LA PHILOSOPHIE OU DROIT ROMAIN
On fit observer à Vico qu’il fallait chercher les traces de la philosophie de Pythagore dans la religion et dans les lois de Rome , et non pas dans les étymologies du latin (1): ce fut alors qu’il s’aperçut de toute l’opposition qu’il y a entre la philosophie de Pythagore et les idées , les mœurs et les lois des Romains. Les pythagoriciens étaient des philosophes, les Romains étaient des barbares ; la morale et le droit des pythagoriciens étaient engendrés par des principes philosophiques; les lois des Romains étaient le résultat de la force et des intérêts. 11 y avait donc une contradiction entre la vérité philosophique
(1) Voir sa polémique avecle Journal desSavans dePise, vol. u des Œuvres complètes.
et la vérité populaire ; cette contradiction devenait immense quand Vico lisait Grotius. Il trouvait alors que la discordance entre le droit romain et le droifrpythagoricien n’était qu’une partie de cette lutte qu’il y a entre la vérité et le sens commun , entre l’autorité de la raison et celle des traditions , entre l’histoire et la philosophie. Faut-il condamner l’histoire ou la philosophie , le droit romain ou celui de Grotius? Voilà le problème de Vico. Il le résolut neuf ans après la publication du Traité métaphysique, et il concilia l’autorité et la raison par l'entremise de son pythagorisme leibnitzien. L’homme , pour Vico , était un composé d’esprit et de matière , d’âme et de corps , d'idées et de sensations ; les idées étaient innées et latentes , le rôle delà sensibilité était de réveiller occasionnellement les idées , et il y avait une harmonie providentielle qui mettait en relation les deux facultés de l’intelligence et de la sensibilité. Eh bienl dans l’histoire , se disait Vico , il y a la vie du genre humain , par conséquent il y a de la matière et de l’esprit, de la sensibilité et de l’intelligence ; en d’autres termes , une physique et une métaphysique , et une harmonie providentielle qui conduit les peuples à la connaissance des idées ou de la justice philosophique par les occasions de l’utilité ou de la violence.
Ce mouvement décida du sort de Vico , et lui
donna un nouveau point de vue , et tout une interminable suite de problèmes sur l’histoire et la philosophie du droit. Yico voyait la vertu, la justice , se détacher de Dieu , combattre les passions , égaliser les biens , se développer par triades pour régler les droits de l’homme , de la famille et de la nation. Nosce, velle, posse, voilà la triple division qu’on rencontre dans la divinité et dans l’homme ; elle engendre la prudence, la tempérance et la force, puis la propriété, la liberté et la tutelle , qui s’impliquent toujours dans une unité indivisible, comme la sagesse , l’amour et la toute-puissance de Dieu. Voilà la cause , et pour ainsi dire le point métaphysique qui enfante la justice, considérée comme l’œuvre de la raison (1).
Dans l’histoire , il y a un monde physique ; on y trouve les phénomènes, la matière, c’est-àdire , les intérêts , la force et la condition matérielle de l’humanité. La justice de l’ancien droit romain est un privilège , ou plutôt c’est la raison d’état des patriciens : la justice , au temps de la république , n’est encore qu’une transaction entre les intérêts de l’aristocratie et ceux de la grande majorité du peuple ; plus tard , la justice des empereurs ne devient générale et philoso-
(1) Voir le Droit universel, vol. m des OEuvr. compl., p. 2i et suiv.
i il
phique que parce que les intérêts du prince se fondent avec ceux du peuple et de l’humanité. Voilà le côté physique du droit , l’œuvre des intérêts.
Mais l’histoire ne détruit pas la philosophie , comme la physique ne détruit pas la métaphysique. Pendant que l’histoire romaine développe un droit tout physique par le moyen des intérêts ( nécessitas et utilitas), peu à peu on arrive au droit philosophique dicté par la raison. N’est-ce pas la sensation qui développe occasionnellement les idées dans l’homme? Eh bien ! la nécessité et l’utilité sont autant d’occasions sensibles qui dégagent, dans l’histoire , les idées latentes de justice et d’humanité. Ainsi , tandis que les hommes, poussés par leurs intérêts , cherchent la satisfaction des besoins matériels , le coure providentiel des événemens les entraîne à leur insu à réaliser le type éternel de la justice déposé dans le fond de la nature humaine. Pour s’en convaincre, on n’a qu’à suivre l’histoire des lois romaines.
