CHÂTEAU DE B0UR3ON-BUSSET
fonda la branche des comtes de Busset ; Louis de Bourbon, enfant d’honneur de Charles VIII ; et Jacques de Bourbon, grand prieur de l’ordre de Malte.
Pierre de Bourbon, baron de Busset, né dans les Pays-Bas, vers 1465, fut envoyé jeune encore à Moulins, auprès de Pierre de Bourbon, seigneur de Beaujeu, pour réclamer sa part de l’héritage paternel. Un procès s’engagea entre la branche aînée et la branche de Busset, et fut traîné en longueur par l’influence des ducs. Anne de Beaujeu, veuve de Pierre de Bourbon, voulant s’acquitter envers Pierre de Busset d’une indemnité qu’on lui avait promise en négociant son mariage avec M ,le d’Alègre, lui donna, en 1503, l’office de capitaine châtelain de Thiers, avec une pension attachée à ce poste. Il obtint plus tard le titre de gouverneur des vicomtés de Carlat et de Murat, dépendant des immenses domaines de M me de Beaujeu, et le titre de conseiller et chambellan de Louis XII. Il mourut vers l’an 1528. De son mariage avec Marguerite d’Alègre il eut cinq enfants, dont quatre filles. L’une d’elles, Suzanne de Bourbon, mariée à Jean d’Albret, baron de Miossens, en 1535, fut gouvernante de Henri IY pendant son enfance.
Philippe de Bourbon, baron de Busset, n’ayant pu obtenir la restitution des biens qu’il revendiquait, embrassa la carrière des armes. Il servit avec distinction sous les règnes de François I er et de Henri IL Louise de Savoie, qui avait succédé au connétable de Bourbon, après le séquestre de ses biens, comme duchesse de Bourbonnais, le chargea de l’administration des vicomtés de Carlat et de Murat, et lui donna l’office de premier échanson. Le roi François I e1 ', en le confirmant dans ces dignités, l’appela «son cher et amé cousin. » Il mourut au siège de Saint-Quentin, le 10 août 1557. De son mariage avec Louise, duchesse de Valentinois, veuve de Louis de la Trémoille, il eut six enfants. L’aîné, Claude de Bourbon, premier comte de Busset, né au château de Busset le 18 octobre 1531, servit sous les règnes de Henri II, de François II, de Charles IX et de Henri III , qui, à la suite de ses nombreuses campagnes, lui donna le gouvernement du Limousin. De son mariage, avec Marguerite de la Rochefoucauld il eut quatre enfants. César de Bourbon, comte de Busset, l’aîné, né en 1565, fut confirmé par Henri III dans la charge de gouverneur des Vicomtés de Carlat et de Murat. 11 mourut en 1631. D’un second mariage, avec Louise de Montmorillon, il eut sept enfants. Claude II de Bourbon, l’aîné, comte de Busset, né en 1589, épousa Louise de la Fayette, fille de Claude de la Fayette, baron de Hautefeuille et de Nades. Il mourut sans postérité en 1641.
jean-Louis de Bourbon, comte de Busset, son frère puîné, né en 1597, épousa en 1639 Hélène delà Queille. Son fils aîné, Louis I er de Bourbon, comte de Busset, né en 1648, fut pourvu, en 1674, de la charge de lieutenant général de l’artillerie de France, en remplacement du comte d’Oradow, son beau-père. Il fut tué au siège de Fribourg, en Allemagne, le 2 novembre 1677, à l’âge de vingt-neuf ans. Louis II de Bourbon, comte de Büsset, son fils aîné, né en 1672, mort en 1724, épousa Marie-Anne Gouffier de Thois, nièce de la duchesse de Portsmouth. François-Louis-Antoine de Bourbon, comte de Busset, né en 1722, au château de Yézigneux, servit dans le corps des mousquetaires, et conquit tous ses grades sur les champs de bataille. Mestre de camp en 1745, il commanda sa brigade aux batailles de Raucoux et de Lawfeld, 1746; aux sièges de Berg-op-Zoom
et deMaëstricht, 1747 et 1748; et fut blessé, en 1757, à la fatale journée de Rosbach. Il continua de servir en Allemagne et mérita par ses exploits le grade de lieutenant général. Louis XV lui confirma le titre de cousin du roi, dont avaient joui ses ancêtres, et le comte d’Artois, en 1773, 1 attacha à sa maison en qualité de gentilhomme de la chambre. Il mourut le 16 janvier 1793. De son mariage avec Madeleine-Louise-Jeanne de Clermont-Tonnerre il eut plusieurs enfants qui se montrèrent dignes de sa réputation militaire.
Louis-François-Joseph de Bourbon, comte de Busset, né en 1749, ancien menin de Louis XVI, puis capitaine de cavalerie au régiment d’Artois et maréchal des.camps et armées du roi, épousa Élisabeth de Boynes, fille du ministre de la marine; il mourut en 1783. Un de ses frères, le vicomte de Busset, succéda à son père comme gentilhomme de la chambre du comte d’Artois en 1779. Il devint ensuite mestre de camp et mourut en 1802.
François-Louis-Joseph de Bourbon,, comté de Busset, suivit comme ses ancêtres la carrière des armes. Il fit toutes les campagnes de l’Empire, de 1806 à 1814, sous le commandement du maréchal Soult, et fut cité plusieurs fois à l’ordre du jour de l’armée. L’Espagne fut principalement le théâtre de ses exploits. Il eut trois chevaux tués sous lui à la bataille d’Albonera, ou il fut fait prisonnier. Il était déjà commandeur de la Légion d honneur lorsque la Restauration succéda à l’Empire. Louis XVIII le nomma maréchal de camp et l’attacha à sa maison militaire, puis a la garde royale, dont il était aide-major général en 1822. Il fit, en 1823, la campagne d’Espagne, comme chef d’état-major du corps de réserve, et reçut à la prise de Cadix la croix de commandeur de Saint-Louis. Le roi d’Espagne le décora en outre des grands cordons de Charles III et de Saint-Ferdinand.
