyaux oculomoteurs servant aux réflexes d'adaptation, d'accommodation et d'orientation du globe oculaire, ayant pour but de réaliser la vision nette d'un nombre infini de points de l'espace. Ces fibres forment la voie centripète des irritations qui déterminent les réflexes visuels, et ne servent sans doute pas à l'adaptation, à l'accommodation, à l'orientation volontaires des fonctions visuelles, qui demandent l'intervention de centres supérieurs de l'écorce cérébrale, auxquels se soumet l'action des noyaux oculomoteurs inférieurs. 11 est ici question de l'accommodation à la distance et non à l'intensité lumineuse.
Nous savons encore que la substance grise du 3« ventricule est, d'après Bechterew, en rapport avec les fonctions
d'equilibralion et que coUc région, par l'olive inférieure,' peut être regardée comme reliée de loin aux fonctions de la rétine.
En résumé, le vertige rétinien ou optique ne s'explique pas aussi directement que le vertige labyrintliique, — et l'anatomie et la physiologie nous permettent peu d'inductions précises.
Clinique. — La clinique nous apprend peu de choses. Nous savons que, dans certains cas de vertige, la fixation du regard peut enrayer la marche des troubles de désorienlatioii en maintenant l'orientation visuelle, la plus précise de toutes les orientations sensorielles, et en maintenant sous l'inhibition cérébrale l'irritation fonctionnelle des oculomoteiirs, si susceptibles chez les vertigineux. Weill remarque que chez les neurasthéniques et les névrosés, le vertige peut être provoqué par la vue d'un nuage, celle n'un cours d'eau. « Mais l'expérience de tous les jours l'évèle une série de vertiges visuels provoqués sans état pathologique proprement dit. Le passage de l'obscurité à la lumière ou l'exposition subite à une lumière trop vive (Purkinje), la vue de couleurs multiples et chatoyantes, un faux jour produit par des vitraux bleus (Guéneau de Mussy), etc., déterminent une sensation vertigineuse. La vue d'une tenture tapissée de losanges uniformes fait croire qu'il y a un véritable mouvement s'effectuant sur cette surface; il suffit de fixer un des dessins en le marquant d'une autre couleur et le vertige s'arrête (Darwin). Le passage devant une grille ou la vue d'une tenture rayée agissent de même. La vue des corps en rolation produit le vertige. — Le vertige peut encore être dû à la vision à travers certains brouillards, à travers des corps transparents irréguliers, des verres impropres par réfrangibilité ou inclinaison fCuignet). On connaît le vertige provoqué par l'examen attentif d'une eau courante, le vertige des chemins de fer, des voitures, qui donne la sensation du déplacement inverse des objets extérieurs, surtout dans la position à rebours ». — Malheureusement Weill confond, sous le nom de vertiges visuels, le vertige optique, le vertige
LKS YEUTIGKS.
oculoiiioteur et le verlige ophtalmique qui ont des mécanismes et des causes très variables. Nous n'avons cité ici que ses exemples se rapportant au verlige rétinien ou optique.
Les troubles circulatoires des anémiques, goutteux, chloro-brighliques, etc., provoquent facilement dans la réline des éblouissements, des brouillards, des mouches volantes noires et lumineuses, soit au moment d'une crise neurovasculaire, avec palpitations, oppressions, bourdonnement d'oreilles, battement temporal, etc. ; soit quand le sujet baisse la tête ou fait effort, dans la toux, dans la défécation, etc. Le vertige est souvent, dans ce cas, labyrinthique selon toute vraisemblance, mais il est aussi parfois franchement rétinien. Certains malades savent qu'ils ne peuvent ramasser un objet à terre sans vertige, à moins de ne pas baisser la tête et de la maintenir droite. Enfin, la congestion due à la suractivité fonctionnelle, lecture prolongée à la lumière vive, séjour dans les neiges trop éclairées, etc. Ce vertige disparaît par l'occlusion des yeux.
Anatomie. — Les noyaux oculômoteurs sont étroitement associés entre eux par des fibres à trajet direct et croisé. Le faisceau longitudinal postérieur les accompagne sur toute leur étendue; de plus, certaines fibres, décrites par M. Duval, servent à l'association des mouvements conjugués de latéralité. On peut en prévoir d'autres. — Dans la fixation d'un point déterminé de l'espace, les yeux décrivent une certaine rotation qui les oriente tous deux vers la partie du champ visuel où s'est trouvé tout d'abord le point cherché ; cette orientation exige une déviation conjuguée et la synergie des noyaux oculômoteurs parallèlement situés, puisque toute contraction d'un des muscles oculômoteurs intéresse la contraction de son antagoniste et que ces mouvements coordonnés ne se font pas sans une
VERTIGE OCllLOMOTEIin.
sorte d'entente préalable des noyaux moteurs d'action inverse.
Elle exige, de plus, l'action combinée de noyaux placés à diirérents étages, comme ceux de la troisième et de la sixième paires, par exemple, l'oculomoleur externe re concertant avec l'oculomoteLir commun pour les mouvements de latéralité. Dans l'accommodation à la dislance il y a en plus une rotation convergente des deux globes, destinée à amener la rencontre des deux axes opliques en un même point; ce qui nécessite encore une coordination internucléaire. — 11 faut enfin que ce point coïncide avec le point visé.
Enfin, quand la visée binoculaire est rectifiée, il faut que l'accommodation cristallinienne règle pour chaque œil la vision distincte. Que les mesures soient les mêmes pour les deux yeux, ou qu'elles soient variables pour chaque appareil oculaire, la vision exige la réalisation de la vision distincte d'un même point situé à la fois sur les deux axes optiques.
L'accommodation irienne réfiexe exige également une entente entre les constricteurs de la troisième paire et les dilatateurs médullaires, leurs antagonistes, situés beaucoup plus bas. L'accommodation réflexe palpébrale et l'accommodation volontaire à l'intensité lumineuse, qui s'opère également par la manœuvre du diaphragme palpébral, nous font supposer entre les oculomoteurs et le facial d'une part, pour l'accommodation réfiexe, et d'autre part entre le facial, les oculomoteurs et leurs centres corticaux supérieurs, des rapports indispensables.
Ces centres corticaux sont connus, ou à peu prés, depuis Ferrier.
Nous savons aussi que les oculomoteurs, par leurs noyaux superposés, sont unis à la surface rétinienne par un faisceau direct, puis par un autre faisceau interrompu au niveau du tubercule quadrijumeau antérieur (Meynert). C'est la double voie centripète directe commandant l'accommodation réfiexe qui est attribuée à ces noyaux.
La partie inférieure de la colonne des oculomoteurs de la sixième paire, très vraisemblablement en rapport avec
84 I.KS YEHTIGIÎS.
les autres noynux, envoie un faisceau inipoi'lanl qui al)OUlit à l'olive supérieure du même côlé, celte olive supérieure eu établit la correspondance avec les noyaux du nerC labyrinlhique, le cervelet, les tubercules quadrijumeaux postérieurs, etc.
Physiologie. — Ces rapports indirects avec le cervelet et le noyau interne de labyrintbe, ou noyau veslibulaire, nous expliquent aisément pourquoi le nystagmus est si fréquemment associé aux phénomènes vertigineux, soit comme cause, soit comme effet, soit comme coïncidence. Nous comprenons comment Y. Delage a été amené à faire (les canaux semi-circulaires un appareil périphérique dont la fonction était immédiatement en relation avec les mouvements des globes oculaires. Toute excitation anorluale, forcée ou incohérente, des noyaux oculomoteurs peut provoquer le vertige par irradiation vers le noyau vestibulaire et le cervelet — Inversement, le cervelet et le noyau interne sont rarement lésés sans troubles oculomoteurs.
