PAUL , MATHILDE
PAUL
Vous le voyez , madame , vous n'avez qu'un mot à dire..» Ainsi , nous vo'dà bien d'accord , vous êtes veuve , et moi garçon. Comment avcz-vous trouvé mon château de Neuville...
MaTHILBE.
Assez triste...
PAUL
Le site pourtant est délicieux... Et la société des environs ?...
MATHïLBE.
Jusqu'à ce jour je n'ai reçu qu'une vïsiste, celle de M. de Riancourt , qui habite à deux lieues d'ici. Je l'attends aujourd'hui avec sa nièce...
PAUL
Ah ! il a une nièce ?
MATHÏLBE.
Une jeune personne de seize ans... jolie comme un ange*.. Elle se nomme Clémentine...
PAUL
Je suis impatient de faire leur connaissance.
MATHïLBE.
Evitez surtout que M. de Riancourt ne sache qui vous êtes , sa gaîté, ses propos ne tariraient pas.
PAUL
J'ai l'honneur d'être tout ce qu'il vous plaira...
Air : Ah ! si Madame me voyait ï
Par tous les moyens, en ce jour, Je veux essayer de vous plaire ; J'irai , pour mieux vous satisfaire , Jusques à vous faire la cour, [bis.)
( to)
Je vais vous trouver adorable ,
Je vais tomber a vos genoux ;
Qui donc, après un trait semblable ,
Croira que je suis votre époux ? (bis.)
MATHILDE
Convenons de nos faits... Vous serezmon parent... vous quittez votre garnison... vous allez... Où allez-vous 9....
A Amiens.
MATHILDE
Vous allez à Amiens... Pourquoi ?
PAUL
Pour affaire.
MATHILDE
Et vous me rendez visite en passant. . . Ah! çà, monsieur, vous ferez l'aimable auprès de la jeune personne.
PAUL
Madame, puisque cela vous fait plaisir. . .
Air nouveau de M. Miller.
Volontiers , j'excuse Une telle ruse, (bis.)
MATHILDE
Jouez , pour un jour seulement , Un rôle aussi contrariant.
Elle est charmante!
Air gracieux
En elle enchante.
PAUL
Mais sous vos yeux ,
Je sens d'avance > je pour me soumettre a vos voeux , faut me faire violence.
D'être aimable et galant , Vous saurez vous faire une étude ; Ce rôle est fort embarrassant ; Mais , pour une fois en passant, Vous n'en prendrez pas l'habitude, (bis.) Mon époux excuse Une telle ruse ; [ Jouez , pour un jour seulement , j Un rôle aussi contrariant.
Ensemble. ( paul.
Volontiers , j'excuse Une telle ruse ; i Un jour , mais c'est trop peu , vraiment , . VCar ce rôle est fort amusant I
Sue fa
MATHILDE
Mes instructions ne se bornent pas là. . . Vous saurez que M. de Riancourt . . .
PAUL
II paraît que vous tenez beaucoup à l'opinion de M. de Riancourt.
MATHILDE
Infiniment . . . c'est le bulletin ambulant de la province... il promène partout sa rotondité, sa nièce et les nouvelles qu'il recueille de part et d'autre . . . La campagne est son élément . . son idole, la nature. . . et ses délassemens, la botanique . . . Vous ne serez pas surpris s'il a pour moi des attentions particulières.
Comment ? mais il n'y a rien que de très-naturel dans tout ceci.
MATHILDE
J'ai l'air de l'écouter afin d'être mieux dans l'esprit de mon rôle.
(Un domestique entre.} LE DOMESTIQUE.
Monsieur de Riancourt et sa nièce arrivent au château.
MATHILDE
C'est bien. (Le domestique sort.) Et vous, Paul . . . Air du vaud. de Fanchon.
Songez k mon veuvage.
PAUL
Vous me faites outr.ige ; Et j^urquoi donc le répéter ?
Par complaisance extrême , Pour qu'on ne puisse pas douter
De mon trépas , moi-même ) (f • )
Je vais le raconter. ) ^ '