‹ VertigeChapitre 19 sur 39 · I.i;S VEUTKJKS · texte numérisé non relu

I.i;S VEUTKJKS

température et de leur tension en dehors de (oule déviation pathologique. L'enti'Ctien des Hquides de l'oreille interne dépend d'une part d'une; cei'taine régulation neuro-vasculaire sujette à s'altér(<r dans de multiples conditions, cl d'autre part de l'intégrité de composilion des endolhéliums.Or rorcille interne, si sujette aux dillérenles formes de sclérose, subit sans doute les mêmes vicissitudes que l'endothélium rénal ou arachnoïdien, que le glomérule rénal ou le champ vasculaire de la pie-mère et nous pourrons par analogie soupçonner un grand nombre d'afi'ections auriculaires non décrites, reconnaissant les mêmes causes générales que celles qui se traduisent par exemple par l'excès d'albumine dans l'urine ou l'apparition de produits toxiques à la surface corticale des centres nerveux supérieurs, les hydropisies, les suintements hémorrhagiques ou de véritables inondations apoplectiformes.

Le canal endolymphalique issu du saccule et de l'ulricule, et parcourant l'aqueduc du vestibule, se termine à la face postérieure du rocher par une dilatation (sac endolympliatique) dans laquelle débouchent de petits canaux (Rudinger) qui mettent l'oreille endolymphatique en communication avec les espèces lymphatiques de la dure-mère et ceux des autres enveloppes. L'oreille membraneuse semble n'être qu'un diverlicule de l'espace péricèrébral, tandis qu'en réalité elle est comparable aux dilatations épendymaires que sont les ventricules cérébraux, formés comme elle d'une gouttière ectodermi([ue, refermée au-dessus d'un neuroderme.

La périlymphe de son côté, formée par une raréfaction du tissu muqueux embryonnaire, communique avec les méninges par l'aqueduc du vestibule et par celui du limaçon, faisant une gaine lymphatique au contenu de ces canaux. La dure-mère pénètre dans ces conduits. 11 y a encore de petits canaux accessoires (Stebenmann) qui remplissent les mêmes fonctions de canaux pèrilymphatiques émissaires en même temps qu'ils apportent les vaisseaux de la dure-mère au limaçon.

Ces conduits, ainsi peut-être que la gaine du nerf labyrinthique, font communiquer le récipient périlymphatique

VERTIGE LABYRINTIIIQUE.

avec les espaces sous-araclinoïdieus. Kii résumé, l'oreille peut se comparer à un cerveau qu'une hydropisie ventriculaire aurait transformé en une poche à paroi mince, qui sei'ait le récipient endolymphalique, et isolé de sa paroi crânienne par une gaine liquide à paroi endothéliale et par un périoste formant dure-mère.

i/oreille a donc la signification morphologique et embryologique d'un petit crâne communiquant avec le grand et contenant un petit ganglion cérébroïde dilaté par l'expansion de sa cavité ventriculaire ; c'est-à-dire que le mésoderme s'est comporté pour le ganglion de la chaîne latérale devenu vésicule olocystique et oreille labyrinthique comme il s'est comporté pour le neuroderme médullaire devenant tube méduilo-cérébral avec son épendyme et ses dilatations venlriculaires.

Que ce soit l'endothélium qui faiblisse, qu'il y ait paralysie vasomotrice passagère ou durable, ou même suintement du séruni artériel en trop grande abondance, l'eiïet mécanique est le même, la pression endolabyrinthique participe incomplètement ou complètement à la pression artérielle. S'il y a hémorrhagie, le labyrinthe reçoit directement l'impulsion cardiaque; le choc se traduit par une apoplexie dans le labyrinthe comme dans le crâne; mais sans aller jusque-là, la pression labyrinthique peut s'accroître et dépasser les limites de la compensation labyrinthique que nous avons étudiée plus haut. Il y a alors oppression labyrinthique et bourdonnement. La compensation réflexe, au moyen de l'appareil frénateur de l'étrier, ou de la régulation vaso-motrice, implique forcément des sensations internes, inconscientes tant qu'il n'y a pas rupture de compensation, et que nous ne saurions que supposer sans les définir autrement puisqu'elles sont inconscientes.

Nous croyons volontiers que pour ces fonctions manoesthésiques les rapports du labyrinthe avec le noyau du pneumogastrique déterminent des irradiations et des réflexes de la nature de ceux que nous avons examinés plus haut, et qu'en particulier les rapports indirects par l'intermédiaire du noyau interne avec le centre vaso-

LES VKHTIGKS.

moteur (?) ik! sont pas sans joiici' un rôle dans la vasomolricilé lal)yi'inllii(|ue cl peiil-fîli'e eiulocranicnne.

Ces fonclioMS inanoeslliésiques nous renseigneni, ou plutôt renseignent certains de nos centres bulbaires sur le degré de tension des liquides de l'oreille et, par communication, des liquides endocrâniens.

