‹ Victoires et chansons [microforme]Chapitre 9 sur 12 · IIL.— WiLciam HENRY · texte numérisé non relu

IIL.— WiLciam HENRY

Sur notre victoire du fort William Henry je ne connais qu’une 1e chanson ; encore n'est-elle pas inédite, et n'est-elle pas “ fameuse ” : ff de mauvaise prose alignée en vers pires encore, Le fusil pesait moins Î au bras de l’auteur que la plume ; le style est d’un exact historiographe racontant les péripéties du siège. À qui aura lu le récit de la bataille la chanson paraîtra une réplique, et pour lui les vers foisonneront d’allusions précises aux incidents chronologiques du siège. En voici donc tout d’abord le récit par M. de Bonnechose ; cette belle prose vous donnera bonne bouche, et fera mieux passer les vers.

Au pied des montagnes qui séparent les bassins de l'Hudson et du Saint. Laurent, un petit lac, en fer de lance, déverse dans le Champlain sos eaux aussi limpides que le cristal ; les Indiens l'appellent Horican, les Français Saint Sacrement, ot les Anglals George, À l'extrémité méridionale du Ino, vos derniers avaient bâti le fort George où William Henry, soutenu per un camp retranché et commandant ]n route de ln vallée de 1 ludson, De cotte forte position, ils pouvaient, avec leur flotte qu'ils y abritaient, arriver par le ac Champlain et sea débouchén Aux portes mêmes de Montréal,

+... [1 fallait maintenant, on détruisant In place, enfoncer la porte nord de la colonie anglaise et s'ouvrir le chemin d'Albany et de Now York. Des mensa- &es furent envoyés À toutes les peuplades nmies, Le 22 juillet 1757, deux cents canots de guerre, montés Par 2000 ent. vagos, ralliaient l'armée de siège en formation dans les remparts de Carillon : la moitié de ces volontaires venaient de trois cents lieues de là, des pays d'en haut, 4 Nous voulons Sssayer sur les Anglais le tomnhawk de nos pères, afin de voir s'il coupe bien ”, dit à Montealm, en le saluant, l'orantour des nations alliées. On devait d'abord Passer du ao Champlain an Ino Saint-Sacrement qui lo domine, et on n'avait ni b evaux pour franchir le portage le long de la rivière « pes d'eau, Fondant qu'à grand peine “les brigades portaient à bras, durant six jours, le maté. riel do siège e x, les Indiens devancérent l'armée sur le bord du lac ts d'écorce coururent sus aux bar.

fructueuse fut la chasse aux cheve.

rt William Honry faisait

3 août : los opérations,

squement décrites dans

8 archives de ln Guurre,

888 quarante canons et

son cam pouvait résister ; mais au fort Edouard ou

Lydius, À rohe vers Albany, le général Webb comman.

dait six en heure, le vieux onro, le défenseur de

William on ne grondait pas sur laroute de l'Huson :

it silencieux. Une lettre cachée dans une balle

un courrier tué par les Peaux-Rouges ; elle était

écrite par Webb pour informer son frère d'armes de ne Pas attendre son

secours, et pour l'engager à capituler sans sorupule, Monro était perdu,

Montcalm lui écrivit aussitôt : « Monsieur, un de mon partis, rentré hier au

soir avec des Prisonniers, m'a procuré lu lettre que je vous envois par une

suite de la générosité dont je fais Profession vis-à-vis de ceux à qui je suis

obligé de faire la guerre, "” Quelles furent la stupéfaotion et la douleur du

Yétéran écossais en recevant par Bougainville communication du message de Webb : un soldat seul pourait le dire.

Le 9 août, les tambours du fort bactirent la chamade ; Williara Henry se

rendait. :

Le chansonnier nous raconte ce haut fait à la mode antique : les deux chefs ennemis, Monro et Montcalm, s'envoient d’héroïques bravades..À seule fin de nous tenir au courant des progrès du siège, C2

1=Montealm et le Canada Frangais, pp. 56 et suiv.

Quel est ve guerrier invincible

Qui vient À grands pas pour me voir ?

De parole il est invincible

En disant qu'il prétond m'avoir, Croit-il faire cette annéo-oi,

Faire ce qu'il a fait l'autre ?

À Chouaguen il nous n surpris,

Ici nous sommes avertis,

Je suis de Montcalm, sans doutanoe, Qui viens pour te voir aujourd'hui, Pour toi il n'y a plus d'espérance, Dans quelque temps tu soras pris, Mes Français d'un cœur animé Vont devant toi bientôt paraître, Mes Sauvages et mes Canadiens, Qui tous font leur devoir très bien,

Je sais que tes Français sont braves, Tes Sauvage’ et tes Canadiens,

Mais plutôt que d’être esclaves

De me rendre il ne sera rien,

J'ai des mortiers st des canons,

Un retranchement imprenable,

Des bombes, boulets à foison,

Tou:es sortes de munitions,

Je me moque de tes menaces, De tes mortiers, de tes canons,

politesses ; Crois-moi, ne fais pas le vaillant, Tu es à moi dans peu d’instants,

Allons, Français, prenons courage, Faites donc voir votre valeur, Faites des Anglais un carnage, Montrez que vous avez du cœur, Tirez, bombardez, canonnez,

ez, mettez tout en cendre; Sous les drapeaux du grand Bourbon Faites éclater son grand nom.

Que chacun montre ici son zèle Pour aller ouvrir la tranchée,

Qu'il s'arme de = et de pelles Pour travailler de tous côtés.

Que lon pose toutes les batteries, Mortiers, bombes et caronades, Afin que toute l'artillerie

Joue pour la gloire de Louis.

Ah ! je vois bien que je me meurs, Je vois dans la consternation,

Je vois les Français tout à l'heure Envahir tous mes bastions,

Déjà mes Anglais étonnés

Ne savent où prendre asile ;

Je crois qu’il faudra céder, Demandons à capituler.

Ah! grand Montcalm, que de carnage | Vous détruisez tous mes Anglais, Suspendez donc votre courage,

Et pardon, messieurs les Français, Délivrez-nous donc, s’il vous plait,

De 12 fureur de vos Sauvages ;

Nous vous demandons simplement

Les honneurs de guerr’ seulement,

Oui, je t’accorde ta

Mais il faut que tu sach’ aussi

Que dans trois mois il faut me rendre Tous les Français que tu m'as pris ; Et pour plus grande sûreté

Je retiens douze officiers braves,

Dès maintenant tu peux partir

Et de longtemps ne revenir,

Je ferai encore mon possible

Pour t’exempter de la fureur

De mes Sauvages intrépides,

De mes Français pleins de valeur, Mais souviens-toi qu'il ne faut pas Narguer les troupes de Louis quinse ; Montcalm caresse tes cantons

A coups de bombes et de canons,

Montcalm a le dernier mot dans ce duel homérique : c’est juste, il était Français et du Midi, où l’on a la langue bien pendue, et Monro était Anglais….et, comme il paraît, un peu mal en train ce jour-là,

A sa prochaine rencontre avec ces messieurs d'Angleterre, Montcalm aura encore le dernier mot et le dernier coup de fusil. Je veux dire à Carillon.

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