CHÂTEAU DE LA-PA LISSE
de Guise, la duchesse de Valentinois et une partie de la cour, qui se rendaient à Moulins pour assister aux noces d’Antoine de Bourbon avec Jeanne d’Albret, héritière du royaume de Navarre.
Charles de Chabannes fut tué à la belle défense de Metz par le duc de Guise, en 1552, et inhumé à la Palisse. Sa mère lui survécut, et mourut au château de Châtel-Perron en 1553. Son cercueil fut transféré à la Palisse et déposé dans le mausolée qu’elle avait fait construire dans la chapelle.
La fille aînée de Charles de Chabannes, Éléonore, hérita, à défaut d’héritiers mâles, de la seigneurie de la Palisse. Elle épousa en 1564 Just de Tournon, neveu du cardinal comte de Roussillon et ambassadeur à Rome, qui mourut en 1570. Elle se remaria l’année suivante avec Philibert de la Guiche, seigneur de Saint-Gérand, grand maître de l’artillerie de France, dont elle n’eut point d’enfants. Elle mourut en 1595, et fut inhumée dans la chapelle de la Palisse. De ses deux filles du premier lit, l’aînée, Françoise de Tournon, fut mariée avec Timoléon de Maugiron, gentilhomme dauphinois, et mourut en 1592; la seconde, Anne de Tournon, épousa en 1595 Jean-François de la Guiche, maréchal de France, gouverneur du Bourbonnais, neveu de son beau-père. Elle apporta par ce mariage à la maison de la Guiche la seigneurie de la Palisse et toutes les terres de la maison de Chabannes situées en Bourbonnais, qui restèrent à ses descendants jusqu’en 1713. Elle mourut à la Palisse, en 1614. Le maréchal de Saint-Gérand lui survécut jusqu’en 1632 ; il mourut en son château de la Palisse et fut enterré dans l’église de Saint- Gérand, qu’il avait fait rebâtir.
Pendant le dix-septième siècle, le château de la Palisse subit de notables transformations. Les fortifications disparurent en partie, et l’ancien parc féodal devint un jardin à la française, dessiné dans le goût de le Nôtre, avec des allées droites, des fontaines et des statues de marbre. L’intérieur du château fut également remanié : on élargit les portes, on perça de nouvelles fenêtres; la chapelle fut fermée du côté de la ville et des tribunes furent construites de plain-pied avec les appartements du château.
Claude-Maximilien de la Guiche, comte de Saint-Gérand, seigneur de la Palisse et gouverneur du Bourbonnais, fils du maréchal, épousa en 1619 Suzanne de Longaunay. Il n’en eut qu’un fils, Bernard de la Guiche, né au château de Saint-Gérand en 1641, après vingt-deux ans de mariage, particularité qui se rencontre presque date pour date avec la naissance tardive de Louis XIV. L’enfant, ayant été soustrait, après sa naissance, par des parents intéressés dans la succession des biens, fut séquestré pendant neuf ans. Après seize années de procédures pendant lesquelles il était intervenu plus de quinze arrêts de justice, Bernard de la Guiche fut, par un jugement définitif du Parlement en date du 5 juin 1666, maintenu en possession des titres et biens de la maison de la Guiche. Son père était mort au château de Moulins, en 1659 ; il fut inhumé dans la chapelle seigneuriale de la Palisse. Bernard de la Guiche, rentré en possession de ses biens, devint lieutenant général des armées du roi, ambassadeur auprès de la cour de Florence et en Angleterre. Il habita souvent le château de la Palisse, où M me de Sévigné vint, pendant la saison de 1677, qu’elle passa aux eaux de Vichy, rendre visite à sa femme Françoise de Warignies. Il mourut à Paris, en 1696, ne laissant qu’une fille qui se fit
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religieuse en 1713, après avoir fait donation de tous ses biens à sa cousine Geneviève de Lévis, petite-fille de la duchesse de Ventadour, née de la Guiche, et femme d’Hercule Mériadec, prince de Rohan-Soubise. Elle eut d’autant plus de mérite â faire ce legs que la duchesse de Ventadour était une des personnes qui avaient contesté la légitimité de son père et soutenu le procès contre lui.
Le prince de Rohan-Soubise vendit le château et la terre de la Palisse, en 1715, à Gilles Rrunet d’Evry, conseiller du roi, intendant des finances de la généralité de Moulins. Des lettres patentes royales, datées de 1724, érigèrent les nombreux domaines de ce riche financier en marquisat de la Palisse. Il s’intitulait en outre baron de Châtel-Montagne, de Montmorillon, premier baron du Bourbonnais, seigneur d’Arfeuille et autres lieux. Il vendit, en 1731, le château et la terre de la Palisse à une branche cadette de la maison de Chabannes représentée par François- Antoine de Chabannes, comte de Pionsat, lieutenant général des armées du roi, grand-croix de Saint-Louis et gouverneur de Verdun. Par suite de cette transaction, la maison de Chabannes rentra en possession du château de la Palisse, qu’elle a conservé jusqu’à nos jours.
