POUR LA TRALUCTION FRANÇAISE
Le récit des vicissitudes de l'Église catholique des deux rites en Pologne depuis ie démembrement de ce royaume jusqu'à nos jours, reparaît aujourd'hui en traduction française. Depuis que l'original allemand a présenté au monde ce tableau lugubre de perfidies et de persécutions qui, sous le règne du souverain actuel de la Pologne et de la Russie, ont égalé celles des empereurs les plus féroces de Rome païenne, deux années se sont écoulées. Ce temps aurait permis de réfuter les faits contenus dans ce livre ; et en effet quelques plumes vendues tentèrent d'abord ce travail. Mais bientôt, renonçant à se déguiser, le gouvernement russe préféra convenir lui-même des actes qui lui étaient imputés et tenter de les justifier. Tandis que l'on entendait les cris déchirants des martyrs et que leur sang ne cessait de couler, l'empereur proclamait au monde que la population qu'il avait ainsi décimée acceptait le rit schismalique par
ÇQAViçMPA et par c Huiour i. Ui^ i^vai( vu das tyranâ com? batt^^.la i^Ué pçM* cIq% acte» féjK>€e$ et triompheraipsl (i« l^réi^stat^çe de^ M^\^ ; inai« il ^tait r«i^rvéaa t«mp8 prér a^t^^^rtxnpiét^ ]bs^'j3iU'e qai r^gn« actu^ll^tpent «in RusM^ 4'ig9i^^^ |a cruajuté qui frappe et verse 1& «aag,}» calomnie qui déshpQore et tend ^ dë«org9ni»er la rëâi^^nce, Et qyi'il est douloureux de voir TËglise rvn^e e)le-ipéme de^ceotdre au rôle de latelUte complaisant de^actea les plus iqic|uej et les plus cruels du pouvoir séculier !
L'-Égliâe russe, quoique Tuoe des fîUes rebelles de TÉglise universelle et romaÎQe, avait, pluslopgtejpaps qu aucune de se# pareilles, conservé quelque chose de sa grandeur prtmi* ti ve et de %on caract^e diviu. Dépouillée par Pierre-le^yrand de ce qui lui restait encore d'autorité spirituelle, son caraco tèire s est progressivement dénaturé et elle semble aujour* jd'bui subir, par ]a plus bumiliaqte dégradation, la peine de ^(^ rébellion contre la vraie église du Cbrist.
Combien est différent Vaspect que, durant cette inéoie période et à l'égard des mêmes souffrances, ont présenté les successeurs de saint Pierre!
£4% cour de Rome, longtemps même avant le partage de la Pologne, avait, entre toutes les cours de TËurope, fait les plus constauts et les plus sincères efforts pour détourner cette catastrophe. CiémentXIIi et ClémentXIV avaient à ce sujet ^r^uouvelé sous diverses formes les témoignages de lemsollicitude. Informé enbn, par le nonce apostolique de Vionne , que Catheiine II et Frédéric 11, représentés à Pétersboui^ par lo prince Henri de Prusse, s'étaient entendus (janvier 1771) pour un démembrement de la Pologne, GléjBent %iW avait aussitôt adressé, en date du 20 mars 1771, des instructions pressantes aux nonces apostoliques prèi> les cours catholiques de Vienne , Paris et Madrid , •» les cbai^eaut de représenter h ces cours , de la manière la plus pressante, les maux affreux que ce projet détestable devait infailliblement attirer sur la religion, — et leur commandant de presser ces cours, d'user sans délai de toute leur
influence pour détourner les cabinets de Saint-Pétersbourg et de Berlin d'une si funeste entreprise. Ce grand pape, si injustement calomnié par Tesprit frÎYole et égaré de son siècle, plaida la cause de la Pologne avec une cbaleur qui rendra sa mémoire éternellement chère, non-seulement aux tàtboliques , mais encore à tous les amis de la justice, de la p«x publique et du bonheur des peuples.