Clinique. — Le vertige semble pouvoir être provoqué par tous les troubles imaginables de l'innervation oculomotrice. Il a été signalé dans la paralysie de la troisième paire et de la sixième, dans différents cas de strabisme. Mais c'est surtout dans les mouvements exagérés des globes oculaires et dans les efforts excessifs d'accommodation, soit à l'intensité lumineuse, soit à la distance. Weill, d'après Slephen Mackensie et Cuignet, note le vertige avec l'aslhénopie musculaire en rapport avec la myopie, avec l'hypermétropie, l'asthénopie consécutive aux fièvres, l'asthénopie accommodative. Un malade d'Abadie ne pouvait déplacer les globes et fixer les objets en haut sans avoir de violents accè's de vertige. Dans un autre cas, l'élévation des yeux et la fixation d'un objet agissaient seules.
Tous ces symptômes vertigineux ou associés au vertige disparaissent par la suspension de l'action oculomolrice.
Nous avons cru pouvoir attribuer à l'irritation anormale, excessive ou incohérente de la rétine, certains cas de
VERTIGE OCUI^OMOTEUH.
voi'Ligo, (|ue l'on peut expli([Uor aussi par les troubles que cei-laines accoiuuiodations provoquent dans l'appareil de l'oculoniotricilé bulbaire, cbez les sujets prédisposés au vertige. 11 est évident qu'une lumière trop vive apparue soudainement peut irriter la rétine et provoijuer le vertige avec l'éblouissemenl, mais nous savons aussi que dans ce cas l'accoinmodation par rétrécissement palpébral et pupillaire, sans compter la difficullé d'établir la vision nette dans ces conditions, développe dans les centres oculomoleurs une irritation subite, qui peut engendier également la réaction vertigineuse par irradiation bulbaire.
L'œil cherchant toujours à établir la vision nette se livre à un travail d'adaptation et d'accommodation excessif quand il est en présence d'objets se déplaçant rapidement, trop rapidement pour lui, et surtout quand d'autres objets le rappellent innnédialemenl à sa position, à son orientation et à sou accommodation primitives. Tel est le nystagmus physiologique des personnes qui regardent par la portière en chemin de fer et veulent reconnaître les objets trop proches dans leur fuite incessante, on qui cherchent à tixei' une eau courante, des vapeurs qui fuient, des roues qui tournent, des objets oscillants, etc.
De même si la réline et surtout les centres visuels sont désagréablement impressionnés par la vue d'objets déformés par des verres mal aplanis, par des lunettes trop inclinées, ou obliquement placées, trop ou trop peu réfringentes (Cuignet). 11 est évident que l'accommodation en soulfre de son côté et que le vertige quii,j apparaît peut également être attribué à l'incohérence des fonctions oculomolrices luttant contre l'illusion d'une perspective faussée.
Enfin, lesmesures d'espace trop étendues ou trop réduites, et surtout celles que nous devons opérer dans des conditions défavorables ou peu familières, provoquent le vertige. Chercher à voir trop loin ou trop près fatigue la vue et surtout fatigue les muscles oculaires. Accommoder à 10 mètres devant nous n'est rien dans le plan horizontal, beaucoup de piirsonnes ne pourront le faire sans vertige dans le sens vertical, en haut ou en bas. Il est impossible de le faire dans le sens transver;al, et le fait de l egarder
forleinciil on haul ou do côté rond tout l'appareil musculaire do l'œil très douloureux et provoque facilement le vertige.
Le vertige vertical est le plus fréquent de tous parce que l'abaissement des yeux est un exercice moins familier que lesaulres déplacements oculaires, et que nous congestionnons tout le contenu de l'orbite en nous inclinant. Le vertige horizontal, ou agoraphobie visuelle, est beaucoup plus rare et toujours remarqué par le malade.
Ajoutons que si les troubles oculomoteurs engendrent facilement le vertige, le vertige s'accompagne tout aussi facilement d'exagération ou d'incohérence des fonctions d'adaptation et d'accommodation. Tout d'abord l'homme pris de vertige cherche à s'élayer par le tact et par la vue, ses gestes, ses regards, en apparence incohérents, sont généralement très logiquement adaptés à l'illusion qu'il se fait pour le moment sur son orientation et sa stabilité dans l'espace.
Ces mouvements, dits compensateurs des globes oculaires, observés dans les expérimentations sur le cervelet et le labyrinthe, peuvent n'avoir pas d'autres causes.
Ils peuvent être aussi réflexes et l'anatoraie nous montre les voies conductrices de cette réaction par les rapports du noyau interne de la huitième paire, du cervelet, de l'olive ^-upérieure, avec les noyaux oculomoteurs. Ajoutons-y l'intervention des tubercules quadrijumeaux postérieurs.
L'obnubilation soudaine du champ visuel dans le vertige stomacal ou labyrinthique peut être due à une congestion rétinienne ou orbitaire, à une aura parcourant les centres, ou à un trouble réflexe de l'accommodation intra-oculaire, suspendant ou altérant la vision distincte.
La racine supérieure du trijumeau gagne le cervelet par le pédoncule supérieur; d'autres fibres vont atteindre, en
VERTUiES TIUJUMI'AUX. 87
dedans dos tuliercules qiiadrijiiineai:x anlérieurs, de grosses cellules dont la forme rappelle celles de la colonne vésiculeuse de Clarke. Ces dernières sont-elles unies au cervelet l)ar un faisceau qui ait la même signification analomique et physiologique (jue le faisceau cérébelleux direct? Cela semble vraisemblable et ces deux rapports importants, ou le premier seul, du trijumeau avec le cervelet, peuvent nous expliquer les cas de vertige produits par irritation périphérique de ce nerf. La racine descendante bulbaire passe au milieu de centres variablement intéressés au mécanisme du vertige, tels que le noyau interne du labyrinthique, l'olive supérieui'e, les fibres du corps restiforme, etc.; certaines fibres vont-elles aboutir à quelqu'un de ces centres? Nous l'ignorons absolument.
Le vertige trijumeau, qu'il soit de siège bulbaire ou cérébelleux, existe sans conteste et nous pouvons le diviser en vertiges ophthalmique, nasal, dentaire et guttural :
i" Quant au vertige trijumeau cutané, il peut être dû
à des irritations tactiles (voy. Vertige cutané). On sait que la sensibilité de la face peut être intéressée de façon à faire naître le vertige, ou encore à le faire disparaître par réaction brusque, quand il existe (aspersions froides, etc.).
2° Nous Déferons que mentionner la forme auriculaire possible du vertige trijumeau par irritation du conduit auditif (n. auriculo-temporal).
5" Vertige opiithalmique. — NouS n'aVOUS pU trOUVer
aucun cas typique de vertige ophthalmique. Cependant chacun connaît celle lourdeur insupportable de la région oculaire qui accompagne la migraine, le rhume de cerveau, la congestion trauma tique ou passive de tout l'appareil. Cette pesanteur, cette constriclion, cette oppression locale provoquent chez nombre de personnes une grande aptitude aux accidents vertigineux, qui s'accompagnent d'éblouissemenls faciles el de battements artériels. Ces troubles apparaissent d'ailleurs chez l'individu sain, à jeun surtout, à l'occasion d'attitudes forcées, d'efforts ou d'inclinaisons exagérées de la tète. Il peut y avoir dans ces cas de vertige
LES VEIlTUiES.
dos troubles optiques très passagers, mais il est évident que la sensibilité générale est plus directement et plus fréquemment sollicitée que la sensibilité rétinienne, d'autant plus que ces troubles se produisent également quand les yeux restent fermés.