Elle commence par les lois barbares des patriciens, par les imitation.es violenliœ , qui récèlent le droit de la force à peine comprimé. Les plébéiens sont foulés aux pieds par le sénat des seigneurs féodaux ; mais , poussés par le malheur, ils réclament leurs droits , et les obtiennent en partie par la loi barbare des douze tables. De nouveaux besoins surgissent , le nombre et la
force des plébéiens augmentent , l’on adoucit la dureté de la loi par des fictions , et l’équité sc développe dans lo droit des prêteurs. Plus tard, quand les empereurs favorisent le peuple pour exterminer la puissance des patriciens , c’est encore l’intérêt qui dicte le droit impérial ; mais tous les vieux privilèges tombent , le droit de la force disparaît ; il esfremplacé par un droit tout rationnel , et les jurisconsultes deviennent philosophes. Ainsi Dieu , par une harmonie préétablie entre les idées et les intérêts , dirige l’histoire vers la philosophie , et , par le moyen des besoins tout matériels , il réveille occasionnellement l’humanité dans l’homme , et lui fait accomplir providentiellement la mission de se connaître lui-même (Nosce teipsum). G’est donc par l’histoire que les peuples arrivent à remplir te devoir imposé par les philosophes, et le travail de l’histoire finit par se confondre avec celui de la philosophie (I).
(1) Vico attribue toutes les erreurs des philosophes et des philologues à la scission entre la philosophie et l'histoire. Voici quelques passages où il médite la réunion des deux sciences :
— « lu cujus dissidii et inconstantiæ caussas inquirens , eam tandem esse animadverti quod pluribus atque aliis non uno eodemque principio Jurisprudentiam niti hactcnus putavere, nempe rationc et nucioritate , quasi auctoritas ex libidino nasceretur, nec ratiouis pars quaedaœ esset.
Quand on fait la revue rétrospective de l’histoire romaine, on rencontre d’abord le droit
ex qua ipsa caussa universim philologiæ et philosophiæ dissidium factum est ; neque philosophi auctoritatum rationes unquam investigarunt , et philologi vel ipsa philosophorum dogmata tanquam bistorias spectant. > Or. Un., pag. 9; Voilà le but principal de Vico : « Sapientiæ propriumest in omni sentcntia constare,unde sapiens constet in omni vita. ïgitur ut Jumprudentiœ suam adstruamus C omtantiam in hoc libro II , quicquam usquam de Principiis Divinæet Humanæ Eruditionis scriptum dictumvesit, quod cum Principiis quæ lib. I posuimus , congruent , verum; quod dissenserit, fatsum esse, per sequentia ex iisdem nostris Principiis Corollaria demonstremus : quæ crat tertia pars nostræ Dissertations univcrsæ. Et quando Dis. ciplinæ omnes ad hæc duo summa généra revocantur , ut aliæ circa necessaria naitiræ , alise circa placita kumani arbitrai versentur , ilia pro nostro argUmento ad Pkilosophiam, hæc ad Philolog'um retulerimus , ita tamen ut Philologia à Philosophia , non , ut hactenus à Græcis Latinisque omnibus factum est , distrahatur ; sed hæc posterior, ut par e6t , prioris necessaria sit consecutio : et ita Jurisprudentis Constântiam formare et firmare conabimur , ab utraqueejus muneris parte in legibus interpretandis , altei-â rationem æteruam spectare PhUosophum , altéra Philolorfum vert)a legum expendere. » Dr. Univ. , page 160. Il revient toujours sur cette réunion de la philologie et de la philosophie , pag. 51 , 1 22 , 21 4 , 242 , etc.
Tout l’ouvrage de Vico se fonde sur la distinction entre la certitude et la vérité. — * Duo verba sont , Ve mm et Certiim, quæ distingui oportet, uti falstm omnes distinguait à dubio : quare quantum distat à dubio faisant , tan-
philosophique , puis sa pâle image dans les fictions du droit prétorien , puis une image encore
tum distet à vero certum : quæ duæ res , nisi statuantur aliæ, cum multa vera sint dubia , ea essent dubia et certa simul ; et contra cum innumerafalsapro certis habeanlur, ea falsa simul et vera essent.
Verum gignit mentis cum rerttm orditw conformatio : Certum gignit conscientia dubitandi secura. Ea autem conformatio cum ipso ordine rerum est et dicitur ratio : quare si æternus est ordo rerum , ratio est œtema , ex qua verum æternum est : sin ordo rerum non semper , non ubique, non omnibus constet , tune in rebus cognitionis ratio probabilis, in rebus actionis ratio verisimilis erit. L'tautem verum constat ralione, ita certum nititur auctoritalc , vel nostra sensuum , qua dicitur aù™ -^La, vel aliorum dictis, quæ in specie dicitur auctoritas; ex quarum alterutra nascitur persuasio. Sed ipsa auctoritas est pars quædam rationis : nam si sensus non falsi sint, vel aliorum dicta sint vera , persuasio vera erit; sin sensus, aut dicta falsa, erit persuasio quoque falsa, ad quam omnia, quæ dicuntur prœjudicia, revocantur. « Dr. Univ. , p. 13.