La réponse de la cour de Vienne fut d'abord empreinte de sincérité. Marie-Thérèse, au commencement de 1772, témoigna à la cour de 'France la douleur que lui causait le démembrement de la Pologne et essaya de l'intéresser contre ce projet. — Monseigneur Giraud, archevêque de Carthage et nonce apostolique à Paris, avait plusieurs fois, dans le cours de cette année, représenté au roi de France et à son cabinet ce démembrement comme inévitable, si les puissances catholiques ne prenaient la résolution de Tempe» cher. Mais la France, gouvernée alors par le duc d'Aiguillon, resta insensible à ces représentations. Voltaire, Diderot et les autres coryphées de l'impiété célébraient alors , pour de l'or, les vertus politiques de Frédéric H et de Catherine, lis furent mieux écoutés que la cour de Rome dénonçant le criminel complot qui, en frappant la Pologne, menaçait la religion et les intérêts les plus précieux de l'Europe. Pressé par le nonce, le duc d'Aiguillon avait répondu le 1 2 mai 1772.(1) : c Que Ton plaindrait le sort des Polonais, mais qu'il était impossible d'empêcher ce malheur, car on était fermement résolu à ne point entrer en guerre. > Le cabinet français se contenta d'envoyer sous main aux confédérés de Pologne quelques secours en argent et quelques officiers habiles. Mais il n'osa avouer ces démarches, et l'inertie apparente du ministre de France à Varsovie décida de celle des autres cours catholiques dont les envoyés dans cette capitale avaient ordre de se régler d'après la conduite de leur collègue de France.
(1) Dépêches «la nonce à 8> E. le cardinal PallaV/cinî , secrétaire d'état de S. S. Paris , le 4 el 14 mai 1773.
Lu république de Venise, sœur fidèle de celle de Pologne et, pendant des siècles, sa compagne et son émule de gloire dans la défense de la chrétienté contre les Turcs, s'indigna seule hautement d'un procédé si déloyal et si honteux.
Aussitôt après le démembrement, le nonce apostolique remit encore à Louis XV un Bref pressant qui l'exhortait à faire, de concert avec la cour de Vienne , tous ses efforts pour obtenir du cabinet de Saint-Pétersbourg des procédés plus équitables à l'égard des catholiques et pour le faire désister de la guerre sanglante qu'il faisait à l'Église catholique de Pologne , contre la foi des traités même les plus récents. Le duc d'Aiguillon lui répondit dans l'audience du 1 5 avril 1 778 : « Que le Roi, de son côté, aurait bien voulu venir au secours de cette sainte religion à laquelle , comme fils aiué de l'Église, il était si tendrement attaché, mais que les circonstances dans lesquelles ce royaume se trouvait placé, n'auraient peut-être pas permis d'attendre le prompt et favorable effet que son zèle aurait souhaité (1). »
La cour de Vienne, entraînée comme malgré elle à prendre sa part de ce funeste démembrement, avait néanmoins accueilli avec une obéissance filiale les représentations que fit en passant par Vienne à LL. MM. impériales et royales , en faveur de la Pologne , monseigneur Garampi , nommé nonce apostolique près la cour de Varsovie. L'impératrice Marie-Thérèse et Joseph II lui déclarèrent dans plusieurs conférences secrètes: c que la résolution prise par la Russio et la Prusse avait contraint l'Autriche, malgré sa répugnance, à adhérer au partage de ce royaume; mais que l'Autriche serait prête encore à se désister de ses prétentions sur la Pologne, quoiqu'elles fussent bien plus fondées que celles des deux autres cours , — si ces dernières voulaient en faire autant de leur part. > Ceci, toutefois, ne pouvant être espéré, Leurs Majestés promirent au nonce et renouvelèrent dans des lettres au saint Père, du 3 et 5 aoiH
(I) Di^péche du même noure. Paris, 19 «vril 1773.
•77^» ï<* pi^mésié d^employer toute leur Influence afin que la reli^on catholiqiJie ti*eAt point Si souffrir dans les pays t}Ui' passaient sôus les dômitiationà hiéSe et prussienne.
