Jacquine Vanesse, p
DIT LANTA CU
plissement de devoirs volontairement imposés; et « Dispenser les hommes de leurs devoirs, c’est leur ôter l’honneur ‘. »
Mais quelle est donc la nature intime de notre conscience? Dans « La Bête », trois interlocuteurs en donnent leur interprétation personnelle : « La conscience, s’écria l'abbé Poncel, …. est la protestation de Dieu contre le Diable”. »
« La conscience, » fit le docteur Hervier, « est le jugement que porte un cerveau perfectionné sur un corps de bête qui n’est pas perfectible... La conscience, que j’appelle «l’autre, » est-elle quelque chose de naturel ou d'appris?... C’est quelque chose qu’on apprend sans savoir comment... »
« La conscience, » s’écria Théodule, «est une montre que chacun règle sur l'horloge de son pays”. »
Selon les gens, la conscience semble donc revêtir un aspect différent. Chez ceux dans la vie desquels la religion joue un grand rôle, elle est le jugement entre le bien et le mal. Bien plus, elle leur ordonne de faire pencher la balance en faveur d’autrui ; mais même l’altruisme pour eux n'est plus suffisant : « L’altruisme, bien entendu, nous commande de sacrifier quelquefois notre conscience à la conscience d'autrui : «L’altruisme, » dit l'abbé Poncel, «… vilain mot, vilaine chose qu’on a inventée pour faire pièce à la charité*. »
Chez les hommes vraiment bons pour lesquels la conscience consiste à donner plus qu’à recevoir, le sacrifice et le renoncement remplacent la notion courante de la justice : « Le secret de ces grands cœurs est le saint mépris des choses fortuites, ce renoncement universel qui dispense de toutes les résignations particulières*.» À ce prix, on touche à la sainteté, et un saint est toujours en règle avec sa conscience « ... les saints, même réduits aux plus cruelles extrémités, sont heureux parce qu’ils possèdent l’amitié de leur conscience *. » Mais point n’est besoin d’être un saint pour êtreun juste au sens le plus élevé du terme, Le renoncement par la voie du sacrifice s’accomplit aussi au nom de la sagesse : « L’homme qui consent à être le seul juste dans un monde d'injustice, Platon l’a connu, il s’appelait Socrate. Plus tard il s’est appelé Spmoza”®. »
Les actions de ces âmes courageuses mueés par une conscience