L’utilité est l’occasion du droit , l’honnêteté en est la cause. « Utilitates ex se neque lurpes neque honestæ ; sed earum imequalitas est turpitudo, æqualitas autem lionestas : utilitas corporis , quia corporis , fluxa ; honestas autem æterna , quia æterno vero constat , et quidem mente constat : fluxa æternum non possunt gignere , nec corpora, quid suprà corpus ; occasio autem caussa non est ; quod Hugo Grotius in hâc disputationc, cujus est cardo, non vidit : non igitur utilitas fuit mater juris et societatis humanæ ; sive ea sit nécessitas, sive melus, sive indigentia, ut Epicuro, Macbiavello, Obbesio , Spinosæ , Baylæo ad-
plus effacée dans les formules ( imitationes vio lentiœ) de l'ancienne jurisprudence; enfin, le*
lubet; sed occasio fuit, per quam hommes natura sociales, et originis vitio divisi , infirmi et indigi ad colendam societatem, sive adeoad celebrandam suam socialem naturam raperentur.
Igitur id gravissimum ejus exempluraest, quod, Ulpiano referente, Pædius ait : Quoliens lege atiquid union vel allerum introduction eu, bona occasio eu, cetera , quœ tcndunt ad eandem utilitatem, legc supplere. Homo erat Cactus ad Deum contemplandum colendumque , et ad ceteros hommes ex IJei pietate complectendos , quæ erat honestas integra : bonæ igitur occasiones fuere uses et nécessitas, quibus Divina Providenlia , rébus ipsis dictanlibus, ut eleganter ait Pomponius , hoc est ipsarum sponte rerum homines originis vitio dissociatos , non ex honestate integra, quæ ex animo tota erat, præ Dei pietate, quia non integros\ sed ex aliqua honestatis parte, nempe ex corporis utilitatum æqualitate, quia magna et bona parte corruptos ad colendam-societatem retraheret.
Quamobrem concludendum , uti corpus non est caussa, sed occasio , ut in hominum mente excitetur idea veri ; ita utilitas corporis nbn est caussa , sed occasio, ut excitetur in animo voluntas justi. » Dr. Univ. , p. 26.
Le droit philosophique est vrai ; le droit historique est certain. « Hoc jus civile commune, quod diximus, est jus commune omnium populorum, quod dicit Gajus ubi jns civile définit : omîtes populi qui legibus et moribus regunlur, partim suo proprio, pariim communi omnium hominum jure utuntur: idque Divina Providenlia quia rebus ipsis dictanlibus inter gentes seorsim ad cujusque populi tranquillitatem ipsarum moribus explicavit; quo civiles Potestates id divisiih edoc.
droit de la force , qui offre encore un reflet du droit philosophique, et se distingue toujours
tæ, facilius conjunctim in jura bellorum convenirent. Quod jus couununibus gentium moribus explicatum est Jus naturule JurUconsultorum, à Jure naturali Philosophorum longe diversum , quod ii ad RationisÆternæ libellant severissime exigunt. Sed enim cura respublicæ Optimalum , ut inferius dicemus, ferme omues sint vel sub régna redactæ, vel in libertatem resolutæ , quæ duæ rerumpublicarum forma) ex ordine magis naturali quam civili regunlur, ut inferius dicemus quoque; iisdein de caussis juris majorant gentium velustioriun custodia, qua potissintum slabant antiquæ Optimalium respublicæ ( namque id ejus reipublicæ proprium , custodia patrii moris , ut mox etiam dicelur ) , est relaxata : et ita in privatis rebus agendis ea violentiæ imitamenta , quæ supra memoravimus , cessere ; et sic cessere juris civilis communia solemnitates; et jus populorum seu gentium commune proprius accessit ad jus naturale ; et solemnis mancipatio, ex. gr., in simplicem traditioncm abiit; et ita simplex rci tradilio inter moilosacguirendi dominii jure naturali gentium est numerata. At enim jure naturali Philosophorum sola animi destinatio à domino facta de transferendo rei suæ in alterum dominio , id transfert ; et natura quidem humanæ societatis signum aüquod postulat , ut suprà diximus, sed quodcuuque sive verbis sive adeo nutu sat est , ipsius autem rei traditio necessaria non est. Sed quia respublicæ , etiam regiæ , etiam liberæ, in jure civili seorsim sibi condendo pro suæ cujusque reipublicæ forma , nernpe ex ordine naturali , non ad vera , sed prorsus incerta naturæ , sed ad certa spectarunt.quæad vera naturæ proprius accédèrent; idcirco délibérait animi de transferendo rei dominio in dominis
dans le triple droit de la propriété , de la liberté et de la tutelle (1). Pourquoi cela? Parce que l’homme n’est méchant que par ignorance , et parce que dans ses actions violentes , il jette à son insu les premières bases du droit , et s’approche du code éternel des lois divines. 11 en
signum firmius quam verba et nutus esse voluerunt. Cum igitur Jurisconsulli Romani , et quibus Corpus Juris Romani coaluit , floruerint , cum respublicæ ferme omnes vei liberté essent , vel régna ; nil mirum si , quuni de modis daminii acquirendi agunt et de coniractibus, jus naturale mixtum ncmpe ex Certo definiunt , uon jus naturale Philosophorum , quod recte merum Grotius appellat. Quarc laudandi qui in Tit. Inst. De Jure nalurali gcniitm , et ci-; vili j virgulam expungunt, in quibus est liermannus Vultejus, omnium qui commentarios ad cam juris partem scripsere facile princeps. Hæe si Grotius advertisset , is certe Jurisconsultes Romanos super eo argumento non reprelienderet : qui ipsi , si antiquissimis temporibus, quibus omnes respublicæ fuere Optimal uni, scripsissent, Jus naturale gentium describcrent , quod Jus civile Romanorum • proprium hactenus putatum est. » Dr. Univers. , pages G9-74.
