‹ VertigeChapitre 20 sur 39 · I.KS VFJlTKiKS · texte numérisé non relu

I.KS VFJlTKiKS

('vidciil (|ii(î toiiles les cori'csiiondanccs ainsi supposées ne consliluent pas des voies coiitripètes des racines de la huilièiiie paire. Nous nous contenterons des rapports les plus vi'aisenihlables

Les i'a|)porls du vestibule avec le cervelet, nous expliquent pourquoi Stefani et Weiss ont vu les cellules de Purkinje des trois circonvolutions postérieures du cervelet el le li'aclus labyrinlhique qui en pai't dégénérer après la destruction des canaux senii-circulai/'es. Si nous comparons le faisceau cérébelleux direct du vestibule à celui des cordons laléraux de la moelle (f. de Flechsi^), nous vovons que 1° l'un et l'autre sont formés de grosses fibres" tôt engainées de myéline; 2" lous deux ne subissent qu'une interception ganglionnaire entre la péripliérie et le cervelet ; c'est, d'une part, le ganglion de Scarpa pour le nerf veslibulaire et d'autre pailla colonne vésiculeuse de Clarke à laquelle aboutissent les grosses fibres internes des racines postérieui^es (Bechterew) ; 5" lous deux ne s'entre-croisent ni dans la moelle, ni dans le bulbe, mais en arrivant près du vermis supérieur.

Si notre assimilation de ces doux systèmes de conducteui^s centripètes vers le cervelet est légitime, elle nous permet de les associer dans une fonction identique, celle de fournirau cervelet les notions d'orientation, d'attitude et de mouvements du segment encépbalique d'une part (vestitibule, orientation subjective directe) et des autres segments du corps (faisceau de Flecbsig). Ils appartiennent ainsi au sens dit à tort musculaire et véhiculeraient vers le cervelet les imagos d'espace indispensables à la coordination réllexe inconsciente. L'équilibration réflexe est donc édifiée sur ces renseignements directs de la périphérie, et nous nous expliquons ainsi la logique réelle des mouvements en apparence incohérents et désordonnés par lesquels les animaux réagissent à des images faussées de leur propre altitude.

Les l'aisceaux croisés cérébelleux, entre-croisés dans la bulbe, peuvent, ainsi que les faisceaux directs, provoquer par leur lésion la déséquilibration. Ils ne donnent pas plus qu'eux directement la sensation vertigineuse avec ses

VEUTKIE LARYHlNTlUQUl!:. l'2!»

rolUîxes, paice qu'ils vont, sans iiilei'ceplioii bulbaire, jusqu'aux régions cérébelleuses.

Ils ne semblent d'ailleurs convenir à aucune des nuires fonctions attribuées par nous au labyrinllie, et apparliennentaux sources centrijiétes de réfiuilibralion l'éflexe.

Les voies cérébelleuses ne fournissent que des perceptions destinées à la inotricilé, et si le cerveau en tire des perce|)lions conscientes, ce ne peut être que très indirectement par les pédoncules supérieurs du cervelet.

Leur lésion doit provoquer les phénomènes de litubation, de manège, d'impulsions observées dans les (roubles périphériques des cgnaux semi-circulaires.

Le faisceau le plus important du nerf veslibulaire va directement au noyau interne.

En dehors des fibres qu'il émet et qu'il reçoit, ce noyau présente par son siège même d'importants rapports avec les centres gris voisins.

a) il forme en quelque sorte le prolongement du noyau glossopbaryngien, ce qui nous explique les irradiations réciproques des sensations vertigineuse et nauséeuse, quand elles présentent une certaine intensité. Cette contiguïté nous permet de supposer que la fonction tubo-lympanique de régulation de la tension labyrinthique au moyen du réflexe de la déglutition a des voies centrifuges plus directes que celles qui révèlent la présence de la salive produite par la compression de la corde du tympan.

b) Le noyau vestii)ulaire est en rapport également avec le noyau du pneumogastrique situé plus bas que celui du glossopharyngien. Nous pouvons encore ici exploiter les données anatomiques et supposer que les perceptions haresihésiques commandent certains réflexes de régulation pulmonaire. Dans la cloche à plongeur, le rythme respiratoire se ralentit. Il s'accélère quand la pression devient inférieure à la normale (mal des montagnes, etc.). Nous savons d'ailleurs que chez les poissons, c'est la vessie natatoire dont le jeu varie avec la pression perçue par le labyrinthe.