Ils délerminent tout d'abord la l'égulalion réflexe de l'alimentation des sacs endolliéliaux par la vaso-motricité des artères terminales et agissent peut-être aussi sur le noyau vaso-moleur général, sur les noyaux de la régulation cardiaque et pulmonaire.

Elles nous annoncent par l'oppression labyrinthique et le bourdonnement, l'excès de tension artérielle dans l'encéphale et président sans doute à des réflexes plus généraux qui combattent le danger d'une compression.

Fonctions seisesthésiques'. — La faculté de percevoir les ébranlements et les trépidations est générale et commune à toutes les formations auriculaires dans la série animale. Elle n'est qu'une appropriation remarquable des fonctions baresthésiques, car dans l'ébranlement l'oreille ne perçoit que la succession de condensations et de raréfactions du milieu en contact. La pression de ce milieu oscille en plus et en moins autour de la pression d'équilibre et il a suffi pour l'oreille qu'elle s'adaptât à la perception des variations rapides de pression; c'est une simple spécialisation du tact.

De même qu'un bouchon, à la surface d'une eau parcourue par les ondulations concentriques quis'éloignent de l'endroit où l'on a jeté une pierre, ne suit aucunement la propagation de l'ondulation, mais s'élève et s'abaisse, au passage des ondes condensantes et dilatantes, c'est-à-dire décèle

1. Des deux mots seisesiMsic el. sis7nes:lhësic qm tous deux auraient également le sens de perception des ébranlements, des trépidations, nous avons dû laisser au second, à cause du mot sistnor/raphic déjà créé, le sens de perccplion des ébi'anlcments solidiens communiqués par le squelette et qui s'effectue tactilement, et donner au premier l'acception de perception des ébranlements aériens ou liquidiens. qui jouent un rôle fondamental dans la physiologie auriculaire.

VERTIGE LABYRINTIIIOUE. Ur,

h^s phases de rondiilalioii. — de iiièiiic l'oreille semble reslei' iiulillereiite à la propagalieii de l'ébranlemenl, el, son . ccuilenu lab\ liiilhicpie réagit aux vai'ialions (h; pression dans l'alniosplièrc! du conduit auiicnlaire.

La pression augmenlant dans le conduit an inoniinit du passage de l'onde condensante, réquilibrc entre la tension labyrinibiqiie et celle du nnlieu extra-tynipanicpie se trouve nioinentanénient rompu et avant que la conqjensalion se soit établie, les papilles nerveuses, adossées à une paroi solide ont été légèrement comprimées par l'accroissement passager de la tension inira-labyrinthique. Fuis ariive la partie négative de l'ondulation et l'inverse se pioduil.

Quand la pression de l'air du conduit refoule le tympan, celui-ci ne se laisse déprimer qu'autant que le permetleni son élasticité d'abord, et le recul de toutes les parties mobiles qui lui l'ont suite dans l'oreille moyenne et l'oreille intei'iie jusqu'au tympan secondaire. La course de l'élrier dans la fenêtre ovale n'est, d'après llelmhoKz, que d'un dixième de millimètre; le recul de la membrane delà fenêtre ronde est moindre encore. Il s'ensuit que le chemin parcouru par les membranes diminuant avec la vitesse du refoulement, l'efl'et produit |)ar la force de refoulement se précisi^ et s'accentue davantage de dehors on dedans. L'étrier transmet à la surface du liquide labyrinlhique tout l'effort du refoulement que subit la membrane tympanique, d'une surface bien supérieure; la force de refoulement de l'étrier est donc relativement considérable. De plus l'enclume et le marteau forment un levier coudé dont la branche incudo-stapédienne est plus courte que le manche du marteau; la force de refoulement de l'étrier s'en trouve encore accrue. L'oreille moyenne a donc pour ellét de transformer la force d'expansion de l'air condensé dans le conduit en un refoulement d'une vites-e très inférieure k celle de la propagalion de l'ébranlement, mais d'une puissance bien supérieure. C'est une machine qui fait gagner en force ce qu'elle fait perdre en vitesse et en anq)litude.

Au moment où l'étrier pénètre à la surface du liquide;

^14 LIÎS VILUTIGES.

labyriiilliique, la prossion s'installe immédiatement dans tout le labyrinthe et s'exerce normalement et également sur tous les |)oints de, sa paroi, diminuée dans sa totalité par le recul du liquide dans les parties dépressibles de cette même paroi (voyez Compensation).

Précisément à cause de ces facilités de compensation, et de l'élasticité même de certaines parties de la paroi labyrinthique, il sendjle que des variations assez l'apides de pression cesseraient bientôt d'être perçues distinctement par la paroi neuro-épilhélialc et qu'il s'établirait une sorte de régime permanent qui rendrait inappréciables les variations de pression au delà d'une certaine rapidité dans le rythme.

Plusieurs dispositions semblent corriger cet inconvénient dû à l'élasticité des membranes d'échappement, à la plasticité et à la fluidité même du liquide labyrinthique.