(t) Et per fabulas quas primi Optimüpsi sibi finxerunt, Cœlum fulminibus loqui , avium volatibus nuere , unde Dei voluntas Ntanen dicta , nefariæ libidini muititudinis irapiao obviam itum ; deindè violentiæ imitamentis jus civile commune ortum, et jus Optimum -fabulis inductum est; jus Quiritium juris Optimi simulacrum ; jus Prætorium juris Quiritium imitatio fuit ; per has omnes, inquam, fabulas juris, veritas naturæ intecta prodiret tandem in usus Christian* Religionis. » Dr. Univ., page 455.
est des états successifs de la société comme de l’échelle des êtres et des monades : ce sont autant de microcosmes du vrai droit; ils se trouvent disposés dans une série progressive. Tout est vie, tout est progrès dans l’histoire ; le droit y subit une transformation continuelle jusqu’à ce qu’il arrive à la claire et distincte perception de lui-même ; le mal est une négation , les malheurs sont autant d’occasions pour hâter le réveil de l’humanité. Ici Vico ne craignait pas de remplir la lacune qu’il avait laissée dans la théorie des points métaphysiques , et établissait un panthéisme historique qui sortait directement des monades leibnitziennes et de l’harmonie préétablie entre les deux substances qu’il avait déjà réunies dans ses points métaphysiques (i).
(1) Voici le trait d’union qui lie la jurisprudence de Vico à sa théorie des points : — «Jus autem naturale cum anliquis Juris Interpretibus , naturalis æquitaiis investigandæ solertissimis Philosophis, fecimus duplex, prius et potierwt ; et utrumque vi, seu conalu constare diximus. Sed omnem conatum corporibus abnegavimus : conari enim nihil aliud est nisi alienum subsistere motum : in conatu cnim curva virga est, quum in adversam partent indexa manet ; sed conatus non virgæ est, sed manus, quæ virgæ motum in oppositam partem subsislit. Itaque in nostra Meiapkyûca , et in Epiftolis quas ad eam scripsimus , omnes conatus e pbysica ejecimus, et ad metaphysicam ablegavimus : nam posse subsistere orpo ris motum ejusdem est, qui dare polest , nempe mentis et Dei : et Phijosophus plane non
En conciliant dans le droit, comme dans la philosophie, la physique et la métaphysique, Vico embrassait en même temps , par un vaste éclectisme, les doctrines matérialistes et platoniques ; il trouvait que les épicuriens avaient bien connu la physique du droit, qu’il fallait analyser les intérêts avec Machiavel , mais qu’on ne devait pas nier la justice, parce que ce publiciste ne pouvait pas l’expliquer par la matière. De l’autre côté , il trouvait que les métaphysiciens , Comme Platon , avaient présenté d’admirables considérations sur le droit rationnel, mais qu’ayant négligé le droit politique, ils avaient fini par se
est, qui conatus corporumveros esse motus negaverit : nam conatus est corporis ; sed non à corpore , et qui corporibus conatus altribuit , idem et iis attribuât occulta naturæ consilia, ingénia, studia, sympathias, antipathias. Hinc Jus naturale prius brutis animantibus abncgavimus , quæ est vis corporis excisa à cupiditate , quam bruta animantia non habent , sed quandam cupiditatis imaginent , quam appeütmx dicunt; qui non est vera cupxditas , cum liberum non habeant bruta principium , quod ipsorum motus subsistera valeat. Jus autem naturale posterius est vis veri et rationis, quæ in conatu cupiditatem habet, sive subsistit motum cupiditatis: et diximus jus naturale posterius priori indere formant juris ; quia ei indit immutabilitatis notam in eo quod fieri per naturam non potest , ut prius per naturamnon liceat. » Dr. Univ., pag. 176-177. — Conf. De Antiq. liai. Sap., vol. 11, pp. 68 , 71, 135; et Dr. Univ., lib. î, § lxxv.
trouver en contradiction avec l’histoire, qui ne pouvait pas marcher avec eux.
