‹ Victoires et chansons [microforme]Chapitre 10 sur 12 · IV.—CaRILLON · texte numérisé non relu

IV.—CaRILLON

Carillon 1... La magie de ces trois syllabes chargées de gloire française fait vibrer nos cœurs et toujours le fera, La victoire de Carillon est l'une des plus belles, non seulement de lépopée militaire française au Canada, mais encore des annales de l'humanité, Vingt mille Anglais battus, mis en déroute par trois mille cinq cents des nôtres !

Quid duc ? quid miles ? quid strata ingentia ligna ? En signum ! En victor ! Deus hic, Deus ipse triumphat, ?

1— Chanson empruntée aux Chansons historiques de M. Larue, loc. cit, 2 Ne vantez ui le chef, ni l’armée, ni ces bois abattus : voici l'étendard ! voici le vainqueur i C'est Dieu, oui, c’est Dieu qui seul, ici, triomphe !

gravera Montcalm sur la grande croix triomphe il fera dresser au Dieu des armée:

O'ét-it modeste et c'était , en Montcalm, un “ lieutenan dans les soldats du général des

ps de 1758, Montcalm dispose de forces ures

de l'ennemi, Il l’apprend enfin, Avec toutes leurs trées sur les ruines de ce À fut le fort Willism-Hen vont C scendre à Montré par la voie du lac Cha rivière Richelieu, A la tête du 1 i barre la route à l'envahisseur, le mal entretenu, de Oarillon, Caril de la Nouvelle-France est libre d

Le plan de Montcalm est

Carillon.

Son plan était aussi simple qu'ingénieux, Sur la lisière des bois qui, sauf du côté du lac, entourent le fort, s'élève à une demi-portée de canon, devant 1: flace, un niainelon qui le domine, C'était la clef de la position. On déciis Jl'enfermer cette éminence, ainsi ane le fort lui-même, dans un

retranchement bastionné construit avec des troncs relie ; en même temps, on déboiserait les entours, et les arbres abattus là resteraient à terre, leurs branches aiguisées servant de chevaux de frise...

En s’arrétant le 6 juillet au soir sous le canon du fort, les troupes aperçurent le nouveau retranchement de huit à neuf pieds de hauteur : il suivait les sinuosités du sol et tous ses bastions de bois se flan uaient da ie 2

ment, Des batteries improvisées et le canon du fort balayaient le de l'eau et, à droite, quelques trouées qu'on n'eut pas le temps de fermer. Mais l'abatis projeté pour défendre les app ches restait à faire,

Le lendemain, les officiers, une hache à la main, donnent l’exem; le, “les drapeaux plantés sur l'ouvrage ”, Les érables tombent sur les bouleaux, les hêtres pourpres sur les pins. L'armée travaillait de bon cœur ; cependant elle cherchait des yeux le brave Lévis : 4 Où eat Lévis?" Enfin le voici : “ Vive Lévis 1” Ï1 accourait du pays des Cinq-Nations avec quatre cents soldats d'élite. Grâce à ce renf-:t, le seul qui Parvint à temps, le nombre des combattants sera de trois mille cinq cents.

Un couche au bivouac : dès l'aube, la hache de frapper encore. À midi et de le signal. Chaque bataillon, ]’ Roussillon au centre, avec son s0leil de juillet, brûlant en ce cli rives du Champlain, 4“ Mes enfa:

en jetant à terre i jà, les Anglo-Américains s'élançaient nadiers en tête et chasseurs sur les flancs.

L'ennemi à cinquante pas du retranchement, les fusils français, jusqu'alors immobiles, s'abaissérent sur toute la ligne : trois mille balles sil érent à la fois, décharge foudroyante au milieu des re par les obsta… cles des abord, Anglais vacillèrent , reculèrent, puis

nt à la char, er encore et revenir pen remêlé de sorties à la baton.

par la fusillade...

Vers sept heures du s ues cessèrent, lo feu continus sur la lisière de ia forêt ; à huit heures, il # éteignit. Etait-ce possible | les Fran.

ne purent croire d’abord à leur succès, Toute la nuit se passa À com léter le retranchement qu'on s'attendait à voir attaqué le lendemain par 'artillerie. Mais l'ennenti ne revint pas, le découragement des troupes qui s'étaient crues assurées d'une facile victoire, l'neptie du général, l'ombre de ces grands bois si redoutables dans les ténèbres, avaient changé l'arrêt en retraite, la retraite en panique...

Telle fut la bataille de Carillon, fait d'armes aussi héroïque qu'inconnu, Pauvre victoire délaissée dont l’histoire de France arde à peine là trace ! Es À se semble s'être envolé avec le bruit des cloches qui en sonnèrent

e Te Deum.., 1

Non, le souvenir en est impérissable, et le son même des cloches qui alors si joyeusement cari onnèrent sur la Nouvelle-France a été noté par un chansonnisr de l'époque. Ses strophes essaiment encore à tout vent cette musique dont la mélodie fit sur les oreilles anglaises, dit la chanson, le Pie lagutee effet :

Le diable emporte les sonneurs Avec les sonneries |

Quand tout le monde est déconfit L'on n'a pas tort de crier : fi!

Du carillon de la Nouvelle-France,

Cette spirituelle chanson dut avoir en 1758 une vogue énorme. Son auteur n’est autre que M, Marchand, vicaire général du diocèse de Québec, l’auteur du fameux poëme tragi-comique sur les Troubles de l'Eglise du Canada en 1728, au sujet de la sépulture de M# de Saint-Vallier, second évêque de Québec 2 C'est du moins ce qu’il appert par l'entête d’une ancienne copie manuscrite, dénichée dans

1—Bowxeonose, Montcalm et le Canada Français, pp. 87 et suiv. 2— Publié dans le Bulletin des Recherches historiques, 1897, avec une notice sur M. Marchand.

un journal écrit en 1801 par un Réoollet de Montréal, le frère Bona. venture Deschéneaux 1,

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