C'est tout d'abord la présence des corpuscules otolithiques qui saupoudrent la paroi ciliée des terminaisons nerveuses. Des petits corps inertes et solides ne peuvent diviser leurs mouvements connue le liquide qui le tient en suspension. Ils oscillent en totalité et martèlent la paroi nerveuse avec une précision d'autant plus grande que leur volume est plus réduit.

Si nous examinons maintenant la structure du saccule nous comprenons immédiatement le rôle de la membrane qui le forme, établissant une sorte de tympan convexe au-dessus de la papille nerveuse. S'il n'existait pas pour le liquide sacculaire une voie d'échappement par le canal endolymphatique et le canal de réunion, au moment du passage de l'onde condensante, la membrane inerte du saccule ne jouerait aucun rôle et pourrait à l'égard de la papille nerveuse ne pas exister. Mais comme elle se trouve séparer le liquide périlymphalique comprimé le premier, du liquide endolymphatique qui peut fuir en partie dans le canal endolymphatique et la rampe moyenne du limaçon, elle se laisse déprimer par la pression qui s'exerce sur sa paroi convexe, comme elle s'exerce sur toutes les autres parois rigides du récipient périlymphalique. Elle oscille donc sous le passage des ébranlements successifs et sa

VERTIGE LABYIUNTIIIQIIE.

forme convexe d'une pari, et le mode d'oscillation spécial à une membrane de celte disposilion d'autre part, font que le liquide placé entre elle et la paroi nerveuse est animé d'une oscillation autrement précise, puissante et courte que si cette membi'ane ne s'interposait pas entre elle et le piston slapédien.

La papille sacculaire saupoudrée de ses otolithes reçoit donc l'effort de compression autrement que tout autre point de la paroi rigide, et l'ébranlement y est, pour une même phase, d'une sensibilité d'action plus grande et d'une moindre amplitude.

Pour les variations lentes ce dispositif présente sans doute de grands avantages, mais infiniment plus encore pour les variations rapides et faibles. Pour celles-là il irapoi'le que l'amplitude d'oscillation soit réduite de façon à permettre aux otolithes d'osciller en totalité en continuant à rythmer les phases d'oscillation avec précision, de même il importe que la précision de martèlement des otolithes soit rendue plus grande par l'espèce de concentration qui résulte de la disposition convexe du tympan sacculaire.

L'utricule jouit, mais à un degré beaucoup plus faible, des mêmes propriétés que le saccule, mais la fonction labyrinthique s'est dichotomisée de bonne heure, laissant à l'utricule et à ses canaux les fonctions d'orienlation subjective et au saccule celles de perception baresthésique, manoesthésique et seiseslhésique dont va dériver l'audition à mesure que le limaçon sortira phylogénétiquement du saccule.

Ces perceptions de trépidation forment la fonction la plus utile à tous les Invertél)rés, en particulier aux Arthropodes, qu'elle a fait gratuitement doter par bon nombre d'observateurs de facultés musicales. Nous avons examiné ce point de détail dans un article de la Revue scientifique^

Chez riiomme elles sont déjà conscientes et le seraient plus si la perception d'ébranlement sous forme d'audition ne les masquait pas. Néanmoins bon nombre de sourds, de surdité limacéenne, perçoivent encore les trépidations, et

1. L'audition chez les Invertébrés, Rev. scientifique, déc. 1890.

IIG

I KS VliUTIGES.

affirmeiit onloiidrc le diapasdii appliriiié sur 11- crâne ou l'apophyse iiiasioïde. C/csl, une peix-oplion sciseslhésiquf et HOU raudiliou. Ils enlcudenl coniine les Invertébrés.

Chacun sait combien peuvent devenir pénibles les trépidations solidiennes que l'on ressent en se tenant debout, par exemple sur la plate-forme d'un omnibus, à inoins qu'on ne les amortisse en s'élevant sur la pointedes pieds. Les trépidations aériemies d'une force trop grande surprennent par leur rapidité l'exercice réllexe de la compensation, mais nous sonunes pourvus de certains moyens de délense à cet égard. Quand le frénateur tympanique interne (m. de l'étrier) etle frénateur tympanique externe (m. du marteau) se contractent synergiquemenl, les deux osselets se fléchissent l'un vers l'autre et l'appareil de transmission se trouve ainsi affaibli dans l'exercice de l'oscillation. Il transmet avec moins de force et l'oreille échappe aux commotions excessives.

Comment se [)roduit ce réllexe?

