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Telle t'ui l'ori(;ine «lu patriaiuat moscovite. Lu mniiière dont il fut obtenu et crée lui valut une déconsidération générale. Que pouvaient penser en effet les évêques lithuaniens et nithéniens dVin homme comme Jérémie, qui , dans son église, professait une foi douteuse et entretenait de plus une fréquente correspondance avec ces théologiens aventureux d'Allemagne , venus à Constantinople en i5jS pour obtenir l'adhésion de l'Église grecque à la confession d'Augsbourg*? , .
Mais ce qui jeta le plus de discrédit sur ce patriarcat, ce fut la part que pritGodunovvà son établissement à Moscou. Ce favori profitait de l'ascendant immense qu'il avait sur le faible Féodor Iwanovvicz (i584-i599j pour s'immiscer dans les affaires ecclésiastiques aussi bien que dans celles de l'État, La lâche condescendance du nouveau patriarche Hiob neuti'aljsa entièrement la salutaire influence des évéques, qui, à cette époque, et plus tard, ne craignirent point de protéger leurs ouailles, même aux dépens de leur vie, contre la cruauté et la tyrannie des grands ducs.
|wan IV Va8siliewicî(i 533-1 584) porta un coup mortel à l'Église ruthénienne. Faisant peser un sceptre de fer sur ses malheureux sujets, et surnonuiié le Terrible, pour sa cruauté qui surpassait celle de Tibère, de Néron et de Galigula, il ne respecta rien et n'eut d'autre loi que son caprice. Ni les vertus, ni le mérite, ni Tinviolabilité du premier pasteur de l'Église ne surent en imposera cette âme vile et altérée de sang. L'habile Daniel lui-même ( 1622-1 539), dut résigner sa dignité pour échapper à la mort et se retira
> Voyez Acla et Scripta Tiieolognrum Wiitcuhergensium el Palriarclue Constantinopoliiani D. Hicremiie , qua- uiriqiie ab anoo 157(i usque ad annam 1581 de ! |
AuguttaDa ConFeuione inter se miterunt; grxcc et laiiue ab iiidem Tlieologis édita i \
Wiiicnbergae 1584, fol. Voyez aussi l'ouvrage classique d'Liuuiaouel A. ScheUtrate : 1
Acta Orientali* Ecclesix contra Lulheri iia-resiii . mouuiueiuit , notis ac disscriatiouibus illutlrata. Romx 1739, 2 vol. fui. Les ruses qu'employèrent les théoIo(;ieDs luthériens pour surprendre le patriarche Juré. nie y sont parfaitement dévoilées. Voye» aussi l'ouvrage de Theincr, indique plus haut , V^ partie, pag. 552 et suivantc*.
au monastère de Saint-Joseph, à Mogcou, en annonçant au peuple qui raimuit u qu'il avait pris ce parti afin d'implorer tlu ciel lu grâce d'une paix plus durable avec le prince et la liatrie*. « Joseph, abbé du monastère de la Sainte-innité, k Moscou (Troicka Laura), élu le 6 février i539, fut également dépouillé de sa dignité et relégué dans le couvent de Saint-Cyrille, sur les bords du lac Blanc. Surpris dans la nuit par quelques boyards, il échappa par une prompte fuite à leurs mains meurtrières, et, se réfugia dans le couvent de la Trinité , où l'abbé Démétrius Palecki le sauva d'une nouvelleattaque-. Le vénérable Macarius (i 542-1 563), archevêque do Nowgorod, et Alhan&sc, moine du couvent de Tschudow, confesseur du Cïpr, essuyèrent nulle injustices pendant la durée de leur patriarcat. Le vertueux métropolitain Hermann, archevêque de Casan, fut honteusement chassé de Moscou pour avoir,reproché au grand duc, avec uu courage admirable , ses crimes et ses forfaits '. Ln sort plus cruel encore était réservé à son successeur Philippe 11(1 566-1 568). Ce noble et vertueux prélat, courageux défenseur des droits du peuple, et incapable de supporter plus longtemps la conduite du czar, lui refusa la bénédiction d'usage un jour qu'il officiait solennellement dans l'église de l'Assomption au Kreudin, et, en présence des boyards et du peuple, lui reprocha hautement sa vie toute vouée à la débauche et au crime. Le czar furieux convoqua aussitôt l'assemblée des évéques et leur fit juger le métropolitain. Ce vénérable vieillard, qui entinit déjà dans sa 80' année, répondit à toutes les accusations injustes qu'on porta contre lui par le témoignage d'une vie pure et déposa avec joie entre les mains d'ixvan le fardeau de sa dignité. Forcé de reprendre ses ornements pontificaux, iMiilippe ofHc'iait par ordre du czar, (piand tout à coup apparut ini boyard suivi <le bourreaux et hu en pleine ('{;lis<' le dérret
* Siralil , Histoire tic rKglise idsse, p. Ô(>1.
* C!iroiii([iic clf Nikon, "•■ jisrlir , i>.i(j. M, l(. — ' K.iiMniMti, S' |nrl. , p. 7i.
<lii clergé, qui dépouillait le métropolitain de ses fonction^;. Aussitôt une soldatesque effrénée se jette sur lui, lui arrache ses ornements sacrés, le traîne hors du temple, et le jetant sur un chariot, le» conduit au couvent de TÉpiphanie, où il endura les plus odieux traitements. Pour mieux lui faire sentir sa rage, Iwan lui envoya toute fumante la tête de son neveu qui venait de tomber sous la hache du bourreau, et le transféra, le 9 décembre 1669, dans le couvent d'Ostrocz à Tver, où il le fit étrangler par son favori Skuratow *.
L'adroit Pimen , archevêque de Nowgorod , ne put échapper à la mort, malgré l'amitié qui Vunissait à Iwan. Sous le ridicule prétexte que l'archevêque entretenait des intelligences secrètes avec les Polonais, le czar envahit Nowgorod, fit périr plus de 60,000 hommes, pilla les églises, enleva les vases d'or et d'argent, et emmena avec lui plus de 5oo moines , qui expirèrent bientôt à Moscou dans les plus cruels tourments. Il ne s'en tint pas là ; joignant Tastuce à la cruauté , il appela Pimen à Moscou , lui fit célébrer l'office divin, et le conviant à un festin somptueux, lui reprocha tout à coup sa trahison^ le fit traîner dans les rues de la ville et le relégua enfin dans le monastère de Saint-Nicolas , où l'infortuné expira bientôt ^,
Iwan n'épargna pas davantage son ami particulier Léonidas, qui avait remplacé Pimen sur le siège de Nowgorod. Il le fit coudre dans une peau d'ours et déchirer tout vivant par des chiens, pour avoir refusé de consacrer son quatrième mariage, expressément défendu par les lois des Églises d'Orient. Se jouant de toutes les lois divines et humaines il répudia trois femmes et ne recula pas devant l'assassinat du czarewicz, son fils, qu'il crut expier plus tard en envoyant aux quatre patriarches d'Orient 10,000 roubles (70,000 fr. environ).
Ce cruel despote avait entièrement neutralisé riuHueiuo
' r.wcr's Deiirafjc, 3; Kcmiliiiss Hnssldnils, ji. 205); Karai-in, 8* iKiiiii", [i. S."i ; Siralil, pag. GOI , fi".
» Karumtin, H* partie, pag. 120. — Sirulil, p;ij. (iOl-«i2i, M'.
du clergé. Il avait flépouillé les évéques de leurs druits et privilèges, ue leur laissant que le droit d'ordination insépai'able de leur dignité. Il assemblait les conciles lui-même et connaissait sans ressort des affaires spirituelles el temporelles de rÉgJise. Les évéques devaient obéira ses ordres comroes'ils venaient de Dieu. Par un ukase du 12 avril i552, le czar érigea un tribunal composé de laïques pour Tciller à la moralité des prêtres. Les deux premiers juges de ce tribunal furent les deux favoris Andréas Bersenow et Chosaïn Tjutin^
' Stralil , pag. 614. — Le czar te plaint eocore de cette cioonauie corraptioii (lu cierge dans son Stoglaivnik, ou ordonnance en cent articles de 1551. Voici quelques articles de cette précieuse ordonnance de discipline ecclésiastique , qui contient nne peinture vraie des roœnrs du clergé russe de cette époque. Art. 4. Des abus et des desordres de tout genre ont corrompu les mœurs du clergé. Que voyonsnous dans les couvents? Ce n'est plus le salut de son âme qu'on y va clicrcber, mais bien le repos et les jouissances corporelles. Les archimandrites et les igumèncs ne s'asseyent plus à la table commune; ils traitent dans leurs cellules des convives étrangers; les moines ont des domestiques; ils ne rougissent pas de faire venir des femmes; ils vivent dans la joie et les plaisirs, et dissipent les biens du couvent. Désormais il n'y aura qu'une table dans chaque couvent, et elle sera commune pour tous ; les moines devront congédier leurs jeunes domestiques, et s'abstenir de rechercher aucune femme; ils ne devront avoir ni vin, ni hydromel, et ne pourront aller courir les villes et les bourgades pour passer le temps. Quiconque violera ces règlements sera chussc. Que l'abstinence , la mortification et la chasteté soient respectées p.ir le clergé tout entier, prêtres, diacres et tous serviteurs de l'Église. — Art. 8. Comme beaucoup de moines, de frères lais et de laïques se vantent d'avoir le don surnaturel du somnambulisme et de la divination de l'avenir, et courent de lieu eu lieu avec de saintes images, et recueillent d'une manière condamnable de l'or et de l'argent pour l'édification d'une nouvelle église, scandale qui a étonné les peuples voisins par son audace, l'ordre ^ra publié sur tous les marchés de ne plu;» souffrir désormais un pareil désordre. Que l'on n'écoute plus ces vagabonds , qu'on les chasse et qu'on les dépcnille de leurs images, pour les rendre aux églises auxquelles ils les ont enlevées.— Art. 10. Qu'aucun ecclésiastique ne porte plus un habit étranger à sa profession, de même que le soldat, le général , le marchand et l'artisan , etc. Le serviteur de l'Église doit-il se couvrir d'or et de pierres précieuses, et se parer et s'attifer comme une femme? Les évéques nomn)cront les arciiimaiidrites et les igumènei , mais le czar confirmera leur choix. I^s prêtres et ks di.icrcs veufs ne pourront pas s'acquiter des fonctions sacerdotales ; les moines et les nauiics ne pourront vivre ensemble dans l'intérieur d'un couvent, ni au dehors; nous en renouvelons la défense, qui a déjà été faite. — Art. 12. Le clergé devra vrillciparticulièrement à ce que certains abus honieiix et dignes du itaganisnir dis|la^ai^>- &ci>t entièrement. Ainsi, lorjqu'un combat judiciaire doit avoir lieu , un \oit di^
Déjà le grand duc iwan III Vassiliewicz I" avait lait adopter la même autorité, au concile tenu à Moscou en ! 5o3, àei dispositions relatives à la moralité du clergé *. Le même grand duc avait ordonné que les juges séculiei's se chargeassent de punir prêtres ou moines sans distinction, et leur infligeassent la peine du knout au besoin ^. Le métropolitain Dante! voulant s'y opposer, il lui fut répondu que ce n'était pas un prêtre, mais uniquement un coupable que l'on châtiait ainsi d'ttprèp îe» lois établies depuis longtemps.
