‹ Vico et l'ItalieChapitre 12 sur 26 · SS · texte numérisé non relu

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histoire. Si vous voulez reconstruire l’histoire de toutes les nations , prenez ces fragmens, etdis-

igni celebrata. Nam Venus principio fuit pulchritudinis humante character, quæ deindè ab humanæ ad universce nalurœ pulchriludinem à Physicis prolata est. Mater Cupidinit, qui dictus Græcis Ê«w« ab eadem origine , undè , Juno et Heroes ; eique Gratiæ attributæ cornues , nempe officia civilit vitœ. Undè Latini negocium, caussam , dixere gratiam. Nam quid Venus ex Satumo orta, nisi nata ab iis qui primi sata invenere ? Cur ex spuma mari * orta, nisi quod in maritimis urbibus humanitas maturius exeoli cœpit, in quas ab Ægypto vel Phœnkia colonise deductæ sunt ? undè Honestas et Décor et pulchritudinem et nobilitatem significant : Venus Asiæ Numen ; ubi mox sub Honarchia sunt plebibus Patrum connubia communicata ; et sic Europæis non Jugalis , sed Pronuba.

Neptunus vero signifient maris Potentiam , qua primæ gentes polluere; et Tridenle quaterc terras, hoc est , suis rapinis terrorem incutere terrarum ad mare accolis.

Apollo autem et Divinus et Canlor; quod Patres suas leges auspicato ederent, etcarminibus conceptasederent; iisque prima vitæ agendæ oracula ederent : semper Juverlis, quia connubiis nomina perennantur; unde et nominum Ælemator ; tyra insignis.qua et Orpheus et Amphion humanitatem fundarunt : et Apolle Musarum Deus, quæ ad ejus lyrœ concinunt sonum ; quia lyra, ut suprà diximus, est publici Imperïi character, quo Respublicæ fundatæ sunt , quibus omnes artes ac disciplina; debentur : et Musse monlis Pamassi , ac fontis Hippocrenis cultrices; quia in montes primi gentium auctores concesserant ; et ad fontes primi pagi constructi : et una ex Musis Urania , à TT o roi «C.pa»oi dicta , à c celo; quia ceeli contemplatrix ;

posez-Ies d’après le modèle de Rome : la mylhoogie , qui n’est qu’une expression lyrique des histoires primitives; les langues , qui se développent avec les idées; les traditions historiques mparfaitement rassemblées et défigurées par les écrivains, tout ‘s’arrange , se complète , et s’achève par l’histoire des Romains. Le drame

nam auspiciis prima humanitas instituta ; deinde a doctis habita Astronomia : et Urania Hymenan mater ; quia auspiciis justæ nuptiæ inter soios Optimos celebratæ : et Pegasus nlatus equus unguia fontem legit; quia Patres primi equitandi artem invenere ; et alœ fuerunt Pairiciorum insignia , quorum propria autpicia erant ; undè Mercurio , Amori , Satumo alæ quoque appictæ.

Veslam postremo Saturai alii filiam, alii malrem faciunt; Mairem cum Terrant significat , cui in Senatu , nempè loco Optiraorum Aram consecrarunt Athenienses, qui se Terrigenas dicebant, quod omnes Optimi se Jndigenas putabant; et post terram fuere sata, quorum Satumum diximus characterem : filiam Salurni ex Ope natam , cum significat Igncm; quod Optimi se indigenas dixere, quum infirmi eorum opem implorarunt , ut contcnti essent Agrarialege, quam iis ferebant, ut ipsorum colerent agros pro victu. Plerique omnes eam referunt ad focos et aras pubticas : et est primorum Sacrificiôrum character, quæ prima Optimi sacra fecere Diis ; et sic non zari t«?»» ab Hebræo ducta origine , sed ex vero , polius Numinis cultum, quam Numen significat. > Dr. Univ. , pag. 326-332. — Cadmi mjthologia , p. 107. — Majorum gentium character Æneas Virgilianus sex iibris prioribus descriptus , pag. 334-333.