Quelle est l’origine du droit romain ? En d’autres termes , quel est le commencement de ce droit politique que l’histoire romaine nous présente déjà dans le patriciat? C’est là un problème qui s’.offrait naturellement à Vico, car celui-ci se voyait forcé d’expliquer par quelle suite d’événe» mens les hommes solitaires et isolés, tels que nous les présentent Grotius et Hobbe, dans l’état de nature, étaient parvenus à se constituer dans le patriciat de Rome. Ce problème impliquait l’origine du mariage et de la famille , des propriétés territoriales, et surtout de la religion, qui est le fondement de la société. Visiblement embarrassé dans sa recherche de l’origine de tous ces élémens, Vico imagina un petit roman qu’il donna comme un postulat (I ) , puisqu’il lui fallait
(1) Familiæ primum rerumpublicarum rudimentum altérant clientelæ. — < ld (l’origine du droit historique) nos in nostra Hutoria Temporit Obscuri , quæ universi Juris genüum quædam fax erit, lit». 11 præstare conabimur : in præsenti id solum tantisper tn omnesque alii Eruditi teneatis, quæso, quod, nisi fallor, postulanti haud facile negare possitis.
in statu exlegi corrupta natura tulit, ut innumeri omnem sununi N'uminis religionem exuerunt ; effreni libidine incertos , et quia incertos etian) nefarios concubitus, celebrarcnl ; desides vitam onmem inertem viverent : et vient
une supposition quelconque pour remonter du
patriciat jusqu’à l’état de nature. Les hommes ,
fœdo, quem de ipsis dicit in Ane Iloratius , cadavera inhuniata relinquerunt canibus corvisque voranda. At hercule aliquot fuisse necesse quoque est , qui pudore illius incertæ et nefariæ veneris et fœdi victus commoti , de media ilia erronum multitudine se proripuerint , et quando Divinatio anliquissima inter Orientales est, quæ auspiciis potissimum constat , uti Malematiea seu Astronomia judiciaria brevi post Diluvium nata apud Chaldæos in Oriente; necesse est utavium volatus Numen falso putarint , quos quia de cœlo observabant , à verbo oio; originis Græcis Latinisque communis, ut vox Dicspilcr docet , Divinum appellarunt ; unde et ipsa Divinatio dicta, quæ Juris Divini potissima pars apud gentes habita est : éaque ratione necesse est ut ilia insigni ruditate per auspicia Deos se consulere crediderint, auspicatocertas sibisedes agrosque occuparint , et per lucos in ara quisque sua Deos coluerint : undè nunquam à Latinis tucum sine religione , aut ara aliqua appellalum reperias. Hinc etiam necessario factum quodisti falsi pii , ut qui non vagi et erronés, sed certis sedibus hærenies certas indidem quoque sibi uxores conjungerent; certossibiflliossusciperent, qui connubium, seu jus nubendicitra nefas babebant : captos auspiciis agros, quia ibi manere perpétue debebant , terminisque positis drvisos , contenti quisque suo , eos industrii colerent : et cum certi essent patres, certi fllii, certæ uxores, inter ipsos necessario Humanilat primum nata , quæ proprie ab liumaudis mortuis dicta est : eaque ratione sui suorumque lutelæ ligna junxisse, casas collocasse necesse est : undè sensim pagi constructi , et majores gentes conditæ ; sed gentes nativa signifleatfone et propria , quant recta Ro- .
disait-il , errent d’abord comme des bêles fauves, mais quelques uns d’entre eux sont bientôt frap-
inani recepere, ut significarent virilem stirpem in plures familias divisant.
Proinde ex universa ilia multitudine exlegi hi soli ex falsa persuasionc (quæ in ilia summa rerum imperitia et ruditate ipsis facillima probatu fuit ) falsi pii , Dcof observarent; et quia pii, prudentes sibi visi, qui eosdem per auspicia considèrent ; temperaù, qui castam Venerem colerent; fortes, qui indomitos agros culturæ subigerent ; ita ut ex Deorum falsa religione videas has imperfectas virilités inter eos ortas, qui optimi et à virlute dicebantur Viri, quibus respondent Græcorum Hpw«? , unde Ileri fortasse Latinis dicli : atque ii ipsi erant qui patrts nominc cleri possent ; ex quibus veri majorum gentium Patricii oriebantur : indidem ii qui gentem , seu communem virilem stirpem haberent : à quibus Jus majorum gentium , quod cum Græcis proprie lipwr/ô* appellares, nempè antiquiorum ante civitates fundatas ortum habet : quæ initio facto per auspicia à Jure divino, sepulturis jus liumanum ab huniandis mortuis condere institueront.
Per banc narrationem tu hue interea retuleris, secundam originariam omnium omnino jurium acquisilionem , quæ per ngrorum divisionem terminis positis jure majorum gentium facta est , qua rerum dominium naturam mutavit , ut quando terrarum prius erat dominium ejussimile, quod habet populus lheatri, ex. gr.,thermarumvelstadii; deinde ea dislinctione factum est dominium , quo res sunt et manent singulorum.
Quod autem is status exlex diu perduraril in insignem generis humani frequenliam , argumente sit , quod Romani sub Regibus, qui ad ducenlos quinquaginta annosregna-
pés par le spectacle de l’univers, ou plutôt atterrés par les éclats de la foudre. Alors ils soupçon-
runt, ad vigenti urbes oppidaque cepere; nec tamen , ut Divus Augustinus De Civilatc Dei refert , ultra quant viginti milliaria nostris tertio ferme breviora Imperium protulere.