sorciers prtlemlrc lire dans les riuile» à cjiii sna la \iiiuirc , ce qui ne fait qii'aii|;meuter rcFFusion du .tan{;. Ces liommes de peti de f i ont entre les msins d'absurdes livres aritlolëliques et as(roliigirjue$, des 2odin(|iies, des atmiinaelis et autres ouvrages qui ne sont rein|dis que d'une «ciencc jiaicniie ; à la nuit de la Saint-Jean , ils se réunissent pour jouer, boire et danser jusqu'au matin, et ils Font de même pendant la veille de Noël, «!e la Fêle de S. Basile et de l'Epiphanie. I^ jour de la Pentecôte, ils versent de0 pleurs, poussent (le.« eri.<i. se K-pandcntdans les cours des églises eti hurlant et en sanglottatit. Frappent des ninins et cliatilcnl des chansons diaholitptcs. Le malin du JctiJi-Saiot , ils hrt^lent de ici paille et nppellent les noms des morts; les prêtres mettent du sel sur l'aulel, et cherchent à guérir les malades avec ce sel. De faux prophètes courent de village eu village, nus, sans ch.nussnres aux pieds, les cheveux épars; ils tremblent de tout leur corps, se roulent par terre , et raconlent de* apparitions de saint Anasiaie ou autres. Des troupes de possédés, qui s'élèvent quelquefois jusqu'à cent, tombent tout d'un coup dans un village, vivent aux Frais dvs habitants , s'enivrent , et finissent par d)-pou!ller les voyageurs. Les enfants des boyards frëquentent en foule les cabarets, oii ils perdent tous leurs biens aux jeux de hasard. Les hommes et les femmes vont ensemble aux bains , et l'on a vu des moines ne pas rougir d'y aller avec des nonnes. On achète dans les marches des lièvres, des canards et des coqs de bruyère étouffas, on mange du sang et des boudins, contrairement auk lois œcuméniques, on suit les usages de« T^itins, on se ra«e là bafbe, on coupe sa moustache, on porte des vêtcnionts éfran(;crs , on jure par le saint nom de Dieu; enfin, et c'est l:« ce qu'il y a de plus déplorable, ce qui attire knr un peuple la colère de Dieu, la(;ucrre,la fimine, la peste, etc.; on se livre à la sodomie, u — L'entretien de la barbe était une chose irès-imporiante aut yeux du grand duc, et lur Ce stljet il ajouta dans son Sloglaivnik une disposition particulière, ainsi conçue : De toutes les coutumes licréiiques, il n'y en a ]ias de plus coâdaninable que celltf de se raser l.i barbe. L'cFfusion de tout le s."»ugd'un martyr ne saurait racheter cette Faute. Haser sa barbe pour plaire auxhonmies, c'est violer toutes les lots et se déclarer l'ennemi de Dieu, qui nous a crées .'« son image.
Ce .Stoglawnik se trouve dans Strahl , Essn! sur l'Histoire He l'Église russe, p. 24-31.
' Les décrets de re concile sont Imprimés dans lc« Anliq'dlès de In Hin!.ir , \" partie , p. i^2 ; bibliothr(juc russe , 1 i* partir , ji. tîOtV
' Hcihcrstcin, nrritn» nioscôvitarum , pD[;. 1*»,
Iwan IV ne se contenta pas de disposer de la personne des ëvéques, il éleva aussi ses prétentions sur les biens de l'Eglise. Ayant rassemblé, en janvier i58o, un concile générale Moscou, il exposa au clergé qu'il avait besoin d'argent pour défendre le pays contre les attaques de ses en nerais. « Nous avons , dit*il ', assez de bras pour défendre la « patrie, c'est de l'argent qu'il nous faut; l'armée est dans c le besoin, tandis que les couvents nagent dans l'abondance; « c'est donc un devoir pour eux de sacrifier leur superflu « en faveur de l'Etat. » 11 exigea que les terres et villages, qui originairement avaient appartenu aux ducs et dont il» avaient fait cession aux églises, par testament, échange ou contrat de vente, revinssent sans délai à la couronne; il défendit qu'à l'avenir aucun évêché, couvent on corporation religieuse, pût acquérir des immeubles par achat, legs ou donation, les testateurs devant laisser leurs biens à leurs parens, quelque éloignés qu'ils fussent. Tous les biens engagés à l'Eglise devaient également revenir à l'Etat.
Gustave Erichson Wasa (i524-i56o) en agit de même avec l'épiscopat suédois dans la diète tenue en 1627 à Westeras ^.
Ainsi fut détruite l'indépendance de l'Eglise moscovite. Le courageux métropolitain Simon (i495-i 5 r i) avait réussi à détourner l'orage, et les tentatives d'Iwan III, que son successeur devait réaliser plus tard, échouèrent d'abord contre la volonté ferme du clergé réuni au concile de Moscou, tenu en i5oo. Simon avait envoyé son secrétaire , Lewacz, auprès d'hvan 111. « Le saint père Simon-*, métroc politain de toutes les Russies, dit l'envoyé au czar, ainsi « que les évêques et tout le clergé réuni sous l'inspiration « du Saint-Esprit, vous déclarent que depuis le grand em-
' L« acte» de ce concile «ont imprimés; on les trouve clnns : Collection des Origines russci, 1" partie, pag. 583. — Conlinnation de la l)ibli()thèqiic nuse.^* partic , p. 132-145. — Comparer Karamsin, 0* partie, p. 305. — Platon , Hiiioire do l'Église russe , 2' partie, pap. 81. — Strahl, Histoire de l'Église russe, p. «ilO.
* fJonip. la Suède de Theinrr, l'« partie, p. 2fi.} , ff, — ^ R.irani>in ,. 6' partir , p. 285; Strahl, p. 5i4, ff.
