‹ Vestigia flammae; poèmesChapitre 20 sur 95 · L\ MAISON SUR LA THÈVE · texte numérisé non relu

L\ MAISON SUR LA THÈVE

Je chanterai pour vous, nmio au pur visag'e, Pour vous et en l'honneur de ce beau jour d'été, La maison solitaire et le doux paysaj^e Où s'évoque l'enfanl que vous avez été.

Toute votre âme grave, anxieuse et charmante Revit avec vous-même et palpite en ces lieux, Kt les arbres ombreux, penchés sur l'eau courante, Y retrouvent encor le reflet de vos yexix ;

Laissez-les do nouveau, ô mémoire, à jeunesM 1 Fixer leur clair regard sur ce môme horizon, Et pour que le passé mystérieux renaisse, 0 souvenir, rends-lui la clé de lu maison !

Venez. C'est là. Voici l'avenue et la grille, Les pavillons, les douves et Télang- qui dort, Et le bruit du battoir que, blonde jeune fille, Vous écoutiez jadis et qu'on entend encor.

Venez. Tout le beau parc français et romantique Vous accueille, et la Thève y coule mollement ; Le coucou dans l'écho se donne la réplique Et voys vous revoyez assise sur ce banc...

Venez. Donnez-moi votre main. Allons ensemble Vers la vieille maison qui vous attend là-bas. Je vois des larmes dans vos yeux ; votre main tremble Le passé vous précède et va devant vos pas.

Le vestibule est vide, et l'escalier sonore Otîre sa rampe lisse et ses marches. Montons. Cette fenêtre-là reg'arde vers l'aurore, De là le clair de lune arg-ente les g-azons ;

POÈMKS DIVEBB 61

Cette chambre d<!'serte, à l'occident (ournée, HéherjSfea maintes fois un visiteur ami ; Dans cette autre, me dites-vous, vous êtes née I']t c'est dans celle-là que vous &\ci dormi.

Ces jours déjà lointains qui vous firent vous-même Je les sens, un à un, se réveilltr en vous. Va la vieille maison vous chante son poème Tendre, triste, secret, mélancolique et doux.

Kcoutezle, mêlé au frisson du feuillage Oui vient jusques à vous du beau parc enchanté, Tandis que je revois en voire pur visag-e li'enfant aux yeux pensifs que vous avez été...

52 VESTTQIA FLAMMiE

Page 1