Nerf de Wrisberg. — Bien des obscurités régnent encore sur les origines et les terminaisons du nerf de Wrisberg. Sans rejeter les hypothèses qui le font sortir d'un noyau proche de celui du glossopharyngien pour former ensuite la corde du tympan, nous ne croyons pas impossible que certaines de ses fibres aient le rôle suivant. Erlitzky a montré que le nerf de Wrisberg avait pour origine des ilôts cellulaires semés dans le tronc de la branche vestibulaire du nerf labyrinthique, et même dans le noyau antérieur. Or on ne suit ce nerf que jusqu'au ganglion géniculé du facial. Si l'on observe que le petit pétreux superficiel d'une part, qui va fournir au ganglion otique la racine motrice qui se prolongera jusqu'au muscle du marteau, et le nerf du muscle de l'étrier, d'autre part, ne sortent du facial qu'en aval du point où s'y est jeté le nerf de Wrisberg, on sera porté à supposer que les frénateurs lympaniques ont, grâce à ce nerf, une innervation réflexe toute spéciale dont la voie centripète serait dans le tronc du nerf vestibulaire.

Ces réflexes de frénation tympanique destinés à mettre le labyrinthe à l'abri des compressions trop brusques peu-

VERTIGE LABYRINTIIIQUE.

vent êlro iiulépendanls du réflexe lubo-tympanique et. par consé()iient peuvent avoir une innervation diiïérente et un arc réilexe plus court.

Selon noire hypothèse, les deux muscles frénateurs lympaniques seraient innervés d'une part par le nerf de Wrisberg avec la racine vestibulaire pour voie contripèle, et d'autre part par le facial et le trijumeau (racine motrice) avec le glossopharyngien comme voie sensitive', ou mieux avec le nerf sacculaire.

Nous veri'ons plus loin combien le vertige apparaît fréquemment dans les compressions brusques du labyrinthe, quand ce l'éflexe de frénation des osselets est insuffisant, ou se laisse surpendre.

Audition. — Ce n'est que cbez les vertébrés inférieurs qu'appai-aît dans les parois du saccule une formation spéciale qui peu à peu devieudra le limaçon tel qu'il existe chez l'homme, et avec celte formation apparaît également une fonction dérivée des fonctions seisesthésiques et qui finira par devenir l'audition telle que nous la possédons. L'audition est la propriété de certaines parties de l'oreille, les plus récemment formées, de nous traduire les ébranlements sous forme de sensations continues, unies et planes, que nous distinguons entre elles non plus par la rapidité du rythme vibratoire, comme peut le faire le saccule, mais parune qualité spéciale qu'on nomme l'acuité tonale.

La physiologie du limaçon serait d'une exposition trop étendue pour que nous l'entreprenions ici. L'audition est d'ailleurs de toutes les fonctions auriculaires celle qui engendre le moins le vertige.

Remarquons seulement que la membrane de Reissner et la membrane basilaire forment deux tympans entre lesquels se trouve la papille nerveuse limacéenne. L'étendue relativement grande de ces membranes enroulées en spirale par

1. Gellé a, de son côlé, élé amené à admell.re pour le stapédiiis une double innorvalion, l'une faciale, l'aulre giossopliaryngienne par l'anastomose enlre les 7" et, O-' paires, à l'orifice inférieur du canal de Fallope. (Voy. Olile et paralysie faciale, dans Annales des mal. de l oreille, 1890. p. 747.)

118 I.KS VERTIGKS.

rapport à la surface delà feiiôlre ovale, fait que le déplacement des membranes refoulées y est plus faible que celle de toute autre pailie de l'oreille interne, mais que gagnant en force ce qu'elle perd en amplitude, l'oscillalion périodique de ces tympans oiïre une netteté de forme et une précision dans le travail plus grandes qu'aucune autre partie vibrante de l'oreille. Entre ces deux tympans oscille un(ï membrane inerte, la membrane de Corti qui joue le rôle de battant de cloche autour de son insertion modiolaire et martèle les extrémités nerveuses comme le font les otolithes du vestibule. Les sons aigus naissent vers la base du limaçon, les sons graves au sommet. Nous n'entrerons pas ici dans d'autres considérations physiologiques, qui exigeraient un assez complet exposé anatomique.

Qu'il vous suffise de remarquer encore que le genre d'excitation de la papille limacéenne est tactile comme dans le vestibule, et que la commotion ou la compression trop intenses y produisent soit un bourdonnement, soit dans les cas extrêmes un sifllemenl très aigu avec une sorte d'éblouissement auditif, qui s'accompagne de vertige.

Le vertige auditif peut donc apparaître dans les cas où apparaît le vertige vestibulaii'e et sans doute il s'agit alors d'un seul et même vertige.

Mais certaines perceptions auditives peuvent faire apparaître le vertige soit par la monotonie des répétitions, soit par la combinaison de certains sons. Tout le monde a éprouvé dans les salles de concert l'effet de certaines compositions instrumentales coïncidant avec certaines marches d'harmonie qui font subitement, chez l'auditeur absorbé par la fixation auditive, apparaître un frisson, avec sueur généralisée ou limitée aux paumes des mains, avec cons- Iriclion épigaslrique, oppression, et une sorte de suspension des perceptions objectives allant parfois jusqu'au vertige.