« pereur Constantin , émule des apôtres, et sa mère Hélène, « jusqu'aux jours les phis rapprochés de nous, les évêques c et les monastères ont toujours possédé des villes, des < terres et des villages. Les synodes ne s'y sont jamais op- « posés , en défendant uniquement d'augmenter les pro- M priétés immobilières et personnelles. Nous voyons sous « vos prédécesseurs les grands ducs Wladimir, Jaroslaw, « André Bogoljubski , son frère Wsewolod , Iwan Daniele- « wicz, le petit-fils de saint Alexandre et contemporain du « métropolitain Pierre,' le thaumaturge, et jusqu'à nos jours, « nous voyons que les évéques et les monastères ont possédé « des villes, des terres, des bourgs et des villages, et ont « levé des impôts et des tailles. Saint Wladimir et le grand « Jaroslaw n'ont-ils pas dit dans leur constitution religieuse : « Celui de mes enfants ou de mes successeurs qui violera ces « lois, celui qui usurpera les biens de l'Eglise ou la dîme « des évéques sera maudit dans tous les temps et dans l'é- « ternité. Les klians, impies eux-mêmes , n'ont pas osé dé- « pouiller les évêques et les moines , et leur ont accordé des « lettres de franchise *. Nous ne permettrons donc pas et ne
• L'Église russe, grâce à la sagesse de ses chefs, sat obtenir les mêmes droil.< de juridiction spirituelle et temporelle que ceux dont jouissaient les Églises cniholiques d'Occident; ces droits se trouvent tous ex|irimés dans la célèbre lettre de franchise, ou Jarlyk, que le grand métropolitain Pierre (1308-1326) se fit accorder en 1313 par l'illustre khan des Tarlares , Usbeck. Cet Usbeck était voué à l'idolâtrie, et non pas à l'islamisme, comme Sirabl le prétend; il formait un excellent pendant au célèbre prince lithuanien Gedimin, qui, tout en protégeant la religion catholique, et tout en fréquentant les franciscains et les dominicains, persista cependant dans le paganisme. Le contenu de ce document, que l'on peut regarder comme le fondement et à la fois le palladium des libertés de i'Églis'e russe, est assez important pour que nous le parcourions , d'autant plus qu'il fut accordé aui prières réunies du métropolitain et du grand duc Michael III Jaroslawicz (130i-1322). Toutefois, rÉ(<lise russe doit en savoir pré aux efforts des missionnaiies romains qui se trouvaient alors dans l'armée du jeune Khan, et qui se donnèrent des peines incroyables, mais malheureusement stériles, pour faire faire ce pas nu christianisme. Il est connu que le métropolitain Pierre était dévoué à l'I-^lise romaine , peut-être même uni avec elle, puisque les Ruihéniens, unis aussi bien que les Russes, le véuèrenl lui et son successeur, le métropolitain Ali'xis (1351-1378), Ji l'égal des saints. Si Sirahl ne s'était |)as contente , coninic il le fait, de lilrr l''s antdlcs de Raynaldi , cl «'il les avait luis avec atlnilion, il n'aurait pas suivi la nicu-
« jugeons pas équitable que les biens de l'Eglise soient réua nis à la couronne ; ils appartiennent à Dieu , et comme « tels ils sont inviolables. »
soDgère chronique de Novgorod, qui, naiarellement, atlribae an seul métropoliuîn Pierre l'oblenlion de celte lettre de franchise. Du reste, notre assertion deviendra |ilus évidente si l'on veut lire les lettres du pape que, d'après Raynaldi , les pères Sharalea, franciscain, et Bremond, dominicain, ont publiées dans le recueil des Bulles concernant leurs ordres. Tochu Khan, père d'Usbeck,qai, en 1306, envoya une brillante ambassade au pape Clëment V à Avignon, eut, grâce aux efTorU des missionnaires de l'É(jlisc romaine, les plus bienveillanles intentions ï l'égard des chrctiens; même le célèbre minear Jean de Monte Corvino avait baptisé dans son camp même plus de six mille Tartares , et avait élevé une église et une école, et enseigné aux jeunes gens le«p!us capables les langues grecque et latine. C'est lai< même qui nous en instruit avec une simplicité , une innocence admirable dans une letue datée du 8 juin 1305, et adressée aa général de son ordre : « Informavi
• eos lilteris latinis ct(;raRcis rilu nostro, et scripsi pro eis psalteria, cnm bymnariis
■ triginta et duo hreviaria, cum quibus uridecim pueri jam sciunt ofHcium nosirum
■ et tenent chorum, et bebdomadas, sicut in conventibus fit, sive prxsens sim sive
■ non , et plures ex eis scribunt psalteria et alia nnportnna , et dominas imperator ' delectatur multum in cantu eorum. » Le Khan avilit accordé à ce saint et zélé missionnaire un privilège bien détaillé, en vertu ducjuel il pouvait librement, et sans être inquiété, prêcher partout la religion chréticsne. î! le chérissait si fort, qu'il ne tarda pas à se faire baptiser lui-même, dans Fintérét de ses nouveaux prosélytes. Corvin avait traduit en langue tartare tout le Nouveau Tesument, les psaumes et les prières de l'Église. ■ Ego jam senui , et canus factus sum potius
■ laboribus et tribulationibus, quam xtate; sum enira annortim quinquaginla et « ocio. Didici competenter linguam et litieram Tartaricam, quae lingua usualis « Tartarorum est, et jam transtuli in lingiiam illam et litteram totum novum Tes- « tamcnlum; et psaherium , qua: feci scribi in pnlcherrii.ia liitera eorum et scribo
• et lego et przdico in patenti manifesio in testimonium legis Cbristi. » (Apud Rayn. Annales ad 1305, n. 19 et 20.) — Usbeck resta aussi dans des relations d'amitic avec le saint-siége , comme le prouve un grand nombre de lettres adressées à ce prince par le pape Jean XXII , qui le supplia bien des fois d'embra«scr le christianisme. — Voyez lettres du 29 mars 1318 , 28 septembre 1323 et 1" octobre 1333.Rayn. ad. ann. 1318, u. 2 et 3; 1323, n. 2 et 3; 1333, n. 32-33.— Uibeck protégea noblement les chrétiens romains et leurs prêtres ; il leur permit même de travailler à la conversion des schismatiques, parmi lesquels on ne compta bientôt plus que des Russes, ce qui lui causa la plus grande joie. Le pape lui écrivit : « Lxtenler audivimus , quod tu, non absqne spécial! moiione divina, ob re-
■ verentiam omnium creatoris religiouis christianx cultures infra imperii tui termi-
• nos conslitutos, benigno favore prusequeris, et perlractas , etc. « — Raynaldi ad ann. 1318 , n. 2. — Ainsi , les missionnaires de l'I^glise romaine , animés de l'esprit de Dieu, achetèrent à la sueur de leur front et au prix de leur sang cette terre inhabitable, cl i'I^^glise russe n'eut qu'à Itannir ces dignes enfants de saint François et de saint Dominique pour s'cuiparcr du fruit de leurs travaui et usurper leurs
Ce noble discours de Simon signale l'esprit de piété des anciens souverains du pays et rappelle les libéralités et
droits cl priv.lëyes lemporelii. Voyons raainlenant ce que dit ce Jarlyk de l'Église russe :
Par la velouté du Dieu loui-puiitaul et <5(ernel, par «on pouvoir, par sa grandeur et par sa grâce ,
Ubscck ordonne à tout les {p^ndi, œoyeni et petits princes, officiers , savants , jngcs , profestenrr, héranu, douanier*, baskas, scribe», courriers , ambassadeur» eu route , feuconnieri et chasteura , à ton» gens de haute et basse condition de notre royaume , dans no» année» et dans le« cantpajjnes , que la puissance de noi anne» a sonoiis ft notre autorité, et qvâ obéissent à notre volonté,
Que personne ne fas»e la moindre jwine ùu chef de la métropole, Pierre, à se» gens et au» personnel de sonclérpé, tel» que les archimandrites, abbés, prûires, etc.; que personne n'usurpe leurs biens ou leur argetit , ou les trouble dans la possession d'icelles on d'iceus ; que le métropolitain Pierre , ou celui k qui il déléguera sO» ani torité, puisse seul juger les afTaire» du clergé de sa juridiction, de quoi qu'il s'agi:=sc, même d'une fête, etc., que tout soit soumisdti jngement du métropolitain et s'y conforme ; que tous les clercs obéissent à ses anciennes lois et ordonnances des Khans, no» prédécesseur»; « que personne ne se niélc des affaires ecclésiastiques de la c compétence du métropolitain; car ce sont de» choses divines. Celui qui osera le ■ faire, el violer ainsi le» dispositions ^e ce Jarlyk, péchera contre Dieu , dont il « méritera la colère, et sera puni de mort. » Que le inciropolitain suive le chemin j de la justice «ans »e troubler; qu'il veille avec pureté de cœur et sincérité daus sa I fol sur le» affaires de l'Église; qu'il jnge et gouverne soit par lui-même, soit par le ministère de Celui k qui il en confiera le soin; que ni nous , ni nos enfants, ni aucun de» princes de notre royaume, de nos armées ou de nos campagnes, ne puissions non» immitcer cîans aucune affaire de ce genre, ni rien usurper de Cc qui appartient à l'bglise et au métropolitain, comme villes, campagnes, villages, tcrrrs, canton» de chasse , ruches sauvages , champs de labour, pr.iiries , forcis , vignobles , jardins, moulins, métairies, troupeaux de bétail ou de chevaux ; en un mot , dans aucune des propriétés et ])ossessions de l'Eglise. Que le metrojiolitain , ou celui qu'il en aura chargé, exerce I.t haute surveillance sur ic cltrgé et autre personne de s» juridiction ; qu'il veille à l'exécution des antiques ordonnances; que personne ne cherche 3k les perfectionner, le» abréger ou les augmenter. Le métropolitain doit ■oener une vie tranquille, paisible et libre de tont souci, afin qu'il puisse prier Dieu avec piété et sans amertume, pour nous, nos enfants et tout noire peuple. Nous lui maintenons donc ce que le» Khans , nos prédécesseurs, lui ont assuré par lenr» Jarlyk», et cela afin que Dieu nous fasse miséricortîe; nous entendons conserver à Dieu ce qui appartient à Dien , et ne pas lui ravir ce qui lui a été donné ; que celui qoi ravira ce qui appartient 2i Dieu devienne l'ofijcl de sa colore; qu'il soit puni de mort, afin que son exemple effraye les autres. Que nos baska», douaniers, collecteur», scribes et recevenr» qui se rendent en Russie, respectent ég.ilement no» ordre»; qu'il» laiv;enl tranquille» tt en repos tous les mplropolitain» du leur r"««orl, et que personne ne fasse lu uoindre peine à Iciiis ^uhordoniiés , >rrhimandrites , ipuinènes, j»ope» ou même finipli!' clercs, ne le» lioul»le dan» leui' propriété!», lorsqu'ils lèveront le» impôts ou toute aniir rontribulion eu nutrr nmn.