du droit historique , qui commence sous la cabane de la famille du Latium , grandit dans la ville de Romulus , et arrive à la philosophie par les lois des empereurs , n’est donc pas un fait isolé ; au contraire , c’est un critérium, universel pour réduire à Y état de science tous les faits mutilés, obscurs ou défigurés de la philologie (1) : c'est ainsi que Vico a vaincu tous les obstacles qui s’opposaient à sa théorie du droit historique ; il a dédoublé le droit de Grotius, qui ne traitait que de la jurisprudence des philosophes ; il a opposé tout une science philologique à Descartes , qui dédaignait l’histoire , et méprisait l’érudition comme un bagage inutile (2).

(t) Hinc nos si non felici certe pio ausu de prindpih humaniicuit , cujus studium philologia est , ex necessariis argumenté à corrupti hominis natura desumptis disserere hoc libro decrevimus , et ita philologtam ad scientiœ nor* ntam exigere. I)r. Univ., pag. 187. — Problema quo nova de Philologiascientia excitalur. Nuncquære.re juvat , quænam causa tanti discriminé, quantum illud quo homo férus ab homine humano differt, quando exlex Charnus suam posteritatem in Phœniciam induxit, nnde mox in proximam Ægyptum pervenit ; Japhetus , Græcis Japetut dictus, exlex quoque in Europam eommigravit? Et cur primi gentium Sapientes in Assyria Chaldei , cum Charnus et Japetus linguam antediluvianam secum attulerint, quia priorem liumanitatem servare possent , et linguæ Babylone Semi posteritati confusæ sunt ? Dr. Univ., p. 204.

(2) Dr. Univ., pag. 186.

Le droit universel est l’ouvrage où Vico a accompli la tâche immense d’élever la philologie à la hauteur d’une science. Nous l’avons scindé par des divisions arbitraires pour en saisir les traits les plus saillans, et pour suivre la marche historique de la pensée de l’auteur. Nous en avons donné une idée générale , sommaire et exacte , du moins nous l’espérons ; mais il faut le lire pour avoir une idée du génie de Vico , pour comprendre le mouvement immense de son innovation, la masse énorme des faits qu’il élabore continuellement , les milliers de problèmes qu’il soulève et qu’il résout d’une phrase , d’un mot ; ses périodes regorgent d’explications et de rapprochemens : c’est partout un immense enchevêtrement de mythes , d’étymologies , de traditions qui s’en, tr’aideut , s’affermissent et se compliquent progressivement. A chaque pas on y est égaré par des digressions inattendues ; Vieo jette là pêle-mêle l’histoire de l’aréopage, de la curie romaine, des comices, des lois agraires, du jus nexi , de l’idolatrie, de la poésie, des lois féodales ; mais on est toujours ramené au droit historique , et tous les épisodes aboutissent h démontrer le développement progressif des idées qui sortent de l’enveloppe des lois barbares pour se fixer dans les lois philosophiques. Les tableaux du droit barbare , de la famille, les philosophies romaines, qui se dé-

gagent de la jurisprudence romaine (1), l’origine des armoiries , des lettres alphabétiques , toutes ces matières, dont une seule suffirait pour remplir des volumes, sont, dans l’ouvrage de Yico, effleurées et révolutionnées par le simple énoncé de quelque principe , et suivent toujours de près ou de loin la marche du droit historique. Au milieu de ce monde d’idées nouvelles, Vico n’oubliait jamais ses convictions catholiques, et il montrait la main de Dieu dans la pureté exceptionnelle de l’histoire juive , dans cette religion sans divination , sans idolâtrie , dans cette clientelle sans esclavage , et dans la moralité philosophique des lois de Moïse (2). — Il n’oubliait pas non plus de poser son système vis-à-vis de toutes les écoles philosophiques , et , par son vaste éclectisme, il les jugeait , les justifiait et les exploitait, sans dévier un instant de la rigueur logique de ses principes (3). — 11 serappelaitaussi queGrotius

(1) Propria Jurisprudentiæ Romanæ Philosophia. Conf. Dr. Univ., 124, 127, 148.

