‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 100 sur 298 · UD ND · texte numérisé non relu

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contacts avec les autres et de la sorte développer Les passions latentes qui contribueront à nous rendre plus heureux : ce qui revient à dire que Cherbuliez croyait dans une certaine mesure au progrès.

«Il m'en coûte peu de vous l’avouer, la compassion, la pitié, la sainte miséricorde est le plus jeune et le plus moderne de nos sentiments’. »

Mais, hélas, l'harmonie parfaite est chose utopique. Entre les humains l’abime de l’incompréhension subsistera toujours et par suite le bonheur qui est un échange ne pourra être entier pour personne : « Est-il dans ce monde deux âmes qui s’entendent, deux esprits pour qui les mots aient le même sens? ? »

M. Estaunié a à notre époque développé une théorie semblable pour montrer l'isolement de la créature humaine. ;

Notre auteur offre aux passionnés, sans espérer toutefois qu'ils le suivront, ce conseil, cette exhortation à la sagesse :

« J'adore les bois ! » s’écrie un de ses caractères exaltés. « Il suffit de les aimer* », lui répond son interlocuteur de sang plus rassis. Mais autantempêcher les oiseaux de chanter, que Jourdain, l’homme bilieux comme tous les diables, de se fâcher ! L’âge seul semble pouvoir nous guérir de nos emportements ou tout au moins les atténuer.

Cependant à côté de la passion, mais sur un plan moins élevé, règne le sentiment. Pour Cherbuliez, le sentiment est une passion à mi-chemin, qui ne s’est pas développée parce que l'individu qui l’éprouve est le produit trop docile de la société et peut-être en raison de sa nature intime peu encline à se laisser aller à ses engouements sans faire intervenir la raison.

Dans la sensibilité, trait d’union entre le cœur qui offre et l’esprit qui compare, nous avons la manifestation la plus fidèle de Ja vie du sentiment. C’est l’équilibre délicat et tout de nuances que l’écrivain estime comme le plus susceptible d'apporter le bonheur, le bonheur à deux s'entend car le bonheur à soi tout seul n’est pas à la portée des hommes ordinaires : « Penser à deux est une joie d’une douceur infinie, et c’est selon moi le vrai secret du bonheur domestique... … L'esprit de Paule est l'esprit d’un cœur, le cœur de Paule est le cœur d’un esprit et voilà pourquoi je l’aime autant que je l’admire et je la révère autant que je l’aime*. » Ces deux extraits étant tirés du roman qu'on a prétendu autobiographique de Cherbuliez, on est

4° La Bête, p.251.

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