Toutes les attentions trop forcées peuvent engendrer cette extase purement sensorielle et l'on peut véritablement s'y entraîner. C'est du reste la route directe de la susceptibilité hypnologique.

VERTIGE LADYRIiNTllIQUE.

Orientation auriculaire objective. — C'esl dans rorcillo (|ue la fonction de localisalion peut le plus lacileinenl s'étudier, cai' elle y est complèlement isolée de l'audition proprement dite. Le limaçon entend, mais ne localise pas; il ne donne aucune perception d'espace. Nous allons, sans grand détail, établir succinctement la façon dont un ébranlement, quelle que soit sa forme, est analysé par l'oreille intei'nc, dans son orientation, c'est-cà-dire comment est appréciée son incidence, abstraction faite de son rytbme et de son intensité.

Un ébranlement parcoui't l'air et vient à intéresser la petite masse gazeuse immobilisée par les replis du pavillon et la conque, et la mise en mouvement de cette masse aérienne se communique au contenu aérien du conduit, jusqu'au tympan. Celui-ci ne se déplace qu'autant que le permettent les osselets suspendus dans l'oreille moyenne, le mouvement des liquides et des tympans membraneux de l'oreille intei'ue, et enfin l'élasticifé de la membrane de la fenêtre i-onde. L'inertie de ces différents appareils solides et liquides suspendus entre les deux membranes flexibles est peu à peu sollicitée par la répétition n'es ébranlements, et la mise en branle de tous ces appareils inertes a pour résultat de diminuer, de debors en dedans, la vitesse et l'amplitude de l'oscillation, en augmentant dans le même sens sa force. C'est ainsi qu'un ébranlement sonore, d'une énorme vitesse de propagation et d'une énergie presque nulle, parvient, grâce à l'inertie des appareils suspendus qu'il sollicite sur son parcours, et la périodicité même de ses sollicitations, à produire au niveau des papilles neuroépitbéliales des oscillations dont la vitesse est extrêmement réduite, tandis que leur puissance est accrue en proportion inverse.

L'oscillation de tous les milieux gazeux, solides et liquides de l'oreille est donc solidaire, bien que variant dans sa vitesse et dans sa force selon le point que l'ou observe.

Sans entrer dans trop de détails, disons simplement que l'inertie de ces milieux oscillants est gênée de diverses façons par leurs connexions anatomiques, et que le mou-

LES VEUTIGKS.

veinent que cliaqiie partie exécute en oscillant est très différent (lu mouvement inilifil et extérieur. Néanmoins on conçoit que dans une oreille donnée, les gènes apportées de différentes façons à l'inertie des divers segments de l'afjpai'eil de transmission sont également constantes, et ([ue les différences dans l'oscillation des milieux sei'ont détei'minées |)ar les variations d'incidence de l'ébranlement à l'orifice extérieur, l'intensité et le rythme mis à part.

Selon l'incidence au méat, le tympan, toutes réflexions faites dans le conduit, sera plus ou moins obliquement sollicité suivant l'un de ses rayons, et le mouvement de dehors en dedans se compliquera d'une oscillation latérale dont le sens sera déterminé par l'incidence extérieure. Le marteau, l'enclume, s'associent à l'oscillation latérale, et la platine de l étiier, outie son mouvement de piston à la fenêtre ovale, offrira des présentations dont le sens variera selon l'incidence de l'ébranlement.

La surface du liquide périlymphalique à la fenêtre ovale, et la convexilé de l'utricule et du saccule recevront donc l'impulsion de la platine stapédienne, selon des directions qui varieront toujours avec l'incidence de l'ébranlement et seront déterminées par elle, sans pour cela coïncider dans leur direction avec la sienne.

Dans le saccule, l'ébranlement, traversant le tympan sphériqueque lui offre la paroi membraneuse, se concentre et tombe diamétralement sur le point de la macule opposé au pôle intéressé. Il se fait là une orientation analogue à celle des appareils otocysliques et des réliues oculaires. C'est sans doute la véritable orientation objective.

Dans l'utricule, l'orientation objective est de moins en moins favorisée à mesure qu'on s'élève dans la série des Vertébrés. Nous pouvons admettre, cependant, comme vraisemblable le mécanisme suivant : selon l'incidence de l'ébranlement à la surface de la fenêtre ovale, tel ou tel pôle de la convexité se déprime davantage et l'incompressibilité du liquide endolymphatique le force à circuler et à produire sur d'autres points de l'utricule des dilatations compensatrices de sa paroi. Cette circulntion du contenu

YEUT1G15 LABYRlNTIlinUE.

ulriculaiiv varie de sens avec le pôle iiiLérossé, c'est-à-dire avec l'incidence de l'ébranlemenl,. Il se fait donc aux orilices des canaux semi-circnlaii-es, soil des reflux, soit des appels donnant naissance à des veines fluides de sens contraire. La coïncidence d'un appel à l'un des orii'ices d'un canal, avec une poussée h l'autre orifice, détermine un déplacement de tout le contenu du canal, et conune la longueur d'un canal membraneux est très grande par rapport à celle de l'utricule, tandis qu'au contraire sa section est de beaucoup inférieure à celle de ce dernier, le déplacement, le courant, la circulation endolymphalic|ue y sont beaucoup plus rapides et plus intenses.