Après cette campagne, il fut nommé pair de France, et promu en 1824 au grade de lieutenant général. Il exerça jusqu’en 1830 les fonctions d inspecteur général de cavalerie; il commandait en chef lé camp de manoeuvres de Lunéville lorsque éclata la révolution de Juillet. A cette époque, il rentra dans la vie privée. De son mariage avec M Ue Charlotte-Sabine-Louise-Gabrielle de Gontaut-Biron, fdle de la duchesse de Gontaut, gouvernante des enfants de France sous la Restauration, le comte de Bourbon-Busset eut deux fds jumeaux, .Charles-Ferdinand et Gaspard- Louis-Joseph de Bourbon-Busset, nés le 21 janvier 1819. Tous deux ont habité le château de leurs ancêtres, où le goût moderne s’allie à la sévérité du luxe féodal. Grâce à la courtoisie et à la bienfaisance des châtelains et des châtelaines, le manoir de Bourbon-Busset est une demeure hospitalière ouverte au pauvre comme au riche.
e tous les bienfaiteurs de Vichy, il n’en est pas un à qui cette ville doive autant de reconnaissance qu’à l’Empereur Napoléon III. Il a opéré la transformation de la cité thermale. Avant que Sa Majesté vînt y prendre les eaux, Elle s’était fait précéder par des actes utiles au pays et à l’établissement des bains». Une loi fixant le périmètre autour duquel il était interdit de faire des sondages a sauvegardé les sources contre les tentatives d’une concurrence déloyale.
Pendant l’année qui précéda le premier séjour de l’Empereur, Vichy, qui avait comme un pressentiment de la visite impériale, préludait en quelque sorte à cet honneur. Le duc de Grammont, ambassadeur à Rome, le comte Walewski et la comtesse Walewska, M. Baroche, en devançant l’arrivée de Sa Majesté, préparaient la population à l’accueillir avec un respectueux enthousiasme. Au théâtre de la Rotonde, des artistes de mérite représentaient, devant les fourriers de l’Empereur, les levers de rideau des futurs spectacles par ordre.
C’est pendant cette saison de 1860 que Montaubry se fit entendre dans un charmant opéra-comique, la Perruche; que M me Eugénie Doche se fit applaudir dans les délicieux proverbes d’Alfred de Musset, et que M Ile Bonval, la piquante soubrette de la Comédie française, la solide doublure d’Augustine Brohan, joua, au pied levé, le Roman d’une heure. Le ténor Renard, qui avait alors toute sa voix, chanta le quatrième acte de la
VICHY
Juive; Balanquié se fit aussi entendre, et Accursi fut l’artiste favori des concerts de cette saison. Claudius Jacquand, M. et M me Gueymard-Lauters, figurent aussi parmi les notabilités artistiques de 1861. M. Enfantin, le Père des Saint-Simoniens, qui la plupart ont fourni une si brillante carrière; Lambert-Bey, ingénieur distingué ; M. Albéric Second, chroniqueur international et spirituel écrivain; M me Claude Vignon, qui joint au talent de la sculpture celui de romancier, furent aussi les hôtes de Vichy.
La Russie avait fait, celte année-là, une pacifique invasion à Vichy. Elle y était représentée par le comte Alexandre d’Adlerberg, aide de camp de l’empereur Alexandre II; le comte Saburofî, maréchal de la cour; l’amiral Metline; le comte d’Ohrescoff, chambellan de l’empereur; le prince Bariatinski et la princesse Bariatinska; le comte de Bobrinskoy, aide de camp de l’empereur, et beaucoup d’autres personnages de l’aristocratie russe. La France comptait parmi ses représentants, en dehors de .ceux du monde officiel, le duc de Polignac, le prince Marc de Beauvau, le prince et la princesse de Croy, et M gr Tirmarche, évêque d’Adras; le maréchal duc de Valence, lady East, le comte et la comtesse Litta-Visconti, représentaient l’Espagne, f Angleterre et l’Italie dans ce congrès thermal.
Plusieurs notabilités devancèrent, en 1861, l’arrivée de l’Empereur. Le maréchal Randon, ministre de la guerre, le marquis de Lawœstyne, commandant supérieur des gardes nationales de la Seine, arrivèrent dès le mois de juin.
L’Empereur lit son entrée à Vichy le 4 juillet, au milieu d’une foule compacte et d’unanimes acclamations. Le maire, M. Leroy, reçut Sa Majesté à l’entrée de la ville, et lui adressa ces paroles :
« Sire,
» Interprètes des sentiments de la population, le maire et le conseil municipal de la ville de Vichy viennent déposer à vos pieds l’hommage » de son profond attachement et l’expression de sa vive reconnaissance pour l’honneur qu’elle reçoit de la présence de Votre Majesté. Puisse le » calme que vous trouverez au milieu de nous, puisse l’elficacité de nos eaux, multiplier des jours précieux à la France et si dignes de » l’amour de tous. »
L’Empereur a répondu :
« Je vous remercie, monsieur le maire, des sentiments que vous m’exprimez, et je tâcherai que mon séjour soit favorable à Vichy. »
Dans un article intitulé la Bienvenue, l’auteur de ce chapitre disait respectueusement à l’Empereur.
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