Dès le 19 mai (1756) parti de Montréal, avec un dé
prisonniers. Le 16 juin il eut avec eux une vive escarmouche, assez près du fort Pour que celui-ci
Pour qu'on sache d'âge en
Le héros d'un tel bn ” Pon pa,
Marquez dans votre recueil
Que le Marquis de Vaudreuil
Vous fait à son badinage
Pon pa,
Cette chanson n’est Pas teudre pour les Anglais ; la suivante l'est encore moins,
Dernièrement à Chouaguen bis] Du siège ils ont voulu Le Lon lan la derirette
Quand ils ont vu Rigaud venir 1 Lon lan la deriré,
Ces moutons ont vu dans leur paro [bis] Qu’à la tête de Bourlamarque,
Lon lan la derirette
Une balle vint s’aplatir 2
Lon lan la deriré,
Bradstreet qui venait de ravitailler il lui infligea des
Montcalm ordonna au sieur
ère (Oswégo) avec les cana-
cuta cet ordre sur le champ.
cette rivière et que le courant en soit
ec les canadiens et les sauvages, les uns
A eau jusqu'à la ceinture ou jusqu'au cou, et se
rendit à sa destination, sans que le feu de l'ennemi fût capable d'arrêter un
seul canadien ni sauvage », lation de la prise des forts Chouaguen ou Oswégo, dans la Collection de documents, ete., IV, p. 54.
2.— Une balle vous l’attra ft, selon le manuscrit. « Vers les trois heures
après midi du même jour, M. de Bourlamarc reçut une balle qui fit une
es
Ge
Quelle tête ont donc ces gens-là ? [bis]
S'ils sont, disaient-ils, tous comm'ça, Lon lan la derirette Parbleu 1 pourra-t-on les occire ?
Lon lan la deriré,
Si les Anglais sont des peureux, [bis] Ils sont au moins industrieux
Lon lan la derirette,
Leurs goussets ils ont su garnir ?
Lon lan la deriré,
A la santé de leur bon roi [bis]
Qu'ils ont si bien servi, ma foi, Lon lan la derirette
Ils boivent le jour et ls nuit Lon lan la deriré.
N'y aura-t-il done
pas quelque muse compatissante pour jeter un
peu de balsamique poésie sur les malheurs du vaincu ? Oui. Durant le trajet de Chouaguen à Montréal, un honnête troupier de l’armée française s’enquiert, auprès de lAngiais qu'il voit tout abattu, des
causes de son c
n, et le console... manu militari.
légère blessure à la tête, mais il n'a pas quitté sa charge de directeur du
siège. Peu de temps après le feu de l'ennemi cessa, etc.» Relation du P. Coquart à son frère. Archives provinciales, Je parlerai plus loin de ce
document,
2.—Probable allusion à certaines rumeurs d’après lesquelles les Anglais, avant d’évacuer Chouaguen, avaient pills la caisse militaire. Le fait est que Montcalm n'y trouva que 16,000 francs. A ce sujet M. Chapais écrit : « D’après certaines relations, le caisse aurait été plus considérable, mais les officiers anglais, au moment de la reddition de la place, se seraient distribué une partie de Es en qui s'y trouvait. Nous n'avons rencontré aucune
preuve de cette ai page 136.
rmation. » Le Marquis de Montcalm, note au pied de la
Le Français
Anglais, le chagrin t’étouffe, Dis-moi, mon ami, qu'as-tu Tes souliers sont en pantouffe, Ton chapeau z’est rabattu, As-tu quelque maladie
Que tu n’oses découvrir ?
Apprends-le moi, je t’en prie,
Car je pourrais te gnérir.
L'Anglais
Une mauvaise pituite
Qui m’a tombé sur le cœur M’assure que dans la suite
Je ne mourrai qu’en langueur.
N'as-tu pas quelque racine Qui puisse guérir mon mal ?
Fais-moi prendre médecine Sans alle” à l'hôpital,
Le Français
Si tu veux faire merveille
Et te guérir comme il faut,
Tu prendras une bouteille
De la poudre de Kigaud, Trente dragées de Montcalm, De Villiers vingt-et-un grains, De Ligneris une dragme ;
Tu guériras pour certain,
L’Anglais
Je vois bien que tu me railles, Tu ne me plains qu'à demi, Tu m'arraches les entrailles, Me citant mes ennemis ;
Tu me parl’ en ironie.
AIR: Aussitôt que la lumière.
Sous le masque d’Ar uin, Je vois ton subtil FES 04 Tu veux parler de Chouayen.
Le Français
Quoi ! t'a-t-on pris cette place, Qui est d'un si grand renom, Fortifiée sur toute face
De mortiers et de canons ?