franchises accordées par le grand duc Wladimir en 996 ; celles données par les fils du {^rand duc Jaroslaw au couvent
tels que droits ireiitiéc, droit sur les charrue*, |>eages et droit de u.ivigation , ou qu'il» livreront de» soldats pour le lerTicc de notre armée; le niélropolitain Pierre et tout le clergé rune devront en rester extmpu; car Ils prient Dieu pour oou*, et, par leurs prières» il« donbent une grande poistancc ù nos armes. Tout le raonde sAil, CD effet, et bien loDÇtemps avant nous , que .> volonté et la grâce de Dieu fait vivre et donne la victoire : c'est pourquoi nous prious le Dieu iont-puissant, et en même temps donnons les mêmes ordres que nos prédécesseurs, sans en rien retrancher; que celai qui anra enlevé quelque chose à l'Église , fùt-il noire envoyé ou notre courrier, appartint-il ù notre famille , fut-il noire femme ou noire enfant , qui que ce toit, en an mot, doit en rendre le triple ; et quand même il y aurait été forcé par la nécessité, il encourra noire déplaisir, et ne le verrons jamais d'un bon cril. Toai les gens appartenant k rÉ(;lise, set artisans, ses scribes, tes maçons , ses valets, «es chasseurs-, tes fauconniers et serriteors de toute espèce devront être respectés de chacnn ; personne ne devra s'en emparer en notre nom , et aucun de nos artisans , chasienrs et faoconniers ne devra leur noire ou lenr imposer de corvée. Quant à ceai qui oseraient blâmer la foi de l'Église russe, et calomnier les églises» clottrei et cbapeUct» que rien ne puisse 1rs excuser et qu'ils soient mis à mort. Si les pope* ou les diacre» se réunissent pour vivre ensemble dans une maison d'un héné» uéfice, et qu'ils aient des frères, des rnfanu, eic- , le bénéfice de cette disposition devra letir être étendu; mais si quelqu'un vivait seul , usurpant le nom de pope , et n'obéissant pas an métropolitain , il devra payer une taxe. Car les popes, diacres, et tout les gens appartenant à l'Kglise, qui , par notre première lettre de grâce, ont été mis en liberté, doivent prier Dieu pour nous dans la sincérité de leur cceur ; mais celui qni élève hypocritement sa prière pour nous ne fait que se charger d'un etécrahie péché. Les popes, diacres, clercs, et tous gens appartenant à l'Église, quels qulls soient , doivent obéir au métropolitain . ponr Dieu , pour nous , et rester sous la juridiction du métropnliiain : c'est là noire volonté , et, afin qu'elle s'exécute, nous donnons rette ordonnance au métropolitain Pierre, afin que vous tous, qui devez la suivre, un sachiet Ij contenu , et afin que les églises, cloitres ei serviteurs de l'Église, et tout ce qui vit par elle, s'y conforme entièrement, comme la religion et le^ bonnes moeurs l'exigent. Puisse le métropolitain , dans la pureté de SOD ctKUr, et en l'absence de tout chagrin et de toute douleur, adresser k Dieu des prières efficaces pour nous et notre peuple. Mais quiconque lui ravira quelque chose, à lui et à son Église, que Dieu le poursuive de sa colère, que toute notre Sévérité s'épuise dans la punition de son crime, que rien ne puisse l'excuser, et «ju'il meure de la mort la plas honteuse. Telles sont les dispositions de ce .lurlyk , qui n'est que l'expression de noire volonté. — Fait en noire camp, pendant le mois de la chasse au lièvre et de la première moluon, le quatrième jour du déclin de la Inné.
Karamsin, 4* partie, page 245. Schttcherbalow, Histoire de la Hussie, .1c partie, p. 495. Sirahl , Histoire de l'Égline ru»»e , page 29'2. — Sur l.i manière de olciilci le temps des Tartares, voyci d'Herbcloi, Bibliothèque orirniair, au mot (int^h , pigr 390, t. I. Paiis 1697, fol.
de Peczery à Kiew,en i o54 ; celles fie la veuve du gi-and duc Swatopolk en 1 1 13; du duc de Nowgorod Mscislas Wladimirowicz en ii32; d'un autre duc de Nowgorod Swatoslaw en ii38; du grand duc Wsewolod Algowicz en ii4o; du grand duc André Bogoljubski en 1 174; du duc Jaroslavv Wladimirowicz de Halicz en 1 187; du duc David Ilostislawicz de Smolensk en 1 190 ; de la grande duchesse Wsewolod Jurgiewicz en 121 2 ; et du duc Jaroslaw Jaroslawicz de . Tveren 1271. 1 '
La débauche et l'erreur *, compagnes inséparables de l'hérésie, avaient infecté l'Eglise moscovite durant cette triste
' Si l'on veut juger de l'ignorance des prélats nisset à celle époque, on en troavera une preuve dam la coutame tnperttitieuse qu'ils avaient de mettre dans le cercueil, a^ec les morts, une espèce de passeport destiné à fariliter rentrée dans le royaume des cienz. Ces passeports fournissaient un revenu important au clergé , qui les vtndait plut ou moins cher, selon les personnes qui les réclamaient; ils étaient dressés par le confesseur, et, pour les personnes de qaalilé, ils étaient enrichis de pleins pouvoir». On adressait pour eux les plus pressantes recommandations à saint Pierre, pour qu'il les laissât entrer sans difficulté dans le Paradis. Kous ne pouvons nous empêcher de citer ici deux de ces passeports, dont le premier, de la main du métropolitain de Eiew, Macaire (1338-1550), a été traduit l'année dernière sur un manuscrit du musée delà Grande-Bretagne, et publié à Londres :
• Conversum de Russico ad maodatum serenissimx Caiharinx reginx Poloniae. « Hnjusmodi litteras soient pastores in Russia cuiqne Russo diviti , multumque
• pecuniae pro illis numeranti in sepulcrum dare, ut quam primum ad coeli por-
• lam venerit JDxU mandainm a S. Petro snpremo janitore intromittalur : • Macharias, Dei gralia Riovrensis, Halicensis et univers^ Russia: arcbiepifcopus,
• Domino et amico nostro S. Petro Dei omnipotentis jauitori. a Significamus tibi hoc tempore , diem suum obiisse quemdam Dei servum prin-
• cipem Feodor Wlodimirski : <fuam ob rem prœcipimus tibi, ut illum sine omni u impedimenta et cunctatione recte intromittas in regnum Dei. Ahsolvimus eum ah ■ omnibus suis peccatis, et dedimus ci benedictionem. Ilaque nihileorum transgrem dieris, atque ne secns fiât, dedimus ei bas litteras absolutionis.
■ Datum in nostro dauslro in Riowia 30 julii 1541. »
Cet intéressant document se trouve dans l'article the Russo-Greeck Church Briti.oh and foreign Review, or European quarterly journal, vol. IX, n* 17,july 1839. London, p. 353. — La pièce suivante, intitulée : Passeport pour l'autre monde, traduite an xvni* siècle , n'est pas moins curieuse :
Je, soussigné , évéqne ou prêtre de N. , reconnais et certifie que N. , porteur de ces lettres, a toujours vécu parmi nous en bon chrétien , faisant profession de la religion grecque; et, quoiqu'il ait quelquefois péché, il s'en est confesse, en a reçu l'absolution et la communion en rémission de ses péchés ; il a honoré Dieu cl les saints, il a jeûné et prié aux hcuics et saisons ordonnce.« 'par l'F^lise , il s'csl fort
époque. L^abominable secte des Raskolniki, partie de Pskow et deNowgorod en iSyo, pendant les dernières aiinées du pontificat de saint Alexis (i 354-1378), faisait des progrès de plus en plus rapides , et dirigée d'abord contre les personnes , ne tarda pas à s'attaquer aux dogmes de la relipion elle-même; détachant de l'Eglise moscovite une foule de villes et de villages.
Nowgorod fut le berceau de toutes les hérésies. Cestde cette ville que sortit, vers la fin du xv' siècle, la fameuse secte juive qui n'eût pas manqué d'envahir l'Eglise mosco« vite entière , si les sectateurs n'avaient pas été détruits par le fer et le feu. Elle se développa pendant un siècle entier en dépit des persécutions dont elle fut l'objet. Cette doctrine, inventée par un juif nommé Zacharie, était un grossier mélange d'un judaïsme défiguré et du plus audacieux athéisme. Elle fit d'étonnants progrès parmi les Moscovites et compta bientôt parmi les adeptes des ecclésiastiques, des princes et des laïcs. Ce furent entre autres les popes Denys, Zacharie , Zosime et Ivvan Maxime ; l'archiprêtre Alexis ; Gabriel, protopope de Sainte-Sophie; le fils du célèbre boyard Grégoire Michaelowicz Tuczin, et la princesse Hélène. Le métropolitain Zosime lui-même (i 490-1 494) s'était laissé entraîner dans l'erreur par deux hommes adroits et rusés, le pope Alexis et le diacre Istoma. Son contemporain, le pieux moine Joseph *, nous a laissé une excellente description de cette secte. Istoma est, selon lui, un possédé maudit , un ministre de Satan , un >rofanateur de la vigne
bien gouTcrné avec moi, qui suis son coufesscur, eu sorte que je n'ai point fait (lifEculié de l'absoudre de ses pt'chds, et n'ai pas sujet de me plaindiede i il; en témoin de quoi lui avons expédié le présent cerlificai, afin que saint Pierre, le voyant, lai ouvre la porte de la joie éternelle. — La Clef du cabinet des princes de l'Europe. Avril 1705, pag. 289.
' Joseph élait igunicnc dans le cloître de Wr.kolam , à Moscou, ei mounii en 1516. Son ouvrage porte le titre : Récit fait par un moine pécheur de la nouvelle secte des hérétiques apostats de Nowgorod. — imprime dans la bibiothèque russe, lie partie, pag. 128, et en extraits dans les documents de l'Hisioire de l'I^glisc russe, par Sirahl , pag. 2G3-277. Voyez aussi son Histoire de l'Église russe, pag. 292. — Nous ne nous «nmnies servis <|iie de ce dernier onvr.igc.
(lu Seigneqr ;• Alexiii, un compagnon du diable, un miiérabie que la main de Dieu saisira dans sa colère, un homme dont le cœur est habité par sept démons et dont les entrailles ne çont que corruption. Ces impies se moquaient 4e la divinité de Jésu$*Christ , tournaient en dérision le dogme de la sainte Trinité, déti^uisaient les images des saints qu'ils disaient n'être que des blocs de bois et de marbre, crachaient sur la sainte croix, blasphémaient contre la sainte Vierge, rejetaient les saints sacrements, niaient enfin l'existence du royaume des cieux et la résurrection des morts, soutenant que toutes ces saintes croyances étaient autant de fables et inventions (|u démon. Us prétendaient en outrç que Dieu n'avait pas le pouvoir de délivrer Adam et nos pères des limbes où ils gémissent en attendant sa venue; que les anges, les prophètes et tous les saints étaient trop faibles pour accomplir toujours la volonté de Dieu ; ^
que c'était là la raison pour laquelle Dieu était descendu lui<méme sur la terre et s'était. soumis aux mêmes douleurs et aux mêmes tentations que les hommes , afin de déjouer le démon, ce qui, selon eux, est indigne d'iui Dieu tout-puissaut.