François-Antoine de Chabannes étant mort sans enfants, le château et la terre de la Palisse échurent à son neveu Jean-Baptiste de Chabannes, marquis d’Apchon, comte de Pionsat, premier baron d’Auvergne, maréchal des camps et armées du roi, qui se distingua à la bataille de Dettingen. Il mourut en 1781, après avoir adopté Jean-Frédéric de Chabannes, issu du mariage du comte de Chabannes, devenu chef de la maison, avec Marie-Élisabeth de Talleyrand-Périgord. Le nouveau marquis de Chabannes suivit, comme ses ancêtres, la carrière des armes, et devint colonel du régiment Royal-Piémont. 11 habitait le château de la Palisse, lorsque la révolution le contraignit à quitter la France. Au retour de l’émigration, il rentra en possession de ses biens. Il mourut en 1835. Pendant la période révolutionnaire, le château avait été occupé par la souspréfécture, le tribunal, et la chapelle était devenue l’église paroissiale de la Palisse.
Le château, aujourd’hui en bonne voie de restauration, est habité par Hugues-Jean-Jacques-Gilbert-Frédéric, marquis de Chabannes la Palisse, général de brigade et ancien écuyer de Louis XVIII et de Charles X, qui, après avoir conquis tous ses grades sur les champs de bataille de l’Empire, perpétue dans le château de ses ancêtres les nobles traditions de la maison de Chabannes.
La Palisse est traversée par la Bèbre, qui y fait mouvoir des usines et des moulins. On peut y visiter le château, qui domine encore la ville, bien qu’il n’ait plus les vastes proportions d’autrefois. Sa construction rappelle le style de la renaissance. Les appartements sont décorés dans le même style; on y voit les portraits de famille de plusieurs membres de la maison de Chabannes dont nous avons résumé l’histoire généalogique.
Les environs de la Palisse sont fort jolis. En suivant les bords accidentés de la Bèbre, on arrive au bourg de Jaligny, un des plus anciens du Bourbonnais. Un sire de Jaligny épousa, au onzième siècle, Ermengarde de Bourbon ; un autre suivit Louis le Jeune en terre sainte. La seigneurie a ensuite passé aux maisons d’Amboise, de Châtillon, d’Auvergne, de la Fayette et de la Guiche : elle appartient aujourd’hui à la famille de Bârral.
Dans une petite vallée qui s’incline vers la Bèbre, on aperçoit le village de Châtel-Perron, ancien fief d’une branche bâtarde de Bourbon au
treizième siècle, puis domaine des Dauphins d’Auvergne, et enfin seigneurie des maisons de Chabannes et de Charry. On exploite dans les carrières du pays du marbre que l’antiquaire Caylus compare pour le grain et la finesse à ceux de Paros et de Carrare. Le champ des Belles-Pierres, situé à peu de distance de Châtel-Perron, rappelle les obélisques druidiques de Carnac, dans le Morbihan : du reste, cette partie montagneuse du Bourbonnais a quelque rapport avec la haute Auvergne et la basse Bretagne, ces deux contre-forts de la Gaule celtique.
Entre la Bèbre, la Loire et l’Ailier, s’étend une région qu’on peut appeler la Sologne bourbonnaise. Elle est couverte de bois, de landes et d’étangs : on y cultive du blé noir. Chevagnes est le bourg le plus important de ce district ; on y voyait autrefois une maison de chasse qui servait de halte aux ducs de Bourbon, et des bains situés près du château deBreuil. Non loin de là est le village de Thiel, la Sitilia des itinéraires romains. Au milieu des bruyères se dérobe modestement un petit bourg célèbre autrefois par son pèlerinage à Saint-Roch. Les habitants de Decise y envoyaient deux processions : l’une à pied, celle des hommes ; l’autre à cheval, composée de femmes et de prêtres chevauchant de compagnie et se rendant à l’oratoire de Saint-Roch, situé au pied d’un petit tertre dont l’étymologie est sans doute mont béni, devenu par corruption Montbeugny.
Chavroche est encore aujourd’hui tel que le décrivait au seizième siècle Nicolaï. « On y voyoit, dit-il, une grosse tour quarrée servant de donjon, et d’autres tours quarrées et rondes, closes de murailles et profonds fossés à pont-levis. Dans le château, outre la maison seigneuriale, il y avoit quelques maisons particulières des habitants pour mettre leurs meubles en cas de guerre : autour du château, qui est assis sur un haut coteau, en pays pierreux et terres fortes, est le bourg et paroisse de Chavroche. » Près de là se trouve le château du Grand-Chambord, véritable forteresse qui n’a rien de commun avec l’élégant édifice élevé par François I et au milieu des bois de la Sologne. Saligny avait autrefois une église fondée au milieu des bois par les Templiers et un château magnifique, mais habité par un châtelain plus redouté que le comte Ory et Robert le Diable. On fut obligé de le prendre au piège, comme une bête fauve, et de le mettre dans une cage de fer, châtiment qu’il avait coutume d’appliquer à ses victimes. Les assises de Clermont n’avaient pas détruit tous les louveteaux de la montagne bourbonnaise.