De même les perceptions manoesthésiques l'èglent le rythme cardiaque qui diminue quand la pression labyrinthique augmente et s'accélère quand elle diminue.

Il (!sl d'observation clinique que l'aura l)ulhaire, fréqiienlo dans certaines formes de maladie de Bright, par exemple, est constituée parde l'oppression, des palpitations avec congestion céplialitpie, pulsations des temporales, éhlouissemciils, ol)iuil)ilation de la vue, céphalée, bourdonnement d'oreilles, nausées, vertige, etc., et qu'inversement le vertige s'irradie dans le bulbe et éveille successivement tous ces troubles que connaissent bien les malades.

Nous verrons que le vertige stomacal, intestinal, laryngé, celui qui accompagne la colique néphrétique ou hépatique, avec nausées et vomissements, angoisse épigastrique; celui qui suit ou précède l'angine de poitrine, les toux pénibles, etc., est un vertige irradié du noyau pneumogastrique au noyau interne, le noyau du trouble vertigineux.

c) Par les noyaux du pneumogastrique et peut-être par celui du spinal, le noyau interne serait réuni au noyau respiraloire de Mislawsky, lequel s'unit par le faisceau respiratoire de Bell aux noyaux des nerfs respiratoires et, en première ligne, à ceux du phrénique, ce qui nous expliquerait certaines irradiations des troubles vertigineux vers l'incohérence du rythme respiratoire pouvant simuler l'asthme. On sait que l'homme pris de vertige retient momentanément sa respiration, comme par une inhalation involontaire, qui ne cesse complètement qu'après l'accès, au moment où commencent les sueurs profuses.

d) Le noyau interne reçoit des ûhres de la racine postérieure du même côté et de celle du côté opposé. 11 est en outre en rapport direct avec le noyau de la racine postérieure. Les perceptions de localisation veslibulaire peuvent ainsi se fondre avec les perceptions d'audition cochléaire et définir ainsi une première objectivité des phénomènes sonores, indispensable à certains réflexes bulbo-médullaires de mouvements coordonnés par le cervelet, à l'insu de la psychomotricité hémisphérique, et indépendamment de l'appropriation volontaire. Les réflexes d'accommodation tympanique à l'intensité ou d'accommodation cervicale à la direction de sons perçus peuvent ainsi dépendre de

VERTIGE LABYIUKTIIIQIJE

l'ol'ienlalioli olijectivo inconsciente, inclispons;il)lo aux réflexes appropriés à la perception par Tune ou l'autre de nos oreilles.

e) De ce même noyau interne partent des fibres à direction cérébelleuse vers les noyaux du loit du même côté et du côté opposé. Ces importants centres cérébelleux entrent eux-mêmes en rajiport avec le vermis snpérieuidont nous avons déjà déci'it les fréquentes connexions avec les noyaux du nerf de la huitième paire et les fibres cérébelleuses de la moelle. Il est difficile de définir la nature des élaborations sensorielles dont ils sont le siège et leurs fonctions spéciales par rapport à l'écorce du vermis. Ce sont vraisemblablement les différents modes d'exploitation des notions d'espace nécessaire à la coordination des mouvements réflexes.

De ces noyaux cérébelleux des fibres remontent vers le noyau rouge de Stilling, qui est en rapport avec les régions psychomotrices pariétales. De même que la coordination des mouvements appropriés (cervelet) n'est pas possible sans appréciation d'espace, de même la volition de ces mouvements ne peut se réaliser sans représentation d'espace (cerveau). 11 était indispensable que les nerfs de l'espace, ceux de l'oreille comme ceux des autres appareils sensoriels, fussent en rapport avec les zones psychomotrices. Des expériences de Bechterew montrent que ces zones pariétales sont en relation avec les fonctions d'équilibre, et celles de Nothnagel, que leur lésion s'accompagne de troubles dans la sensibilité cutanée et musculaire.

Vouloir exécuter un mouvement ne se peut qu'à la condition de se représenter la position iniliale, la position terminale et les positions intermédiaires dans l'espace, du membre qui l'exécutera. La volonté d'un acte musculaire ne peut se définir que par une image d'espace et de localisation indépendamment des notions de force et de vitesse, celle-ci combinant les notions d'espace et de temps. Le cerveau de Bertillon nous montre le développement de la pariétale ascendante coïncidant, concurremment avec celui de la temporale, avec le surtravail de l'oreille du côté opposé. Nous y verrions volontiers un centre sensorio-

132 l'iii^ VKHTKJKS.

inolcur (oniiaiil des images iiioli:ice,s avec des images d'espace, c'esl-i'i-dii'e y faisaiil iulervenir l'élémenl force

f) L'n dei'iiicr ceiilie hiilbaii'e du nerf de la htiiliéme paire est l'olive supéi'ieiire.

