Noires et Rouges, p
3. Le Fiancé de Mademoiselle de Saint-Maur, p. 232. 4. La Béte, p. 339.
n’est par méchant : haïr est une fatigue; il n'est pas bon : la bonté est un effort‘. »
L'individu est ou non favorable : Dans ce terrain neutre qu’est l'être humain, les graines du bien et du mal sont disséminées par la nature : « La nature se plaît à semer le mal dans le bien, le bien dans le mal° ». C’est un peu là l’idée de la parabole de l'ivraie et du bon grain que nous offre le fils du pasteur genevois. Pour que le mal perde sa virulence, il faut que notre amour pour le bien soit fort, car les hommes offrent peu de résistance aux forces qui aident à leurs besoins et à leurs désirs, leur équilibre moral estsi instable, la machine humaine est si fragile et si compliquée : « Il en a conclu que le bien se tourne facilement en mal, que toute joie excessive est une douleur commencée, qu'une certaine température est la meilleure ouvrière du bonheur... »
« Les bêtes, comme l’a dit un grand penseur, sont toujours réglées dans leur conduite... Le désir ne vient qu'avec le besoin; le besoin satisfait, le désir cesse... L'homme possède le don fatal du désir illimité... À quoi doit-il s’en prendre? À sa maudite imagination qu'il a trop cultivée et qui lui représente tous les possibles et tous les impossibles *. »
Le malheur, c’est que pour être bon il fautaimer le bien à l'excès. Mais il offre des attraits si négatifs! Il faut donc le reconnaître : « Que d'hommes dont on peut dire : S'ils font le bien c’est aventure‘! » Car « le bien ne se fait qu’en détail’, » et l’homme déteste l’effort qui se répète ou qui persiste.
S'il n’est pas enclin à vouloir le bien avec outrance, il faut bien admettre que l’homme n’est pas de taille à terrasser le mal. Il devra se contenter simplement de circonscrire ses ravages, car « la haine du mal qui n’est pas accompagnée de l'amour du bien est un poison, ou, si vous l’aimez mieux, un mauvais levain qui corrompt et qui aigrit la pâte*. »
Mais Cherbuliez est optimiste en dépit de tout. On lui en a fait grief. Il ne peut par conséquent se défendre d'affirmer qu'il croit au bien et à son habituel triomphe sur le mal : « Il avait trop approfondi la théologie égyptienne pour ne pas savoir que dans le monde
. Paule Méré, p. 111.
. Le Grand Œuvre, p.250.
. La Béte, p. 135.
. Paule Méré, p. 52.
. Paule Méré, p. 122.
.Jacquine Vanesse, p. 335.