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ya ordinairement lutte entre les deux ins truments qui, rétribués selon le nombre des danseurs, cherchent à les attirer par le bruit plus que par les nouveautés ; en sorte que cette concurrence ne tourne nullement au plaisir des spectateurs.
Quoi qu’il en soit, les fourrées (1) (c’est la danse du pays), se succèdent rapidement, et à peine si les couples heureux , qui forment les éléments de chacun de ces groupes, ont le temps d’essuyer la sueur qui forme d’abord des raies sinueuses sur leur visage, et qui, suivant la pente de leurs joues, se réunit en véritables ruisseaux, dont la cravate ou la collerette vient interrompre le cours. |
Nous avons souvent passé des heures entières à examiner ces danses villageoises, dont la seule figure consistait en un mouvement d’oscillation, dont les limites étaient fixées par la largeur du péristyle. L'uniformité de
(1) « Il y a ici des femmes fort jolies; elles dansèrent hier des bourrées du pays qui sont en vérité les plus jolies du monde. Il y a beaucoup de mouvement, et l’on se dégogne extrêmement ; mais si on avait à Versailles de ces sortes de danseuses en mascarades, on serait ravi par la nouveauté; car cela passe encore les bohémiennes. Il y avait un grand garcon déguisé en femme qui me divertit fort; car sa jupe était toujours en l’air, et l’on voyait dessous de fort belles jambes. » (Lettres de Sévigné, Vichy, le 26 mai 1676,)
mouvement répondait parfaitement à la monotonie de la musique, et quoique cette danse ressemblât beaucoup à la montagnarde d'Auvergne ; il faut rendre justice aux PBourbonichons , et leur accorder pour la galanterie une haute prééminence sur les 4 UVer gras ; car j'ai vu plusieurs fois ces derniers danser entre eux , après avoir abandonné leurs danseuses, parce qu'elles ne pouvaient pas frapper du pied avec assez de force, et faire assez de bruit en battant des mains. Une telle impolitesse n’a pas d'exemple dans les coins les plus reculés du Bourbonnais. La danse semble pour eux une occupation très-grave; ils suivent, l’air sérieux et les bras pendants, tous les mouvements de leur danseuse, s'efforcent de faire paraître leur talent dans tout son éclat, et quelques-uns seulement, plus hardisou plus encouragés, se permettentde tenir les mains de leurs dames dontilsne s'éloignent par conséquent jamais au delà de la longueur de leurs bras. Les rafraichissements, si necessaires après un tel exercice, se trouvent naturellement dans la grande galerie qui traverse l'établissement, et qui, placée dans la direction du nord au sud, sert presque toujours de passage à un courant d'air froid.
Dans ces réunions villageoises , se retrou-
vent les costumes du pays , Quelquefois purs et plus souvent nuancés, et s’éloignant déjà du type primitif si curieux à étudier. | - Chacun danse à son tour; l'habitant des campagnes cesse quand le jour l’abandonne ; le riche commence, quand la nuit survient.
Le salon de chaque hôtel se transforme alors en une salle de bal ; on abandonne la promenade, et le piano touché d’une main légère, annonce la valse ou la contredanse. il est rare qu’une soirée se passe sans danser , et souvent même des bals s'organisent plus en grand dans les hôtels, et chaque société, en faisant successivement les frais, invite ses voisins à venir prendre leur part de plaisir.
Enfin, Vichy offre encore un moyen de distraction, c’est le salon dont on ohuent l'entrée moyennant une petite somme que l’on paye à celui qui s’en èst rendu adjudieataire. Il occupe au-dessus du rez de chaussée toute la facade du bâtiment thermal. Le billard , les journaux, le jeu et le bal ÿ ont chacun leur appartement séparé. La salle de bal ou le grand salon est décoré avec beaucoup de goût. Le bronze, les glaces et des draperies blanches en font tout l’ornement, et une sorte d'amphithéätre, placé à l’une de ses extrémités, recoit l'orchestre dans les
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Bo) grandes occasions ; car souvent il y a réunion au salon. On s’en aperçoit dès le maun aux guirlandes de fleurs et de feuillage que lon tend sous le péristyle, et aux vases de fleurs destinés à orner le rapide escalier qu'il faut subir avant d’entrer.
= L'annonce du bal se propage avec la rapidité de l’étincelle électrique. Chacun fait ses apprèts, et la ville de Cusset envoie encore son contingent.
Un bal est à Vichy ce qu'il est partout, un mélange de grâces, de ridicules et de prétentions inégalement distribués sur une masse mouvyante et animée; c'est une scène brillante de la vie, où chacun devrait prendre, comme acteur ou spectateur, la part qui revient à son âge et à son état de santé.
Ces limites ne sont pas toujours strictement observées; mais enfin le bal cesse, la journée est finie, le temps s’est écoulé, tout disparaît en quelques instans ; le repos ou l'insomnie conduisent au lendemain. |