Environnée d'une voûte
Faite en forme de lambris,
Et gardée d’une redoute Qui te mettait à l’abris ?
L'Anglais
Il est vrai qu'en Angleterre
Nous avions toujours compté
De vous renverser par tèrre, Mais nous nous sommes trompés, Car vous avez tant d'adresse
Et vos coups portent si bien ;
Les uns tuent, les autres blessent, Et les nôtres ne font rien, 1
Ce bon Anglais avait au moins l’aveu franc, et avec suffisamment de flegm: prenait son parti de la défaite .….. et de la raillerie, Avec moins de gaîté toutefois que Locheill, dans les Anc'ens Canadiens de Gaspé, ne témoigna aux strophes de José sur la prise de Berg-op-Zoom 2 Mais Be -0p-Zrom était loin de Locheill, et il y avait eu !es Plaines d'Abraham depuis, tandis que Chouaguen était tout près de la satire, — et puis, vraiment, la satire de José avait Plus de grâce que les vers consolateurs du Français de Chouaguen. Et à cause de cela, et Locheill étant par ailleurs un parfait « gentle-
d—pge empr'inté aux Chansons historiques de H, Larue, Loc. cit.
2.— Les Anciens Canadiens, Québec, 1863, pp. M Bers-op-Zoore,
ville des Pays-Bas, fondée en 1287, Enlevée aux Anglais par les Français
Fr les ordres du maréchal de Lowendhal, après un siège mémorable. en
man,” il eût doute trouvé 20 y ge cette autre chanson sur la prise de Chouaguen, pur décalque de celle de Berg-op-Zoom, avec en plus peut-être, car j'ignore si, malgré “l’estèque ”, José a bien À al tous les couplets de sa chanson, un ajouté de trois strophes,
Locheill, ge, me de son rire et de ses réflexions “ bon enfant ” la chanson de José, se trouve à commenter de même celle du “ grenadier bon luron,” ainsi que se définit le chansonnier de Choua- &uen; et sans doute chacun fera-t.il écho au “charming, most charming!” du bon Locheill, amoureux de Blanche d'Haberville, et pour lors aussi un peu de José. et de tous les Canadiens,
Stuila qu’a pincé Chouaguen [bis] Sait vraiment bien manger son bien, [bis] Dam’! c'est stuila qui a du mérite Et qui trousse un siège bien vite,
Comme Alexandre il est petit, [bis Mais il a bien autant d'esprit ; [bis Il en a toute la vaillance, Et de César la diligence. 1
J'étrillons messieurs les Anglais [bis
Qu'aviont voulu faire les mauvais, [bis] Lam’! c’est qu’ils ont trouvé des drilles Qu'avec eux ont porté l’étrille !
1.—M. de Bonnechose trace de Montcalm ce portrait : « C'était un petit homme de fière mine, à l'allure nerveuse, avec un nez busqué et de grands yeux noirs étincelants, que la poudre de la coiffure rendait encore plus vifs. Imagination hardie sans chimères, féconde sans rêveries, il fut par-dessus tout un homme d'action et d’acticn rapide. » comme César. Montcalm et le Canada Français, p. 74,
Quand not’ bon roi saura tout ça, Morbleu ! que d'aise il en sautra !
Il voira que son infnt'rie Soutiendra bien sa colonie,
Morbleu 1 que j'aimons not’ général Qui nous a préservés du mal
Que ces Messieurs de l'Angleterre Auriont tous bien voulu nous faire,
Stuila qu'a fait cette chanson Est un grenadier, bon luron, Qui donn'rait volontiers sa vie Pour le salut de sa patrie,
Que dites-vous des trois dernières strophes ? je leur trouve un air de naïf enchantement et de simple héroïsme qui m’émeut vraiment, et me fait songer que les soldats de France étaient bien dignes de leur général, comme celui-ci était digne de commander à de tels hommes, pour qui rien ne comptait, pas même leur vie, devant le salut de la patrie, Jusqu'au tressaillement d'aise du grenadier à la pensée du plaisir dont sautera son roi dont je me délecte, Et ce cri du cœur : « Morbleu ! que j'aimons not’général ! ».… À quelles victoires ne pouvait prétendre un chef aussi chéri da ses soldats !