L'Autriehe fit 'en effet et Renouvela avec instance ces dëmdrche^, «ans tanéme sefàis^ei' décourager par là gtT>s- %iéret^ des rëpotises qu'elle s'attira à ce sujet. • 'Le roi dé Pologne, darts uwe lettre tôuchatjte du 28 septembre delà taiôme anri^e, remercia Clément XtV de ses eoiiis bien¥«tilatits et liii en demanda la continuation auprès deé eotift ciitlidliqttett. t.e nonte, monseigneur Garampi, acquit mém« à Cette ëpoqne, tant à canse des sentiments qn*il «)^priisiait ati nom dû saitit Père, qu'à canse de^a 'pht^^re^ fermeté, de «on ïèle et de sa prudence, un grand cn^it auprès du gouvememfent polonais, qui, datts ces circonstances difficile^ , eut là sagesse de s'entendre confiden- ^Wlertienlayet lé' nonce sur toutes les résolutions impor- Htmimi Dte ce ni6iM)k»ef dt , on n'en àaùràîtdouteh, la célèbre réponse* faike an nom du rot aux déclawiiîons par lesquelles / »les tîmiwde Viettrië, Pétersbbul^g et Berlin'avaierit proclamé ^mn prêt eirtiëns sur la PolOght , i^éponse qui fut tràusniise ik Rdtne paVle nonce et que nous crovons devoir donner Ici «n entier. '
Mépome de S. M. le Bot de Pologne aux déclarations du iQ et 2Û septembre 1772, des Cours de Fietme, de Pétersbourg et de Serlùif remise par son Ministère aux Ministres plénipotentiaires respeetifs desdites cours.
Lei soussignés minisf res de 8. M. le Roi etde la République de Pologne, ayant fait rapport au mi des déclarations à eux i^Biise6,par M. le baron de Stâkelberg, ministre plénipotentiaire de la Cour impériale de toutes les Russies, par M. Benott, ministre plénipotentiaire de S. M. prussienne, en date du 18 septembre 1772; et par M. le baron Revllzki, envoyé exti*aordinaire et ministre [lénipotenliairc de
iiLi MM.J1. RR. AA. ^ en date du «6 du mémù^ tmoit ; elle fi^iaytmtpyM Tavis de son êéuat, les i oussignét ontcu ordre ^y' foire tépome comme suit; ■. ..rt ,.. ,. j ■■..
' ' Les soins déêiiitët^»«és pet* lesquels 8. M. rirapéràirieedc toutes JesIlMsiêsâ contribué au maintien de la trapqnillitt; de la Pologne pendant le dernier interrègne , et à la libre ^odon do voi r^oanty-**^ la <:ofia)ur8 de &.Jd. It roi de l^n^ssd ans m^iAes fias^et les priDcipe« de i^eutiraikë adoptés «lofs par S.M* rimpëratrice reine de Honorée si de-Bobéme, sont ddf cirooostant%squi^ toujours appréciées 420fnme eUes -doivient rétrc par le Roi , ne s'efifacéroot jamais de sa tnéaoire al de ^n coL^sr. ; r.'^^^ -. ,?*•/,'<>'* ; •r..,',H-i
* Il est très«egréable au Roi de voir que les rèçlemekiis et arrangements intérieurs ordonnés par les diètes qui. suivirèntJa mortcTAu^Ste III sont qualifiés d utiles et raisMi^ •mbtee dam les déclarations de ices trois puissances;, cëp $. M« a toujours souhaité de toir les émanations^^ duipou- ¥Dtr sociTerain de kJ^épubliqoc jugées Aivoraidemeat par
' ' fi*fi|n>c»pe sait depui» lonf^temps quelles ont été )les eausêtoH^aires et suGcessives destroubies de la Pologne : elle sait également que le Roi et la plus saine partie de la netioiiotit employé tous les moyens qui dépendaient d'eux |Krtir les prévenir et pour en arrêter le progrès. Tjeurs soins ont ttMlhetireusement été infructueux et les suites de ces déioMlRes soot «iifireuseB sans nul doute : le pouvoir légitime a été inécoiimi par qoelquesHinsi Tanarcbite s'est étendue dans préscpié toutes i«« provinoeis; la Pologne entière a été foulée, appauvrie 5 dévastée^ tant par ses propres citoyens qoe par les troupes étrangères, ainsi que la durée de. leur «éjour, les ordres de leurs cours respectives, et la manière dont éU sont exécutés h Tout fait éprouver au pays et connaître à TEurope^
' fyi tm moti, cinq années de fléaux et de ruine ont abîmé ce royaume, et lui font du retour de la paix le besoin le plus urgent f le plu« indispensable; de sorte que lengage-
ment prit par les trois puissances, de concourir efficacement à cette fio, renferme une pensée pleine d'humanité, et dont le Roi aurait vu l'expression avec reconnaissance^si la seconde partie de ces déclarations avait laissé place à d'autres sentimeatt que ceux de la surprise et de la douleur la plus profonde.