Les trois canaux étant dans trois plans perpendiculaires entre eux, il n'est pas de déplacement du liquide ulriculaire qui ne se traduise par des courants analytiques dans les canaux semi-circulaii'es, et ces courants sont beaucoup plus appréciables dans les canaux que dans la cavité ulriculaire.

Si l'on remarque que les terminaisons nerveuses sont disposées en crêtes formant des barrages transversaux sur le parcours des courants analyseurs, et qu'elles sont formées de longs cils très propres h apprécier le moindre déplacement du liquide où ils baignent, on reconnaîtra qu'il y a dans ce dispositif un merveilleux appareil d'analyse et de description géométrique des mouvements du liquide utriculaire, c'est-à-dire de la présentation de l'élrier à la fenêtre ovale, c'est-à-dire de l'incidence de l'ébranlement.

Les opérations analytiques des nerfs ampuUaires, appréciatrices des courants dans un sens ou dans l'autre, sont vraisemblablement composées entre elles par les éléments ganglionnaires du renflement de Scarpa, et associées aux pei'ceptions cochléaires dans les noyaux du bulbe et dans les centres corticaux.

Notre hypothèse sur le rôle de la circulation endolympliatique dans l'orientation objective est passible de l'objection que fit de Cyon à ce même rôle dans l'orientation subjective. I.a viscosité du liquide et les dimensions capillaires des canaux membraneux n'empêchent nullement, selon

LES VEllTltîESi

nous, le (lôpiacenieni, (lu coiilenu do l'orcillt! inernbraricuse, bien que réduisant considérahlemenl sa vitesse et sa puissance. La flaccidité des parois d(;s canaux et de l'uti-icule membraneux, la continuité même de leur contenu liquide doit nous faire supposer que hîs elîets de la viscosité et de la capillarité sont iorteinent atténués. La moindre modification de la paroi utriculaire produit les courants que nous avons dit, et c'est précisémeut au point où ces courants analyseurs sont le plus perceptibles, et c'est avec le dispositif le plus aple à les percevoir que nous voyons se terminer l'appareil nerveux.

Nous serions portés, au contraire, à considérer la viscosité du contenu, la Ilaccidité et la capillarité du contenant comme vraisemblablement adaptés à amoitir et neutraliser les effets exagérés des déplacements liquides dans les mouvements de rotation de la tête, et à leur assurer une très courte durée réactionnelle. Ajoutons que les ololillies prenant part à la momdre oscillation des liquides rendent ces osi'.illations beaucoup plus appréciables par les terminaisons nerveuses.

L'orientation auditive, que nous voyons si nettement isolée de l'audition propi'ement dite, a été difîéremment expliquée par les auteurs. Certains ont considéré le pavillon comme conducteur, condensateur et réflecteur du son. En réalité, aucune partie de l'oreille ne conduit plus mal le son que le pavillon; quant à la condensation, elle existe, non dans le pavillon, mais dans la masse d'air qu'il immobilise au-devant du méat et dont l'inertie est gênée par les surfaces concaves du pavillon et de la conque, de façon à faire converger plus ou moins tous ces ébranlements vers ce méat.

Il est un excellent réflecteur du son, et la condensation et la réflexion se confondent ici. Son rôle principal est d'étendre au delà du méat la colonne d'air de l'oreille externe et de la prolonger en quelque sorte au sein des ébranlements de l'air extérieur, auxquels elle participe facilement.

L'audition étant naturellement meilleure dans le prolongement extérieur de l'axe contourné du conduit auriculaire,

VKHTUiH LAUYRINTIlinilK. l-^S

rorieiiiation se fait crmio faroii assez gi'ossièi'c pat' la rechercha du maximum d'audilion, et c'est ici que l'oiaeiitalion subjective de l'oreille interne, d'une part, et le sens musculaire, d'autre part, qui connaissent les déplacements de la tête sur le cou, nous permettent d'orienter objective- . ment la source sonore vers le lieu delà meilleure audition. Cette orientation a son analogue dans les mouvements angulaires du globe de l'œil cherchant à faire tomber le point visé dans le prolongement de l'axe optique.

Mais, de même qu'en fixant un point de l'espace et en immobilisant, par conséquent, le globe oculaire, nous orientons néanmoins par rapport au centre de l'image tous les au Ires points du champ visuel, de même nous orientons dans le champ auditif sans déplacer la tête sur le cou, et nous obtenons une image auditive dont tous les points sont localisés. C'est bien là l'orientation purement sensorielle, dans laquelle le sens musculaire et l'orientation subjective n'interviennent en quelque sorte qu'à l'état statique. Dans ce cas, l'orientation se fait selon le mécanisme que nous avons développé plus haut.