Non loin de Dompierre, dans la partie du Bourbonnais qui avoisine la Loire, se trouve l’abbaye de Sept-Fonds, consacrée à Notre-Dame de Saint-Lieu. Sa fondation remonte au douzième siècle : e’-êtaît une des succursales du monastère de Clairvaux. Elle eut pour fondateur Guillaume de Bourbon, descendant d’Adhémar l eï , sire de Bourbon. Vendue sbus la révolution comme bien d’Église, l’abbaye de Sept-Fonds est redevenue une communauté religieuse. Une colonie de trappistes s’y est établie en 1845.
La montagne boufbontiâise, trop peu connue des baigneurs de Vichy, mérite cependant d’être visitée. Elle abonde en souvenirs historiques, en monuments curieux, en sites pittoresques. Châtel-de-Neuvre remonte à la période gallo-romaine; Nicolaï prétend que César en a fait mention et que son nom dérive de Château d’honneur.
Châtel-Montagne est, en quelque sorte, la capitale de la montagne bourbonnaise. Les touristes y visiteront avec intérêt une église du onzième
siecle et les vestiges d’un ancien château féodal possédé autrefois par la famille de Rollat, et qui passa ensuite à celle d’Humières et à M d’Évry intendant general de la province. ‘ h
Le fameux Mandrin et sa bande de voleurs ont fait, au siècle dernier, de fréquentes apparitions aux environs de Vichy, dont ils ont plus d’une ois rançonne le grenier a sel. Ce chef de brigands arriva un jour au Mayet-de-Montagne, et s'empressa de vider le coffre du receveur des gabelles Comme celui-ci protestait contre l'illégalité de ce procédé, Mandrin, qui n'était jamais en peine, trouva moyen de légaliser sa prise. Il emmène e receveur chez le tabellion du bourg, appelé M. Bontemps, et lui dicte cette quittance notariée :
« Nous soussigné Mandrin, chef des braves gens colligés en bande pour redresser les torts de tous les employés aux gabelles, sels, tabacs etc. pour le compte de Notre Majesté le roi de France, etc., donnons quittance au susdit, etc. »
Au Mayet-de-Montagne, on montre comme ayant été des dolmens celtiques quelques blocs de pierre détachés des rochers voisins
féodal zzz::r re a '° n do,iion ^ ,m ie ierceau * ia ,amme de Le ^ ^ ^ «*> ™
aie. Baudoin, fils de Guy, en était seigneur au douzième siècle. Il avait épousé, en H85, Amicie de Châtillon, une des plus riches héritières * ^ s * , « neu ™ <id Donjon passa ensuite aux Aycelin et aux familles de Vienne et de Chazeron. Un couvent de Cordeliers et
une communauté de religieuses urbanistes vivaient sous la protection du Donjon et grâce aux donations des seigneurs voisins
1 300 mètfd» Î f y " Ra “° n . e ‘ f Greffier sen ' ent de «ontre-forts aux bases du Montoncel, le géant de la montagne bourbonnaise : il a on aüCTdMnrt n ^ imP ° Sanle * ‘ r ° iS dé P arl ™ enfe d “ P^-Déme, de la Loire et de l'Ailier. De son sommet
g T IeS Cllal ” eS dU Pny - de - Wn,e el du mon * Dme ’ « '« thoutagnes du Forez. L'ascension du
Montoncel ne peut se faire qu avec 1 aide d un. guide expérimenté et pendant la plus belle saison de l’année.
l y a , aux environs de Vichy, deux villages qui portent le nom de Saint-Gérand : l’un s’appelle Saint-Gérandle-Puy; l’autre, Saint-Gérand-des-Vaux. Le premier était, au moyen âge, l’apanage des cadets de la maison de Bourbon-Montluçon. Les Bauffremont de Châteldon en étaient seigneurs au seizième siècle. Le second rappelle de curieux souvenirs historiques et anecdotiques.
Saint-Gérand-le-Puy, situé sur une colline, au pied de l’amphithéâtre de la montagne bourbonnaise, conserve le souvenir du séjour que le pape Pie VII y lit en 1804, lorsqu’il se rendait à Paris pour la cérémonie du sacre. Non loin de là se trouve le castel de Poncenat, dont un des seigneurs fut un des lieutenants du terrible baron des Adrets pendant les guerres de religion. Toute cette contrée est couverte de puys (podium), qui, selon les uns, sont d’anciens tumuli gaulois; suivant d’autres, des tertres d’observation ; deux de ces mamelons ont reçu le nom singulier de Tétons de Madame.
Saint-Gérand-des-Vaux est situé sur une éminence qui domine la fertile plaine des Ëcherolles. Le domaine appartenait, au quinzième siècle, à Jacques Cœur, argentier de Charles VIII. 11 devint ensuite la propriété de Jean Soreau, frère d’Agnès Sorel, et passa par alliance dans la maison de la Guiche.