On y trouve , en effet, Tannonce de prétentions ezorbi« tantes formées par les trois cours sur la Pologne: le plan arrêté de s'en £ure raison en commun , et enfin Tarit de la prise de possession des équivalente s'effectnant déjà.
Les soins si «crapuleux avec lesquels le Roi et la République de Pologne se sont de tout temps appliqués à remplir leurs engagements envers ces puissances, les lois' du bon voisinage si religieusement observées du côté de la Pologne, la manière amicale et pleine d'égards avec laquelle le Roi a présenté en tant d'occasions les divers sujets de plaintes qu^il « eus à formuler à la charge de ses voisins, b situation même de la P(^ogne si digne de la compassion des cœurs généreux , toutes ces circonstances auraient dû lui mériter les procédés d'une bienveillance réciproque, et éloigner à jamais des entreprises aussi injurieuses à ses droits et à la légitimité de ses possessions.
Les titres de propriété de la République sur toutes ses pro\'ince« ont toute la solidité; et l'authenticité possibles. Une jouissance de plusieurs siècles avouée et maintenue par les traités les plus solennels et nommément par ceux d'Oliva et de Vehlau, que la maison d'Autriche et les couronnes de France, d'Angleterre, d'Espagne et de Suède ont garantis; — par celui de 1686 avec l'Empire de Russie; — parles déclarations expresses et récentes de cette même puissance {—-par celles de S. M. le roi de Prusse en 1 764» — et en fin par les traités subsisunts avec la maison d'Autridie : voilà sur quoi se fondent les droits de la République. On ne fut que les indiquer ici , se réservant d'en exposer en temps et lieu les preuves détaillées.
(^lels pourraient donc être les titres que les trois cours
auraient à opposer à ceux*ci? Si ce sont des titres pnij4<^'S dan» Tobscurité des temps reculés, de ces temps de révolutions soudaines et passagères, qui élevaient, détruisaient , don* naient el rendaient des Etats dans le court espace de quelques mois ou de quelques années ; — ces titres, s'ils étaient admis , devraient réunir à la Pologne des provinces qui lui oncautrefois appartenu, quoique possédées depuis longtemps par les puissances mêmes qui forment aujourd'hui des prétentions à sa charge. Mais comme personne ne peut nier, que non-seulement des transactions ensevelies dans Toubli depuis plusieurs siècles , mais toutes transactions quelconques sont anéanties par des stipulations postérieures, et que toutes les dernières stipulations de la Pologne avec ses voisins sont contraires au démembrement qui s'exécute actuellement : — ces litres sur lesquels s'appuie ce démembrement ne peuvent être admis, sans infirmer la sûreté des possessions de toutes les souverainetés du monde, s;\ns ébranler la base de tous les trônes.
Les puissances qui, dans les déclarations susmentionnées, disent: que l'état dans lequel se trouve la Pologne ne permet pas d'obtenir d'elle justice par les voies ordinaires, ne peuvent méconnaître que l'état présent de la Pologne n'est qu'accidentel et momentané , et qu'il dépend d'elles-mêmes de le faire cesser. Aussitôt qu'elles y consentiraient , la république de Pologne rentrerait dans l'exercice tranquille, légitime et libre de sa souveraineté. Elles seraient à temps «lors pour proposer leurs prétentions et pour les discuter. C'est ce procédé qu'on serait en droit d'attendre de l'équité des trois cours et que l'on aurait même quelque lieu d'espérer, d'après le contenu d'une lettre au roi de S. M. Mm» pératrice reine d'Hongrie et de Bohême, datée du 26 janvier 1772. Mais les procédés actuels des trois cours étant de nature à donner le sujet de plainte le plus grave au roi , et les devoirs de sa couronne ne lui permettant pas de les passer sous silence. Sa Majesté déclare le plus solennellement qu'elle regarde l'occupation actuelle des provinces de la I. 23
république 'le Pologne par les trois cours susdites, comme injuste, vicV ute et contraire à ses droits légitimes; elle eu appelle définitivemenlaux traités garants des appartenances <]e son toyaume. Plein de confiance dans la justice de Dieu, le roi dépose ses droits aux pieds du Très-Haut, et lui remet sa cause comme au juge suprême des rois et des nations, et dan» latteute de sa protection divine, il proteste solennei" lement, à la face de Tunivers , couti e toute démarche faite ou à faire en vue du démembrement de la Pologne.
