‹ Vestigia flammae; poèmesChapitre 54 sur 95 · TROIS SONNETS · texte numérisé non relu

TROIS SONNETS

Nous ne savons jamais ce que nous veut l'amour Et ce qu'il nous apporte entre ses mains fermées Et si ses graines d'or en notre cœur semées Demeureront sans fleurs ou seront fruits, un jour.

Viendra-t-il, d'une aile légère ou d'un pas lourd, A notre Atre s'asseoir et, soudain ranimées, Verrons-nous tressaillir les cendres renflammées? N'est-il que pour un soir un hôte sans retour?

Qu'importe si la graine en fruit amer avorte! Si la cendre à jamais reste froide, qu'importe, Et la tige sans fleurs et le foyer sans feu !

Salut, Amour, quel soit le nom dont tu te nommes. Car n'est-ce déjà point un honneur pour des hommes Que d'être ainsi sujets aux caprices d'un Di«u ?

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Vous la reconnaîtrez. Je vous ai dit souvent La beauté de ses yeux et l'éclat de sa bouche. Ce qu'en elle il y a qui séduit et qui touche, De g-ai, d'aventureux, de tendre et de charmant.

Je vous ai dit son rire où rien n'est décevant, Sa droiture hardie et même un peu farouche Qui hait la fourbe ruse et l'équivoque louch?, Car nul détour jamais ne tente son pas IVanc.

Vous la reconnaîtrez. Elle aime les fontaines,

Les parcs mystérieux, le chant des vasques pleines,

Le silence des bois et les fleurs du jardin ;

Lorsque vous la verrez, vous saurez que c'est elle,

Car la grâce si bien la pare qu'à sa main

La rose qu'elle porte est toujours la plus belle.

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Mon cœur, ôtes-vous prôt pour le terrible amour, Celui qui vient le soir et qui parle dans l'ombre Fit qui cucillo pour vous aux fentes du décotnbre La branche d'or où pèse un fruit amer et lourd?

Que le hibou se perche ou que plane Tautour, Funeste le présage ou néfaste le nombre, Rb^me si le vent souffle et si le ciel est sombre Ktes-vous prêt, mon cœur, au départ sans retour?

Car ce n'est plus aux jeux du r6ve et de la vie Que ce noir visiteur aujourd'hui vous convie ; Ho;rardez-le. Ses yeux ont vu mourir. Sa main

Ne sait plus caresser la chair qu'elle torture l'.t c'est une arme aig-ug et prompte h la blessure Que son çeste secret serre contre son sein.

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