4" Ycrtige nasal. — Le Vertige nasal n'est pas extrêmement rare, bien qu'on n'en trouve pas beaucoup d'observations. L'ablation de polypes, les rechercbes au stylet, l'introduction plus ou moins pénible de l'anse du polypotome, de la sonde pour le cathétérisme de la trompe d"Eustache ou le lavage des sinus, peuvent produire des verliges passagers. Weill cite, d'après Hack, des cas de vertige durant depuis des mois, guéris par des cautérisations de la muqueuse nasale Toute irritation nasale semble pouvoir produire le vertige. L'action de la cocaïne est trop complexe pour qu'on puisse attribuer à la muqueuse le rôle le plus important dans la production du vertige qui accompagne les badigeonnages avec tampons cocaïnés.
Nous avons pu observer une syphilitique qui éliminait presque journellement des produits de séquestration de la région ethmoïdale, des fragments de cornets, etc., et se trouvait prise à chaque élimination soit d'accès d'éternùments, soit de crises vertigineuses très intenses et pénibles. Le vertige qui peut accompagner l'éterniiraent est produit vraisemblablement par commotion ou congestion soit des globes oculaires, soit du labyrinthe ou de la masse encéphalique elle-même. Ce vertige n'est pas du domaine du trijumeau.
5° Vertige dentaire. — Certains sujets prédisposés ont de courts accès de vertige dans le cours d'une névralgie dentaire, pendant les manœuvres de la traction, dans une périostite ou à la suite d'un traumatisme des os maxillaires; mais dans ce dernier cas il s'agit peut-être plutôt de la commotion labyrinthique produite par le choc du condyle dans la cavité glénoïde.
VERTIGE EACIAI,
C)" Verdie guttural. — Les inllaminalioiis de la région de l'isthme du gosier ont, un retenlissenienl sur la muqueuse lubo-tympnnique et certains verliges signalés dans les aiïeclions pharyngiennes sont, comme l'a montré Gellé, attribuables à des troubles auriculaires. Le catarrhe entretenu par les végélations adénoïdes agit également sur la caisse du lympan.
Le véritable vertige guttural est dû à l'irritation des terminaisons gutturales du trijumeau, soit par titillation de la luette, des piliers, ou par des irritations pi'oduiles par des corps étrangers arrêtés dans cette région, ^'ous avons observé un cas de vertige laryngé chez un goutteux dont la luette, fortement injectée et procidente, irritait le dos de l'épiglotte. Il est dilTicile, dans la région gutturale, de décider si le vertige doit être considéré comme trijumeau, glossopharyngien, labyrinlhique ou pneumogastrique.
Nous ne connaissons pas de vertige facial proprement dit, mais nous devons faire cependant une certaine place dans la nomenclature des vertiges particuliers aux troubles résultant secondairement de spasmes ou de paralysies des muscles innervés par le facial. Nous ne pouvons rien affirmer quant au rôle que joueraient les paralysies de ce nerf vis-à-vis des vertiges visuels, et nous préférons ne parler que pour mémoire des nombreux cas de vertige signalés dans la paralysie faciale, vertiges qui seront étudiés à profios du vertige labyrinthique. Le facial joue en eifet un rôle important dans l'innervation des muscles tubo-tympaniques, et ses paralysies, comme ses tics et ses convulsions et contractures, ont une action directe sur les ruptures de la compensation labyrinthique et sur la tension des liquides de l'oreille interne. C'est donc eu réalité du vertige labyrinthique qu'il s'agit alors, et nous renvoyons à ce chapitre.
Anatoniie.
Le nerf labyrinthique, ou nerf de la huilième paire crânienne, est formé de deux troncs, le nerf veslibulaire et le nerf cocliléaii'e.
Ces deux troncs, distincts par leur structure, no diffèrent pas moins par leurs attributions fonctionnelles que par leur distribution anatomique.
Structure. — Les fibres du tronc vestibulaire sont de grosses fibres qui rappellent les fibres molrices des nerfs spinaux (Horbaczewsky, Erlitzky) à engainement myélinique précoce (Bechterew), et sont interrompues par une longue suite d'amas ganglionnaires, intumescence gangliforme, on ganglion de Scarpn.
Celles du tronc cochléaire, grêles et tardivement engainées, sont interceptées dans la rampe spirale de l'axe cochléaire osseux, par le ganglion spiral de Corti.
Ajoutons qu'Erlitzky a décrit, dans la partie du nerf vestibulaire qui correspond au corps restiforme, à des niveaux variables, de petits îlots cellulaires formés de deux réseaux dont l'un rappelle celui de Gerlach dans la moelle et l'autre les formations ganglionnaires à gros noyaux globuleux. 11 en sort des fibres nerveuses transversales très délicates qui donnent naissance au nerf intermédiaire de Wrisberg.
Distribution. — Origines périphériques.
De la surface neuro-épithéliale de l'oreille interne s'élèvent vers les centres nerveux six rameaux primitivement isolés, qui bientôt s'unissent pour traverser de compagnie l'épaisseur du rocher.
Un premier faisceau part de la macule utriculaire, un autre de la crête ampullaire transversale, et un troisième
VERTIGE UBYRINTIIIQIIE.
do l'horizontale. Ils s'nccoloiit et sortent par la lâche criblée supérieure, formant le rameau supérieur di; Schwalbe; un quatrième faisceau se détache de la macule sacculaire et se confond avec lui cinquième qui provient de l'ampoule sagittale. Ils sortent ensemble par la tache criblée moyenne. C'est le rameau moyen de Schwalbe.
Ces cinq faisceaux réunis composent le nerf vestibulaire, dit de l'Espace, qui après le ganglion de Scarpa et au sortir du tnéat osseux interne, deviendra la racine antérieure ou interne du nerf labyrinthique.
Du neuro-épithélium cochléaire proviennent trois ordres de fibres ténues, sans myéline, qui se détachent : 1° des cellules ciliées internes; 2" des cellules ciliées externes, passant sous les arcs de Corti ; 5" des cellules de Deiters (Lawdowsky) des unes et des autres (Tafani).
Ces différentes fUirilles prennent une gaine de myéline on pénétrant dans la rampe spirale osseuse, formant un sixième rameau d'origine du nerf de la huitième paire. Mlles se perdent dans le ganglion de Corti, puis deviennent de plus en plus rectilignes et à peu près parallèles; elles abandonnent la capsule auditive en traversant la fossette cochléaire et forment le rameau inférieur de Schwalbe, racine postérieure ou externe.
Trajet. — Les deux racines, antérieure et postérieure, du nerf labyrinthique, correspondent sans doute par la majorité de leurs libres, au nerf cochléaire et au nerf vestibulaire; mais à mesure que l'on s approche des centres bulbo-protubérantiels, cette distinction devient en réalité beaucoup plus difficile à maintenir par suite de la multiplicité des conducteurs et de leurs origines nucléaires, l)ar suite aussi de la différence de hauteur entre les coupes. Cette difficulté nous explique dans une certaine mesure les remarquables écarts que l'on peut constater dans les descriptions des différents auteurs, et l'impossibilité où l'on se trouve fréquemment de superposer leurs descriptions, qui d'ailleurs en elles-mêmes manquent parfois de clarté.
LKS VERTIGES.
Centres. — Un grand nomljrc d'amas nucléaires intorceplenl les fibres du nerf labyriiitliique et établissent entre leurs centres des cori'espondances importantes; nous devons les déterminer tout d'abord.