Varsovie, 17 octobre 1772.
André Stan. MLODZIEIOWSKI, Evêque de Posen , Grand Chancelier de Pologne.
Michel Pbince CZARTORYSKI, Grand Chancelier de Lithuaoie.
JeandeBORCH, Chancelier du Royaume.
Le nonce apostolique se concerta pareillement avec le roi et son ministère sur les moyens d'arrêter les conséquences fiinestes pour TÉglise et la république de Pologne, mais inévitables, des demandes exorbitantes des deux cours du Nord en faveur des dissidents. Il s'intéressa vivement aussi pour rélargissement des évéques de Gracovie, de Kiow et de Kamieniec, et de? autres sénateurs déposés violemment parla Russie depuis 1767, — et fit, le ao octobre 1772, au nom de Clément XIV, une représentation pressante à ce sujet au baron de Stackelberg. Le roi, sollicité par ce prélat , avait fait précéder cette représentation par une note du 17 octobre, adressée à Tambassadeur de Russie. La note du nonce est un témoignage touchant de la sollicitude paternelle de Clément XIV en faveur de ces captifs vénérables. Quant aux sentiments politiques qui y sont exprimés , ils sont empruntés à la note ministérielle du 17 octobre, et pour en comprendre le langage, il est né-
cessaire de rappeler que, dans ces jours désastreux, lorsque le gouvernement polonais réclamait contre la violation de ses droits les plus sacrés, il était réduit à s'humilier jusqn*& qualifier de cîriminelles les actions les plus innocentes et êouvent les plus vertueuses. Ces prisonniers n'avaient commis d'autre crime , comme nous l'avons raconté , que d'avoir défendu courageusement la religion et la patrie contre les insultes de l'étranger.
« L'intérêt avec lequel , » ainsi écrivait le nonce h l'ambassadeur de Russie, < vous avez bien voulu, M. le baron, accueillir les instances que j'eus l'honneur de vous adresser de vive voix en faveur de Mgr l'évêque de Kamieniec , me donne la confiance de les réitérer par écrit et d'en ajouter de nouvelles en faveur de MMgrg les évéques de Cracovie et de Kiow, et des autres prisonniers de marque. »
« Je wiis persuadé que rien n'est au-dessus de la magnanimité de votre auguste souveraine, ni plus conforme au penchant vertueux de son cœur, que de pardonner à ceux qui ont eu le malheur d'encourir son déplaisir
t S. M. le roi de Pologne, pénétré des mêmes sentimenst, vient de s'adresser, à cet effet, à Timpératrice ; et moi, comme nonce du Très-Saint Père, je ne puis m'empécher de réunir mes respectueuses remontrances et prières pour un ohiet si digne delà gloire de votre souveraine, si intéressant pour le bien public, et qui par là l'est aussi pour Sa Sainteté mon mattre, etc., etc.
Varsovie, 20 octobre 1772.
Signé Joseph , € Archevêque de Béryte , nonce apostolique. •
Mgr Garampi fit simultanément appel à la piété de Marie- Thérèse, et implora, par ime note du 24 octobre 1772 , sa. puissante intervention près la cour de Russie. — L'irapératrice-reine lui fit donner réponse, le 28 novembre de la même année, par le P. Kaunitz, son chancelier d'Llat, et l'infQrma que son ministre à Pétersbourg avait reçu ordre
tle pi'Ott^ger en toute occurence et le plus cfficticement possible, près cette cour, les intérêts des catholiques des deux rits passés sous le sceptre russe.
. Clément XIV, de son côté , informé des bonnes dispositions de FAutriche et ému profondément par le récit des persécutions croissantes dont les catholiques étaient frappés, adressa, le 5 décembre, des brefs pressants à l'impératrice et à l'empereur Joseph II, pour les encouragera perisévérer dans la défense de TÉglise en Pologne. Le nonce apostolique près la cour de Vienne reçut en même temps du célèbre et vertueux cardinal Lasare Opice Pallavicini , secrétaire d'État, une instruction en date du même jour (i) , et.