« Le maréchal de Sainl-Géran, dit Tallemant des Réaux, étoit de la maison de la Guiche. 11 fut fait maréchal
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de France pour l’empêcher de criailler quand on fit M. de Luynes connétable ; car il étoit de ces gens qui prétendent beaucoup, quoiqu’ils méritent fort peu. C’étoit un gros homme. On conte de lui qu’une dame qu’il avoit aimée fort longtemps lui dit qu’il étoit trop pourceau pour être aimé, et que, sur cela, il étoit devenu maigre à force de boire du vinaigre et de s’échauffer le sang; qu’après il eut de cette dame ce qu’il voulut; mais que, pour se venger d’une si grande rigueur et se récompenser de la graisse qu’il avoit perdue, il l’avoit conté à tout le monde. Il fut marié deux fois (la première avec Anne de Tournon, dame de la Palice) : il eut de ce premier mariage une fille (Marie-Gabrielle de la Guiche), qui étoit admirablement belle; il la maria, dès douze ans (en 1614), à un gentilhomme de qualité de Bourbonnois, nommé M. de Chazeron. Je pense qu’on l’envoya se promener en Italie, à cause que sa femme étoit trop jeune; lui étoit fort jeune aussi. Là, il gagna une si
fme v . ff 11 ’ 11 en tom ba par morceaux : il donna ce mal à sa femme, qui n’en put jamais bien guérir. » En effet, le père Anselme dit que
M me de Chazeron, remariée à Timoléon d’Épinay, marquis de Saint-Luc, mourut en 1632, après une maladie de sept années.
« Pendant son veuvage, ajoute Tallemant, son père lui donnait le fouet comme on le donne à un enfant et la traitoit fort tyranniquement. Il épousa en secondes noces la veuve deM. de Sainte-Marie (Suzanne aux Espaules,— joli nom,—dame de Sainte-Marie du Mont, déjà Veuve ellemême de Jean, seigneur de Longaunay). Elle avoit été assez bien avec Henri IV. Cette femme avoit une fdle que le maréchal fit épouser au comte de Saint-Géran, son fils (en 1619); après il mourut, et en mourant il disoit, à cause du maréchal de Marillac et de M. de Montmorency (tous deux décapités) : « On ne me reconnoîtra pas en l’autre monde, car il y a longtemps qu’il n’y est allé de maréchal de France avec sa tête sur les » épaules. »
» La comtesse de Saint-Géran fut assez longtemps sans devenir grosse (enfin elle le devint en 1640); plusieurs s’en moquoient : elle alla pourtant jusque bien près de son terme. Jamais femme n’a tant appréhendé d’avoir du mal en accouchant. M me de Bouillé, sœur du comte de Saint- Géran, lui proposa de se servir d’une sage-femme qui, à la vérité, avoit la réputation de sorcière, mais qui la feroit accoucher sans douleur. Cette pauvre femme la voit; le mari étoit absent. La sage-femme lui frottoit les reins de je ne sais quelle drogue et la faisoit aller en carrosse à travers les sillons du Bourbonnois, qui sont fort relevés, pour détacher l’enfant. Elle étoit alors à la Palice, qui est à eux. La femme d’un gentilhomme de M. de Saint-Géran, nommé Saint-André, y fut un jour; elle étoit aussi grosse pour la première fois; cela lui fit descendre son enfant si bas qu’elle se pensa blesser et elle n’y voulut plus retourner. Enfin, un matin, la comtesse envoie dire à cette demoiselle qu’elle la vînt trouver au jardin :
» — Ah ! ma mie, lui dit-elle, que je me porte bien aujourd’hui ! Je ne suis plus incommodée.
» — Mais ne sentez-vous rien, lui dit cette demoiselle, car vous perdez bien du sang?
» Elle regarde . effectivement, elle eut une perte de sang qui dura deux ou trois jours. Depuis elle eut toujours dans l’esprit qu’elle étoit accouchée. Sept ou huit ans après, un maître d’hôtel de la maison, à l’article de la mort, se plaignit fort de M me de Bouillé et dit qu’elle l’avoit engagé
à faire une étrange' chôse.M. de Sairit4taixerit, autre héritier de Saint-Géran, accusé d’avoir tué sa femme pour épouser M me de Bouille quand son mari, qui étôit vieux, Serait mort, donna charge a son confesseur et à quelques autres, en mourant, de demander pardon pour lui à M me de Saint-Géran. Il étoit aussi à la Palïce durant’ sa grossesse.' Tout cela joint ensemble, on conseille au comte de Samt-Geran de savoir la vérité de la sage-femme par personnes interposées. Elle dit que la comtesse étoit accouchée d’un enfant mort, et qu’elle l’avoit enterré au pied du colombier. Saint-Géran la met en prison; la comtesse, sur cela, se va mettre dans l’esprit qu’un petit garçon quelle a eleve, et qu’elle fit page, étoit son fils; qu’à cause de cela on avoit fait en sorte que M lle du Puys, fille d’un tireur d’armes, une espèce de femme ou il y a bien à redire, avoit souffert que cet enfant, qu’elle dit être à elle, fût élevé par la comtesse, parce ^effectivement cetoit le fils de cette dame. L’enfant étoit joli, et Saint-Géran l’a fort gâté, car il s’en diverfssoit et lui apprenoit cent ordures. La maréchale, qui a eu des fi es tandis qu’on a cru cet enfant mort, disoit que c’étoit l’aîné de la maison ; mais quand elle a vu que la comtesse prétendoit que ce fut cet enfant, elle disoit qu’il falloit le faire cordelier, à cause du scrupule. Voyez quelle dévote! Durant le procès d’entre M. et M me de Saint-Geran contre la du Puys, qui soutient que c’est son fils et que ce n j est que sa conscience qui l’empêche de le désavouer, car il seroit grand seigneur, et contre M rae de Ventadour, fille de la maréchale, et le comte et la comtesse du Lude, la sage-femme est morte en prison et n’a rien avoue pour la comtesse. Depuis il y a eu arrêt qui a débouté le comte et la comtesse du Lude et reçu la comtesse de Saint-Geran a preuves. »
En effet, par deux arrêts du Parlement, l’un du 18 août 1657, l’autre du 5 juin 1666, la comtesse de Saint-Géran gagna son procès et Bernard de la Guiche, reconnu son fils en vertu de l’arrêt, a succédé aux noms et armes de la maison de Saint-Geran. Il n eut pas de postérité,
et cette branche de la famille de la Guiche s’éteignit avec lui.