ICUe met eu rapport les noyaux antérieurs (audition), le noyau interne du même c()lé (pression, orientation, localisation, é(piilibre), le cervelet (coordination motrice), les zones cérébrales audilives, le noyau de l'oculomoteur externe par le faisceau longiludinal postérieur, les autres noyaux oculomoteurs, et le facial.

Ces derniers rapports uous expliquent d'abord le vertige d'irradiation qui surgit à l'occasion des mouvements forcés des globes oculaires et inversement le nystagmus et autres troubles oculaires qui accompagnent les lésions labyrintbiques ou cérébelleuses. (V. Vertige oculomoleur.)

Les opérations cérébelleuses provoquées par perceptions vestibulaires sont révélées au cerveau par le pédoncule antérieur et exécutées par les faisceaux spinaux du pédoncule moyen, qui communiquent, par le noyau réticulé, les impulsions centrifuges au faisceau fondamental des cordons antéio-laléraux.

Ajoutons enfui que la région du vermis abonde en fibres commissurales qui relient avec celles de la protubérance annulaire, les uns aux autres les noyaux gris et les lobes du cervelet, fibres sans lesquelles on ne peut s'expliquer les procédés cérébelleux de coordination.

lin résumé, l'écorce cérébrale présente des centres pour des perceptions auditives, mémoire, esthétique, langage, musique, et indépendantes des notions d'objectivité, d'espace, de direction des sons (lobes temporaux), des perceptions d'espace sonore, qui définissent les diverses apparences stéréacousiques du monde des sons, timbres ou accords, bruits ou cacophonies (lobes temporaux recevant des synthèses opérées par les noyaux bulbaires ou association des perceptions des lobes temporaux et pariétaux) ; des perceptions d'espace indépendantes de l'audition, définissant l'orientation subjective et objective par localisation des ébranlements extérieurs, par connaissance de la position de la téte, fournissant à la psychomotricité le point

VKRTICK I.AUVIIINTIIIOIIIÎ. 13,j

de dépari dos volilions de nioiiveiiicals, qui seraieni impossibles sans notion d'espace (lobes pariélaux ou zones (rai^proprialion nioli'iee).

Le cervelet, par ses noyaux et son vermis supérieur, reçoit de la branche vestibulaire et du noyau interne les perceptions d'espaces, d'équilibre, d'orientation objective et subjective indispensables à la coordination des mouvements tant réilexes que voulus (zones de coordination motrice).

he bulbe a des centres pour les divers réflexes d'accommodation, de défense, d'orientation de l'appareil aui iculaire des centres pour la régulation de la tension des liquides labyrinthiques par voie vaso-motrice, par réflexes lubotynqianiqnes, des centres pour les mouvements des globes oculaires sous la dépendance des perceptions labyrinthiques; des centres pour le rythme cardiaque et respiratoire actionnés par les perceptions vestibulaires, des centres ponr la nausée, le vomissement et autres troubles viscéraux associés aux fonctions du sens de l'espace, des centres pour différentes sécrétions, enfin des autres centres convulsifs, etc.

Clinique .

Nous ne nous occuperons dans ce chapitre que du vertige ayant son origine directe dans le labyrinthe et dans les nerfs qui en sortent, nous réservant d'examiner le rôh; des racines centrales et des noyaux du nerf labyrinthique dans les chapitres du vertige bulbaire, cérébelleux ou cérébral.

Les causes directes et indirectes du vertige dans le labyrinthe et ses conducteurs nerveux sont extrêmement variées et nombreuses : elles échappent à toute classification un peu étroite et précise par cette raison qu'une même cause produit ici de multiples effets et qu'un même effet relève de plusieurs causes, ce qu'expliquent la complexité physiologique et les attributions variées de ce délicat organe.