Joseph ne trouve pas d'expre-ssions assez fortes pour peindre les calamités que les hérétiques firent fondre sur JJowgorod et autres villes du pays, sans en excepter Mos- CQU. W s'écrie dans sa douleur : « Qui pourrait, sans verser « d'amères larmes, raconter les maux incurables dont ces « chiens galeux ont infecté notre ville? Ils portent l'hérésie « dans la capitale du czar, ils la répandent et Timplantent « partout. Pareils aux serpents qui se cachent dans les fentes « des rochers, ils n'osent pas se montrer tels qu'ils sont; M ils se sont couverts d'un masque, ils se sont présentés au « monde comme des hommes saints, justes, doux et {)acia fiques, mais leur cœur est rempli de la malice du démon. « Us ont semé l'ivraie, la mêlant au froment du Seigneur, « et une foule d'âmes infectées de sa conta(;ion sont en- « traînées dans l'abîme de l;i damnation (''trrnclle. »
I^c mc'trojioliiain Zcsiiiio protégeait les prédicatcius de cette doctrine impie. Joseph s'en plaint avec amertume. « C'est une douleur bien profonde, continue-t-il, pour les « moines orthodoxes, les saints prêtres et les pieux laïques « de voir cette abominable doctrine gagnant ainsi de jour « en jour, sans qu'il se trouve des hommes capables d arrê* « ter le torrent de la corruption ; car ceux qui Fessaient « encourent la colère de Zosime; il dépose les prêtres et a les diacres de leurs dignités, il excommunie les laïques, N et les perd auprès du czar : confiscation et fers , tel est lo « traitement réservé aux fidèles défenseurs de la loi du « Christ. Zosime trahit son penchant pour Thérésic, en « usant d'indulgence pour les hérétiques et apostats, car « les saintes Écritures ordonnent formellement, non-senle- « ment de les condamner, mais encore de les maudire et « de les punir par les plus cruels supplices. »
Cette doctrine fut condamnée au concile de Moscou, tenu le 17 octobre i^qo; ses principaux sectateui^ furent jetés en prison pour le reste de leur vie.
L'archevêque de Nowgorod, Genedias, usa de plus de sévérité dans celte affaire. Le grand duc lui en avait envoyé plusieurs, dans la crainte qu'à Moscou leur châtiment n'amenât quelque mouvement tie la part de leui's adhérents. L'archevêque fut impitoyable. 11 les fit attacher sur des chevaux, couverts déguenillés, les fit promener dans les rues de la ville, exposés aux avanies et aux injures d'un peuple irrité, et les jeta enfin en prison après mille autres supplices.
Dans beaucoup d'endroits on les jetait vivants dans des bûchers.
Mais toute cette sévérité ne put arrêter les progrès de l'hérésie; elle continua à s'étendre, bien que ce fût sous une autre forme. Le pope Mathias Baczkin enseignait en 1553, à Moscou, qu'il n'y avait pas de sacrements; il attaquait les décisions des conciles, niait le culte des saints, et tenait les
évangiles cl les oeuvres des Pères tle l'Eglise pour fiuix et inventés.
Qu^y a-t-il d*éi:onnant que des villages entiers retournassent à Tidolâlrie? On adoi-ait, par exemple, à Pskow, en 1669, Fancienne divinité Kupalo à côté de Jésus-Christ; on célébrait la fête de celle-là le 24 juin, en couronnant sa statue de guirlandes de fleurs, et en chantant d'anciens hymnes païens.
Iwan IV lui-même offrait dans sa religion le singulier mélange du chiistianisme grec de la foi luthérienne et du paganisme. En i565, il penchait pour la confession d'Augsbourg cpi'Eberfeld , habitant luthérien de Livonie, cherchait à lui faire embrasser. A partir de cette époque les luthériens curent une église ù Moscou. Le czar frappa le digne métropolitain Athanase (i564-i566) d^une amende de soixante mille roubles, somme énorme dans ces temps-là, pour s'être opposé aux progrès du luthéranisme allemand dans son diocèse. Les anglicans obtinrent également une église. £n 1677 Iwan faisait brûler comme sorcier le célèbre prince Michel Worolinski, noble héros auquel la Moscovie devait son salut. En 1 584 avait paru une comète d'une énorme dimension. Iwan fit venir plus de soixante devins et astrologues qu'on alla chercher jusque dans les contrées païennes de la Laponie, pour leur demander explication de ce prodige. Leurs impostures furent regardées comme des prophéties.
Le successeur d'Iwan, le grand duc Féodor I" Iwanowicz (i 584-1 599), n'eut, comme nous l'avons déjà remarqué, que le titre de souverain; ce fut son favori et beau-fière, Boris Godunow , qui régna à sa place. Godunow suivit l'exemple d'Iwan. Cruel comme lui, il renversa de son siège métropolitain Denys (i 58 1-1589), ^' éprouver le mi'ine sort à Warlaam, archevêque de Kostroma, les fit enfermer dans deux cloîtres différents à Nowgorod , où ils subirent les jiliis odieux traitements, et nomma patriarche de Moscou un homme vil et méchant, noninié lliob.
Telle fat Torigine du patriarcat de Moscou, qui ne dura qu'un siècle, et que nous verrons bientôt renversé par Pierre-Ie-Grand lui-même.
On trouvera facilement d^ns cet exposé rapide des vicissitudes des Eglises grecque et ruthénienne, les motifs qui engagèrent les métropolitains de Kiew à refuser toute obéissance aux patriarches grec et moscovite, et à se soumettre à la juridiction du saint-siége.
Aux cruautés dont nous avons parlé venaient se joindre rinsupportable arrogance des patriarches Hiob et Jérémie, et leur conduite à Tégard de Michel Rahosa, élevé en 1689 au siège métropolitain de Riew, ainsi qu à Tégard de tous les évéques de sa juridiction.
En passant par Kiew pour retourner à Constantinople, Jérémie ordonna, sans consulter Rahosa, diverses innovations dans le culte, et soutira au clergé du diocèse des sommes énormes; quoique Sigismond III, roi de Pologne, et les princes catholiques de Lithuanie et de Pologne l'eussent comblé de présents magnifiques. Parmi eux le célèbre Jean Zamoiski , chancelier et grand général de la couronne, lui avait fait présent de 2000 florins d'or.
 dater de cette époque, l'Eglise grecque de Russie et de Lithuanie devint comme une mine que celle d'Orient, dans la personne de ses métropolitains, patriarches et évéques, venait exploiter au nom des souffrances que leur faisaient endurer les Turcs.
Ne pouvant plus supporter les abus sous le poids desquels gémissait l'Eglise rulhénienne proprement dite, Michel Rahosa convoque tous les évéques de sa métropolie au concile de Brest pour y discuter la question de savoir à quel chef ils devaient désormais obéir, à Hiob, patriarche de Moscou, ou au pape pasteur de toute l'Eglise du Christ. Les Pères du concile déclarent unanimement qu'i.s n'obéiront plus qu'au chef de l'Eglise romaine, au véritable successeur des aputres saint Pieire et saint Paul, et signent le 2 décembre 1593 le décret d'union qui expose, en termes pleins de no- I. 5
LlexHe cl de suintcté, les iiiolits d'une pareille ré&olutioii. Chu.se di{;nc de remarque, i-'eat que le décret ne parle que du patriarche de Constautiiiople '.
Lanaée suivante ils se réunirent encore une fois ù Brest, et choisirent une députation composée de Hypa-
-tlus Fociey, évoque de WJadimir et de Brest, et de Cyrille Terlecki, ëvéque de Luck et d'Ostrog. Cette députation fut chargée, le 26 juin 1595, d'un écrit *^ réclamant la réunion de la métropole de Kiew au saint'SÎége . et signé^ par le méli^politain, les deux envoyés; par Grégoire, arcLe-
'Téque de Polock et Vitepsk; Mrchel Kapistenski, évéque de Przeinysl et Sainbor; Gédéon Balaban, évéque de Léopol; DenysZbirvicki, évéque deChelin;Leontius Pelczycki,
, évéque de Pinsk de Turow, et Jonas Hohol , archimandrite de Kobryn, évéque nommé de Pinsk et Turow. ' Les envoyés du clergé de Kiew arrivèrent à Rome au
■ mois de Jtovembre 1695. — Le %'6 décembre, jour des
-(^ua^rGuY^pâ, ils furent introduits dans le consistoire ra$;scinblé parle pape et y lurent Técrit dont ils étaient porteurs, d'abord en langue nitbénienne, celle de Toriginal, puis en traduction latine.
Le célèbre cardinal Silvius A ntoniani, secrétaire d'État de Sîl Sainteté , leur répondit en ces termes :
■ Évé(|aes mtbéniens \ vous revenez après 1 5o ans d'er-
• é renrsau rocher de la foi, au rocher sur lequel Notre-Sei- « gneur Jésus-Christ a bâti son Église, à la sainte montagne
- • où Di^u aime à habiter, vous revenez eidin à la mère de « toutes les égUses du monde, ù la sainte Église roumaine ! M Ceat un immense bienfait du Tout-Puissant, et le cœur
• du 8aint-Përe en est rempli d'une joie si grande qu au-
• cune parole ne saurait l'exprimer. Le Saint-Père s'en ré-
• V. fiécêt }mu\6cu\rtt, I.
