EAUX ARTIFICIELLES. — SELS MINÉRAUX NATURELS
Allez aux sources naturelles, dit M. Bourdon, la chimie de la nature vaut mieux que la chimie du laboratoire.
Je ne saurais trop blâmer ici 1 emploi de l’eau de Vichy artificielle, qui ne peut en aucun cas remplacer celle qui provient des sources naturelles. Qualifier d’eau minérale de Vichy le produit d’une simple dissolution de bicarbonate de soude, c’est commettre un abus de langage aussi choquant que de donner le nom de vin à un mélange d’alcool, de crème-de tartre et de sels terreux que ce liquide fournit à l’analyse.
Les éléments des eaux naturelles sont réunis dans un état de combinaison toute particulière que la main des hommes ne peut réaliser; ils sont minéralisés dans le premier cas, et seulement mélangés dans le laboratoire du chimiste. Il est d’ailleurs bien démontré aujourd’hui que cette dissolution de bicarbonate de soude est prise bientôt avec répugnance, que l’estomac s’irrite et ne peut le supporter comme celui qui est contenu dans l’eau naturelle. Les formules pour préparer les eaux artificielles peuvent etre exactes, mais nous devons exprimer nos doutes, par la raison toute simple que la chimie découvre sans cesse dans les eaux naturelles, comme nous lavons vu par 1 analyse spectrale, de nouveaux éléments plus ou moins importants qu’on ne soupçonnait pas auparavant.
Ce qui prouve, d’ailleurs, que toutes ces considérations ont leur valeur et ne sont pas illusoires, c’est le nombre toujours croissant des personnes qui, tous les ans, se rendent a Vichy pour prendre les eaux à la source. C’est ainsi que.nous voyons, sur la liste officielle publiée à Vichy, qu’en 1839 1 940 malades ou visiteurs sont venus dans cette localité thermale; en 1849, dix ans plus tard, 5840; en 1859, 13000; et qu’en 1862 ce chiffre s’est élevé à 18000.
Cependant cette proscription absolue, concernant l’eau artificielle employée en boisson, ne doit pas être étendue aux sels pour bains, d’un usage précieux soit poui les peisonnes que leuis occupations, leurs infirmités ou la distance tiennent éloignées de Vichy, soit en particulier pour celles qui, après la saison finie, veulent continuer chez elles un traitement prescrit par le médecin. Ces bains ne sont pas, à proprement parler, des bains artificiels, alors qu’ils sont préparés avec des sels naturels extraits des sources.
Pendant longtemps, on s est contenté de vendre sous le nom de sels de Vichy le bicarbonate de soude saturé par les gaz qui s’échappent des sources, ou même celui du commerce, souvent mélangé de sels étrangers plus ou moins nuisibles. Pour répondre aux réclamations incessantes des médecins et des malades, la Compagnie concessionnaire de l’Etat a établi près des sources de vastes laboratoires où on extrait, au moyen d’appareils spéciaux d’évaporation, les sels tenus en dissolution dans les eaux minérales.
F. Barthez.
es deux filles de Louis XV, victimes de la proscription révolutionnaire, durent émigrer en 1791. Elles se rendirent à Rome, où elles habitèrent quelque temps le palais du cardinal de Bernis. En 1796, elles allèrent à Naples, où elles restèrent jusqu’au moment où l’arrivée des troupes françaises les força à chercher un autre lieu d’exil. Après bien des vicissitudes, elles trouvèrent enfin un asile à Trieste; mais leur santé brisée par tant de fatigues et d’émotions ne leur permit pas de goûter le repos qu’elles cherchaient depuis si longtemps. Madame Victoire succomba la première . elle mourut d’une hydropisie de poitrine, le 8 juin 1799, à l’âge de soixante-huit ans. Madame Adélaïde ne tarda pas à la suivre au tombeau : elle mourut le 18 février 1800, âgée de soixante-six ans. L’évêque de Pergame, leur aumônier, qui les avait accompagnées dans cette douloureuse odyssée, leur fit rendre les derniers devoirs et prononça leur oraison funèbre. Au retour d’un voyage qu’elles firent au château d’Effiat, pendant leur séjour à Vichy, Mesdames Adélaïde et Victoire rencontrèrent un groupe de villageois qui se rendaient à l’église pour un baptême. Les parents prièrent une des princesses de vouloir bien être la marraine du nouveau-né. Leur vœu fut exaucé, et le filleul de Madame Victoire, M. R., a vécu jusqu’à
nos jours.
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Louis Bonaparte, père de l’Empereur Napoléon III, et Madame Lætitia, son aïeule, se trouvaient à Vichy au mois de juillet 1799. Ils signèrent, comme témoins, l’acte de naissance d'une petite fille.
Commune de Vichy. — Extrait des registres des actes de l’état civil.
Aujourd’hui, dix-huit fructidor, septième année républicaine, heure de dix du matin, par-devant moi, Jean-Joseph Gravier, agent de la commune de Vichy, chargé par la loi 19 vendémiaire, quatrième année, art. douze, de constater l’état civil des citoyens de cette commune de Vichy, est comparu Jacques Georgeon, propriétaire, âgé de trente-un ans, assisté de Louis Buonaparte, âgé de vingt ans, chef d’escadron, aide de camp du général en chef de l’armée d’Orient, et de la citoyenne Lætitia Buonaparte, mère, âgée de quarante-six ans, tous deux d’Ajaccio en Corse, actuellement aux eaux de Vichy, lequel Georgeon m’a déclaré que Marie-Claudine-Adélaïde Cornil, son épouse, s’est accouchée d’aujourd’hui, en tour une heure et demie du matin, dans sa maison, d’un enfant femelle, qu’il m’a présenté et auquel il a donné le prénom de Lætitia-Madeleine. D’après cette déclaration que lesdits citoyens Jacques Georgeon, Louis Buonaparte et Lætitia Buonaparte ont certifiée conforme à la vérité, et la représentation de l’enfant faite, j’en ai dressé le présent acte que j’ai signé avec les citoyens Buonaparte et Georgeon.
Le génie de Napoléon I er préluda à la rénovation sociale qui devait s’accomplir pendant le dix-neuvième siècle. Attentif à tous les intérêts du pays, l’homme providentiel s’occupait de la plus petite commune aussi bien que des grandes puissances. Vichy lui dut la restauration de ses thermes, délaissés pendant la période révolutionnaire.
En 1806, un décret impérial-autorisa l’expropriation de plusieurs terrains qui avoisinaient l’établissement thermal. Au mois de juin 1812, un autre décret daté du quartier général de Gumbinen, en Russie, attribua des fonds à l’acquisition de plusieurs immeubles et de terrains sur lesquels on dessina le parc actuel, dont les beaux platanes rappellent le vers du poète et le bienfait de l’Empereur :
Nos arrière-neveux lui devront cet ombrage.
VIC1HEY MM NÂIP0ILÉ@B} IIK
lmp Lemercier r,de Seine 57 Paris