(gitur cum inertibus copia non tanta esset de terræ sponte natis victitandi , necesse est ut ex ea ipsa multitudine impia et nefaria infirmes subierit industria, qui vitæ necessaria æstate vix et ægre , per quæ manserunt incuba, legerent , et in hyemes asservarent , contra robusti ac violent!, ut natura fert, feriati vel Optimorum culta furari auderent , vel lecta sive adeo asservata ab infirmioribus rapere.
Sic Optirrn, qui venere propudiosanon résolut!, cultura agrorum exerciti, gentis factione feroces , ac proindè opümi seu fortissimi dicti (nam priscis bonus qui nunc fortis, uti forius , qui nunc bonus erat ) facile violentos ac temerarios ob suarum rerum tutelam in furto intra ARAta deprehensos occidebant : et ita imperium dorai inter suos ortum foris tutelæ quoque jure in alienos prolatum est.
Ad eam virtutis famam excili infirmi , ubi injuriis premebantur à violentis , ad lucos et aras Optimorum confugisse h æc natura rerum sic comparata suadet ; à quibus in eas leges recipi ipsius dominii mutata natura dictabat, ut quando in agros Optimorum proprios salutis caussâ confugissent , quos Optimi assignassent ipsis , colerent agrosr, suisque operis vitam sustentarent , pro quo beneficio præterea obsequium præstarent Oplimis : et ita clieniela; ortæ, quarum propria assigna tio, qua clientes colendis agris erant addicti : et partes duæ, operœ, obsequiumque,
nent l’existence d’un Dieu; ils le craignent, honteux qu’ils sont de leur promiscuité; ils
quæ clientes debebant Oplimis , tanquam Palroni s : et Patrie» , hoc est , qui patres certos Domine ciere possunt , haberent agrum , auspicia , gentem , connubia , lucos , aras ; clientes nihil horum haberent. Undè in Historia universa vides llispaniam , Africam , Callias maxime et C.ermaniam , Britanniam , Italiam Græciamque scatere clicnübut.
Atque id est Asylum, quod Livius dicit, velus urbes condentium consilium ; sed per hæc quæ nunc sic perstriclim innuimus , latius in Ilisloria Temporis Obscuri exequemur, vettu urbes condentium jus multo verius dixissel.
Et ita elienlclœ , alterum à familiis expressius rerumpublicarum Rudimcnlum fuit; utpote quæ ordinesimperandi, et parendi longe ampliores induxere : quas Bomulus , ut Plutarchus in ejus Vila refert,ab boc antiquissimo gentium Jure recepit; deindè Romani sub Regibus aliis, et in republica iibera moribus transformarunt.
Atque id est Jus Optimum nativa significatione appellatum Jus Forlissimum , quod Optimi , Forlissimi habebant agrorum , quos clientes non sibi colebant , sed Optimis ; et si detractarent, exlege operarum tiexi ab Optimis nervo constringebantur : et ita (ides proprie cliorda ,nervus fuit , primum nonien potcstalis et imperii : undè loculiones, quas diximus, mansere, ftdem implorare , implorare polestatem ; recipere in finem , recipere sub imperium.
Idque est célébré Jus nexi multo ante Romam conditam natum. Quare Majoragius merito ait cap. legis XII Tabb. de nexis ex Solonis legibus non fuisse translatum , euro à Iivio ante XII Tabb. nexi narrentur debilores : quibus addas ob jus nexi à Patribus sæviter in ptebes exercitum
s'emparent d’une femme , etvont se cacher dans les cavernes. Là sé forme la première famille. Toutes les actions de la famille sont dirigées par la crainte de Dieu; on consulte les augures, qui sont le langage divin ; on cultive la terre , parce qu’on n’ose plus s’aventurer au milieu des bois , et parce que la chasse ne suffit plus à la nourriture; les plus hardis parmi les sauvages veulent s’emparer des fruits des champs , mais ils sont tués par lo père; les plus faibles viennent se réfugier sur les terres cultivées pour se dérober
uli Romæ , ita Athenis ante eam legem sæpe turbatum.
Sed et natura fert ejus status tandem clientes periæsum esse, ut aliis semper colerent agros, suas junxisse vires, atquc ita primum plèbe» extitisse , quæ consurrexere contra Optimales : undè etiamnum Oplimatum et plebit vocabula obtinent , ubl turbis et seditionibus respublicæ motæ sunt; atquc Optimates dicuntur, qui stant pro status tutela, plebs quæ res novas molitur ; quando republica guida multitudo quidem plebs, sed illi Patres vocantur.