• La cardio«l César Baroaias écrÏTiti par ordre de Clément VIII , l'ouvrage De Ruthtnis ad communionem sedis aposlolicce receptis , et l'aunexa au loine IX de •e« AuDalei Eccletiasiicz , edit. Mansi , Lacx 1741, fol., lom. Vil, edii. Romir, 1697, foi. — V. PiècM juMif. H.
H jûiiit dans le Seigneur dont ii admire la profonde i)nge6<$e; « et vou.<), céléhrcv. dahs votre juste reconnaUsahce les tréa sors de la miséricorde de Dieu, car Dieu a voulu que
• TOUS i*ecoQnu8siez enfin que le» membres d'un corps « dépérissent quand ils sont séparés de la tétei que la « branche séparée du (ronc ne peut plus produira de fruic, ê que le ruisseau se dessèche alors qu'il ne tiebt plui à la ■ source qui alimente ses eaïu. U a voulu que vous coafi-
• prissiez enfin que ceux-là ne peuvent avoii Dieu pour K père qui ne reconnaissent TEglise pour leur mère; cette « église qui est une, universelle, apostolique, soumise à un a seul chef vi»ible, nu pasteur à qui Dieu à confié le soin a de soti troupeau et a reçu de Motre-Seigneur le pouvoir « de confirmer les évéques ses frères. Il est beau de votre M part d'avoir cherché avec un si noble zèle à rentrer dans « la communion de l Église, hors laquelle il n'y a point «> de salut. II est beau d être venus du fond de vos con- « trées éloignées vers le tombeau des saints apôtres pour a rendre robrissnncc au véritable vicaire de Jésus^Glirist m sur la terre et recevoir de lui Tabsobition de vos cr-
• reurs et la doctrine de la foi éternelle. Nobles évéqt>e$, « mettez-vous courageusement à Tœuvre. La foi du cœur
• peut seule conduire à la justification , et la confession de « cette foi peut seule assurer le salut. Comblez don« la me* « sure de la joie du Saint- Père en prononçant la profession r de fqi catholique. Sa Sainteté vous attend depuis long- « temps dans la bonté de son cœur paternel ; depuis long- « temps les trésors de son amour vous sont ouverts^ à vous, à R votre métropolitain et à tout votre peuple! Depuis longa temps il désire recevoir les Ruthéniens dans le seio de K rÉgHse et accueillir en présence de ses dignes frères les « cardinaux de sa sainte Église romaine Thommage de votre « soumission et de votre fidélité. ConBant dans la misëri- « corde de celui qui. depuis toute éternité, renouvelle « perpétuellement les miracles de sa puissance, Sa Saimteté « espère qu'à votre exemple tous les pasteurs infidèles re-
a nonceront aux ténèbres et reviendront à la lumière de • la vérité pour qu'il soit vrai de dire : 11 n'y ai'ra qu'un « seul pasteur et un seurtroupeau. V
Le discours fini, les deux évéques prononcèrent leur profession de foi dans leur langue natale et en traduction latine , et prêtèrent serment avec les cérémonies d'usage. Après quoi ils furent admis à baiser les pieds du pjape, qui, ému jusqu'aux larmes , leur adressa ces nobles et touchantes paroles : ' ,*^
« Je ne puis trouver de paroles qui expriment la joie « dont vous avez inondé mon cœur en revenant à la comu munion de l'Église catholique. Rendons grâces à Dieu o qui en touchant vos cœurs vous a ramenés à l'Église ro- « maine, à cette tendre mère qui vous tend ses bras pour o vous y presser avec amour. Nous vous saluons et vous « accueillons dans toute la joie de nos cœurs, vous qui, « obéissant aux inspirations du Saint-Esprit , revenez à nous m avec sincérité. Soyez, soyez les bienvenus, vous métro- « politain, vous évêques et toute la nation ruthénienne, « reconnaissez la grâce que Dieu vous a faite dans la gran- « deur de sa miséricorde, obéissez à TÉglise; elle ne vous « offrira pas de récompenses terrestres, mais le salut de « vos âmes est assuré. Soyez humbles et chassez l'orgueil « de vos cœurs, car Dieu élève les petits et confond les m méchants. C'est l'orgueil qui priva la Grèce des lumières « de la vérité, c'est l'orgueil qui la fit tomber dans riiumi- •c liation et l'esclavage. Nous vous promettons notre se- « cours tant que vous resterez dans la voie du Seigneur et « donnons notre bénédiction apostolique, à vous ici pré- « sents et à vos frères absents. »
L'union fut conclue aux mêmes conditions que celles qui avaient été stipulées au concile de Florence. Le saint-siége reconnut aux Ruthéniens tous les droits , libertés et privilèges dont ils avaient joui jusqu'alors et confirma le rituel de l'Église de Kiew en tant qu'il ne serait pas contraire aux enseignements de l'tglise catholique.
Clément VIII perpétua le souvenir de cet événement par la bulle Magnus Dominus et laiidabilisy qui fat rédigée le jour même et qui raconte la manière dont Tunion fat rétablie, la réception des évêques ruthéniens et les cérénomies qui l'accompagnèrent *.
Le pape conféra de plus au métropolitain , par la bulle Decet Bomanwn pontificem du 23 février 1696, la jouissance de ses anciens droits et le soin de choisir, de confirmer et de sacrer les évêques de sa métropole. Le métropolitain seul devait être soumis par le légat du pape en Pologne à la confirmation de la sainte congrégation de Propagandajîde 2. On procédait à son choix de la manière suivante : Aussitôt le métro • politain mort, le nonce en envoyait la nouvelle à Rome. La propagande lui faisait alors parvenir les pleins pouvoirs du pape pour administrer le siège vacant et s'occuper du nouveau choix. Le nonce nommait un remplaçant choisi parmi les évêques et les archimandrites et formait un concile composé de tous les hputs dignitaires de l'Église en lui confiant le choix du nouveau métropolitain. L'élection faite, le nonce en instruisait la propagande, qui la soumettait, de son côté, à l'approbation du Saint-Père et faisait alors passer au nouveau pasteur la bulle de confirmation.
L'évê/^ue du diocèse uni de Wladimir et de Brest, qui, dans la hiérarchie, suivait immédiatement le métropolitain et portait en cette qualité le titre de protothron , reçut une distinction particulière du pape, qui lui accorda, par un bref du 26 février 1596, la permission de porter pendant le service divin le saccocion, sorte de dalmatique, et la tunique de soie brodée d'or, avec l'étole brodée de lis d'or et le manipule, le pétrochilion et l'omophore de l'Eglise grecque. Le pape accorda le même privilège à ses successeurs, pour tout le temps que durerait l'union '. Tous ces vêtements, confectionnés avec une magnificence extraordinaire,
* Cf. Bullar. Roman. Tom. V, p. IF, |id{j. 87. ■' Cf. llullar. Roman. Toir. \ , \\. 11. ^jj;. y. 5»i. ^ Bull. Hom. T. V, |.. II , i». Ui, jq.
tW0i)i «nvQy«i« p^r iç pppu ù révoque Uypatius Puciey. À p«iQ9 P«lui<>ci ^t Cyrille 'iVlecki furent-ilt de retour ^^m lOMr patrie, que le» évêque« rutHénieos se rassemblèrent sQMt^ la pié^id^nc^ 4ii méirqpolioin à Oreât.et ycunfiimcrent TunioD, eu approuvant tous les octe« consommés À
{4« pairiprcl)^ d? Mu«çqii, Hiob, de «un c6té, convoqua ^ Moscou (PUS lei ^?éques soumis à son siège, lança lexcomiiDuniçatiQU contre Michel Rahosa, et condamna les déci» sians du concile de Brestt Ses menaces intimidèrent Con* staPMPi prince d'Ostrog, et les deujc évéques de Léopol et de Pmewysl, qui se séparèrent de l'union,
Michel Bahosa (i 539- 1^99) mourut entouré de lamour de ses ouailles, 3qu successeur, Uy patius Pociey ( 1 699^ 1 6 1 3), tray^illii d^ns le même esprit et avec le môme ïèle k la con» servation et # la propagation de Tunion, 11 eut à souffrir de cruelles persécutions, et manqua être massacré à Wilna piir des icbisœatiques*
Pendant que Dieu protégeait si visiblement la métropole de KieWi sa juste colère atteignait enHn le nouveau patnarcbe de Moscou, Hiob avait comblé la mesure du crime; il s'était égaré au point de couronner czpr, en 1698, le miservie Qodunow, meurtrier du czarewic» Démétrius en 19S1, et devenu instrument aveugle de ce dernier, il dut It^iUiner ses soéléi^tesses par 1 autorité de sou église, l/u-^ surpateor Gnicbka Otrepiew en tit enBn justice; il Tenr fenoa dani le inonastère de Sare;;, et le lit étrangler par ses «upp^ts-
l^e métropoUtaiu Joseph Velamin Rudzkl (i6i3-i635) continua Toeuvre de ses prédécesseurs. U eut le bonheur de rattache? k l'union grecque tous les Ruthéniens qui s'y Jtilient encore refusés ; le schisme ne conipta plus qi{\in petit nombre de partisanSf Ce vénérable prélat , q»ie le papa
Urbain VIII appelle rAthanase de la Russie et TAtlus de Tunion, eut à subir d'odieux traiteinerus de la part de» schismatiques. Ils osèrent attenter à sa vie; ils a>'»ousin»nt
également leur rage sur le pieux archevêque de Polock, JosaphalKoncewicE. Poignardé le la novembre i6a3, il fut jetë dans le Dnieper; son corps surnagea entouré d'une tu« réole miraculeuse, h l'égal de celui du martyr Jean Népomu* cène. Urbain Vni béatiHa ce saint martyr le i6mai 1643 <; et le roi de Pologne Sigismond III punit la ville de Polock elle-même de cet attentat, en lui ôtant ses franchises, qu'elle ne recouvra qu'après quarante années.
