IL. OHOUAGUEN
L'immortelle épopée écrite par Montcalm en terre canadienne débute par la victoire de Chouaguen,
Louis XV, sous les insultes des Anglais, s’est un instant retrouvé, comme l'écrit M. de Bonnechose, le roi de Fontenoy, et il a envoyé son cartel à II. La rupture de la pai: entre les deux cou ronnes a lieu officiellement le 18 mai 1766, et, cinq jours avant la déclaration des hostilités en Europe, le général marquis de Montcalm,
Par son souverain de soutenir l'éclat des lis de France en Canada, débarquait sur le sol de la Nouvelle-France, C’est le 13 du mois de mai, Trois mois après, le 15 août, en la fête de l'Assomption de la Bisnheureuse Vierge, Montcalm inaugurait la série de ses triomphes en enlevant à l'ennemi le fort de Chouaguen, sur la rive méridionale du lac Ontario,
Les Anglais avaient depuis quelque temps déjà bâti cette placeforte, sans que l'on eût pu les empêcher, Grâce à ce point d'appui, ils commandaient le commerce des fourrures avec les sau dr pays “ d'en-haut, ” et à un moment donné ils auraient pu, après avoir concentré leurs forces à en, descendre, en trois à quatre jours, jusqu’à Montréal, au cœur de la colonie, Oe fort se dressait donc comme une menace des plus sérieuses contre la sécurité du Canada : aussi fallait-il le raser,
Dès avant l'arrivée de Montcalm et de ses trou M. de Vaudreuil, gouverneur général, en avait résolu la ction, et un nu de campagne avait été élaboré en conséquence ; l'arrivée de
ontcelm et le renfort apporté par les régiments de la Sarre et du Royal-Roussillon précipitèrent la campagne.
À cette nouvelle la joie est grande ue les troupes nouvellement débarquées, qui brûlent de marc er à bataille, et l'on se met en ro‘ite en chantant :
Je crois que j’irons à houaguen, Qu'en dis-tu, camarade !
Je vois qu’on s’y prépare bien Pour lui donner l’aubade ;
Je vois arriver le car.
La faridondaine la faridondon
mt Et Montcala) arrive aussi
À le que do en n de bi ” Mon ami,
Nous nous sommes tous embarqués
Avec joie, comme on pense,
Chantant toujours, fort éveillés, !
Et marchant en cadence,
Tirez, ns, sur l’aviron
La faridondaine la faridondon
Nous verrons + us aujourd'hui iribi
A la façon de Barabi Mon ami,
Ne nons rieu, mon cher ami, ?
st Me
C'e ontcalm qui nous Cr ; C’est un héros de tous chéri # Qui à la fête t'invite,
11 veut avoir Chouaguen, dit-on, La faridondaine la faridondon
Son putnage sern pour lui Bibl A la façon de Barabi
Mon ami,
Les Anglais bien s’avaient [sic] vanté De venir à Montréal.
Ils y ont, ma foi, bien été 4
D'une joie sans égale,
1.—Le manuscrit porte: sur le chemin, ce qui ne rime guère avec. embargr'és | 2.—Le manuscrit porte: Cher camarade, ne craignons rien. 3.—Des plus chéris, au texte manuscrit, .—Le vers original se lit: Je sont ma foi bien venus, ce qui est sans doute plus élégant que le vers substitué Par moi pour le besoin de la rime.
Pour y voir nos belles, don don
La faridondaine la faridondon
Et dire à Vaudreuil : Merci!
Biribi
A la façon de Barabi
Mon ami,
La dernière strophe, que je ne sais vraiment comment écrire, au passé ou au futur, tant le texte manuscrit est défectueux, peut laisser supposer la postériorité de la chanson à la victoire, ou que cette strophe a été ajoutée après coup. C’est en effet après la prise du fort que messieurs les Anglais, faits prisonniers, furent conduits à Montréal, y voir nos belles et dire merci à M. de Vaudreuil pour sa victoire qui leur valait. cette bonne fortune, Or la victoire, Montcalm se l'assura comme suit :
11 fallait d’abord tromper le comte de Loudon, généralissime anglais, qui avait concentré 12.000 hommes sur les rives de l'Hudson à Albany ; Chouaques était à l’ouest de cette ville : Montcalm se transporte à l’est, au cam»
le Carillon, sur le lac Champlain, et attire de ce côté toutes les forces anglaises, L'ennemi fourvoyé, le général, se dérobant, vole à près de cent lieues prendre le commandement de 3000 hommes, soldats de ligne, canadiens et sauvages, qu’on à rassemblés au fort de Frontenac, sur l'Ontario. Le corps d'expédition traverse le lac, débarque au pied de Chouaguen et le siège commence : il fut mené avec une célénité, un sonheur, un brio inouïs, Le commandant anglais tué, vingt pièces portées à bras et mises en batterie, On somma les assiégés de se ren , en leur donnant une heure pour délibérer. « Les hnrlements de nos sauvages, écrit Montcalm à sa mère, les firent romptement se décider. Ils se sont rendus prisonmers de guerre au nomre de 1780, dont quatre-vingts ofciers, deux régiments de la Vieille-An. gleterre. Je leur ai pris cinq drapeaux, trois caisses militaires d'argent, cent vingt et une bouches à feu, y compris quarante-cinq pierriers, un amas de provisions pour 3000 hommes durant un an, six barques armées et pontées depuis quatre jusqu’à vingt canons. Et comme i fallait dans cette expédition user de ,a plus grande diligence pour envoyer les Canadiens faire les récoltes, et ramener les troupes sur une autre frontière, du 15 au 21 j'ai démoli ou brûlé leurs trois forts et smené artillerie, barques, vivres et prisonniers, »
Avant de quitter le rivage, par les ordres de Montcalm, une colonne (1) fut dressée avec l’écusson de Fc et cette inscription: Manibus date lilia
Plenis. « Apportez des lys à pleines mains ». Le 21 août, la flottille française leva l'ancre, et saluant une dernière fois
1.— Une croix et un poteau, dit avec preuves M. Chapais. La croix portait l'inscription : In hoc signo vineuut, «Îls triomphent par ce signe.» Le Marquis de Montcalm, P. 141,
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l'éphémère monument de sa victoire, elle dis, arut au large : alors dans la solitude infinie du rivage et des eaux, le bruit des flots sur la grève troubla seul le silence des ruines de Chouaguen (1).
Et, comme les barques, ramenant vainqueurs et prisonniers, glissaient sur les flots, soudain une sorte de barcarolle fusait joyeuse, reprise en chœur par les héros de Chouaguen. C'était une chanson, puis encore une autre chanson, que la verve intarissable de nos sol-
dats ne cessait d'imaginer pour célébrer leur victoire et railler messieurs les Anglais,
pa
De notre Nouvelle-France,
Général plein de Vaillance, Pon pa
Dans ces jours où Chouaguen
Vient de tomber dans ta main,
Je te fais la révérence
Pon pa.
Auglais, toutes vos mesures
Devienn: r ; des aventures Pon pa
Qui grossiront nos journaux,
Et surtout vos vains travaux
Allongeront vos figures
on pa.
On dit que du fort Duquesne Vous abandonnez l'arène
Pon pa ; Que contre nos autres forts Vous tournez tous vos efforts, Mais nous changerons la scène
on pa.