134 LES VEItTIGES.

Nous clioi'clierons l'origiiK! du verlige :

I" Davs les lésions directes de l'appareil de perception : veiii •oëp il h éliu ni s a n r ic u la ires ,

2" Et nerf lahijrinl/iiqne ;

puis dans les (roubles de l'appareil de transmission ; et coiunic tous ces li'oubies ne produisent guère le veilige <[ue par des variations exagérées de la tension du liquide qui baigne les neuro-épithéliurns, nous aurons à examiner :

5" Les obstacles à la compensation labyrinthique,

¥ Les causes d'abaissement exagéré, et

5° Les causes d'élévation exagérée de la tension de ce liquide.

Nous éviterons ainsi des redites trop fréquentes, et notre symptomatologie sera plus physiologique qu'anatomique, ce qui convient d'ailleurs à l'étude d'un trouble purement fonctionnel, comme le vertige.

Symptômes labyrinthiques. — Le vertige labyrinthique se caractérisant avant tout par sa coïncidence avec d'autres troubles fonctionnels relevant de cet organe, nous devons rechercher la façon dont réagissent les parties sensorielles de l'organe auriculaire, et nous attribuerons

Au limaçon :

1° Les troubles auditifs, tels que, bourdonnements, sifflements, bruits de vapeur, de jet d'eau, bruissements, sons musicaux, hyperacousie, dysacousie, paracousie, diplacousie, surdité parlïelle ou totale, ouïe douloureuse, réactions hallucinatoires ou épilepfiformes, hystériformes, etc. Une do nos brightiques nous disait qu'elle ne pouvait entendre un bruit un peu violent, un coup de fouet dans la rue, sans que son bras gauche (côté de l'oreille atteinte) fût subitement comme engourdi et anesthésié dans toute la région de l'épaule et du cubital. Nous pûmes à volonté réaliser cetle singulière réaction par des douches d'air administrées selon le procédé de Grûber. Cette sensation et

VEUTIGI'; LABYRlMlligUE.

(■l'Ilo ancslhésic pi't'cc'dait'iil irgiiliorcment ses accès de vei'lige avec laléropulsiou gauche.

'i" Les réactions telles (|ue la peur des som Iro]) inlemes, ou encore la peur du silence, observée plusii'iirs fois chez certains briglitiques à tendance encéphalopathi(iue.

0° Los lialluciiialions audilives, quand les centres corticaux sont particulièrement susceptibles de ce mode de réaction; elles sont signalées par Burckner (1879), Hégis, Bail {l882).Furstner, Mabille (1883), Boucheron, Gozzolino, Lannois (1887), Ballet, Eichbaum, Gruber (1888), etc. Gellé en a rapporté un certain nombre de cas.

i'' Les obsessions, comme celle que rapporte Bieliakow d'un jeune homme qui souffrit plusieurs luiits d'insomnie sans pouvoir se défaire d'un air du Devin de village; et un singulier phénomène de repéiition centrale dans lequel il sendjle au malade, en entendant une phrase, que l'impression auditive actuelle retrouve et l'éveille dans sa mémoire l'impression d'une phrase toute semblable avec intonation identique, qu'il aurait entendue autrefois et qu'il reconnaissait. Ce phénomène a été signalé pour la vue, pour la mémoire des faits.

5" La réaction, vertigineuse associée à certaines perceptions sonores, réaction observée par divers auteurs pour certains morceaux de musique joués sur le piano (Gellé), pour certains sons brefs et intenses comme le claquement du fouet {id.), pour certaines formules mélodiques ou harmoniques, pour certaines répétitions monotones de sons, de bruits. Nous avons nous-mème éprouvé cette sensation de vertige, avec des constrictions épigastrique et labyrinthique, oppression, palpitation, frisson et suspension de perceptions tactiles, au cours de la représentation de la Gœlterdxmmervng , chaque fois qu'appal'aissait à l'orchestre le troublant motif du Tarnhelm. Dans ce cas, l'impression ressentie concorde nettement v^ec la signification dramatique du motif et l'horrible trouble de la situation scénique. La musique dramatique de Wagner abonde du reste en effets physiologiques de cet ordre pour qui écoute et regarde exactement^ et quand l'attention es-

■136 MIS VKFITIGKS.

lli(Hif|iie et psychique est fixée pai' la puissante manifeslaliou seusoricile de l'oMivre d'art.