Les schismatiques ne cessèrent pas de persécuter ceux qui restaient fidèles à TËglise latine ; ils accusèrent le saintsiège entre autres de vouloir enlever aux Rulhénians le rite grec. Le pape Paul V s'en expliqua publiquement et con- Hrma, par une bulle du 10 décembre 161 5, le libre usage du rite grec. Le pape y rappelle qu'il avait toujours respecta le rite des églises d'Orient, qui s'étaient réunies au saint* siège; que Clément VIIH lavait également fiiit; et une nouvelle bulle du a décembre de la même année accorde au métropolitain le privilège d'envoyer quatre jeunes gens à Rome pour y être élevés dans le collège fondé à cet effet par Grégoire XIII '.
Nous regrettons de ne pouvoir entrer dans le détail des persécutions et des reproches injustes que les Huthéniens unis eurent à ^ouffrir de la part des schismatiques; on y verrait injustice criante d'un côté, indulgence et douceur de l'autre. Et en effet, les schismatiques conservèrent leur hiérarchie; à côté du siège épiscopal des Huthéniens unis s'élevait le siège épiscopal schismatique; le métropolitain non uni portait le même nom, jouissait des mêroei droits que le métropolitain catholique. L'université de Kiew« fondée par le métropolitain non uni, Mogiln, homme instruit, mais ennemi irréconciliable du saint-siége et portant le non; do Aoadenxia orlhodoxa Kiovo-Mogiloena ou Kiovomoyilensiiy fut confirmée par le roi Ladiilas IV ( i63a-i648). Kn i645,
' lliillr Ac bcaiifitJlioji. Ruil. Honi. T. H , j». I, p. S.'». — ' nnll llim 1 \ . |> IV, p. inn iq. — i lliill. lluQi T. V,l). IV, 1». 11)8— y. I'irrcfju>ii(. V.
il la dota de riches revenus, et lui donna une imprimerie d où sortirent par la suite une quantité d'ouvrages contraires à Tunion. Son successeur, Jean Casimir (1648-1668), célèbre par îies malheurs, qui avant de montrer sur le trône était entré dans la société de Jésus à Rome, et depuis renonça à la couronne et devint cardinal de la sainte Eglise romaine, Jean Casimir accorda au métropolitain non uni de Kiew la permission de se placer sous la juridiction du. patriarche de Moscou. I
Cet esprit de douceur et de justice dont firent preuve les rois de Pologne , déterminèrent les évêchés de Léopol et de Przemysl, sous le règne de rimqiortel Jean III Sobieski (1674-1696), à se rallier à Tunion dont ils s étaient séparés. Cette réunion, confirmée au synode tenu à Zamosc en 1 720, du temps du métropolitain Léon Kiska , sous la présidence du nonce Jérôme Grimaldi, s'accomplit précisément à l'époque où la Pologne commençait à perdre sensiblement de son importance politique; elle fut donc, comme celle de iSgS, dégagée de toute espèce d'influence extérieure. L'évéque deSmolensk, qui, tout en appartenant à la métropole de Kiew, n avait point pris part à Tunion de 1 696, y accéda alors également.
La cause de la raison et de la justice Tavait donc enfin emporté après de longs combats; elle avait enfin vaincu une haine aveugle, et les derniers vestiges du schisme avaient disparu en Pologne et dans les provinces soumises à son empire.
La mort du patriarche de Moscou, Nikon , survenue le 17 août 1681, sembla signaler le retour de TEglise de Moscou à un esprit de tolérance et de charité plus conforme à la loi du christianisme. Cet homme impérieux et plein d'audace avait tellement empiété sur les droits de l'Eglise, que les quatre patriarches d'Orient durent le déposer solennellement. L'esprit sectaire s'étendait de plus en plus. Les Baskolniki ou vieux croyans parcouraient le pays, attaquant l'orthodoxie de l'Eglise moscovite, anieutaiii le peuple.
criant que seuls ils possédaient la parole de la véritë. lis étaient particulièrement protégés et soutenus par Tarcbiprêtre Ivan Neronow de Moscou, Daniel de Kostroma , Awakum y le diacre Féodor de Tobolsk, et surtout les deux popes de Susdal, T^zare et Nikita, surnommé Pustosvat, c'est-à-dire saint du désert. Ce dernier poussa la hardiesse , en 1682, jusqu'à engager le peuple, en présence des deux frères et czars Ivan et Pierre, à massacrer tous les métropolitains, archevêques, évêques et autres ecclésiastiques, comme serviteurs de l'Antéchrist. Un grand nombre de ces énergum^nes furent brûlés vifs. On sentit alors la nécessité de l'unité dans la foi , et bien que personne n'osât exprimer le désir de s'unira Rome, beaucoup appelaient l'union de leurs vœux et y travaillaient même secrètement : ce qui le prouve le mieux, c'est l'étude de la langue latine introj duite dans presque tous les monastères.
Le savant Siméon, archevêque de Polock, précepteur du czarewicz Féodor Alexiewicz , osa le premier essayer de mettre un frein à ce débordement des esprits, que plusieurs déploraient sans avoir le courage d'y porter remède. — Prenant à cœur la cause de l'unité de l'Eglise , il proposa aux czars Ivan et Pierre, comme acheminement vers ce noble but, d'établir une nouvelle hiérarchie dans les Eglises moscovites et ruthéniennes et de leur donner un pape, quatre patriarches et douze métropolitains *. Mais ses projets furent traversés par le patriarche Joachim (1674- 1690). Siméon avait été le créateur de l'éloquence de la chaire en Ruthénie; orateur, historien et poète à la fois , il fut un des plus profonds théologiens du siècle , fut l'auteur du célèbre ouvrage dirigé contre Raskolniki, portant le titre, du Sceptre ^ et sut, par ses nombreux ouvrages, se créer un puissant parti dans son pays. Le patriarche ne l'en haït que davantage. N'osant se porter à de violentes mesures à son égard , à cause de la considération dont il jouis-
' Vojez ia Uu^sic $x\ante de i^triihl , pd(;. 232.
sait auprès du czar et des boyards , il attendit i^ mort pour rassembler un concile à Moscou en 1689, Y ^^ ^''""■ damner tous les écrits du saint évêque et en dt^fendit la lecture ) sous peine de déposition pour le clergé, et d'excommunication pour les laïaues.
Parmi les ouvrages de Siméon se distinguent particulièrement : Prières du dimanche , Prières du soir ou Edifications spirituelles pour toutes les fêtes du Seigneur; de la sainte Vierge et des saints de toute Tannée; Couronne de la foi catholique; Catéchisme par demandes et réponses; Jardin fleuri, pour le salut de Tâme des chrétiens orthodoxes; Entretiens sur le Saint-Esprit, etc.'
Siméon fut le premier prélat ruthénien qui traduisit dans la langue de son pays les œuvres des Pères de l'Eglise, entre autres Cwa: pastorales, du pape Grégoire Vïl} Spéculum historialcy du célèbre dominicain Vincent de Beauvais, et les Dialogi duodecim cuni Moyse Judœo, de Pierre Alfonsi, juif espagnol baptisé, qui fleurissait dans la première moitié duxil* siècle. Toutes ces traductions, ainsi que les propres écrits de Siméon, ne virent jamais le jour: chose d autant plus déplorable que Siméon peut être regardé comme le créateur de la langue russe moderne.
Siméon Medwsdjew, supérieur du couvent de Saikonospaskà Moscou, éprouva un sort plue cruel encore. Excom-» munie, il vit ses ouvrages frappés d'analbème, con^me entachés d'erreurs romaines; enfermé d'abord dans le cloître de Serge, il pnourut sur Téchafaud, accusé d'avoir trompé dans une conspiration de strélitz.
Les deux frères Ivan I" et Pierre (1683-1689) penchaient pour l'Eglise catholique et furent en correspondance avec Innocent XI. L'empereur Léopold l" (1657-1705) ne négligea aucun moyen d'alimenter ce penchant pour lui faire produire des fruits. En 1686, il envoya à Moscou le célèbvc jésuite Jean ^o/n, qui reçut des czars l'accueil le plus bienveillant; mais toute Tbabileté de celui-ci éclioiia deviint l'opiniâtrclé du violent Joachiui- Tout ce f(n il put u|ilenii
fut que ]a chapelle de lambassade autrichienne tut ouverte aux catholiques et que les prêtres pussent y rempjir toutes leurs FonctionB.
Pierre-Ie-Grand (i 689-1 7;»5) témoigna aussi le désir de rëtahlir l'union dans son empira, grâce en partie aux conseils et auK efforts de l'empereur Joseph I" (1795^1711). Pierre accorda sur ^a demande le libre exercice de leur religion aux catholiques romains de ses États, et leur permit de bâtir h Moscou une belle et grande église en pierre , en place du lancienue, cQnstrwite en bois. U ouvrit Ventrée de ses Ëtats aux capucins et aux pères de la société de Jésns, dans le but de répandre les lumières parmi le clergé, 11 leur permit de fonder une maison à Moscou et leur fit conHer l'éducation de beaucoup d'enfants nobles. Le patriarche Adrien (1 690 170?) le lui ayant reproché dans une réunion d'évêques, convoqués à Moscou dans le but d'opposer une digue à l'invasion du catholicisme, Pierre lui répondit : « Vous êtes jaloux de ces bons pères, parce que vous autres, « brutes, ne savez pas enseigner la jeunesse. Si ma jeune « noblesse veut un jour embrasser la religion catholique , a tant mieux pour ellçj je ïtien réjouirai. 1
11 favorisa et protégea les missionnaires dans leur passage à travers son empire. Le célèbre patriarche d'Aqtigche, Charles-Thomas Mailjard de Toumon, qui plus tard devint cardinal de l'flglise romaine , fut, en 1 7o3, envoyé en Chine avec une mission du saint-siége. Pierre lui domia une escorte et le couvrit de sa protection pendant la 4prée de sa mission.