Per banc occasionem Patres jam natura sociales statim æquum jus agnoverunt, et œqui inter se juris fruendi caussa sua patrimonia , suas familias, suas potestates patrias rebus ipsis dictantibus in commune tanguant in unam personam contulerc : namque tum ad speciem , tum ad terrorem Patres se in ordincm dircxerc, ut piebis motibus obsisterent : et ita ordo natus ; quem , qui inter ipsos proceritatc corporis animique ferocia emineret , regeret ; et ita regium nomen principio in terris ortum; et primi Rcgcs ipsa corporis dignitate et animi præstantia ex hac rerum natura ipsa extilere. » Dr. Univ., pp. 81-58.
aux violences des plus forts ; ils y reçoivent protection, mais ils perdent leur liberté et sont obligés de labourer la terre au profit de la famille. Ainsi les sauvages gravitent autour de la société domestique ; les uns ensanglantent les limites des champs, lesautresse groupentsous la domination du père : peu à peu l’agriculture s’étend, la grande forêt de la terre s’éclaircit ; les sauvages disparaissent , et tous les hommes se trouvent distribués en autant de fiefs isolés. Le père est le maître de la femme, des enfanset des transfuges ; ceuxci sont les plus malheureux ; durement exploités par le père , ils meurent souvent de faim sur le sillon baigné de leurs sueurs. Mais à la fin, ils se joignent aux infortunés qui gémissent sous la tyrannie des autres familles ; ils se trouvent les plus nombreux ; l’émeute gronde , le cri de la révolte court dans tous les champs. Les pères se réunissent à leur tour pour étouffer l’insurrection , et stipulent le premier pacte qui les constitue en une caste. La fédération des pères se laisse diririger par le plus hardi d’entre eux ; l’émeute reste comprimée par le patriciat , et toutes les institutions sociales sont assurées contre la révolte qui menaçait de les anéantir. Telle est l’origine de la ville. Toute ville sort du pacte fédéral des pères , consacre de son existence une victoire patricienne , et règne par un sénat qui réprime la masse des plébéiens. Au commence-
ment de Rome , le patriciat a le privilège de la famille et de la religion ; il est le maître des terres, des magistratures, du gouvernement; devant lui , les plébéiens ne sont que des étrangers ( réfugiés ) , des fils d’esclaves , sans terres , sans mariages , sans successions , condamnés à labourer la terre des patriciens. — C’est par cette hypothèse que Vico allait prendre le genre humain, dans l’état de nature , au milieu de la guerre de tous contre tous, le conduisait à la société par des fiefs isolés , et expliquait l’origine de la ville en faisant remonter à l’état de nature les institutions romaines et les émeutes plébéiennes.
Le point de départ une fois déterminé , Vico soulevait un à un tous les grands problèmes de l’histoire romaine , et les résolvait d’après sa théorie du droit historique. — Quel fut le premier gouvernement de Rome? L’aristocratie : les rois étaient les chefs des patriciens. Les Tarquins furent expulsés , parce qu’ils voulaient empiéter sur les droits des nobles en favorisant la plèbe : quand ils furent chassés, on substitua les consuls (reges annui ) à la royauté (1). — Quelle fut la marche des plébéiens? D’abord ils ne formaient qu’une masse de serfs; chargés de dettes, ils étaient enchaînés dans les prisons des patriciens s’ils ne payaient pas. Ils étaient à la merci de
(!) Dr. L’niv., pages 112, 142, 340, 374,
l’aristocratie , et ils furent plus d’une fois sur le poiut d’abandonner la ville. Plus tard , ils obtinrent des tribuns ; alors la lutte devint légale. — Le principe plébéien une fois admisse développa. Ua jour la plèbe voulut une législation publique, et, par la loi des douze tables, elle arracha son droit à l’arbitraire de l’aristocratie ; un autre jour «lie s’émancipa du servage de la glèbe, et devint tributaire; puis elle voulut le connubium, çt , par là , elle obtint la légalité de la famille et des successions ; puis on supprima les prisons particulières, et les patriciens ne furent plus les maîtres de leurs débiteurs. Jusqu’ici la plèbe s’était bornée à la défense, mais son pouvoir s’était accru, et elle demanda le partage des magistratures et du sacerdoce ; l’aristocratie ne pouvait pas résister, et, après de longues hésitations , elle s’engagea dans ces concessions qui la ruinèrent. — La plèbe se trouvait froissée par les vieilles lois , et ne pouvant pas les abroger, çlle les tourna par les fictions du droit prétorien : ensuite , elle voulut de nouvelles lois , et peu à peu les innombrables privilèges des lois tribunitiennes fondèrent tout un droit privé en dehors de l’ancien droit imposé par les patriciens. — Qu’était-ce que le connubium? C’était le mariage sacré et solennel d’où sortaient la famille , les alliances et les successions des nobles ; sans connubium , la loi ne reconnaissait ni les fils, ni l’hérédité. De là le
grand mépris des patriciens pour la race plébéienne, qui agitabat connubia more ferarum. De là le malheur des plébéiens , qui , à leur mort, ne pouvaient pas transmettre d’héritage à leurs enfans. De là l’intérêt des patriciens à refuser le connubium, pour rentrer en possession des terres à la mort des feudataires (1).— Qu’était-ce que le jus nexi ? C’était la chaîne , le lien matériel qui tenait les réfugiés dans les champs des pères ; plus tard , ce fut la chaîne qui tenait les plébéiens endettés dans les prisons particulières des nobles; enfin , ce fut toujours le symbole du droit des maîtres (quiritarium) ; il représenta toujours la propriété féodale des patriciens, et quand on le supprima, on brisa le véritable lien féodal qui maintenait les plébéiens à la merci des nobles (2). — Quelle fut la marche du droit sous les empereurs? Les empereurs continuèrent la mission des tribuns, multiplièrent les lois du droit privé , accordèrent une grande liberté aux préteurs et aux* jurisconsultes , abolirent complètement F ancien droit patricien , étendirent aux provinces l’émancipation des plébéiens, et pré-
<t) Conf. Dr. liniv. , pages 270 , 27t, 274,376, 378,
(2) Jus Nexi : chaîne des serfs , Dr. Univ., pages 54, 55, 510 ; — symbole du droit de propriété, ibtd., 66 ; — source du droit public et piivé , 3H, 376; — modifié par les lois agraires , 318.