1" C'est en premier lieu le noyau interne de .Meynerl, Clarke, lUiguenin, noyau central de Stieda, Scinvalbe, noyau médian des racines postérieures de Krause, noyau supérieur de Henle. Ce noyau commence sur le plancher du quatrième ventricule, en dehors et en arrièi'e du noyau glosso-pharyngien qui finit à ce niveau. Après la disparition de ce dernier, il s'étend en largeur et couvre presque toute la surface du plancher.
2° Il forme sous l'épendyme le tubercule acoustique de Schwalbe dont Bechtcrevv fait un noyau isolé.
5° 11 atteint en dedans le noyau de l'hypoglosse, dépasse en dehors le corps restiforme et se confond à ce niveau avec un autre noyau, le noijau de Deilers, — noyau externe de Meynert et Clarke, noyau latéral de Stieda et Schwalbe, partie externe du noyau supérieur de Henle, — qui offre des rapports remarquables avec plusieurs racines de l'acoustique.
Les éléments du noyau interne sont petits et multipolaires; par leurs dimensions ils tiennent le milieu entre les grosses cellules de l'hypoglosse et les petits éléments des noyaux sensitifs des nerfs mixtes voisins. ■ h° Sur le raphé, entre la colonne de l'hypoglosse et l'eminentia teres, les noyaux innommés de Clarke, noyaux du raphé.
5" Un autre noyau important est le noijau antérieur. 11 se trouve entre le corps restiforme et le confluent des racines du nerf labyrinlhique. C'est l'accessoire de Scinvalbe le noyau latéral des racines antérieures de Krause, le noyau antérieur de Iluguenin et Meynert, l'inférieur de Henle. 11 est formé en réalité de deux amas cellulaires, l'un antérieur dans la protubérance, l'autre postérieur dans le bulbe. Le premier, placé en avant et au-dessous des corps restiformes, contient de grosses cellules vésiculeuses dont on n'a pu fixer exactement les rapports avec les faisceaux de la racine postérieure que nous décrivons
VERTIGE LARYlilMIlinUE
plus lias. La portion poslérieuro présente des éléments moteurs avec prolongements ([ui sont le point de départ du nerf de Wrisberg, d'après Erlilzky, et d'autres qui appartiennent à la racine postérieure et peut-être cà l'antérieure du nerf labyrinthique. D'après Onufrowicz, le noyau antérieur présente une analogie complète avec les ganglions iiiterverlébraux,
6° Un petit amas externe intercepte la racine postérieure, nous le nommerons noyau radicnlaire superficiel.
7" Un autre noyau radicnlaire profond, noyau vestihulaire de Rechterew. se remarque à la partie postéro-interne du corps restiforme, sur le faisceau cérébelleux direct du nerf vestibulaire, qui le traverserait sans s'y intercepter, d'après Iluguenin, en s'y arrêtant, d'après Bechterew.
8" et 9° Les noyaux globuleux et du toit dans le cei^velet.
Ces noyaux, que l'on peut nommer primaires, entrent en rapports direcis avec d'autres noyaux que nous appellerons secondaires, et qui participent à plusieurs systèmes de fibres.
Nous pouvons diviser le nerf cochléaire ou racine postél'ieure en trois racines :
C. 1. Fibres externes de la racine postérieure. Elles présentent sur leiu' parcours les cellules du noyau radiculaire superficiel et forment sur la paroi bulbaire ce qu'on appelle stries acoustiques, stries médullaires'. Elles conlournent le corps restiforme, entrant dans le quatrième ventricule immédiatement sous l'épendyme, formant les barbes du calamus scriptorius. Elles longent alors la paroi postérieure du noyau interne sans s'y perdre, passent derrière le noyau glossopbaryngien, derrière celui de l'hypoglosse, le fasciculus teres et plongent dans le rapbé. Pierrot et M. Duval les font se perdre dans les noyaux du raphé, noyaux innominés de Clarke. On leur a décrit deux faisceaux termi-
1. D'après Onufrowicz, elles traversent le noyau antérieur et se terminent dans le tubercule acoustique. Obersteiner les conduit dans le noyau interne. Bechlerew a montré que les stries médullaires ne constituent pas un prolongement direct des racines de l'acoustique, mais établiraient des connexions entre différentes parties du cervelet.
I,KS VKM I HiKS.
naux ! ruil (Kr.msc) entn; dans le noyau interne du côté opposé, l'auliu! (lùliiig(M') rernonlerail par le faisceau central des (ii)res sensitives du côté opposé également. Nous pourrions alors rattacher ce faisceau aux fibres qui unissent cette région aux circonvolutions des lobes temporaux.
C. 2. Fibres hypothétiques qui passeraient en dehoi-s du corps restiforme, sous les précédentes, et aboutiraient au noyau interne du même côté (Oborsteiner).
C. 3. Gros faisceau se terminant directement dans le noyau antérieur.
De son côté le nerf vestibulaire, ou racine antérieure, se divise en quatre racines :
V 1. Faisceau cérébellenx direct appartenant au nerf vestibulaire. 11 passe en dedans du noyau antérieur, du corps restiforme, traverse sans s'y arrêter (Iluguenin) le noyau radiculaire profond, passe à travers le noyau de Deiters et remonte dans le cervelet où il se termine partie dans le noyau globuleux, partie dans le noyau du toit du môme côté. Il serait, d'après Bechterew, intercepté par le noyau vestibulaire.
V 2. Fibres plus internes, n'atteignant pas le noyau principal et s'enfonçant dans la profondeur du bulbe. C'est la racine ascendante de Roller qui apparaît dans la moelle allongée en dehors du funiculus solitaris et parvient, d'après Bechterew, au noyau de Oeiters.
V 0. Le faisceau le plus important de la racine vestibulaire, allant directement au noyau interne, ou principal.
V 4. Un double faisceau cérébelleux croisé, tout à fait interne, traversant le noyau principal et se divisant en deux parties: l'une, postérieure, dépasse le raphê, remonte vers le noyau interne du côté opposé, le dépasse sans s'y arrêter et gagne les noyaux du toit du côté opposé ; l'autre, antérieure, croise le faisceau longitudinal postérieur du même côté, passe en avant de celui du côté opposé et gagne à son tour les noyaux du cervelet.
Tels sont les sept faisceaux radiculaires directs du tronc labyrinlhique. Voyons maintenant les connexions des noyaux primaires.
Le noyau antérieur s'unit :
1" Au noyau interne du môme côlé ;
2° A l'olive supérieure du même côlé ;
5" A l'olive supérieure du côté opposé ;
4" Au tubercule quadi'ijumeaii postérieur du côlé opposé par un faisceau formant, avec le pi'écédcnt, le corps trapézoïde, qui se dirige transversalement, s'entre-croise dans le raplié avec le faisceau correspondant du côté opposé, et remonte dans l'anse latérale vers les tubercules quadrijumeaux postérieurs.
De ceux-ci partent des faisceaux qui arrivent au noyau postéro-basilaire de la couche opli()ue (Bechterew) d'une part, et de l'autre au corps genouillé interne, lequel est relié axwlobes temporaux (Monakow). Les corps genouillés internes s'unissent entre eux par la commissure de Gudden.
Le noyau interne entre en rapport avec : 1" Le noyau antérieur du même côté ; 2° L'olive supérieure du même côté ; 5° Le noyau du toit du même côté ; ¥ Le noyau du toit du côté opposé.
Les deux noyaux radicidaires n'ont d'autres rapports connus que ceux décrits plus haut.
