‹ Vico et l'ItalieChapitre 20 sur 26 · AO · texte numérisé non relu

AO

génies , toutes les sciences et tous les arts ; Bailly y réunit tout ce qu’il y avait de plus élevé chez les Indiens, les Chinois , les Perses et les peuples les plus anciens de l’Asie et de l’Égypte ; Dupuis y ajouta de grands athées de l’école de Lamétrie et de Lagrange. Par conséquent, la religion primitive, pour Gébelin, devint une allégorie ingénieuse des découvertes fondamentales de la civilisation : Saturne représenta l’agriculture ; Mercure, l’astronomie ; Hercule, le défrichement des terres. Dupuis montra que les peuples anciens ont adoré la nature et ses agens personnifiés dans des allégories philosophiques. Hercule , Osiris , Thésée , Bacchus , etc., n’ont représenté que des observations astronomiques appliquées à la civilisation ou à l’agriculture. Mais peu à peu la raison des hommes s’obscurcit ; les guerres ou les cataclysmes bouleversèrent ce monde primitif ; la religion perdit sa véritable signification ; on défigura les savantes allégories des premiers peuples , et Gébelin, Dupuis et d’autres écrivains se réunirent pour dire que les .mythes devinrent des fables grossières , et que les superstitions de tous les peuples , ne furent qu’une déplorable défiguration des vérités indiquées par la religion naturelle. Fréret et Bailly excellent dans cet ordre de travaux ; l’un , par scs rapprochemens chronologiques; l’autre, par une application de la géologie et de l’astronomie aux données de l’ar-

chéologie. Boulanger, Dupuis et d’autres, quoique souvent égarés dans leurs interprétations mythologiques , ont toujours le mérite de montrer des ressemblances frappantes entre tous les cultes de l’antiquité.

C1IAP1RE II.

Page 1