‹ Vestigia flammae; poèmesChapitre 36 sur 95 · LE VOYAGEUR · texte numérisé non relu

LE VOYAGEUR

« Je ne suis plus celui qui passe en souriant Parce qu'un invisible et secret orient L'éclairc, dans la nuit, de sa lueur divine. Qu'importe, à celui-là,que sa marche chemine Sous l'ouragan qui hurle ou sous l'averse en pleurs ! Qu'importe si la rive est à jamais sans fleurs Du fleuve qu'il entend g-ronder dans les ténèbres ! N'a-t-il pas pour chasser ces présages funèbres, La fleur qu'il a cueillie et qu'il porte à la main Et dont la jeune odeur mêlée à son destin Comme un philtre léger et magique l'enivre ? Ne sait-il pas qu'un jour la route qu'il doit suivre Le conduira, qu'elle soit âpre ou qu'elle soit Facile, au seuil sacré que son rôve entrevoit

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Et où l'attend, auprès de lampes allumées, L'Amour pensif avec ses deux ailes fermées ? Mais moi, je ne suis plus ce voyag'eur heureux, Car l'horizon n'a plus d'étoiles pour mes yeux Et me voici, foulant la ronce et la décombre, Le frère de ceux-là qui parlent à leur ombre. »

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