‹ Veuve et garçon, comédie-vaudeville en un acteChapitre 3 sur 22 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Précédens, MATHILDE , un livre à la main.

DUBOIS, fredonnant.

Il faut des époux assortis , Daus les liens du mariage.

PAUL

Insolent !

MATHILDE

Mais que vois-je f deux hommes ici. (S' avançant.) En crôirais-je mes yeux ? Paul !...

PAUL

Ah! madame, j'ai l'honneur de vous présenter mes hommages... ma piésence a peut-être lieu de vous sur- 1 prendre ?

MATHILDE

Il est vrai que je ne m'attendais guère à vous voir si près de moi.

PAUL

A votre surprise va bientôt succéder le plaisir; car vous saurez que je ne suis ici que pour quelques heures.

MATHILDE

Et quelle circonstance me vaut l'honneur de votre visite ?

PAUL

La circonstance du monde la plus naturelle. Jç me suis battu à Paris, j'ai blessé grièvement mon adversaire. L'affaire fait du bruit, et pour ne pas l'entendre, j'ai résolu de faire un tour à la campagne.

Vous serez toujours mauvaise tête !

PAUL

Et vous toujours injuste... Je vous en fais juge; c'est pour vous que j'ai risqué ma vie.

MATHILDE

Pour moi ?

PAUL

Sans doute... je faisais une bouillotte chez le colonel d'Horigny.

MATHILDE

Vous jouez encore.

PAUL

En votre absence , il faut bien chercher des distractions... J entendis un discoureur adossé à ma chaise qui tenait sur votre compte des propos fort équivoques. Je me laisse décaver , et je rejoins mon orateur. La partie ne fui pas longue £ d'un mot je lui fermai la bouche, et le lendemain je lui ôtai l'envie de s'évertuer à vos dépens.

Air : Vaud. des Frères de lait,

II vous taxait , avec impertinence , '

D'étourderie et de légèreté ;

Il a reçu, pour prix de cette offense ,

Le châtiment qu'il avait mérité :

Je puis jurer que de votre sagesse

Je le laissai fortement convaincu :

Vous le voyez , c'est par un coup d'adresse 9

Que je vous rends ici votre vertu.

MATHILDE

Je vous en aï une bien sincère obligation , maïs puisque je vois jusqu'où va votre dévouement... il est urgent de * « vous informer de l'embarras où vous me jetez en venant * •«L

Dubois , à part.

Voilà les complimens qui commencent.

PAUL

Expliquez vous, madame.

MATITILDE.

A mon arrivée en ces lieux , inconnue à tout le monde f et cherchant à éviter les questions indiscrètes f j'ai dit partout.

PAUL

Eh bien!

MATHILDE

Que j'étais veuve.

PAUL

Ah! ah!

MATHILDE

Air : Le beau Lycas aimait Thêmire.

Vous savez bien sur quoi repose L'honneur d'une femme ?

Oui , vraiment.

Cela tient a fort peu de chose ; En province on est si me'chant !

MATHILDE

Ah ! n'allez pas me contredire.

PAUL

Je ne veux pas vous contredire ;

Mais de ma mort , avec égard ,

Du moins eussiez-vous dû m'instruire i .». \

Par un billet de faire part, ) V '*•'

Mais au reste , madame , si ma présence vous embai tasse... je repars à l'instant.

MATHILDE

Parlons raison... Vous concevez quel rôle je viendrai? jouer si Ton savait la vérité...

PAUL

Gela suffit... Je vais donner mes ordres encoaséquen Dubois.-.

DUBOIS

Monsieur.

PAUL

Tu vois bien madame... Eh bien ! madame est veu^e,

DUBOIS

Veuve ! et vous , monsieur , qu'êtes-vous ?

PAUL

Moi ! je suis... je ne suis plus...

BUBOïS.

Comment !... ah ?... en ce cas, permettez, feu mon maître, que j'aille boire à votre santé.

PAUL

Ya# ( Dubois sort. )

mim ni»

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