MADRIGAL D'HIVER
« II me semble que tous les Dieux sont morts, ce soir ;
Tous les astres se sont éteints dans l'azur noir,
Et la ténèbre seule encor semble survivre.
Et c'est un sombre froid que nul cristal ne givre,
Un froid dont la forêt se crispe et dont la mer
Frissonne au passag-e glacé du vent amer ;
Et cette mort des Dieux et cette mort des astres,
Cet hiver qui, sur tout, éteod ses noirs désastres.
Cette angoisse soudain qui me serre le cœur.
Cet univers sans voix, sans vie et sans couleur,
C'est vous qui l'avez fait ainsi, ô bien-aimée.
Parce que j'ai trouvé votre porte fermée
Et que je n'ai pas eu, dans mes yeux, aujourd'hui,
L« regard de vos yeux pour éclairer ma nuit. »
eu QU'ILS M'ONT nif 09