(2) Différences entre l’histoire juive et les histoires païennes relativement à la guerre, Dr. Univ., p.302; — au culte, 163; — à l’empire paternel, 211, 212, 27o; — aux cliens, 306; — au Jus Nexi , 211, 212; — aux lois agraires , ibid. ; — à la moralité des lois , ibid. ; à la théocratie, 276 , 292 , 293.

(3) Dr. Univ., liv. u, p. 1 , chap. v. Quæ Platonis dograata metaphysica recipienda. — Chap. vi. Ut probanda

était son véritable antagoniste , et le combattait en montrant qu’il n’avait été que le jurisconsulte des philosophes, et non pas le jurisconsulte des peuples , et qu’il n’a critiqué le droit romain que parce qu’il méconnaissait toute la marche du droit historique et la réalisation providentielle / de la justice dans les nations (1).

dogmata metaphysica stoicorum, — Chap. vit. Injustum ab Epicuro metapbysicæ indfctum bellum. — Chap. xn. Quæ moralia Platonis dogmata cum nostris constent , sive adeo cum christiania. — Chap. xm. Quæ stoicorum moralia dogmata christianis conaentanea. — Chap.xiv. Epicuri in morali doctrina lapsua. — Chap. xv. Aristotelis de finibus dogmata corriguntur. — Chap. xvn. De juris principiis christianæ religione conformibus. — Chap. xvni. Epicurus Jurisprudentiæ christianæ importunus. — Ch. xix. Platonici Jurisprudentiæ rebus commodi.

(1) Hanc originem, hune progressum , quo faspriscarum gentium natum et prolatum est , esse oportebat primum principium tractationis incomparabilis, quam Hugo Grotius de jure belli et pacis adornavit ; ut innumera loca , quibus eos libros ex Hisloricit, Oratoribus, Philosophie, Poelis cumulât, non in eruditionem tantum, sed et in scienliam dicerentur

< Quam juris naturalis gentium , et Philosophorum diversitaiem de qua nos Libro priori salis multa diximus, si præslanlissimus Hugo Grotius advettisset, neque in earum rerum doctrina Bomanos Jurisconsultes tam crebro notasses jpse autem ex veris ejus argumenti principiis processisset. Dr. Univers. , pag. 360, 361 et passim; page 71, etc.

ast

Vico comprenait la nécessité d’encadrer sa science philologique dans un système d’histoire universelle. C’était le plus facile de sa tâche, attendu son ignorance de l’antiquité, et le peu d’importance qu’il attachait au théâtre géographique de tant d’histoires si semblables à l’histoire de Rome. 11 borna presque toutes ses recherches à combiner les traditions gréco-romaines avec les données de la Bible. Voici ses problèmes et ses solutions. — A quelle époque commence l’histoire du genre humain? Après le déluge avec les trois enfans de Noé. — Quelle fut la région d’où partirent les grandes émigrations qui ont peuplé la terre? L’Orient : c’est pour cela que les nations de l’Asie sont les plus anciennes et les plus savantes ; la Chaldée , l’Assyrie , la Perse , ayant conservé en grande partie la religion de Noé, purent aussi en conserver les arts, les sciences et la civilisation. — Pourquoi trouve-t-on si barbares les peuples d’Occident? Parce qu’ils ont oublié la religion (1). — Quelle est l’origine • des géans? Ils sortent de la vie sauvage : les enfans abandonnés dans l’état de nature doivent se développer d’une manière monstrueuse , forcés qu’ils sont de grandir au milieu de la fange et de se frayer toujours péniblement leur route à travers les forêts (2). — Comment se fait-il que les Éthio-

(!) Dr. Univ., pag. 203-203.

(2) V. Dr. Univ., p. 200-207.

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