( 1) Dépêche de S. E, le sea-ètaire d'État, catviinal Pullavicini, à Mgr Fiscontifnotict apostolique à Vienne, du 5 décembre 177a.
Borna, 5 décembre 177».
A Moiisignor Vitcooti, Nnnxio în Vienna.
. Couipiegaie troverà Ella due Poiiii£cie lettere per l'Imperatore e per lliupera- / trice Brgina Voggetto délie quali è conte vedrà di accorrérc quanto pub pi(\ cfhcaceroeate al soslegno délia Religiooe Cattolica ch' etposia si vede ne' Paesi iu Polonia occupati dalla Rus«ia princi palmente ed anco dal Prussiano in que' gravi pericoli , de' qoali a ki Montignor Garanipi , c al S. Padre non solo il dette suc uunzio, ma anche [>arecclii altri ordinarj di que' Inoghi hanuo forniu la disgustosa non nieno che da loro dovula conterza. Sarà dunque cura di lei , dopo di averne r'cavaia la copia de communicarsi anticipatamente ginsta il consueto, di procurai si l'opportuniià di ricapitatie aOe MM. LL. e di accompagoarne la tradnxione coa tutti quelli nheriori eccilamenli a quali l'uso délia vÏTa vore unito al notorio luo xelo darà, corne tpera il s. Pad"? non piccol adito. Verra quesio accresciuto dalle oolizic di Intluoiiitimi pregiudixj che la nosira santa Religione soffre in detti Parti, e dalle Notizie dicevo, che anche più précise cominciè ed avrà prosegnito a forniric il citato Montignor Nunxio di Vartavia , dalla di cui memoria aspeitiamo con ansieià di senlire Yuso cb' ella abbia faltu; l'oggello è di lanu iniportanza clic i«uiil larebbc d'infiammarla a secondaHo quanto si pub nteglio, onde mi resirin(>o , corne fà il S. P. ad altenderne il to^pirato risconlro clic fruttuosa ricsca la Pasiorule dUoisollecitudine. Egliè certo die uelle arcennaiedisgraziedel Cattolicitmo si ofire a codesii piistimi Reguanli largo campo di segnalare il loro impegno per esso, onde nîuno dubita , che sieno i>er abbracciar avidaiiiente ro))portunit.^ , che loro si prc- «enta di iUustrare vie maggiormente il proprio nome con uiolio loro elerno vanlaggio.
Non lia creduio la Saiiiit^ Sua di entrare a discorrere degi' aff^ri tempoinli dell' Pitloni:) , nemiueno prendendone uccaiinne dal coiutnaïKlare tome mérita l'augiiitta Sovrana perla Di&nifesiata rcttissima inteq/iuiic di demettere i siioi imovi acqnisii,
une autre du 20 février 1773(1), pour appuyer vi\ émeut cette affaire auprès de l'impératrice. Ddns celle du 5 dé-
qaaiora le due altre potence li ditpoDeMero a fare aUretunto. Si è astenuto aoclie da quetlo per non iadebolirc con ci6 l'iifficio principale dirctio unicameuie a pr6 della Religione, ma etsendo ilreltaraente conacuo il perirolo di quetu con la sutthtnta dello (membrameoto di qoe' Pae«i, commette alla di lei pnideaca il teneroe propotito coUt Imperiak Maestlk sua ove gli netc» di jirocurani nrll udieRtarhe ne rkererà, on adito, che la garanlitca almeno dai timoré di pregiudixj dal (occp di quetto tasto.
(1) Dépêche deS, B. 1$ secrétaire d'Étal, cardiruil PaUavicini, à Mgryitconti, 9U>nce apostolique à tienne, du to février 1773.
Roma, 20 febraro i;;^.
A Moniignor VitcooU , Nunzio io Vienoa.
