‹ Vestigia flammae; poèmesChapitre 23 sur 95 · QUATRAINS · texte numérisé non relu

QUATRAINS

Si ce jour d'été triste est presque un jour d'automne Ne laisse pas ton cœur y mêler son rei^ret, Mais sonjiire à ton amour et que la vie est bonne Môme lorsque le ciel est bas sur la forêt.

Ce long- jour fut sans vous, mélancolique et sombre Puisque vos yeux charmants ne m'j ont pas souri Et que le soleil meurt sans dessiner votre ombre Au sable de l'allée et sur le mur fleuri...

La mer lente déferle au sable du rivage

Qui coule entre mes doig'U a'nsi que le temps fuit;

Le soir lom!»e et voici renaître votre image

Que mêlera l'amour aux songes de la nuit.

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AUTRE STELE

Chacun étant roi de sa vie,

Tout homme peut, sur son tombeau,

Dresser la slèle qu'il dédie

A son destin funeste ou beau.

L'un y inscrit en lettres fières Les hauts titres de ses aïeux, L'autre les actions altières Qui firent son nom g"lorieux ;

Un autre encor, que l'org-ueil ronge, Sur un marbre sans vérité, En caractères de mensonge Eternise sa vanité.

POftMBS DlVBRt 57

Tel atteste que sa fortune Fut im^ji^ale à sa vertu Et dans sa secrète rancune Se lamente d'avoir vécu :

Celui-là sans fin y énonce Les fHstes dorés de ses jours Qui n'ont jamais môle la ronce A la rose de ses amours.

Sur ma slèle de marbre lisse,

0 passant, tu no liras rien

Du cruel et divin délice

Qui fut mon tourment et mon bien,

Mais peut-être, dans le soir sombre Qu'un astre au ciel va rendre beau.

Verras-tu s'éloig-ncr une ombre Qui porte h la main un flambeau.

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J'aurais dd te donner tous les soins de ma vie, 0 beau laurier luisant,

Jusques à renforcer ta racine assouvie Du tribut de mon sang-,

De l'immortel éclat de ton feuillag-e sombre

Enorgueillir mes yeux, Et ne point, d'un seul pas, m'éloig-ner de ton ombre ;

De toi seul anxieux

Écouter pour seul chant celui de ton murmure,

Aède aérien, Et, le regard tourné vers la gloire future,

Y con former le mien !

fOÈMES OIVBRt 50

Mais, hélas ! trop long^temps j'ni délaissé la cimo Du mont où tu [)oussnis

El ma fltUo pnurcuse a craint lo vent sublime Qui hanto les sommets.

C'est pourquoi, repentants, lorsqu'au soir démon ftge

Mes pas te reviendront, Je n'aurai pas le droit que ton amer feuillage

S'entrelace ù mon front.

Heureux, n'étant de ceux que la branche couronne Do sou honneur allier,

Si, dans mes faibles mains, tu laisses en aumône Uiie feuille, d Laurier !

60 VE8T101A FLÂMMiS

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