A ÉLÉMIR BOURGES
Bourses ! Si la fleur tombe et si l'oiseau s'envole Et si le temps s'enfuit pour ne plus revenir, Admirons l'aile errante et la brève corolle Avant, de les revoir en notre souvenir !....
Je me souviens d'im jour doré de pentecôte Où les g-enêts en fleurs embaumaient les ravins ; Sur la berge, au soleil, nous allions côte à côte, Regardant l'eau couler vers le pont de Valvins.
Vous aviez délaissé votre « Vieux Presbytère », Samois, la plume, l'eucre et le livre fermé Et traversé toute la forêt solitaire Pour venir visiter notre cher Mallarmé ;
POÈMES divi:r8 53
Et tandis qu'en marchant sur le bord de la Seine Nous écoutions lu voix qui charmait nos esprits, Le soleil déclinait sur la forêt prochaine Où chantaient les oiseaux dans les genêts fleuris.
Ah ! la plus douce fleur ne dure qu'une aurore, L'oiseau s'envole vite et c'est vile demain, Mais tel pas qui s'en va sur la route sonore Résonne pour jamais en un écho divin,
Et, souvent, je revois, au fond de ma mémoire. Le fleuve, la forêt, le pont, et vous et lui I Et se mêler, sur l'eau dont la couleur se moire. Le sang du crépuscule aux cendres de la nuit.
64 VESTIOJA 1-l.AMMiE