Aussi bien la chanson suivante rend-elle témoignage de la confiance qu'inspirait aux troupes la bravoure de Montcalm, et de l’affectueuse estime qui liait à sa fortune tous ces braves gens,
De lauriers qu'on coupe une palme Pour couronner le grand Montcalm, Que de Chouaguen la réduction Rend vainqueur de l’Albion.
pposition des vues qui plus d’une fois éclata entre Vaudreuil et Montcalm, l'hostilité constante et vindicative du gouverneur contre
1.—Sans doute serait-il préférable d'écrire comme suit ces deux derniers
la force de leurs régiments dont les Anglais se targuent, bien loin que d'insirer de 18 crainte à Montcalm, ne servant au contraire que d’amorce à la rdiesse et à la valeur de ce « brave champion ».
A quel honneur ne peut prétendre Le noble auteur d'un si beau fait !
Tel est son premier coup d'essai,
Pourquoi donc toutes ces alarmes
Qui faisaient craindre pour nos armes f Ce fort, qu'on put en si peu démonter, Etait-il donc à redouter ?
Ignorait-on que la présence
Du général & nos Français
Devait dompter hors de défense
Les bataillons des fiers Anglais ?
Ah! de quelle douce espérance
Un chef de telle diligence,
Qui semble avoir Bellone à ses côtés, Flatte tous nos cœurs rassurés !
Eu vain veut-on vanter la force
Des régiments de Oarillon.
Mais ce n’est plus qu’une amorce Que donnent ces braves champions, 1
Se = Pr D SP DA 2
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Ce n’est rien de plus qu'une amorce Qu'on donne à ce brave champion,
admirations et des sympathies Es grandes. Et si Montcalm fut le héros chanté par beaucoup, Vaudreuil ne manqua pas non plus d'aèdes, comme en igne 1 pièce suivante, écrite expressément “à la gloire de Vaudreuil, ”
Que la fidèle Renommée
Sur les ondes des vents portée
Du grand Vaudreuil publie les exploits Et de Louis le juste choix,
À qui pouvait.il mieux remettre L'honneur et la gloire des lis
Qu'à celui qui prétend soumettre
A son pouvoir tous ces pays ?
Dans lui la force et la prudence, Avec la foudre de la France,
Fait redouter le sceptre de nos rois, Dont il soutient si bien le poids, Un coup d'éclat de sa puissance Marque l’heureux commencement, Et semble annoncer par avance
De ses armes le dénousment.
Que de victoires lées |
Que de provinces désolées !
Par combien d'autres rapides succès Son règne illustre ses progrès |
Des ruines encor: fumantes,
Des eunewis les vataillons
Sont pour tous des preuves parlantes Qu'il conserve dans ses prisons,
Ainsi de Vaudreuil sous l'empire
Le Canadien vit et respire ;
Il court, il vole au combat sous ses lois, Par sa valeur venge ses droite,
Pour le banheur de sa patrie, Louis, conserve-rous lo
Notre soutien et notre vie,
Nous t’admirons dans ses talents,
Il vous plaira sans doute entendre un autre chanteur qui, lui, pour ne pas faire de jaloux, confond en ses br qe et le gouverneur et le général, et le Canadien et le Français, et à tous deux, et à d’autres encore, prodigue généreusement gloire et renommée, O'est d'un hotume conci t, d’un bon patriote, et... d’un véritable poëte,
seule fin—de grâce, que l'on ne me prenne Pas pour un mauvais plaisant—de constater que je n’en connais pas l'auteur.
Vers 1888 paraissait à Québec une petite feuille, L'Union libérale, à la rédaction de laquelle notre excellent bibliophile et antiquaire, M. Philéas Gagnon, prenait une part très active, Il y maintint quelque temps une colonne sous cette rubrique :
ANTIQUITÉS CANADIENNES ou Les PETITES CHOSES DE NOTRE HISTOIRE,
Il signait Biblo,
Or, le 26 mars 1889, un nespundant de Sainte-Anne-de-la- Pocatière adressait à Biblo la communication suivante, dont bénéficia la colonne des Antiquités du numéro du 19 avril.
Mon cher Biblo,
Sachant tout l'intérêt que vous portez aux antiquités canailiennes, je me fais un plaisir de vous signaler une vieille chanson qui prit naissance sur le s0l canadien et célèbre des exploits canadiens,
Elle fut adressée par le R. P. Coquart, S, J., à son frère, maire et lieute. nant de police de Paris, avec une ik dont celui-ci transmit copie au ministre, le 13 mars 1757, Le Père missionnaire de Chicoutimi ! estil l’auteur de la chanson ? Qui nous le dira ?
En tous cas, ja lettre se trouve au treizième volume de la lère série des documents inédits relatifs à la Nouvelle-France, conservés aux archives de Ja
1.—Qui voudrait connaître un peu le Père Coquart pourra consult: + l'ouvrage du Père de Rochemonteix Les Jésuites et la Nouvelle.” :; re au ZVIITe siècle, tome I, p.227,
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