Au saccule :

C)° Les perceptions aehes^lhésiques , avec sensation do ijatlenioiit artériel, la sensibilité exagéré(; aux chocs, aux trépidations, que nous avons souvent notées,

7" Les perceptions manoe^lhexiques, avec sensation de compression, d'oppression labyrinthique, de plénitude ou de vide, de lourdeur ou de légèreté extrême de la tète et de l'élre entier, de lucidité et de vivacité réveillées pairéaclion dans les opérations cérébrales.

8° Les perceptions baresthemjues avec sensibilité exquise aux variations atmosphériques, avec réactions bulbaires dans le domaine du rythme cardiaque et pulmonaire, oppressions, palpitations, angoisse épigastrique, troubles digestifs, nausées, bâillements, mal des montagnes, etc.

9" La désorientation objective, illusions sur l'origine des sons et des ébranlements, sur l'objectivité ou la subjectivité dos phénomènes auriculaires : source féconde d'hallucinations auditives, puisqu'elles permettent au malade d'extérioriser des bruits inira-auriculaires et empêchent l'oreille de contrôler nettement les opérations des autres sens.

A lutricule et aux canaux semi-circulaires :

10° Les troubles de l'orientation subjective directe, le vertige sous les quatre formes que nous avons décrites plus haut, avec les irradiations les plus variées.

Nous y ajouterons quelques remarques.

Le symptôme à' agoraphobie est, à notre avis, fréquemment associé au vertige brightique, au moins dans ses formes simples. Les malades débutent par la peur des espaças dépourvus d'appuis, et peu à peu la peur des espaces en général l'emporte et subsiste même quand le sujet ne peut craindre une chute. Un agoraphobe brightique, que nous avons guéri de son vertige et de son agoraphobie par le lait, a reparcouru en sens inverse toutes

VERTIGE LAtiYRlNTIlIQUE. i^>^

les élnpes par lesquelles le vertige simple du délnil r.ivail amené à une agorapliobie lelle qu'il ne pouvait plus traverser les rues sans tenir devant lui un journal (ju'il feignait de lire et sous le([uel il voyait sa roule. La vue pouvait à peine le sousiraire à la réaction agoraphohique et ne parvenait plus à en neutraliser les effets.

il" Des peiivs et des aiigolssea que ne peuvent définir les malades les rendent incapables de supporter même l'idée d'un espace évoqué à leur esprit; ils se refusent à toute lentalive de traitement « par la peur même de se retrouver comme auparavant dans les rues, isolés et découverts )). Ils en arrivent à avoir peur de guérir de leur agoraphobie, par agoraphobie même. La malade brightique dont nous avons observé l'hallucination purement vestibulaire (p. 05) était prise de peur et de vertige quand on ouvrait une fenêtre de la chambre où elle se trouvait, eûtelle le dos tourné à la fenêtre, avertie suffisamment par la modification sonore des bruits de la rue.

Les illusions de mouvements passifs sont fréquentes. Certains malades disent qu'il leur semble qu'on a pris leur tête dans un linge et qu'on fait tourner ce linge comme pour le tordre. Certains autres affectent des attitudes vicieuses du cou, observées d'ailleurs chez des animaux opérés, ou des oscillations rythmées de la tète (Singer, Prager, med. Woch. 1890). Gellé.

15" Les troubles oculoinoleurs irradiés, strabisme, diplopie, contraction pupillaire, ont été observés par Duret, Bochefontaine, Tillaux, Gervais, Gellé, Verdos; le nystagmus par Sclivvabach (1878) dans une otite avec gonflement mastoïdien dont l'attouchement provoquait ces trouljlcs oculomoteurs; par Pfluger, en enlevant un polype; par Kipp dans une otite moyenne. Voy. Michael Cohn [Berliner Klin, Woch. 1891). Nous savons d'ailleurs que les expérimentations sur les animaux ont fréquemment manifesté ce caractère, qu'expliquent les relations anatomiques que nous avons signalées plus haut. Delage a même cru à ce sujet devoir faire des canaux un appareil annexé aux fonctions oculomotrices, ce qui est évidemment fort exagéré, les importantes fonctions du vestibule lui permettant de

l,i:s VEl\TIGi:S.

régir une foule do réilexes dont il csl le point de départ ■•lutanl (|iie le iModificiileui'. Un do. nos malades eut plusieurs lois, api ès des injections fortes qu'il se (il faire pour chasser un bouchon de cérumen profondément enfoui, des troubles de l'accommodation et devint momentanément hypermétrope pendant |ilus de vingt-quatre houi'es, au point de cesser toute leclui'e. Cet accident se reproduisait à chaque tentative, sans le moindre vertige.