Colle leltere del Nunzio di Vartaria in data de' 30 tcorso ha iuteto Nostro Si(;nore essere minacciati d'invasinne , e di occopatioae e béni ecctesiastici ciistenti uc' pae»i receotemente acquistati da' Runi. Qaeita noiixia , che dallo stesso Nnnzio farà stata prima d'ora communicata anche a V. S. Illma, ha, com' ella pub credere , jKMto il coimo aile afflixioni del Santo Padre , già molto angustiato , e lollecito tuli' eaito degli affari •piritaaii delIa Polonia, « la ditpenione di Ministri del Santuario deiti» « tali di commoda tutiistenza, il rischio di tanti fedeli privi di convenienii ajuti spia rituali e la detolazione ettrema della nottra tant» cattolica Religione , inevitabile
• conegoenae che risalurebbero da nn colpo tanto fnneslo, sono terribili oggetti,
■ chenell' unirersal goTerno della Chiesa , a cui egH per divina dispotizione presîede,
■ occapano t rifleisi della som mente. Ad allontanare nu coti pesante flaggello , non « ha egU omesso in primo laogo di porgere fenroroie snppliche ail' Altissiroo ,
• senza il di cui validisiimo appoggio et soccorso ^ta sa riescire inutile tatle le « nmane providenze. Indi rirolto ad indagare i mezzi più efficaci e più pronti per « accorrere agli nrgenti bisogni, altro non sa rederne, che quello già utilmente
• sperimeotato, cioé lo zelo e la magnanimità di codesti più ed augnsii SoTrani, i
■ qaaii, se per la ingenita loro eq^ùA e rettitudine hanno manifesiato più voltc le « faToreroli loro intenzioni per ci6 che riguarda il temporale della Polonia , non « possono cerlamente e per la Fede che professano, e per la potenza cbe hanno da
• Dio , e per gl' impulsi che dal di lui Vicario riceTono , non possono , dico , sottrarti a allô ttrettissimo obligo , che loro incombe d'impiegare ogni loro poiere per im-
■ pedire la rovina , che redesi imminente alla religione, alla Cliicsa , a tante anime
■ battezzate e cattolichc, ineitimabil prezzo della vita e del sangne di Gesù n Critlo.
• Qaaitanque per6 il S. P. sia memore di avère non ana voila , ma molle preve»
• note opportanamente le MM. LL. délie calamité ch' egli vedeva appressarsi al « Cattolicismo della Polonia, e d'averle per dehito del sno Apostolico ministero « incestantemente eccitate a farii scudo e difesa della Religione vacillante , massimc k nelle Pro>-incie emigraïc sotto il doniiniodi Potenza se|)arata dalla Romaoa (Vini- « muoione, per fuggir uondimeno la taccia c il rimorso ili arrre il uiaggior uopo « tMciuto , vuole ch' clla rinuuoi aile MM. LL. con tanto più di '^alore le l'outifirie
cembre , il lui était ordonné de saisir une occasion pour nppeler à Marie-Thérèse l'assurance qu elle avait à plusieurs reprises donnée à Sa Sainteté , savoir : qu'elle serait prête à abandonner ses acquisitions sur la Polo^e, si les autres cours consentaient à faire de même pour leurs parts.
Le cardinal Pallavicini dit à ce sujet : c Sa Sainteté s'est « abstenue de mentionner ce sujet dans les brefs adressés à < Leurs Majestés , pour ne point risquer d*en affaiblir l'objet
• preniure , quanto pià d'appre««o è il peticolo e più argenté il hitogno per le già « ioiorte e pennanemi, perseeuiioni conire i Cattoiici délia Ukraina et délia Voli-
• nia e per la minacciata iovatione ed occupazione de' béni ecclesiastici nelle nuove
• conquiste dalla Ruuia. « L'arrestare il corso a cosi faite ottiliià ed innovazioni, riiucirà vie più aggevole aile Maestik loro, credendoti tentativi o progetii di sabalteroiedinferioriMinistri , anzi cfae positive intenzloni della Corte di Pietrofaurgo giacchè aveodo pochi mesi addietro la Sovrana di Rutsia promesse con publico editto a' nuovi tuddili Caltolici il libero esercizio délia Religione e l'integrità de' loro benî e possessi , non è verisimile , ch' essa sia consapevole délie violenze , et pregiadizj cbe soffrono tanii innocent! , non cbe dioieutica délia solenne promessa, voglia COD manifesta iogiaria autorizzame lo spoglio.
