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l’autre côté‘ ?» Mais un vrai philosophe ne peut manquer de nous mettre en règle contre la futilité qu'il y a à rêver : « Au milieu des bois, dans un beau jour, tout est facile. La vie n’est pas ainsi”. » Le bonheur cependant ne va pas généralement sans l'illusion : «Il faut admirer trop pour admirer assez, et un peu d’illusion est nécessaire au bonheur. » Mais elle nous expose à de cruels mécomptes ; autant donc l’éviter : « Passant défie-toi de l’oiseau bleu‘. » C’est qu’en eftet le bonheur illusoire s’achève toujours sinon par un réveil, du moins par un retour à l’implacable et banale réalité, et le pauvre exalté « pourrait croire qu'il a rêvé s’il ne lui restait aux doigts une poussière d’or et d'argent” » et de poignants regrets sans doute.
Non, décidément, les illusions ne valent rien pour qui cherche le bonheur selon la bonne formule. Ne plaignons donc pas outre mesure ce personnage de Cherbuliez qui, ramené à la réalité brutale des choses, évoque mélancoliquement son dur apprentissage d’adolescent chimérique et rêveur : « L'abbé fit une guerre acharnée à mes illusions. De ses deux mains sèches, il secoua fortement le jeune arbre confié à ses soins ; il en fit tomber les fleurs, il en fit envoler les oiseaux. » La règle est là, il faut la suivre : « Pour être heureux, il suffit d'y voir clair’. » Et cependant, quand le bonheur nous quitte, que nous reste-t-il le plus souvent qui nous aide à endurer les rigueurs du sort? Illusions ! C’est sans doute pourquoi nous y tenons tant, car elles sont comme le reflet du bonheur que nous avons perdu : « jamais nos illusions ne nous sont plus précieuses que quand nous sommes en danger de les perdre. »
L’illusion, à tout prendre, peut pour certains remplacer le bonheur, telle par exemple l'illusion d’une force qu’on espère être, et qu’on se plaît à voir reconnaître par autrui, la considération : « Le seul bonheur qui me tente est un bonheur tout bourgeois. » Il est tout fait de préjugés et parmi eux, « celui qui me tient le plus au cœur c’est le préjugé de la considération. » La considération, c’est
. Le Grand Œuvre, p. 141.
. Paule Méré, p.73.
. Le Roman d'une Honnéte Femme, p. 109.
. L'Aventure de Ladislas Bolski, p. 369.
. Le Fiancé de Mademoiselle de Saint-Maur, p. 28. . Le Roman d'une Honnéle Femme, p. 261.
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