DÉVOTION ENVERS LA THÉS SAINTE VIEUGB
ET LLb SAINTS.
La sainte Vierge a été, en quelque sorte, la première institutrice de saint Vincent de Paul, et elle a eu les prémices de *a piété. C'est sur les ruines de la chapelle de Notre-Damc-dcl'uglosse qu'il a passé son enfance; c'est au pied d'une slutuelte île Marie placée par lui dans le flanc entr'ouvert d'un chêne, r,ue, dès son plus bas âge, à peine sorti des bras de sa mère, il aimait aller prier. C'est au milieu des traditions toujours vivantes du pèlerinage à la sainte chapelle et des miracles de Marie, qu'il a grandi, et c'est dans une chapelle de Marie qu'il a célébré sa première messe: telle est l'origine de cette tendre dévotion envers la sainte Vierge, par laquelle il se distingua jusqu'à son extrême vieillesse.
Dès lors il se fit une loi de se préparer aux fêtes de Marie l»ar le jeûne et les bonnes œuvres, d'officier ces jours-là avec solennité, de célébrer dans ses chapelles ou aux autels dédiés <-n son honneur, de terminer toutes ses conférences et assemblées par une de ses antiennes, de réciter chaque jour le chapelet et de le porter constamment à sa ceinture, comme la livrée d'un saint vasselage, de la saluer au son de l' Angélus.
Il visitait souvent ses églises, et, dans les grands besoins de la religion et de l'État, il entreprenait le pèlerinage de Chartres.
Dans chaque mission, il faisait au moins un discours eu
son honneur, et, deux cents ans avant la définition de l'Église, il proclamait le privilège de son Immaculée Conception ; enfin, il a mis sous son patronage toutes les confréries de la Charité et toutes les œuvres qu'il a établies pour le bien de l'Église ou des pauvres.
Fondateur d'une Compagnie d'ouvriers évangéliques, il avait aussi une grande dévotion pour les saints apôtres, ces premiers et ces plus grands Missionnaires, et, entre tous les apôtres, pour saint Pierre, le premier vicaire et, dans ses successeurs, le continuateur de Jésus-Christ, et pour saint Paul, le premier maître, le premier docteur de ces gentils parmi lesquels il voulait répandre l'Évangile.
A l'entrée ou au sortir de sa chambre, il saluait son ange gardien. Il n'avait garde d'oublier saint Vincent martyr, son patron, dont il taisait recueillir les traditions en Espagne ; ni saint Vincent Ferrier, dont il portait le nom sans être sous son spécial patronage ; ni saint Joseph, qu'il donnait pour patron à ses séminaires internes, dont il étendait le culte dans ses maisons, dont il implorait l'entremise par des vœux, de* messes, des pèlerinages, dans ses grandes entreprises, ni le bienheureux évoque de Genève, dont, plus que personne, il amena la canonisation. Il honorait les saints, au ciel dans leur gloire, sur la terre dans leurs reliques ; il honorait surtout en eux les dons de Dieu, et à Dieu, auteur de toute sainteté, il avait soin de toujours terminer le culte qu'il leur rendait.
C'était encore les saints qu'il prétendait honorer par sa dévotion aux âmes du purgatoire, car en elles il voyait des membres vivants de Jésus-Christ, animés par sa grâce, et assurés de participer un jour à sa gloire. Et c'est pourquoi il priait à leur intention, et offrait souvent pour eux le saint sacrifice de la messe.
Toutes ces dévotions, il les a laissées pour règles à sa Communauté. Il recommandait aux siens de prier pour les morts,
DÉVOTION ENVERS LA VlEllGE ET LES SAINTS. S&
de dire la messe pour les plus délaissés, de voler au secours des plus misérables et des plus dépourvus, et de réciter avant le repas un De Profundis pour les bienfaiteurs de la Compagnie. Ainsi en fut-il de sa dévotion à la sainte Vierge : « Nous tâcherons, leur dit-il, tous et un chacun, de nous acquitter parfaitement, Dieu aidant, du culte particulier que nous devons à la trùs-lieureuse vierge Marie, mère de Dieu : 1° en rendant tous les jours, et avec une dévotion particulière, quelques services à cette très-digne Mère de Dieu, notre trèspieuse dame et maîtresse; 2° en imitant autant que nous le pourrons ses vertus, et particulièrement son humilité et sa pureté ; 3° en exhortant ardemment les autres, toutes les fois que nous en aurons la commodité et le pouvoir, à ce qu'ils lui rendent toujours un grand honneur et le service qu'elle mérite. » Pendant les troubles de la Froide, il portait les ecclésiastiques de sa Conférence et les dair°s de son Assemblée à l'aire divers pèlerinages aux lieux consacrés à Marie, afin d'obtenir, par l'entremise de cette Mère ùc miséricorde, la paix et le bien du royaume. Il obligeait ses Missionnaires à prêcher son culte, et à inspirer aux peuples une grande confiance en sa protection. Quand le chapitre de Notre-Dame, dans sa procession annuelle, devait apporter à Saint-Lazare les principales reliques de la métropole, il disait a sa Communauté : « Nous nous mettrons en disposition de recevoir ces précieuses reliques, comme si c'étaient les saints mêmes dont elles sont les reliques qui nous lissent l'honneur de nous venir visiter; et ainsi nous honorerons Dieu en ses saints, et nous le supplierons qu'il nous rende participants dos grâces qu'il a si abondamment versées dans leurs âmes. •