Telles étaient les moeurs du bon vieux temps. Des tentatives d’infanticide, des maris qui tuent leur femme pour épouser la veuve de leur ami, des suppressions d’enfants, des procès de collatéraux voulant dépouiller un héritier légitime . n ) a-t-il pas de quoi défrayer une es causes célèbres des annales judiciaires, et les assises tenues quelque temps après à Clermont n’avaient-elles pas de grands forfaits à faire .expier, de
grandes iniquités à réparer? . ..
Varennes est situé sur la petite rivière de Vallançon, au milieu d’une plaine fertile et bien cultivée. 11 avait pour seigneur, au quatorzième
siècle, Gérard, dont la fille Luque épousa Guillaume de Bourbon, sire de Bessay.
Près de là se trouve le château de Gayette, converti en hôpital au siècle dernier, par suite d'une donation que la châtelaine en fit aux pauvres du pays. Cet établissement hospitalier était administré par les pères de la Charité ou de Saint-Gilles. Avant d'arriver à la station de Varennes on aperçoit cet édifice, construit sur un coteau qui domine l’Ailier. Passons la rivière, et, laissant à gauche 1 Andelot aux bor s om rages e fleuris, allons visiter les rives non moins pittoresques de la Sioule.
Portianus, dit Grégoire de Tours, servait un maître barbare qui le maltraitait. Pour se soustraire à ses mauvais traitements, il se réfugia dans
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un monastère. Son maître le poursuivit dans cet asile et voulut le reprendre. Comme il l'emmenait, il fut subitement frappé de cécité Espérant être guéri par une donation pieuse, il retourne au couvent et offre à l'abbé son esclave, à qui il reconnaît le don de miracle En effet grâce à
I imposition des mains du jeune Portons, il recouvre la vue. L'esclave, devenu clerc et affranchi par le sacerdoce, étudia et devint à son tour abbe d un monastère situe ad fluum Smlirn, c'est-à-dire sur les bords de la Sioule, à l'endroit où s'éleva plus tard la ville de Saint-Pourcain Comme saint Grégoire pour Theodose et saint Léon pour Attila, saint Pourçain se dévoua pour sauver ses frères de la férocité des Barbares' Grâce a lui, Theodonc, qui ravageait le Bourbonnais, consentit à rendre les captifs à la liberté. Grégoire de Tours raconte encore d'autres legendes, trop miraculeuses pour etre véridiques, sur saint Pourçain et sur saint Léopardin, son contemporain et son ami
Aux Bénédictins vinrent se joindre les Cordeliers et les Templiers : ce riche pays nourrissait alors des moines et des nonnes obligés par le droit d aînesse a fane des vœux monastiques. Les Bénédictines du couvent de Vanteuil vinrent, au dix-huitième siècle, à Saint-PourJn grossir le chiffre de la population monacale. Situé sur la grand'route de l'Auvergne, ce pays eut beaucoup à souffrir du passage des troupes et des ap,nés des hommes de guerre pendant la guerre de la Praguerie et sous la Ligue. Mais grâce à ses riches vignobles dont Henri T s mai les produits, et au roulage qui, avant le chemin de fer, y entretenait un commerce important, SainbPourçain prospérait Aujourd'hui enZ son marche est tres-frequenté, et ses habitants jouissent d’une honnête aisance. P P Aujourdhui encore
Gharroux relevait de la puissante châtellenie de Chantelle, mais ses prieurés dépendaient de i a a • „
Templiers avait passé à l’ordre de Malte. Une abbaye de Bénédictines, fondée de temps immémorial dans ceTiLre v^’ ^ ^
gieuses, fut transformée, au siècle dernier, en maison de fdles repenties. ? ™ g aUX fondatlons reIi -
Charroux eut beaucoup à souffrir de la ligue du Bien public, alors que les hostilités ensanglantaient a a , c-
vécut aux dépens du pays : « Les troupes, dit un chroniqueur, y trouvèrent force biens et en sortir t h L ’ armée ^
était pas de même des habitants, qui, au siècle suivant, furent encore molestés et pillés nar le, h 7 Ï • “ *** * rafraischies ’ 8 11 n ’ en Aujourd’hui ces pertes sont réparées; Charroux est redevenu un village riant qui s’enrichit nar le “ * 68 de Bourni( I uet et de Mouvans.
