‹ Vétérinaires Victimes de la MorveChapitre 3 sur 17 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

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LA morve est connue depuis ork longtemps, tout

au. moins chez le cheval. Aussi, nous semble-t-il utile, avant de faire l'historique de cette maladie en __ médecine humaine, de rappeler suceinctement les fuits constatés en: vétérinaire. En ORALE à

La. morve du cheval fut reconnue déjà dans Pan:’'

|tiquité ainsi qu’ en. témoignent les écrits d’ARISTOTE.

(VÉGÈCE, au I" siècle, constate que 6° mal, désigné

sous le nom de « Malleus humidus > se transmet

d'un animal à à un autre jusqu’? à l'entière destruction de l'effectif, et affirme ainsi nettement la notion de. + contagiosité: 1 recommande même d'isoler les ma-

lades, d’enfouir les cadavres en un lien écarté dont l'accès sera interdit. ;

Vers la même époque, le grec APSYRTHE partage un point de vue sensiblement identique. Nr EUs,

La morve, avec le charbon et la dourine, est ire nue pour contagieuse par les Arabes.

Pendant les temps obscurs du Môyen âge, on ne retrouve aucune trace de telles préoccupations. Mais, dès le XIV° siècle, Rusius croit que le farcin est dû à une humidité excessive des muscles et à leur

réplétion par les humeurs. La maladie pourrait ve-

nir du sang putride qui exsude des veines, ou même d’un coup ou d’une blessure. Il la considère, cependant, comme contagieuse puisqu’il écrit qu’elle peut

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: rompt ets infecte de telle sorte qu'il serait ee ï reux pour tous les chevaux vivant sous le même toit. Pour les mesures préventives, ik n'envisage point

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« couvertures, les auges, les râteliers, le sol des écuries,

quelquefois aussi | être due à | des contacts avec un congénère Rtlelhtis 40 TT Re SERRES

réchal », établit une relation. entre la morve et le far- Fe cin qui sont, dit- il, < cousins germains >», contraire- = A ment à ce que L'on. enseignait jusqu alors. ae est

“En 1682, SOLLEYSEL, dans le € Traité ce parfait Ma

frappé par la contagiosité et admet que Pair se cor-

se ’abatage des malades et se borne à à admettre | qu’ eil > ss as vaut vieux en être dépestrez tost que tard > lorsque = | LES SE 46 poumon est très atteint. ' À Tr UE re BE . Pour Gaspard DE SAUNIER (1734), les Farisié re £ 5 . es

sont à à l’origine de la transmission. En 1746, GaR-

SAULT conseille d’abattre les chevaux malades et Fe ; &

né isoler les suspects : les méthodes prophylactiques |

actuelles ne sont, en gros, pas très différentes. Basée sur ces considérations, une réglementation

sévère, édictée par un arrêté du Conseil du Roi,en

1784, permit de lutter àâvee succès contre les épidé- ns mies qui sévissaient à cette époque. El Eur Mais, dès 1749, sous.Ja forte influence de LAFOSSE RS ee

père, la contagion. fut niée et, avec lui, nombreux furent ceux qui considérèrent la morve comme une

. maladie inflammatoire et: locale. LAFOSSE fils suivit

la même voie. , 7

Cependant, deux bonnes, rie (1753), puis MET CHABERT, s’efforcèrent de combattre tette erreur. We

Au Danemark, en 1797, Mise démontra :

— Que dü pus 1 morveux est inoculable à un autre cheval;

> et. ses s différentes formes cliniques. . être à teprouuites par le Jetage nasal, et | anême la salive, le sang et la sueur; de ere Tes Que « le poison encore inconnu dans sa naiure » est détruit par la chaleur et la dessiccation.

© Mais les travaux de VIBORG, qui soulignait aussi les dangers : des formes latentes et conseillait l’ino-

se . culation au cheval comme moyen de diagnostic, ne.

+7 1Turent guère connus hors de leur pays d’origine. | . LANDE nouvelles expériences de. deux professeurs de + Lyon, GomiEr (1813)-et RaINaRD (1895), les conduisi- : —. : rent à des conclusions analogues. | Pr se Mais, à à cette époque, les théories de Broussais et ie de son école jouissaient d'une grande vogue et la on contagiosité de la morve cadrait bien avec elles, d autant plus que des essais de transmission tentés par. GODINE échouërent. Et la théorie fausse continua SA gagner du terrain. L'Ecole d’Alfort admit ce dogme qui fut défendu avec passion par des maîtres, émiuents tels que RENAULT et DELAFOND et eut aussi des partisans convaincus en Allemagne et en Italie. Tant et si bien que CHABERT dut renoncer à la lutte.

Les jeunes vétérinaires apprirent la nouvelle docirine. Seule, l'Ecole de Lyon eut le rare mérite de ne point l’admettre et de rester dans « l’hérésie ».

SL Les conséquences de telles erreurs furent funes- En EN en MT A, De RUE

On rapporta les mesures prophylactiques tenues

pour inutiles... et la maladie se propagea de nouveau

très activement, justifiant, par ses regrettables ef.

fets, les anciennes opinions deshippiatres, de VIBORG,

de BOURGELAT, de CHABERT et des Lyonnais, Enfin,

les yeux s’ouvrirent et de nouveau l’on s’inquiéta, à

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- juste titre, car une épidémie gagnait les chevaux ie é armée. En. 1836, le Ministère de là Guerre nomma ‘une commission ‘chargée d'étudier ‘expérimentale- :

° anent la question. IL en: résulta un rapport, déposé.

en 1849 à la Société Centrale de Médecine Vétéri= ee paire, et que RENAULT critiqua avec. véhémence. De ouvelles mesures prophylactiques furent édictées LE

qui amenèrent une forte diminution de l'épidémie... el aussi des partisans de la non contagiosité.

Déjà, en 1843, H. BOULEY, quoique reniant tout pouvoir infectieux à la morve chronique, affirmait

< que la morve aiguë est une maladie contagieuse

par le produit de la sécrétion nasale, ‘contagieuse

aussi par l'air expiré »..

L’Ecole lyonnaise encore, -par les ee de Saivr-Cvr (1862), démontra la contagion des formes |

chroniques. Dès lors, il fut universellement admis que la morve est contagieuse € sous toutes ses for-

mes, à tous ses degrès, Fans tous ses états, à toutes

ses périodes ». Rs

En présence de telles SMS la nature & parasitaire » de la maladie fut soupçonnée par LaN- GENBECK, CHAUVEAU, HALLIER, CHRISTOT. et KEINER, KLEBS, ;

Enfin on CAPITAN et | CHanmn, par la des couverte de l'agent causal en 1882, mirent le point

final à la controverse.

Quelques années plus tard, dise russes, HELMAN et KALNING, retirèrent des cultures une substance

appelée malleïne et constituant, surtout pour le dé-

bistage des formes latentes, un réactif diagnostique de valeur incomparable.

Si la morve des équidés se rencontre assez sou-

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