SCENE IV
Les Précéder ,, KlANCOURT , CLÉMENTINE.
RIANCOURT, riant
Oh ! oh ! oh ! oh ! la plaisante chose !
r> - . ,., . PAUI> * Part>
»j La singulière caricature !
( ta )
lUANXOUnT, riant t J:ai peine à ne pas étouffer de rire*
' . CLÉMENTINE
Bonjour, ma bonne ami:?.
IUA>iCGUXlT.
Bonjour, belle dame. . .
PAUL, à part.
La charmante personne !
RIANCOUR.T, à Paul.
Monsieur, je suis votre serviteur, {bas, à Mathildc.) Quel est cet étranger '{
MATHILDE
Cet étranger ? c'est mon frère.
ÏUAJSOOURT.
Votre frère? c'est la première fois que vous m'en parlez. . - Au surplus, monsieur, je suis ravi de faire voire connaissance . . .
clébiEjstiïœ , à paît
Mais il est fort bien, ce jeune homme. - «
RIANCOURT.
C'est un fort beau cavalier. . . l'on ne saurait s'y méprendre.
Air : Traitant l'amour sans pitié* Il vous ressemble , en effet.
"Vous trouvez ?
RIANCOURT.
Je vous le jure ; Madame , soyez-en sûre , m
C'est votre vivant portrait.
Votre physionomie , Quoique pourtant plus jolie, A beaucoup d'analogie.*..
PAUL
Quel coup- ci 'œil/
RIANCOURT.
Sans contredit ; Oui , plus on le considère , L'on vcû qu'il est votre frère , Mais frère du même lit. (ter.)
MATHILDE
IM'apprenclrez-vous quel motif vous faisait pousser de tels éclats de rire . . .
RIANCOURT, riant.
Oh ! oh î oh ! imaginez ... ah! ah ! ah ! un accident. . . Ah mon dieu !.. . {se tenant les cotés.) MÀTHILDE.
Un accident ? . . .
CLÉMENTINE
Je vois qu'il faut que je vous fasse moi-même le récit de cette aventure... mon oncle n'en viendrait pas à bout... En entrant au château, notre cocher a mal tourné . . . une des roues de uotre voiture s'est brisée . . . le maladroit a pris fort adroitement sa revanche en se rattrappant , pour ne pas tomber de son siège , aux branches d'un des peupliers qui bordent la grande allée . . . riancourt.
Je vois encore sa grotesque attitude.
CLÉMENTINE
Voilà le motif de la gaîté de mon oncle.
MATHILDE
Je ne vois rien en cela de bien plaisant,
paul, à part.
Une porte large comme la barrière de l'Etoile !
MATHILDE
Cela pouvait néanmoins avoir des suites fâcheuses.
RIANCOURT.
Au reste, cet accident a son bon côté. . • puisqu'il nous retient toute la journée près de vous.
MATHILDE
Mais Clémentine , vous me paraissez plus triste que de coutume... Cette secousse vous a peut-être incommodée.
CLEMENTINE.
Oh ! non... ( Elle soupire. )
RIANCOURT.
Voulez-vous le savoir ? Ma nièce s'ennuie d'être demoiselle , et je prétends que cela lui plaise...
paul , à part.
Pauvre petite !
Ce qui vient encore accroire les doléances de mademoiselle... c'est que j'ai reçu une proposition de mariageun parti fort avantageux... de la fortune , de l'esprit , de la tournure , une naissance.
MATHILDE
Et vous avez accepté?
RIANCOURT.
Je n'ai pas positivement refusé... j'ai prié seulement le jeune homme d'attendre que ma nièce , qui n'a que seize ans , en eût vingt...
CLÉMENTINE
Quatre ans encore...
Paul , à part.
Le temps lui paraît long...
RIANCCURT.
Mais comme mademoiselle a de la retenue, de la soumission et des principes, elle prendra, j'espère, son mal en patience, d'autant que c'est ma manière de voir. Je vous demande un peu le beau ménage, deux enfans. .. . l'un de vingt -cinq ans, l'autre de seize. Il faut de la maturité , ou sinon.
hir de la Poupée, (de la Petite sœur.)
L'on s'aclore le premier jour , Et le lendemain on s'évite ; (bis.) Le surlendemain , sans retour , En se querellant on se quitte ,
On se quitte.
Adieu d'hymen tendres sermens , Apprenez que trop de jeur.esse , Bientôt dans îe cœur des amans , Fait périr Famour de vieillesse , (bis,)
De vieillesse.
MATÏIILDE.
Puisque nous aurons le plaisir de vous posséder aujourd'hui... il est essentiel que je donne quelques ordres.
RIANCOURT.
Ah ! de grâce , point de cérémonies... à la campagne , libre comme l'air.
CLÉMENTINE
Je vais avec vous, ma bonne amie...
JMATHILDE.
Oui... oui , venez... vous me conterez vos chagrins... M. de Riancourt, je vous laisse avec mon frère... Si vous voulez nous rejoindre, dans le petit pavillon... au bout de cette avenue...
RIANCOURT.
Ah! oui... ce petit kiosk où j'eus l'honneur de faire votre partie...
PAUL , à part.
Sa partie... mais j'oubliais que ce ne sont plus mes affaires... Encore une .fois, ne nous mêlons que de ce qui nous regarde.
RIANCOURT.
Au revoir , mesdames. ( Elles sortent. )