Verneuil a gardé le souvenir d’Agnès Sorei, sœur de Jean Soreau, châtelaine du payZ bîenfeiHZd^chaoitZ' 1116 ^ 6 p ^ a B r i c °lcecus d’or et un drapeau conquis par son royal amant sur les Anglais. Aussi le cœur de la Da 1Td 11 X ** ^
l’église de Yerneuil. a Uame de ' )eaut ^ fut—il pieusement conservé dans
II existe deux Chantelle dans le département de l’Ailier • Ghantelle-la-Vieille l’annîanr. r
Languedoc, desCévennes, de ia haute et basse Auvergne à Paris, qui a cessé depuis ïeerouieCnt « ““m^My^ au“
moins quatre ou cinq auberges à enseignes, ce qui augmentoit beaucoup le nombre des habitants dé Chantelle-la-Vieille, et. obligeoit mes prédécesseurs de leur donner la messe, ce qui n’a pas continué depuis le croulement du pont. »
M. l’abbé Boudant, curé de Chantelle, a consacré à cette ville une savante monographie. Il fait dériver son nom de Canath-el, qui, en phénicien, veut dire bourg de Saturne. L’étymologie latine de Cantilia est moins ancienne, mais plus plausible. Chantelle était située au point de jonction de plusieurs voies romaines dont les traces sont encore visibles. Saint Antonin, apôtre du Bourbonnais, prêcha l’Évangile siir les bords de la Sioule. Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont, faisant sa tournée pastorale/s’arrêta à Chantelle chez un vieillard nommé Germanicus, qui, malgré son grand âge, portait un vêtement qui lui serrait la taille, un cothurne bien tendu et une chevelure taillée en forme de roue : il avait de plus « une santé de jeune homme, la bouche saine et des dents blanches comme le lait. »
Assiégée par Pépin et Charlemagne pendant les guerres d’Aquitaine, Chantelle fut donnée en fief par le fondateur de la dynastie carlovingienne à Nibelung, son cousin, qui fut la souche de la maison de Bourbon. L’église de Chantelle, consacrée à saint Vincent, est ornée de fresques dont les sujets sont tirés des saintes Écritures. Sa construction appartient au style roman byzantin, qui compte de nombreux édifices en Auvergne et en Bourbonnais. On y conservait soixante-deux reliques, parmi lesquelles du lait et des cheveux de la Vierge, un des charbons du gril de saint Laurent, l’os de la mamelle de sainte Agathe, une des pierres dont saint Étienne fut lapidé, etc., renfermées dans vingt-deux châsses et exposées, le dimanche avant la Pentecôte, à la vénération des fidèles. Un jeune architecte, M. L. Compagnon, a fait une intéressante monographie artistique sur l’église de Chantelle et sa restauration.
Anne de Beaujeu, duchesse de Bourbonnais, avait une grande prédilection pour Chantelle. Elle fit du vieux château carlovingien une demeure féodale ornée, dit Nicolaï, « de plusieurs belles chambres basses, salles, garde-robbes, cabinetz, caves, greniers et autres offices, où elle tenoit, comme en un lieu d’asseurance et de force, la plus grande partie de ses trésors et précieuses bagues. » Cette illustre et noble châtelaine, dit Brantôme, « estoit toujours accompaignée d’une grande quantité de dames qu’elle nourrissoit fort vertueusement et sagement. » Le connétable de Bourbon affectionnait aussi le château de Chantelle. Il y reçut François I er , son compagnon d’armes pendant les guerres d’Italie, et dont il devait devenir un jour le plus cruel ennemi. C’est là que Bourbon reçut la visite du comte de Reux, chargé de lui faire des propositions de la part de Charles-Quint. Suspect de trahison et espionné par Warty, le connétable, après avoir erré quelque temps de château en château, se retrancha dans la forteresse de Chantelle, qui passait pour imprenable. Mais entouré d’ennemis, cerné par les troupes royales, il partit « pour fuir l’ignominie de vivre misérable en sa patrie, où il avoit si dignement acquis tant de dignitez, titres, honneurs et commandements. » On montre encore, à Chantelle, la porte de fer par où le prince descendit au moulin Baron, au milieu des ravins et des précipices.
