QUATRIEME PARTIE
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La parole de l'homme est chose bien légère, Quand la guerre civile et la guerre étrangère, Poussant un pauvre état vers sa destruction , Jettent une promesse à chaque ambition.
Alexandre Dumas, Charles FIL
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Le 5 avril de l'année 18^3, dans un vallon pittoresque des Pyrénées, à l'extrême frontière du royaume de France , près de la route qui conduit de Saint-Jean de Luz à Irun en Espagne, un homme d'un âge mûr et dont le visage , bruni par le soleil , n'avait plus de caractère que celui de la dégradation morale et physique, s'acheminait avec lenteur, accablé sous le poids de son manteau et de la chaleur u. ï5
1l6 VERTU ET TEMPÉRAMENT.
du jour ; il promenait autour de lui des regards soupçonneux, et semblait toujours prêt à se servir de l'espingole sonnant sur son épaule; on entendait les cloches mises en branle au village d'Orgue, dont l'église apparaît de loin entre les bois de chênes et de mélèzes : c'était Fangelus de midi.
Ce voyageur, qui se souciait peu de prier, n'imita point les pâtres et les chevriers qui s'agenouillaient et se signaient tournés vers le clocher ; il chercha un endroit frais et retiré pour y faire la sieste , et s'étendit paresseusement sur un tertre gazonné qui dominait la route, à l'ombre d'un bouquet de hêtres , et derrière un rempart de genêts en fleur; il tira de sa carnassière de chasseur une petite outre pleine de vin de Xérès et la dégonfla amoureusement, la tête renversée en arrière et les yeux demi-fermés; il n'aurait pas repris haleine avant l'épuisement de la dernière goutte, si les sonnettes des mulets n'eussent tinté en accompagnant le murmure cadencé d'une prière à plusieurs voix. Il allongea le cou à travers les buissons et aperçut quatre moines mendians qui s'avançaient sur le chemin , les