Le noyau globuleux et le noijau du toit ont tous deux des communications avec l'écorce du verniis supérieur. Le dernier a en plus d'importants rapports avec le noyau rouge de Stilling, d'où partent des fibres allant à l'écorce des lobes pariétaux, vers les régions psychomotrices.
Le noyau de Deiters communique, d'une part, avec le cervelet et, d'autre part, avec le faisceau fondamental des cordons latéraux de la moelle.
Les olives supérieures communiquent avec : 1" Le noyau antérieur du même côté ; 2» Le noyau antérieur du côté opposé ; 3» Le noyau interne du môme côté ; 4" Le noyau du toit du même côté ; 5" Le noyau du nerf de la sixième paire et par lui avec les oculomoteurs et peut-être le facial ;
m IJ« VKIlTHiES.
(')" Los tubercules quadi-ijiniicnux postérieurs el par eux avec les centres supérieurs (pje nous avons cités plus haut.
Quant aux centres de l'écorce cérébrale, nous savons que certaines tibrcs vont à la première circonvolution temporale du côté opposé, et (\\u'. «l'aulres, parle noyau rouge, se rendent aux cii'con volutions pariétales du côté opposé. Une très mtéressante étude de Manouvrier sur le cerveau d'Adolphe Rertillon nous fournit d'importantes constatations. Cerlillon était sourd de l'oreille gauche, depuis l'enfance, et sur le cerveau droit nous voyons non seulement la première temporale, mais aussi la pariétale ascendante très atrophiées. L'oreille droite ayant dû toute la vie suppléer dans toutes ses fonctions, sans doute, à sa congénère, il se trouve que les mêmes circonvolutions sont notablement développées sur le cerveau gauche, la pariétale en particulier est presque dédoublée.
Ajoutons cette particularité que Bcrtillon, gaucher de naissance, devait exprimer à l'aide de son cerveau droit (circonvolution de Broca), des idées auxquelles la mémoire auditive gauche fournissait les termes appropriés.
Nous avons donc ici, correspondant au maintien et, sans doute, à l'ampliation des fonctions auriculaires d'un côté, une remarquable appropriation de la première temporale et de la pariétale ascendante du côté opposé. La pariétale, qui appartient aux zones psychomotrices, n'est pas développée comme il semblerait nécessaire, puisque Bertillon était gaucher, dans l'hémisphère droit ; elle est, au contraire, extrêmement amplifiée dans le cerveau correspondant à l'oreille active. Il y a là un rapport évident entre le centre pariétal et certaines fonctions auriculaires qui ne sont pas du domaine de l'audition.
Si nous résumons les correspondances que ces divers conducteurs établissent entre l'organe périphérique et les centres gris, nous les voyons très variées.
Le vestibule, d'abord, par la racine antérieure et en rapport avec :
A) le cervelet, par un faisceau direct ; par des faisceaux croisés ;
Vl'UTICiE LAliYIUNTlIIQlIE. " 07
par le noyau inlci-ne ;
par le noyau interne td l'olive supérieure; par le noyau de Deiters (racine ascendante), par le noyau de Becliterew.
B) Le cerveau ; 1" Appareil psychomoteur (/oZ'/</(?s ;ja/'/'etaux) par le cervelet et le noyau rouge ;
2" Appareil percepteur (lobules temporaux), par l'olive supérieure, les tubercules qundrijumeaux postérieurs et le corps genouillé interne ;
C) Les noyaux moteurs bulbo-médullaii'es :
1'^ Nerf facial et oculomoteur par l'olive supérieure, elle faisceau longitudinal postérieur ; '2° Appareil tympanomoteur (nerf de Wrisberg).
5" Appareil moteur de la tête et des membres, appareil de l'équilibration et de l'appropriation des mouvements coordonnés dans l'espace par le cervelet et le noyau de Deiters;
D) Les noyaux des nerfs mixtes, glossopliaryngien et pneumogastrique parle noyau interne.
E) Les noyaux acoustiques antérieurs.
Le limaçon, de son côté, entre en rapports avec :
F) Le cervelet, par le noyau interne et l'olive supérieure, par chacun d'eux séparément ;
G) Le cerveau: appareil percepteur (/oZ>i//es temporaux),
par les stries acoustiques, le faisceau sensitif des pédoncules ;
par le noyau antérieur, le corps trapézoïde, les fibres sensitives ;
par le noyau antérieur, l'olive supérieure, le corps trapézoïde.
H) Les noyaux moteurs de la moelle :
1" Nerf facial et oculomoteurs, par l'olive supérieure et le faisceau longitudinal postérieur ;
os I,I<:S VI'JlTKiES.
2" Apparoil psvclioinoloni' cl inolour médullaire, par le cei'viïlel, les noyaux inlornes, le noyau de Deilers (IJechterew).
11 résulle do la comparaison de ces rapports que le veslibule est direcloinenl en (^ommunicalion avec le cervelet et indiroclemenl avec le cerveau, lanilis que le limaçon esl direcloineiil en correspondance avec le cerveau et indirectemenl avec le cervelet Nous pouvons donc regarder la racine veslibulairo comme faisceau surtout cérébelleux, et la racine cochléairc comme cérébrale avant tout.
Cet exposé anatoraique, qu'il nous eût été impossible d'abréger, nous montre combien les deux racines du tronc labyrintbique sont différentes dans leur distribution.
Leurs attributions les distinguent encore davantage, car nous ne pouvons attribuer que l'audition tonale au nerf cocbléoire, en réservant au nerf vestibulaire, d'ailleurs infiniment plus ancien et plus général dans toute la série organique, toutes les autres fonctions auriculaires que nous allons maintenant passer en revue.
Physiologie.
Par l'étude de l'oreille humaine, qui se refuse à un grand nombre d'expérimentations, par la clinique et la pathologie spéciale de cet organe, nous savons véritablement bien peu de ses fonctions.
Si nous remontons, à travers la série des êtres organisés, la suite des formations qui précèdent l'oreille de l'homme, nous trouvons un certain nombre de fonctions dont le mécanisme se simplifie à mesure que nous nous adressons à des organes plus primitifs. Certaines de ces attributions sont, générales et appartiennent à tous les êtres pourvus d'oreilles ou d'organes similaires, quels que soient leur dignité organique et leur rang dans la série biologique. D'autres sont plus récentes, et particulièrement l'audilion qui est loin d'être une attribution générale de l'oreille et
YEUTKiE LAIfYlihNTIlIUIIE.
qui, non spiiloiiionL lail: défaut à rimmensc généralilé des espèces animales, mais même chez l'homme, peut disparaili'o sans que l'oreille cesse de remplir ses autres offices.
.Nous pouvons, par l'étude comparative des organes auriculaires et pré-auriculaires, reconnaîli'e aux organes généralement appelés auditifs et que nous nous conlenterons de nommer labyrinthiques, sept fonctions dont le mécanisme, les réflexes, le rôle psychologique et les symptômes cliniques pourront assez facilement s'établir :
1° La propriété la plus générale des appareils auriculaires est ce que nous avons étudié plus haut sous le nom d'orientation subjective directe, c'est-à-dire la faculté pour l'animal de reconnaître son attitude dans son milieu, son attitude par rapport à la pesanteur, les modifications de son attitude, les mouvements passifs ou actifs du segment qui porte les organes auriculaires, l'accélération, le sens et la durée de ces mouvemenis; c'est, en un mot, la source sensorielle directe de l'exercice de l'équilibration réflexe ou voulue ;
2" L'animal possède encore, quelle que soit l'espèce consiiiérée, la propriété de mesurer la pression, la poussée do son milieu, liquide ou aérien sur lui-même, et nous appellerons fonctions barestliésiqnes cette importante spécialité de l'oreille ;
5» Par le même mécanisme les appareils labyrinthiques perçoivent les écarts de pression sanguine, et nous aurons à examiner leur rôle dans la régulation du rythme cardiaque et pulmonaire. Ce sont les fonctions manoesthésiques.
