LE BONHEUR
Si tu veux être heureux, ne cueille pas la rose Qui te frôle au passag-e et qui s'offre à ta main ; La fleur est déjà morte à peine est-elle éclose, Môme lorsque sa chair révèle un sang divin.
N'arrête pas l'oiseau qui traverse respacc ; Ne dirige vers lui ni flèche ni filet Et contente tes veux de son ombre qui passe Sans les lever au ciel où son aile volait ;
N'écoute pas la voix qui te dit : « Viens » . N'écoute Ni le cri du torrent, ni l'appel du ruisseau ; Préfère au diamant le caillou de la route ; Hésite au carrefour et consulte l'écho.
IK^MES DIVBUS 1|
Prends garde... Ne vêts pas ces couleurs éclatantes Dont l'aspect fait grincer les dents do Tenvieux ; Le marl)re du paluis, moins que le lin des tentes, Rend les réveils légers et les sommeils heureux.
Aussi bien que les pleurs le rire fait des rides. Ne dis jamais : Encore, et dis plutôt : Assez... Le Bonheur est un Dieu qui marche les mains vides Et regarde la Vie avec des }eux baissés.
12 VESTIGIÂ FLAMMEE
MATIiN AILÉ
Attache à ton pied nu cette sandale ailée. L'air fraîchit et la nuit, déjà moins étoilée, S'incline vers l'aurore et pressent le matin. Quelque chose de doux, de tendre et de divin S'éveille dans ton cœur avec l'aube prochaine ; Trempe tes jeunes mains dans l'eau de la fontaine, Car peut-être, jadis, un Dieu s'est, en passant, Pour y boire, penché sur la source d'argent. Mais l'heure approche.le temps fuitjl'ombre est plus paie. Ne tarde plus. L'aile palpite à ta sandale ; N'attends pas le soleil et n'attends pas le jour Et monte d'un vol pur dans le ciel de l'amour !
poàMBs oivuns 18