Les auteurs, en effet, confondent sous le nom d'orientation auditive l'orientation du champ auditif lui-même, c'est-à-dire la recherche du maximum de perception, la visée auriculaire, et d'autre part, l'orientation à l'intérieur du champ auditif, c'est-à-dire la délînition de l'image sonore. Quand nous écoutons, nous cherchons à orienter le champ auditif de telle façon que la partie de l'image sonore que nous voulons percevoir mieux se trouve dans l'axe du méat, c'est donc l'orientation sensorielle proprement dile qui guide la recherche; de même que pour l'œil nous déplaçons le globe oculaire de façon qu'un point intéresressant, apparu dans une partie peu nette du champ visuel, vienne à en occuper le centre. L'orientation auditive formée par le mécanisme que nous avons décrit, guide les mouvements cervicaux qui permettent l'accommodation à l'audition la plus favorable.

L'orientation visuelle se fait mieux par le contrôle des deux yeux ; l'orientation auditive gagne sans doute aussi à la contribution des deux oreilles. Seulement, tandis que

les (I(!ux champs visuels se superposent, grâce à la distri- Inilioii faciale des yeux (|ui pennel la vision sléréoscopique, les deux champs auditifs sonl diamétralement opposés, loul en se superposant en partie, et l'audition stéréacousi(|ue ne peut guère èlre utilisée. Néanmoins, on conçoit que la compai'aison entre les deux perceptions auriculaires facilite, par une grossière orientation, l'accommodalion cervicale. Beaucoup de personnes ne peuvent plus orienter autrement.

Gellé a fait à ce sujet une expérience qui est loin d'avoir, à notre avis, la signification que lui ont donnée la plupart des physiologistes. Dédoublons-la tout d'abord pour mieux l'interpréter.

Si nous plaçons dans le conduit auriculaire l'extrémité d'un tuba de caoutchouc, et sur ce tube un diapason vibrant, quelle que soit la position du tube, l'oreille reçoit toujours l'ébranlement selon l'axe de l'embout engagé dans le conduit. Si ce sujet a fermé les yeux dès le début, l'oreille localise invariablement l'origine du son sur le prolongement de l'axe du méat. L'orientation auditive est trompée par cette captalion de l'ébranlement de l'air du tube, comme l'orientation visuelle serait illusionnée par la rotation d'un prisme ou d'un miroir qui lui montreraient toujours au même point un objet qu'ils suivraient dans tous ses déplacements. Le sujet ne peut soupçonner l origine variable des vibrations qui lui sont toutes amenées, en dernier lieu, suivant l'axe du conduit. Il localise nettement et toujours dans le prolongement de cet axe.

S'il ouvre les yeux et voit le diapason devant lui, par exemple, il sacrifie immédiatement l'orientation auditive à l'orientation visuelle, qu'il reconnaît comme infiniment plus sûre, et cesse de s'en rapporter à l'oreille; et fermant de nouveau les yeux, il s'obstine à préférer le souvenir de la vision au jugement direct de son ouïe.

Cette expérience est des plus faciles à répéter et nous montre qu'en supprimant les conditions oi'ganiques de l'orientation auditive, celle-ci ne se fait plus, ce qui ne saurait beaucoup nous surprendre, et que, forcé de s'en rapporter à un contrôle fait une fois pour toutes, le sujet

VKllTKiE LAISYRINTIIIOIIK

s'en lient à ce contrôle, ses perceptions (uiricnlaires ne variant pas. Voyons maintenant, l'expérience de (lelié.

Celle met chaque boni du tube dans un rnéal et relie ainsi une oreille à l'autre par une même colonne d'air. En plac^-aiU le diapason au milieu, cliaque méat reçoit, selon son axe, un seul et même son, qui est localisé par chaque oreille dans le prolongement même de son axe. L'illusion est ici assez semblable à celle que produit l'expérience dite (l Aristote, dans laquelle on sent deux boules en en faisant rouler une seule entre deux doigts croisés.

Le sujet entend deux sons identiques, d'origine dianiétralement opposée. On peut faire passer le tube derrière la tète, au-dessus, le tordre, etc., les conditions de l'orienlalion auditive restant les mêmes pour chaque oreille, le sujet continue à localiser les deux sons dans le prolongement de ses axes aiunculaires. L'illusion que nous avons vue d'abord se produire pour une oreille, se produit pour les deux oreilles avec, en plus, l'illusion diplacousique.

Si le sujet ouvre les yeux et voit par exemple le diapason unique devant lui, il cesse de s'en rapporter à ce qu'il entend et apportera indéfiniment la môme rectification à une illusion qui ne varie pas. Il affirmera n'entendre qu'un son, placé là où il l'aura vu. INéanmoins l'expérience ne convaincra pas tout d'abord un sujet dont l'une des oreilles entendra le sim plus grave qu'il n'est; la diplacousie s'opposera alors nettement à la réfutation visuelle.

