‹ Vichy sous Napoléon IIIChapitre 14 sur 23 · EAUX DE VICHY TRANSPORTÉES · texte numérisé non relu

EAUX DE VICHY TRANSPORTÉES

Les eaux de Vichy sont, de toutes les eaux minérales, celles dont on expédie le plus, tant en France qu’à l’étranger. Cette consommation s’explique par les importants services qu’elles peuvent rendre loin des lieux qui les produisent.

Doit-on conclure de cette grande exportation que le traitement sera le même qu’à la source? Assurément non, car le malade consommant l’eau hors des localités thermales ne se trouve plus dans les mêmes conditions que celui qui, venant aux sources mêmes, modifie ainsi les conditions hygiéniques sous le rapport de l’air, des lieux et des occupations. En outre de ces considérations, il existe auprès des fontaines des substances salines qui flottent dans l’atmosphère', et dont la présence contribue encore à l’efficacité des eaux.

Sous ce rapport, voici ce que nous dit Tardy :

« On remarque auprès des sources de Vichy un sel volatil qui frappe l’odorat des buveurs, et qui s’élance hors de la source charrié par les eaux, lequel ne doit pas y être inutilement.

» C’est une matière élhérée qui, par son efficacité avec les esprits animaux, pénètre sans obstacle dans tous les réduits des viscères, et va leur donner un nouveau mouvement et une nouvelle vie; mais qu’on ne s’y trompe pas, on ne trouve cet esprit qu’à leur source : c’est là seulement qu’il se plaît à manifester sa pre’~ sence et ses bons effets . »

L’altération la plus notable observée dans les eaux transportées consiste dans la perte d’une légère partie du gaz acide carbonique, ainsi que dans un abaissement de température à l’égard de celles qui sont chaudes : pour ces dernières, on peut, il est vrai, rétablir cette chaleur en plaçant la bouteille dans des vases d’eau chaude; cependant, et malgré l’absence de toutes ces conditions de nature à rendre la cure moins favorable, l’eau minérale transportée n’en resté pas moins un médicament précieux pour les malades qui, par des motifs ou des circonstances diverses, se trouvent malheureusement privés de pouvoir se rendre à Vichy. Ceci concerne particulièrement les habitants des colonies ou des régions interlropicales, lesquels, par suite d’une action climatérique mauvaise et incessante, se trouvent atteints de ces diathèses bilieuses, avec engorgement du foie ou de la rate, compliquées le plus souvent de diarrhées, de dyssenteries ou de fièvres d’accès. Tous ceâ malades, privés par leur éloignement du bienfait de la cure sur place, trouveront dans l’emploi suivi des'eaux transportées un médicament précieux, non-seulement pour détruire les diverses causes morbides qui nuisent à leur santé, mais encore pour combattre les influences fâcheuses du climat, qui les menacent d’une manière permanente.

Néanmoins, et malgré les soins apportés par la Compagnie fermière au puisement des eaux et à la mise en bouteilles hermétiquement bouchées et capsulées, nous conseillons aux personnes qui veulent obtenir un résultat complètement efficace de faire en sorte de se rendre aux sources. C’est là seulement qu’elles pourront trouver en même temps toutes les conditions hygiéniques et tous les éléments constitutifs auxquels les eaux de Vichy doivent leurs propriétés médicales.

VlGHY SOÜS NAPOLÉON III.

Page 1