¥ Les organes auriculairesperçoivent les variationspassagères et rapides de pression, c'est-à-dire analysent les oscillations, les ébranlements, les trépidations dans leur rythme et leur intensité : fonctions seisesthésiques (de cTsttrtç, ébranlement) ;
5° Les Vertébrés peuvent en outre, grâce au limaçon, tirer de l'ébranlement rapide la sensation tonale, continue et plane, qui permet de classer les ébranlements, non plus par leur rythme, c'est-à-dire par l'analyse de leur rapidité, mais par le degré d'acuité de la sensation sonore. La perception de son appartient à la papille cochléaire, c'est la
l,ES VKUTl(ii;S.
moins ^t'iKM-ilc dos Coiiclioiis aiiriculaircs, c'est l';iii(liliori pi'oprciiH'iit dili' avec, l'analyse des rapporis liarriioiii(|ues et la iKilion du liinbrt; ;
G'' Les roriiialioiis am-iculaii'es p(;iivenl, grâce à diverses dis|)Osil.ions orgaiii(|U(is que nous examinerons, localiser, extérioris(!r, orienlei- les perce|)lions d'ébranlements isolés et les perceptions ï-ynthéliqucs de sons. C'est ce que nous appelerons urienlalion objective el &péc\a\(imenl or ientation auditive ;
7° Enfin, dans le monde des ébranlements orientés par rapport à nous, l'appareil auriculaire nous permet de nous orienter par rapport aux ébratdements localisés dans l'espace, par renversement de l'orientation objective, c'est L'orientation subjective indirecte.
Le vertige peut naître des troubles de cliacuiie de ces fonctions, et quelle que soit la forme clinique observée, il s'agira bien du vertige labyrinthique. Nous devons donc passer rapidement en revue le mécanisme de ces différentes fonctions auriculaires, pour mieux saisir le mécanisme propre à cbaque réaction vertigineuse, la physionomie clinique de chaque cas particulier et en faire ressortu' les indications thérapeutiques.
Fonctions baresthésiques. — Les formations neuroépithéliales des appareils pré-auriculaires et auriculaires (otolilhiques, otocystiques et labyrinthiques) présentent, depuis les organes marginaux des Cœlentérés jusqu'à l'appareil auditif de l'homme, l'intégrité absolue de leurs caractères ectodermiques. Non seulement leur morphologie n'a pas varié essentiellement, mais leur milieu même ne s'est que très relativement altéré : dans sa forme pélagique comme dans sa formule endolymphathique, il maintient une remarquable constance de composition. De plus, pour avoir suivi l'invagination progressive de cet ectoderme rentré qui est le neuroderme auriculaire, le contenu de la vésicule n'en a pas moins gardé une pression que certaines dispositions anatomiques équilibrent toujours avec celles du milieu extérieur. Ce sont ces dispositions que nous voulons examiner.
VERTIGE LABYRINTIIIQUE. 101
Avant l'apparition des formations labyrinthiquos, nous ne trouvons que des appareils ololithiques en comnumicalion plus ou moins large avec le milieu marin. Il y a donc identité de milieu et de pression. Chez certains Mollusques supérieurs, la communication de la vésicule otocystique avec le milieu est déjà plus lointaine, mais persiste. Le premier des appareils labyrinthiques, l'organe central des Cténophorés, déjà très parfait, et unique dans son fonctionnement, communique directement avec le railieij extérieur par des ouvertures symétriques.
Nous trouvons chez les Vertébrés inférieurs une disposition que l'évolution du crâne rend plus complexe. Il s'agit surtout ici des Poissons cartilagineux. Du labyrinthe de chaque côté partent deux prolongements postérieurs qui aboutissent à une fosselte médiane, de signitîcation otocystique, formant une oreille occipitale que l'on peut comparer à l'œil médian pariétal (glande pinéale). Cette formation est en communication avec le milieu e.xtérieur par plusieurs petits pertuis qui traversent les téguments. La régulation de la pression inlra-labyrinthique se fait donc ici encore par communication.
Il en est tout autrement chez certains Poissons osseux dont le labyrinthe n'entre plus en communication directe avec le miheu extérieur et ne peut plus, par conséquent, participer à sa pression.
Dès que le labyrinthe cesse de régler sa pression par la pénétration du milieu pélagique dans sa cavité on le voit s'aboucher avec la vessie natatoire, soit sans autre intermédiaire que des membranes, soit au moyen d'une chaîne d'osselets (appareil de Weber). Tantôt les labyrinthes s'unissent par des prolongements en un réservoir basilaire, dont il ne reste plus tard d'autre souvenir que les sacs endolymphatiques, et qui s'unit par de petits diverticules avec la vessie natatoire; tantôt c'est cette dernière qui émet un prolongement bifurqué en culs-de-sac, terminés ou non par des osselets.
Le labyrinthe se trouve donc ainsi supporter en dehors la pression centripète du milieu extérieur, et en dedans la pression centrifuge de l'air de la vessie natatoire. Il en est
l,ES VERTIGES.
sopaiv par des membranes; or nous admettons que le fonclioimenienl de ces membranes, qui sont des tympans, ii'esl possible ([uc si elles sont planes, à l'étal de i-epos, c'est-à-dire supportent sur leurs deux faces des pressions se faisant équilibre. Le liquide labyrintbique doit donc l'aire équilibre à la pression extérieure et à la tension de l'air de la vessie. La pression extérieure variant peu, il est vrai, avec la profondeur, et la tension de l'air de la vessie lui faisant équilibi'e quand l'animal plane, il est légitime d'admettre que le labyrinthe perçoit ces changements de pression avec lesquels il doit équilibrer sa poussée sur ses propres tympans. Il est de plus probable que ses rapports communs avec le milieu extérieur et la vessie natatoire ne sont pas sans utilité pour l'adaptation de celle-ci à l'équilibre de pression indispensable à l'hydrostalion.
Quand l'animal doit monter ou descendre, il rompt volontairement cet équilibre en faisant varier le volume (le sa vessie. La tension du contenu subit une variation inverse de celle de la capacité du contenant, et le labyrinthe est soustrait à la poussée centripète ou centrifuge qui en résulte par l'appareil musculaire frénateur des osselets de Weber.
Quant aux animaux dépourvus d'osselets, il nous semble assez difficile de comprendre confirnent ils obvient aux dangers de la distension des tympans et à la compression qui la suit.
A mesure que chez les Vertébrés la tête devient mobile sur un cou dont les côtes disparaissent, les osselets qui terminent les culs-de sac antérieurs de la vessie natatoire et qui sont d'origine costo-verlébrale, vont repasser la fonction à des formations hyo-mandibulaires plus complexes que nous pouvons immédiatement étudier chez l'homme.