Nous voyons donc que l'expérience de Gellé ne prouve aucunement le rôle de l'audition binauriculaire dans l'orientation, puisqu'elle peut s'etTectuer sur une seule oreille ou sur un sujet qui est sourd d'un côté. Elle a l'inconvénient de supprimer les conditions de l'orientation dans chacune des deux oreilles séparément, par l'introduction de l'embout, et ne peut, par conséquent, prouver qu'il faut les deux oreilles pour orienter. Il est naturel qu'en supprimant l'orientation dans chaque oreille, on la supprime dans l'audition binauriculaire, et que d'une double illusion résulte une illusion complète. L'expérimentateur supprime la base même de l'expérimentation.

L'orientation auditive est faussée par le fait même que

l'ili l,ES VliiniGKS.

lous les sons éliiicMit dérivés selon l'axe du inéat, au moyen de l'einboul iiilioduil dans l'oreille. Le lait que nous ne pouvons plus écrire quand nous avons les deux mains liées prouve-l-il que nous aurions besoin de deux mains pour écrire?

L'orientation objective directe opérée exclusivement par l'appareil auriculaire, ou indirecte, c'est-à-dire avec le concours de l'orientation subjective que nous avons étudiée, et du sens musculaire dans l'appareil cervical, nous renseigne sur les mouvements de la tète sur le cou ; cette orieiitalion objective est fort limitée. En effet, chaque champ auriculaire est assez restreint par lui-même, et les mouvements de la tète chez l'homme, malgré leur grande variété, ne donnent que peu de renseignements à la fois. Néanmoins, grâce à l'orientation auricul.iire directe, grâce à l'auililion et à l'orientation binauriculaire, grâce à la mobilité si facile de la tète, qui fait varier incessamment les champs auditifs, nous localisons très suffisamment les ébranlements qui nous parviennent et nous nous orientons dans le monde sonore comme nous l'orientons par rapport à nous.

Cette fonction de localisation et d'extériorisation nous permet de distinguer les accords formés par des sous harmoniques d'origine distincte dans l'espace, des timbres formés des mêmes sons harmoniques auxquels l'oreille reconnaît une parfaite unité d'origine dans l'espace. De même les complexes sonores formés de sons non harmoniques, ayant différentes origines, donnent la sensation atonale de cacophonie, tandis que l'identité de localisation en fait des bruits.

Dans un milieu bruyant, le trouble vertigineux apparaît autant et plus par la multiplicité des origines objectives de la sensation que par l'intensité même du bruit.

Orientation subjective indirecte. — Nous n'insisterons pas sur cette fonction que l'oreille partage avec tous les autres appareils sensoriels. Tout organe qui nous permet de définir objectivement l'espace par rapport à nous,

VERTIGE UBYRINTllIQUE.

nous rt'vèle par cela iiièiiie iiolro propre posilioii par rapport aux objets de notre entourage. Nous nous étayons, comme on l'a dit, sur nos perceptions objectives, et de l'orienlalion olijective nait par renversement une orientation subjective que nous appelons indirecte pour la distinguer de celle que fournissent l'utricule et les canaux en dehors de toute perception objective.

Les troubles subjectifs liés à cette désorientation, sans cire aussi immédiats et accentués que ceux que produit la désorientation directe, apparaissent néanmoins dans certains cas définis, tels que le passage d'un train en sens inverse de celui où nous nous trouvons, surtout quand ce train siffle.

Orientatinu subjective directe (Voy. p. 29).

Centres du nerf labyrinthique, et leurs fonctions.

— Nous reirouvons dans la physiologie de l'appareil périphérique du nerf labyrinthique et dans les attributions de chacune des deux branches, la cochléaire et la vestibulaire qui le forment, de quoi les distinguer assez nettement. Néanmoins, nous voyons que le nerf cochléaire, comme le limaçon lui-même, n'est qu'un dérivé du nerf sacculaire, comme le limaçon est lui-même issu du saccule, comme l'audition est enfin une difl'érenciation dernière des fonctions seisesthésiques du saccule. — En résumé, outre l'orientation subjective directe, le labyrinthe n'est qu'une adaptation de la lactilité ectodermique à la perception de la pression sous ses différentes formes.

Pouvons-nous maintenant, au moyen des conducteurs nerveux qui véhiculent vers les centres bulbaires, cérébelleux et cérébraux, les irritations spécialisées que nous avons énumérées, définir les fonctions de ces centres et comprendre la nature des correspondnnces qu'ils établissent entre les mille voies nerveuses de la substance blanche ?

Nous avons dû, à chaque noyau primaire ou secondaire du nerf labyrinthique, supposer qu'il mettait en rapport l'appareil périphérique avec tous les autres noyaux avec lesquels il était anatomiquement en correspondance ; il est

Page 1