ii" Réacllons épilepliformea. — Mac iîridge et James, cités par A. Robin, admettent ([ue toute cause augmentant la pression labyrinlhi(|ue seiail capable de produire aussi bien le vertige que des attaques épileptiques, accompagnées d'ailleurs toujours d'une aura qu'ils appellent auditive, mais que nous préféi'ei'ons nommer lab\rinlhique. Us ont rapporté un cas où un malade, à la suite d'une otite moyenne, piésentait des alternatives de grand mal, de petit mai et de vertige proprement dit. Ces auteurs ont pu, par une violente rotation, déterminer chez le lapin et surtout le cobaye, de véritables crises d'épilepsie qu'ils attribuent à une excitation des canaux semi-circulaires. Schwartze et Kappe {Arch. fur. Ohr. 1878) ont observé l'épilepsie réflexe dans un cas de carie du rocher et dans une otorrhée double après scarlatine, llamilton, cité par Biéliakow (Rev. de psycJiiâfrie et de neuropathologie clinique et légale de Merjeewski, 1891), l'a observée dans une otorrhée double ; Boucheron dans un cas de catarrhe tubaire, Plus avec un polype du conduit, Heydenreich par une graine de tournesol introduite dans le conduit, Ormerod(Brain 1885), Jackson [Arch. fur. O.Bd. V), Herzog, pour un bouchon de cérumen, etc.

Celle épilepsie réflexe est-elle vraiment réflexe, c'est-àdire suit-elle une voie nerveuse centrale, est-elle bien de l'épilepsie vraie provoquée par une cause périphérique, ou une réaction épilepliforme appartenant en propre à l'appareil auriculaire? Dans tous ces cas, les phénomènes épileptiformes ont cessé quand la compression labyrinthique a disparu. Nous savons d'ailleurs que les voies réflexes ne manquent pas du vestibule aux centres moteurs corticaux, et nous devons en outre supposer qu'aux asso-

cialions fonctionii(>lles corrcspoudciil des associai ions vasomolnccs iloiil raiialoinie ne nous csl pas coiuuio et (|iii, sans mil douU', joiicnl (inohiiic rôle dans les rracl ions cpilopliformes. l\"ul-('li'o dans certains de ces cas y a-l-il siniplonienl, irradialioii bnlhaire du noyau vcslinnlairo jusqu'aux noyaux convulsil's de Nolluiat;el.

Ajoutons, pour cMre ciunplel, (pie les réaclions épileplifornies sonl égaieinenl, associées à des |)erceplions auditives. On connaît 1 observation de Sleiubrugge {Zeilscit. f. 0. XIX) d'un malade ayant des accès d'épilepsie pour des sons musicaux, les bruits ne produisant rien de semblable; le cas de Merjeewski {Soc. de psycltidlric russe, 1884) cité par Béliakow, avec accès d'épilepsie par des sons musicaux, contraction de la gorge, pâleur, convulsions et aura vertigineuse quand le sujet entendait une mélodie nouvelle; enfin l'observation d'Erlitzky, égalenienl citée par Bieliakow, que certains cbiens ont des accès d'épilepsie pour des sons musicaux à l'exclusion des autres.

15" On trouvera également des réaclions liyslérijorines, surtout des anesthésies partielles comme celle que nous avons citée plus baut; enfin des troubles visuels directs, des associations centrales d'audition colorée, des déterminations psychiques de tout ordre, des altérations de la personnalité psychique et morale, etc.

Enfin on peut mettre facilement en évidence l'insuffisance vestibulaire par la recherche du s'ujne de Romberg, que l'on trouvera chez certains vertigineux qui suppléent à l'incertitude de l'équilibration par l'exercice de l'orientation visuelle et tactile. Quand un malade est fixe dans la station verticale, les pieds joints, les opérations du sens musculo-articulaire sont réduites à leur minirauiu d'information tactile, surtout lorsque, comme dans le tabès, ce sens est lui-même altéré. Quand le sujet a fermé les yeux et suppi'imé du même coup la vision, l'orientation visuelle objective et subjective indirecte, il ne lui reste plus guère comme source d'orientation subjective que les opérations vestibulaires. C'est alors que le signe de Homberg, fréquent chez les sourds-muets (Aloys Kreidl), les tabéliques dont le labyrinthe est fréquemment atteint, et les brightiques

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