parèrent le monde à l’égalité de l’Évangile. Le code civil promulgué à Bysance commence par ce titre : De summa Trinitate et fide catholica. — Le droit féodal est-il né des réminiscences du droit romain, comme le prétend Oldendorp? Non. Quand la société recommença sa marche , les mêmes causes reproduisirent les mêmes effets. L’ancien droit quiritarium était féodal, et contenait en germe le droit de la république et des empereurs ; le nouveau droit féodal était patricien, et contenait en germe les principes de l’équité moderne, dont le développement fut hâté par la découverte des Pandectes , quand les peuples et les rois ont prévalu sur les aristocraties du moyen âge(l).
C’est ainsi que Vico se posait et résolvait toutes les questions agitées depuis Irnerius jusqu'à Cujas ; chaque problème , pour lui , était une occasion d’étendre sa théorie du droit historique, et de développer toute une nouvelle science du droit romain. Vico était novateur» cependant il affectait de trouver ses idées daiis les maximes des anciens jurisconsultes ; souvent il dénaturait le sens du Digeste pour se dépouiller de ses propres découvertes. Il ne rejetait aucune des classi-
(1) Dr. Univ., lib. i , § cxxix. Jus Quiritium quoddam jus feudaie Iiomanorum. — - Jus Iiomanum ex Jeudis non ex Jure romano feuda.
fications anciennes, ni aucune des distinctions de la scolastique , et n’était mécontent que des innovations de Grotius. Fidèle à son rôle de défendre les traditions contre la critique moderne , il voulait paraître l’esclave des anciens, et allait jusqu’à entrelacer toutes ses idées dans les triades pythagoriciennes; de sorte que son ouvrage; étrangement découpé, écrit dans une langue morte , et hérissé de sentences d’Ulpien , de Nævius, de Florentin, etc. , offre une apparence d’antiquité, qui le rend en même temps imposant et difficile à comprendre (1).
(t) Histoire du Droit romain. — Jurisprudence patricienne. Dr. Univ., lib. i, § cxxiu, de Jure Quiritium Romanorum ; — § cxxrv , Jus Quiritium Romanorum, Fabula juris gentium. — Imitationes violent iæ, mancipatio, usucapio, usurpatio, obligatio, vendicatio, manus consertio, conditio. Fabulæ juris antiqui. — § exxv». Prima lex civilis agraria. — Dominium Bonitarium cum republica natum. — § cxxvu. De Jure oplimo Romanorum. — § cxxvui. Jus Quiritium quoddam jus feudale Romanorum, etc. — § cxxxm. De Jure Quiritium publico. — » § clvii. De Jurisprudentia arcana Romanorum. — § clxxi. Soli Patrie» Romani Jurisconsulte — Jurisprudence romaine à l’époque de la République , lib. 1 , § clxx». In bona republica libéra omnia senalusconsulta de jure publico. — § clxxi». In bona republica libéra nullæ leges consulumdejureprivato. — •§ clxxx». Jus antiqnum ficiionibus totum scatens ( prisca Jurisprudentia poëma quoddam ). — § clxxxvu. De Jurisprudentia benigna sive Atheniensi et de Jure Prætorio. — § clxxxx. üt Jurisprudentia Romana ex Alhe-
feiensi et Spartana coaJult, etc., etc.— Jurisprudence impériale, lib. >, § ccv. — Ut Jurisprudemia benigna adolevit et perfecta est sub principatu. — §ccvi, 1. Multitudine legum et cementiæ fama. — § ccvn , 2. Senatusconsultis de jure privato. — gccvm, 3. Quæstionibus criminum ex ordine naturaü. — § ccix, 4. JurePrætorio jus civile entendante. — § ccx, 5. Jure optimo ex Prætorum edictis constituto. — § cc.ii, 6. Aucta jurisprudemum auctoriute. — § ccxn , 7. Sectis Juriseonsultorum. — § ccxm. De Jurisprudeniia sub Adriauo. — Nous u’ajoulons pas une foule d'autres citations, parce que le Droit Universel tout entier n’est qu'une philosophie du Droit romain.