« Spera inollre sua Santiti délia pieià e zelo di codesti augusti Sovraiii , e per
■ l'onot' di Dio e della sua Cbiesa vivaniente li prcga , e tcongiura, che non ^con-
■ tenti d'occnparsi a far cessare le presenti calamilà , prendino nella futara Dieia a /
• proteggere le cause della Religione inieressandosi efficaceùiente a procurare mezzi, » cstabilimenti tali cbe assicurino dorevolmente a' Caltolici Tintera et paciiîca pre-
■ aerraiione délie prérogative, diritti , et possessi , cbe banoo goduio fino al tempo
■ della loro emigraiione colto il naovo doœinio.
. ■ Appartiene ad essi , corne a' primi difensori ed avvocati della Chiesa, l'allonta-
• nare dalla medesima tatto cid cbe tende alla di lei diminuzione , e abbassameuto,,
• non potendo il S. Padre in aJtra guisa cooperarc a cotl giiuto et saluiare oggctio^
• cbe coUa sua voce apostolica , e coi reiteraii ecciiamenti e riclami, péri quali a Bteno e^li teme di riasdre importono aile aposiolichc Maettà loro, di quelln lo
• «Iterrisca il pensiere di cemparire Reo ail' inesorabil iribunale di Dio per avcrli f iTMcurati. ■
Sarebbe certaiaeote deaiderabile , cbe Ella si procurasse una pariiculare ndienza, per esporre ed aniœare colla viva voce le Pontibcie premure , ma qualora le fosse più del bisofoo prolungata , potrà ella co' molivi c riflessi di sopra indicati, e con aliri tomiglianti ch' ella è in grado di aggiunfjcrvi formame una adeguata memoria, e perqu*' eapali cb' ella §iudicb«cè più utili,£arla pcrvenire solleritamente allé isani delU Impératrice Sovrana. Gioverà similmente il rendorne initsi i due porpo ' . rats, i qculi e per aver l'accetao più facile a Corte, e per essere molio accetii a So- Traal, «perle varie reUzioni che debbooo avère col Ministero, possono co' loro ■GBcii direttamcnte, etindirettamente raolto contribuire ail' ioiento. Da successivi ra^gnagli cbe ne verranno da lei fornJfi, prcndcrà idea il S. Padre dal fnilto, che pttta sperarsi da ub(« Pastorali tne cure , c sollecitudini , ?tc, , etc.
« principal, celui qui concerne la religion; mais le danger t de celle-ci étant étroitement lié au maintien du démem-> « brement de ces contrées, le T.-S. Père s'en remet à votre . « prudence d'en entretenir Sa Majesté impériale , lorsque € dans votre audience vous réussirez à aborder la matière « de manière à ne point soulevez les susceptibilités atta- « chée« à dne question aussi délicate. »
La dépêche du 20 février est admirable; elle contient entre autres le passage suivant : < Sa Sainteté espère , en « outre, de la piété et du zèle de Leurs Majestés, et elle les c conjure, pourThonneur de Dieu et de l'Église, non-seu- « lement de faire tous leurs efforts pour arrêter les maux « actuels, mais de s'appliquer dans la diète prochaine à c tout ce que réclame l'intérêt de la religion et à tout ce
< qui est nécessaire pour assurer les établissemens , préro- « gatives, droits et possessions de l'Eglise catholique dans
< les provinces passées sous une domination nouvelle
4 En réitérant ainsi ses exhortations pressantes auprès de t Leurs Majestés, le Saint-Père craint moins de leur devenir € importun qu'il ne serait tourmenté par l'idée de paraître c devant Dieu coupable de négligence. »
D'un autre côté, le 6 mars 1773, Clément XIV adressait aux trois évêques remis en liberté, en partie par ses soins , des brefs de félicitation dans lesquels il les exhortait à ne point se relâcher dans la diète prochaine de l'ardeur et de l'intrépidité avec lesquelles ils avaient jadis plaidé la cause de l'Église de leur patrie. 11 écrivit de même au roi ( 1 ), aux
(1) Bref de fi. S. Clvmenl XIV an iti de Polojnc SUniislas An/jintr , du G mais l'J'ji.
Onissimo m Cliriilo Filio Xostiu StauLslao Auyusio, Volunioi Iteiji, etc., etc.