Be trouvant à Venise en 1698, il allait se rendre à Itome pour y concerter avec le Saint-Père le meilleur moyen d'amener la réunion , quand la révolte des strélitz le força à revenir dans son pay»; et cependant , au milieu de toutes ces agitations et des embarras qui mirent sa fenneté tant de fois à l'épreuve , il n'en continua j)ns moins à protéger la religion catholique, témoin la lettre qu'il fil rcrirc au pape
Clément XI, par son secrétaire d'Etat, le célèbre Pierre- Alexandre Menzikow '.
Pierre-Ie-Grand ne s'en tint pas là; il envoya en 1707, à Rome, le prince Boris Kurakin à la tête d'une brillante ambassade. Clément combla ses nobles hôtes de riches présents et leur donna une lettre adressée à l'empereur, le 8 octobre 1707, dans laquelle il lui rend grâces pour les franchises accordées à la religion catholique 2.
La pensée de réunir l'Eglise grecque non unie à l'Eglise romaine , occupa ce grand homme pendant toute sa vie. Il disait à ses amis : c J'espère bien que l'heureux moment où « je pourrai voir les deux Eglises réunies n'est pas bien « éloigné. » Rien ne témoigne mieux au reste de son désir de réunir les deux Eglises que ses entretiens avec les docteurs de la Sorbonne en 17 17, et les négociations qui s'ensuivirent entre ceux-ci et les prélats moscovites.
A^ la mort du patriarche Adrien , Pierre eut soin de laisser le siège vacant pendant vingt ans, afin de trouver moins de résistance à l'exécution de ses projets. Le métropolitain de Rezan, Etienne Jaworski, fut nommé par lui administrateur, vicaire ou exarque du patriarcat de Moscou. Jaworski rendit d'immenses services à la cause de la civilisation en Moscovie. Ennemi déclaré de l'esprit de secte, il fut également le courageux adversaire de la confession d'Augsbourg et du calvinisme; versé dans la connaissance des ouvrages théologiques, c'est là qu'il puisait ses arguments contre les sectaires et les dissidents. L'ouvrage intitulé Petra fidei ou Rocher de la foi de t Église orthodoxe catholique orientale, presque entièrement extrait des ouvrages du cardinal Bellarniin, fut publié et imprimé à Moscou en 1728, par Théophilacte Lopacinski , archevêque de
' Cf. Pétri Polidori Frcnlani de Viia Chnitiuis XI. P. M. Lib. G, Urbini 1727 , fol. lib. ni, n» 21, p. 170 sq.
» Cf. Epistolae et Brevia scleclioia Clemcnlis XI. P. .M. Honi* 1724, fol. Toni. I, p. II, pag. 406 t.q.
Tvver, son ami. Cet ouvrajje fut réimprimé à Moscou en 1729, à Kiew et à Rome, dans une traduction latine faite par des Basiliens unis.
C'est aux agitations politiques et religieuses dont fut troublé le règne du czar qu'il faut attribuer le non-succès de ses efforts. La veille de sa mort il travaillait encore à cette belle et noble œuvre. En 1720, il rassembla à Moscou les métropolitains, arcbevêques et évéques de Moscovie, et leur proposa de se rattacber à l'Église romaine. Sur leur refus, il se leva au milieu de l'assemblée, et s'adressant aux évéques d'une voix sévère: « Je ne reconnais, dit-il, « d'autre légitime patriarche que le patriarche de l'Occi- « dent, le pape de Rome, et puisque vous ne voulez pas lui « obéir, vous n'obéirez qu'à moi seul. » Après avoir dit ces mots, il lut les nouveaux statuts du saint synode que tous les assistants durent signer et jurer d'observer'. Etienne Jaworski en fut le premier président; il mourut peu de temps après, le 27 novembre 1722.
Ainsi finit le patriarcat de Russie ; son indépendance était à jamais détruite. Pierre devenait désormais l'arbitre et le chef suprême de l'Eglise-.
* Le saiut tynode fut ë(ahli par les onkases du 11/23 février et dii 22 [é- Trier/7 mari 1721.
Dans Le Quicn , Oriens Christianus. T. I, p. 1296 sq.
» A'ofc du traducteur. — Ceux de nos lecteurs qui compareront c€i page» avec l'original allemand y remarqueront une lacune importante. Elle a vlé faite d'accord avec les intentions de l'auteur lui-même, qui, mieux renseigné et occupa maintenant d'une histoire séparée du rif^ite de Pierre 1", a voulu que plusieurs détails inexacts sur cette époque fussent xi pprimés. Les czars de Russie ont plus d'une l'ois trompé la cour de Rome et les monarque» catlioliques, en feignant de pencher ver» Xunkm. &laU le danger ou le» autres motifs qui leur arait fait adopter cette apparence n'était pas plutôt passé , qu'ils rerenaient aossitôt à leur dénrraination ir>- .irae de rester séparés de Rome. Ou a vu le czar de Moscovie, à la fin du xvi' siècle, poussé par les armes d'iiticnnc , roi de rolo{;iic, et menacé de perdre ses États, promettre au pape et à l'empereur de se réunir à l'I-'^lise , pour obtenir leur intervention auprès des Polonais victorieux. On a vu le même ciar faire les mrnics promesses en vue d'une coalition qui devait lui a?»^urcr la possession de Conslantinople; mais aussitôt le danger passé , ou l'espoir d'un avantage poliii(jue évanoui , on l'a vu toujours abandonner tes projets de c'.rctmstancc. De même le czar Pierre 1", voulant convaincre l'Europe qu'il employriii tous les moyens possibles pour ra|»-
proclier U Muicovic àe là civilii>aiioii lic l'Octitleiti, allr> disputer ^ Romr avec In cardiuaux, it Paris avec let docteurs de Sorboiiiif , pour leur inspirer de l'admiration, peut-être même pour apprendre quelque chose, mai* jamais datts nu autre but. Cest cette politique que Gr'^goire XVI a ni bien qualifiée, dans st>a aUocatioa du 22 juillet 1842 , dt fraude héréditaire, ovibt fraude. Ce fut celle de Catheriae II, lorsqu'elle caressait les philosopha et faisait parier k l'Europe de sa civilisation , de •on IiumaiiU^ au houtehl oA se contmeiuient, p«r ses ordres, de» actes de rapine •t iTone croanté rérdlHMie. C'est eneore anjvurd'boi celle de rerapercur Nicolas, qui dépooille 1« dergé catholique de »et biens pour lui épargner de* soinf peu eompatiLUs avec soo miutstère ; qui de'porte en Aossie des midiers d'enfaots r^tis à ilés parebU qdâlifié» XfnH^riiU, et les fait Hé^ti dans la foi scfaislMdtpi* amafrcùt et l'empereur; qai imiève aa coite eatboKqo* ses Éflites et ses cuhttisenernis par cenuioe, et fait nu oukase popr l'érection d'une Église catholique i Moscou', un antre pour créer une académie cailiolique à Wiloa ; puis, quelques années plus tarcT, tan autre ouuse qui transporte à Pétenbotir^ et foumet h son Iittpectioo immédiate cette denicM pépiaière de prêtres rédanés par une etHamonaaté de sis millions de catholiques.
Quelle que pût être la pensée de Pierre l", an début de son règne , et en admettant même qn'tl eAt so^igé à s'unir à l'Église catholiqb>e pour hitter Kb déveldppement de Inmièiv et U eiviiisltioo de la MoscAvie, encore faudrait-41 recoanattre que toute idée de ce genre teiÏ4qa peod^int la seconde parlie de son rè^e et qu'il s'appliqua tout entier à centraliser en Ini-mêuie la puissance reli(>icuse aussi tiieii ({iie politique. L'auteur a donc raiibn de dire qné HtMhfpeiKlaace de I attliquo yalr'utrcal de Rasae i'H à jamais détruite du jour où rctte dignité se mêki à celle de rxar. Drpsiis lors, l'iatérêt de l'État, qui n'est autre eu Russie que celui du czar et de son auiocraiie^ interdit ii jamais toute peusée de rcuniun à rÉgii»e romaine par îe uii- BÎsiire du ciar lui-ihéme; car ce ne serait de sa part rien moins qu'une abdieatton. Cette réunion de la Russie à l'Église réiidiera des b^soiaa reltgieni de b population : — voilà ce dont il n'est point permis de douter ; mais il est déplorable que les szars aient uni de fois rcus»i à surprendre la bonne fui des catholiques zélés, en leur faisant croire que cette réuuion résulterait de la sincérité de leurs efTorts.
Deux faiu caractérisent le véritable mobile de la politique religieuse de Pierre I". Le savant Kopiewicz, Lithuanien, né grec schismatique, devenn luthérien, et retiré à Amsterdam, reçut la visite de ce prince et la commission Je rédiger une collection de livret élémentaires ponr la Russie. Cette collection fut imprimée à Amsterdam. Pierre I" donna nn ordre semblable à Ernest Gluck, ludu'n'en de Livonie, qu'il mit à la tête d'une école à Fusage des ba]>iiants de Moscrou-. (Voyex K. Gotikoff, Histoire de Pierre-U-Grand; Moscou, 1731, et le suppIcoMui eu |8 volume*,