D’après Jean Bouchet, c’est au château de Chantelle que le connétable de Bourbon se réfugia lorsque le roi lui donna l’ordre de le rejoindre au camp de Lyon. « François I er y envoya incontinent gens pour prendre et luy amener ledit connétable, lequel, de ce adverty par aucuns de ses
amys estans en la cour du roy, laissa Chantelle et, avec ung de ses gentilz-hommes nommé Pomperant, et trois ou quatre aultres, se retira à grant diligence par la comté de Bourgogne en Austriche, vers le roy d’Espagne, ennemy du roy de France. »
Le chancelier Duprat, l’irréconciliable adversaire du connétable, eut sa part dans la confiscation des biens prononcée contre lui. « Tous les meubles ramassés depuis trois siècles à Chantelle et qui étaient bien, dit du Bellay, les plus beaux qui fussent en maison ou prince de chrétienté, les plus magnifiques et les plus somptueux de l’Europe, furent transportés à Verrières. » C’était un château que Duprat avait fait construire près de Chantelle pour narguer son rival. Les ruines de Chantelle, car le château fut démantelé, comme tous ceux de Charles de Bourbon, ont été décrites par Jean Feraultz et par Nicolaï, historiens du Bourbonnais. « Vray est, dit ce dernier, que du costé de l’occident est un profond et espouvantable précipice de rocher au fond duquel, avec un bruyant cours en forme de serpent, s’escoule le fleuve ou plustôt le torrent de Bouble, très-dangereux quand il se déborde : ils enceint ces vieilles et caducques murailles, et tout le long d’icelle vallée soubz la forteresse, la rivière faict meuldre plusieurs moulins, tant à bled qu’à tannerie. »
Le pillage du château de Chantelle ne s’étendit pas seulement au mobilier et aux œuvres d’art. Les orangers plantés dans le manoir du duc, confisqués, comme tous ses autres biens, furent transportés à Fontainebleau et de là à Versailles. Deux de ces arbres, le Grand-Bourbon et le Grand- Connétable, sont les Nestors de l’orangerie de ce château royal. Bichelieu acheva de démolir ce qui restait des fortifications de Chantelle. Un couvent de Génovéfains s’était établi dans les ruines du château. Ils y avaient planté de beaux arbres : leur cours était la promenade favorite du pays. Il dominait le lit de la Bouble à une hauteur de plus de 200 pieds. Le 29 août 1783, deux moines, se promenant le soir sur la terrasse, ne virent pas l’abîme béant sous leurs pas. Le pied leur manqua : l’un des deux religieux roula dans le précipice et fut tué sur le coup ; l’autre ne dut son salut qu’à un large parapluie qui, déployé à temps, lui servit de parachute. Les Génovéfains, lors de la création de l’ordre, étaient vêtus de peaux de chèvre et de mouton, comme les solitaires de la Thébaïde; plus tard, ils obtinrent une bulle du pape qui leur permit de porter une robe blanche sans couture, avec le surplis par-dessus.
Les Jésuites, établis à Chantelle au seizième siècle, supplantèrent les Génovéfains. Le pape Paul V les substitua par une bulle « à la jouissance des fruits, rentes, revenus, droits et esmoluments quelconques, à charge par eux de faire une pension aux huit religieux qui continueroient de desservir l’ancien prieuré. ». La révolution supprima les Jésuites et les Génovéfains, en même temps que tous les ordres religieux. Mais, en 1853, une communauté de Bénédictines s’établit dans les dépendances de l’ancien prieuré.
Avec l’ancien régime disparurent aussi les redevances féodales que les habitants de Chantelle payaient aux ducs de Bourbon et au fisc royal. Le droit des quatre deniers et les tailles avaient tellement appauvri le pays que « les pères de famille ne trouvoient plus bonnement à marier leurs filles et que la ville commençoit à devenir déserte, les forains n’osant venir demeurer audit lieu de Chantelle, pour doubte de cheoir en danger de ladite taille. » Ce fut Henri IV, le roi des paysans et de la poule au pot, qui exonéra les habitants de la plupart de ces servitudes.
Aujourd’hui Chantelle et la vallée de la Bouble sont un paradis terrestre, s’il faut en juger par la description poétique de M. l’abbé Boudant: « Le souffle du printemps y est recueilli plus amoureusement que partout ailleurs ; les rayons du soleil s’y reposent avec plus de complaisance. Aussi la vigne se couvre de bourgeons, la cime des peupliers se pare de verdure, avant que la végétation se soit fait sentir dans les plaines et sur les coteaux environnants. Des myriades d’oiseaux accourent dans ces lieux tépides comme à un rendez-vous d’honneur; ils viennent là se reconnaître, ainsi que le font de vieux amis après une longue absence. La fauvette et le rossignol reprennent leurs mélodies trop longtemps interrompues. Le merle siffle, comme pour se moquer; le loriot et le coucou semblent crier bravo. L’hirondelle passe comme une flèche, l’alouette monte dans les airs en fredonnant sa ritournelle. Le pinson, la mésange et le roitelet voltigent terre à terre, sans mot dire. Le chardonneret, dont la tête ressemble à une escarboucle, jette ses jolies petites notes, tout en becquetant le plantain ou la pomme du chardon qui plie sous son poids. L’insolent moineau trouble par ses éternelles piailleries ces variés et charmants concerts; en même temps, comme les harpies de la fable, ce gourmand souille et dévaste les fruits et les moissons qui croissent sur ces bords. N’oublions pas le martin-pêcheur qui guette et enlève les petits poissons, la demoiselle aux ailes bleues se reposant à peine sur le calice des fleurs, l’innocente bergeronnette qui vient se placer sur les cornes ou devant le pied des vaches qui pâturent le long de la rivière. »
Cette description ne manque pas de charme, et décidera bien des touristes de Vichy à faire une excursion dans les vallées de la Sioule et de la Bouble.