Le prolongement antérieur de la vessie natatoire qui se bifurquait pour atteindre deux labyrinthes est chez nous représenté par la trachée et les deux trompes d'Eustache issues du pharynx respiratoire. L'orifice membraneux interne du labyrinthe est devenu la fenêtre ronde, qui s'applique d'abord à l'extrémité de l'expansion en cœcum
VKRTIGK LACYIUNTIIIQIIE
dt! l'arbre aérien. Celle exi^ausioii lympanique aérienne gagne la membrane externe ou feiièire ovale el s'élend même autour de la partie inlerne, proximale des arcs osseux mandibulaire et liyoïdien, formant plusieurs articles, marteau, enclume, élricr — et s'adosse aulympan. — Le milieu ambiant, aéi'ien maintenant, pénéli'e donc de nouveau à la surface du liquide labyrinthique suspendu entre ses deux membranes et recevant sur ses deux orifices membraneux une pression centripète (tympans, osselets, fenêtre ovale) et une pression centrifuge (fenêtre ronde, face interne du tympan) qui se font équilibre puisque la seconde, la pression intra-tympanique, n'est que la pression atmosphérique déglutie par la trompe d'Eustache.
11 suffit donc que la trompe s'ouvi'e pour que la pression s'équilibre sur les deux parties mobiles de la paroi labyrinthique.
Mécanisme tubo-tympanique. — L'arc mandibulaire forme deux des muscles tubo-lympaniques et son nerf, le trijumeau, les innerve.
Le périslaphyliii externe ouvre la trompe en prenant son insertion fixe sur le voile du palais attiré en bas et fixé momentanément par la déglutition. Il est aidé par le salpingo-pharyngien qui agit sur le cartilage tubaire. Cette ouverture de la trompe rétablit subitement la pression atmosphérique dans la caisse lympanique : la membrane du tympan, la plus grande et la plus mobile de ses parois, reçoit toute la poussée et se porte d'aulant plus facilement en dehors que la même poussée centrifuge s'exerce également sur la membrane du tympan secondaire (fenêtre ronde) et refoule le liquide contre la base del'étrier, qu'elle pousse au dehors.
L'effet de la pénéti-ation de l'air est donc de déplacer au dehors tout le liquide labyrinthique, suspendu entre ses membranes sollicitées par la même pression centrifuge. C'est à cet etîet que s'oppose la contraction du frénateur lympanique externe, on musde du marteau, qui retient la membrane en dedans et s'oppose à la traction en dehors de la chaîne des osselets et du liquide lui-même à sa suite. Ces
I,KS VIÎIITIGES.
doux muscles oxlcriifts, le dilalalcur liihairo el le frénalour lyin])aui(|U(' iiiall(''air(! oui mC'.uu'. oi'igiiie, iiiôinc iniiervalioii. Il est donc vraisemblable que leur action synergique et antagoniste sert pour l'un à neuli-diser les edets exlray)bysiologistes de la poussée ccnlriluge que l'autre a provoquée.
Ij'arc hyoïdien a formé, de son côté, les deux autres muscles lubo-lympaniques, nalurellonient innervés par le fncinl qui est le nerl'de cet arc; dans le clignement tubaire qu'accompagne la déglutition, le pévulaphylin interne relève les insertions inférieures du périslaphylin externe et s'oppose à son action dilatatrice; de plus, l'épaississenienl de sa masse charnue rep'ousse le cartilage tubaire dans le sens le plus défavorable à la dilatation; il est donc obturateur et antagoniste du premier. Dès que la trompe se referme sur l'air introduit, ce qui se produit immédiatement après son introduction, l'élasticité de la membrane la ramène en dedans et l'action du muscle du marteau exercerait maintenant une pression centripète sur le liquide labyrinlhique, si le muscle de l'étrier, frénafeur tyinpajiicjiie interne ne s'opposait à cette action en inunobilisant l'étrier au moment de ce recul de dehors en dedans. Les deux muscles tubo-tympaniques se contractent donc synergiquement et les deux frénateurs tympaniques s'opposent, en agissant sur la chaîne, au va-el-vient du liquide pendant le (îlignement, c'est-à-dire l'ouverture et la fermeture rapides de la trompe.
Le réflexe lubo-tympanique règle l'équilibre de pression entre l'air de la caisse, le liquide labyrinthique et l'air extérieur, et cet équilibre apparaît d'autant plus nécessaire que divers tympans membraneux disposés non seulement dans la caisse (tympan, fenêtre ronde), mais dans l'oreille interne (membrane de l'utricule, membrane de Reissner et membrane basilaire), ne pourraient fonctionner normalement sans lui, — ce même réflexe s'oppose donc aux déformations des membranes, à l'immobilisation des osselets articulés dans des atlitudes qui leur enlèveraient leur flexibilité, les exposeraient à l'ankylose, et mettraient l'oreille moyenne hors d'état de compenser par la raobi-
VERTIGE l,An\HlNTIIinilE.
lilé la nexibililï' et l'élaslicilé do ses parties, les variélés de tension des liquides internes.
Compensation labyrinthique. — Nous appellerons compensation labyrinlliique l'ensemble des procédés et. conditions qui permettent à l'oreille de soustraire, dans une certaine mesure, le neuro-épithélium à la compression du liquide qui le baigne.
Lorsque, pour l'une des nombreuses causes que nous observons dans la partie clinique de cette élude, la tension du liquide labyrinthique vient à augmenter, la compensation peut s'établir toul d'abord par le refoulement du liquide, qui fait bomber dans la caisse la membrane de la fenêtre ronde, qui sort du labyrinthe par les gaines péri-vascul aires de la paroi osseuse, les aqueducs du vestibule et du limaçon, et le sac endolymphalique ; quand ces voies d'échappement sont épuisées, il reste le fi'énaleur tympanique interne, muscle de l'étrier, qui s'oppose aux pénétrations exagérées de l'étrier, quand la compression labyrinthique est de causes extérieures. Cette résistance du slapédius détermine la flexion de la chaîne des osselets et retarde ainsi la compression centripète. Quand enfm la flexion des osselets, du tympan, la résistance du frénateur interne, l'issue du liquide par les gaines et les aqueducs sont insuffisantes ou impossibles, le liquide ne peut plus échapper à la compression que par la rupture du tympan ou celle du tympan secondaire ou fenêtre ronde.
Si la compensation labyrinthique ne peut plus se faire, la compression apparaît, se traduisant par des bourdonnements, de la surdité dans le domaine auditif, c'est-à-dire le limaçon, et par une sensation de plénitude, de compression tactile, de lourdeur et d'oppression labyrinthique que tout le monde connaît plus ou moins, dans le domaine du vestibule; enfin par le vertige.
Pas plus que les sensations qui réalisent l'orientation subjective directe, les sensations baresthésiques ne sont conscientes.
Elles le deviennent comme beaucoup de sensations de ce
lOii
l.KS YEIITIGES.
i;('iire, quiiiid elles soiil douloureuses, ou encore quand leur écouoinie est li'oiiblée el que, sans aller jusqu'à la douleur, le trouble fonctionnel ou l'acuité de la perception causoiil une sensation de gêne, qui, elle, est consciemment pei'çue.
Néanmoins nous savons f|u'un grand nombre de personnes sont très susceptibles aux variations barométriques, et sont véritablement indisposées, quand le temps va cbanger. Ces personnes sont d'ailleurs très sujettes aux troubles labyrintbiques et il suffit de les interroger pour le reconnaître et le leur apprendre même.
