JUIN
Puisque l'âpre Décembre et son souffle farouche N'ont pas vaincu l'espoir dans ton cœur tourmenté Marche sans regarder au ciel ensanglanté La tragique rougeur où le soleil se couche ;
Puisque le goût amer de la vie à fa bouche N'a pas en toi glissé son poison détesté, Crois qu'il n'est pas d'hiver que ne suive l'été, Que le songe s'étreint et le bonheur se touche.
Déjà le printemps rit dans l'azur incertain ; Une même langueur qui les trouble soudain Emeut confusément les êtres et les choses ;
Juin est proche. Tout est en fleur. L'étoile luit.
Et voici revenir, avec toutes ses roses,
Le doux mois où le jour est plus long que la nuit.
SONNBTS 197