Les bords de la Sioule offrent encore d’agréables excursions. C’est à Ébreuil que cette rivière, venue des montagnes d’Auvergne, entre dans le département de l’Ailier. Sidoine Apollinaire parle des ravages que les Goths exercèrent aux environs d ’Ebrogilum et principalement dans la villa du patricien Dionidius. Lorsque Charlemagne donna à son fds Louis le royaume d’Aquitaine, il désigna pour sa résidence quatre palais; celui d’Ébreuil fut donné par Lothaire, en 971, au monastère de l’ordre de Saint-Benoît que Louis le Débonnaire y avait fondé en 806, pendant qu’il était roi d’Aquitaine. Lors de la guerre de la Praguerie, Ébreuil, occupé par le seigneur de Chabannes et les partisans du Dauphin, fut assiégé par Charles VII, qui somma les habitants de lui livrer la place. « Les bonnes gens le firent volontiers », dit un chroniqueur. Le roi y demeura deux jours, pendant que Jean de Chabannes lui enlevait une partie de son artillerie et la dirigeait sur Aigueperse.
L’abbaye d’Ébreuil, contemporaine de l’époque carlovingienne, renferme des fresques très-remarquables, notamment un saint Georges. Le savant auteur de la monographie de Chantelle doit publier un ouvrage sur l’histoire d’Ébreuil et des environs.
Gannat s’est ingéniée à trouver une étymologie celtique dans son nom, et comme elle est située dans une plaine fertile où les noyers abondent, elle s’èst dit que gan voulant dire noix dans cette langue, Gannat en était tout naturellement dérivé. Au moyen âge, la châtellenie de Gannat était une des plus considérables du Bourbonnais : des couvents s’étaient établis à l’ombre et sous la protection du château fort; les moines augustins y avaient une communauté. La chapelle de Sainte-Procule était l’objet d’un pèlerinage où affluaient les populations de l’Auvergne,
du Berry et du Bourbonnais. Sainte Procule a sa légende comme saint Denis, et justifie aussi le proverbe : « Il n’y a que le premier pas qui coûte » Ayant refuse d’epouser un seigneur auvergnat, Gérard d’Aurillac, elle échappa à sa recherche obstinée en se réfugiant dans une grotte au milieu des montagnes du Cantal. Gérard, ne pouvant obtenir sa main, voulut avoir au moins sa tête, et ne trouva rien de mieux que de la lui couper. Mais la sainte, qui avait encore bon pied et bon œil après cette décollation, ramassa son crâne ensanglanté et le porta jusqu’au porche de l’église de Gannat, en ne s’arrêtant que cinq fois pendant ce long trajet. Gérard, privé de la vue et reconnaissant le doigt de Dieu dans ce châtiment, crut expier son crime en fondant une abbaye et en la dotant de riches revenus.
Il y avait à Gannat une corporation de prêtres séculiers qui portaient le nom de Communalistes, et qui participaient à la fois à la vie claustrale et al existence mondaine. Ils desservaient la paroisse de Sainte-Croix. Une autre paroisse, celle de Saint-Étienne, était hors la ville. Le maréchal Effiat, seigneur de Gannat, y avait fonde un couvent de capucins qui a existé jusqu’à la suppression des ordres religieux et qui, par une donation recente, a ete rendu de nouveau à une congrégation monastique.
Nous ne quitterons pas les bords de la Sioule sans parler du domaine du Deffand, habité au dix-huitième siècle par le marquis du Deffand de la Lande epoux de Marie de Vichy-Chamrond. La marquise du Deffand eut une existence agitée : . L'ennui, disait-elle, a été et sera toujours cause de toutes mes fautes. » Pour se désennuyer, elle accepta les hommages du régent d’Angleterre, dont elle fut la favorite... pendant quinze jours. Le president Henault l'accompagna aux eaux de Forges, en Normandie, et une liaison quasi conjugale s'établit entre eux. Pen-
JT. S0 " Se,0Ur da ” s 'f" C slat,on thermaIe ’ elle se lia a ™> une dame de Péquigny, une descendante probablement de cette baigneuse dont e evigne parle dans ses lettres sur Vichy, et qui n’était pas faite pour ramener M me du Deffand dans la bonne voie.
La marquise se retira ensuite au couvent de Saint-Joseph, à Paris, et y tint salon, comme cela se pratiquait dans les abbayes mondaines de n-Ai nTà H uî re “ Valt n0mbreuse “nwiie- Montesquieu, le grave auteur de VE,prit des Lois, le frivole écrivain des Lettres persanes, d Alembert, des philosophes, des encyclopédistes, des poètes, des financiers, venaient la visiter. M“- de Lespinasse l'aidait à faire les honneurs son salon aux maréchales de Luxembourg et de Mirepoix, aux duchesses de la Vallière et de Choiseul.
M” du Deffand usait volontiers de son crédit auprès de ces grands personnages en faveur des membres de sa famille. Le 29 décembre 1766, elle écrivait au duc de Choiseul : « J'ai une grâce à vous demander, c’est de vous souvenir du vicomte de Vichy : il meurt d’impatience d’étre
Z T u JT V r S °” ‘ emPS da ” S ™ ,riSte Châ,ea0 ' * Le duc de Choisenl lui ré P° ndait Q^'ffues jours après : « Je vous promets e ic y sera rep ace es que je le pourrai. Il sera très-agréable pour moi de vous marquer l’attachement et la tendresse que je ne cesserai de sentir et vous d’inspirer. » 4 J
On n’est pas plus gracieux I
CHATEAU DE VEAUCE