Chez les sujets qui compensent mal, le bourdonnement et l'oppression labyrin (bique apparaissent naturellement plus vite, mais ne devons-nous pas admettre (|ue tout en compensant bien, l'exercice même de la compensation, pour ce qui concerne le muscle de l'élrier, implique des perceptions centripètes, qui sont la source de la régulation réflexe'? Ces perceptions inconscientes ont d'autres effets, soit sur la disposition générale de l'esprit, tantôt déprimé, tantôt au contraire surexcité et singulièrement léger, soit sur certaines fonctions bulbaires auxquelles elles irradient volontiers. Les rapports de contiguïté et peut-être de continuité entre le noyau interne du nerf labyrinthique et les noyaux sensitifs des ncifs mixtes, glossopbaryngien et pneumogastrique peuvent peut-être nous expliquer pourquoi le rythme cardiaque et respiratoire se ressent de la pression atmosphérique, pourquoi il se ralentit quand celleci augmente (cloches à plongeur) et s'accélère quand elle diminue (mal des montagnes) ; pourquoi les malades du cœur, les brigbtiques sujets à accès de palpitation el d'oppression, certains asthmatiques auront plus volontiers leurs crises à certains jours qu'à d'autres, et souffriront véritablement des variations barométriques; pourquoi la nausée, le bâillement et une foule de troubles subjectifs apparaîtront plus facilement chez les malades qui compensent mal leurs troubles de tension labyrinthique.
Ajoutons que la meilleure preuve de la perception des
1. Béflexea auriculaires. Soc. d'OloIogio de l'aris. '■2 lev. 1894.
VERTIGE I,A1!Y1UNTII1QI]E.
pressions pnr le labyrinthe est colle ci : la perceplioa auditive, la perception des ébranlements du milieu aérien, n'est que la perception des variations rapides et rythmées de la pression aérienne, selon le passage et la phase des ondulations. L'appareil, qui s'est progressivement adapté aux analyses des vibi'ations rapides, peut sans doute apprécier les variations lentes et par conséquent percevoir les pressions quelles qu'elles soient.
Chez les Poissons, les rapports internes du labyrinthe et de la vessie natatoire, nous font prévoir les rapports bulbaires du noyau du labyrinthe avec les noyaux pneumogastriques chez l'homme.
En résumé, nous devons accorder au vestibule, et plus particulièrement au saccule la perception des pressions centripètes auxquelles est soumise Poreille interne. La compensation réflexe, dont nous avons parlé, a ses sources périphériques dans cetic perception. Tant qu'elle peut soustraire le labyrinthe à la compression, ces perceptions restent inconscientes ou ne se trahissent que par leurs irradiations bulbaires ; aussitôt que la compensation est rompue, il se produit du bourdonnement et de l'oppression labyrinthique, qui sont alors des perceptions conscientes.
M. Gellé met en évidence la perception baresthésique de l'oreille au moyen de l'expérience suivante, qu'il destine toutefois à la démonstration des synergies fonctionnelles de l'accommodation binauriculaire. « Le diapason vibrant près de l'oreille droite, si l'on comprime avec la pulpe du doigt assez fortement le méat opposé, ou qu'au moyen de la poire à insufilation adaptée à l'oreille gauche, on en comprime le tympan, aussitôt le son perçu à droite baisse; voilà le fail expérimental observé sur l'individu dont les deux organes sont sains, c'est l'effet et la preuve de la synergie fonctionnelle des deux oreilles dans l'accommodation pour l'audition binauriculaire. » [Soc. de Biologie, 19 avril 1884.)
Le frénateur tympanique interne de droite s'est contracté synergiquernent avec le gauche, cela est évident; mais il n'est pas moins évident que la contraction réflexe du frénateur de gauche provenait d'une perception, d'ail-
LKS VIlItTK.I'S.
leiii-s inconscient; souvcnl, (h; coiripression l.'il)yrinlliiqn(! à gauche, provofiiiée par la feiision exagérée de l'altriospliéi'e dans le coiidiiil en dehors du tympan.
(juant an mode de pei'ception haresthésique, il se confond avec celui des fondions maiioeslhésiques que nous allons étudier.
Fonctions manoesthésiques. — Nous avons vu dans le chapitre pi'écédent que l'oreille constituait en quelque sorte un haromèlre très sensible aux variations de pression centripète exercée à la surface des liquides qu'elle retiferme. Dans toute la série animale, dilférenls artifices organiques sont employés pour que la tension des liquides labyrinthiques égale la pression extérieure et lui fasse équilibre. Le neuro-épiihélium H.' l'oreille interne suppoi'te donc une pression égale à la pression extérieure, à l'état normal; il perçoit donc celte pression.
Cette tension du liquide labyrinthique peut varier non seulement par les différentes pressions centripètes qu'elle reçoit par l'intermédiaire <le l'oreille moyenne, elle peut varier encore par participation plus ou moins complète de celte tension à la pression sanguine. Il importe donc ici d'examiner quelles sont les sources du liquide endolymphatique et péril ympha tique.
Si l'on fait abstraction de la forme labyrinthique du sac endolhélial qui renferme les liquides de l'oreille, ou peut la réduire par la pensée à la forme d'une sorte de grande capsule de liowman recouvrant un certain nombre de glomérules analogues à ceux du rein. En effet Schwalbe a montré que les artères de l'oreille interne, et particulièrement celles du limaçon, sont très flexueuses et que les flexuosités terminales se ramassent çà et là en de véritables glomérules. Des terminaisons artérielles l'ecouvertes d'un sac endolhélial se retrouvent encore dans la formation des espaces sous-arachnoïdiens, et ce n'est pas sans raison que nous rapprochons ici ces trois sortes d'organes. Dans chacun d'eux se fait une transsudatmn du sérum sanguin de l'artère dans le sac endolhélial, formant le liquide urinaire, le liquide céphalo-rachidien, et les liquides labyrinthiques ;
YERTKJE LAUYIilNTlllQUE.
le choix ciidolhélial laisse ici passer les produits toxiques {|u'il écarte là où ils entreraient en contact avec les centres nerveux. Retenant ralbiimine dans le rein, ils la laissent pénétrer dans les liquides qui baignent les neuro-épi- Ihéliums. Cette transsudation, sans doute réglée par des réflexes que nous ignorons, permet aux centres endocrâniens d'échapper à la compression qu'exerceraient les artères terminales qui les pénétrent connue autant de coins, dans les moments de congestion céphalique, si une partie du liquide ne transsudait dans les sacs endotliéliaux pour rentrer ensuite dans la circulation générale quand la pression congestive diminue. Dans l'oreille il est très vraisemblable que des réflexes analogues mettent le neuro-épithéliumà l'abri d'une compression exagérée, et d'autre part la fiicilité de renouvellement du liquide labyrinlhique, comme du liquide céphalo-rachidien nous autoi'ise à supposer une grande latitude de transsudation séreuse.
Le sérum artériel est soumis dans les artères à une pression très supérieure à celle des liquides labyrinthiques, puisque ceux-ci font équilibre à la pression atmosphérique. — On comprend que le passage du sérum de l'artère au sac endothélial soit plus facile que la résorption, malgré le drainage lymphatique et veineux. 11 faut donc que l'appareil vaso-moteur des artères soit sous l'action d'une régulation réflexe qui a ses origines sensorielles dans ce que nous appelons les fonctions manoesthésiques de l'oreille.
Ces liquides, endolymphe et périlymphe, sont fluides et limpides, incolores chez l'adulte, rosés chez le nouveau-né, et de réaction alcaline. Ils se troublent par l'alcool et contiennent, outre l'eau, des carbonates de chaux, de soude, de magnésie, du chlorure de sodium et du phosphate d'ammoniaque. On y trouve de plus de l'albumine et ce détail a son importance ; il nous montre que le filtre endothélial laisse passer ce que retient le filti'e rénal, et nous aurons à faire jouer un certain rôle à cette production de l'albumine dans l'étiologie du vertige.
Le plexus artériel sous-endothélial et les formations glomérulaires qui terminent ces vaisseaux expliquent assez le mode de production de ces liquides, la constance de leur