‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 149 sur 298 · Idem, p · texte numérisé non relu

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Cette sagesse, qui sait pressentir la vérité, n’a souvent que faire du savoir. Celui qui reste tout près de la nature la connaît parfois mieux que les plus civilisés : « le propre du sauvage est de ne pas comprendre ce qu’on lui dit, de deviner ee qu’on ne lui dit pas”. »

L'accord entre l’homme et la nature, voilà en définitive la sagesse que nous avons pour la plupart désapprise mais que dans certains pays l’on possède peut-être toujours : « En Orient, l’homme et les choses n’ont pas encore rompu leur antique alliance et semblent obéir au même destin. Un Turc et une montagne ont la même façon d’être graves?. » Sagesse encore chez l’homme primitif et chez celui qui vit au sein d’une société polie, mais quand il se laisse guider par « ces impressions vagues, confuses, insaisissables qui ne se peuvent traduire ni en idées ni en mots et par lesquelles notre âme entre en rapport avec les forces occultes de l'univers et des autres âmes* ? »

« Ilest un art », dit Cherbuliez, « qui ne se laisse ni apprendre ni enseigner parce qu'il n'a point de règles certaines : on l’appelle l’art de vivre* ». Exister vaguement et sans heurts, en harmonie avec les autres forces naturelles, ne sera-ce pas là essayer de vivre suivant l’antique sagesse? Notre auteur, qui n’a pas dissimulé ce qu'il devait à Goethe, et qui a témoigné son admiration pour son ouvrage sur la Métamorphose des Plantes, estime que c’est dans la vie végétale plus qu'ailleurs que l'harmonie parfaite s’accomplit. Un de ses héros qui trouvait « que la vie humaine était en proie à d’affreux désordres qui le révoltaient, découvrait dans les plantes de divines correspondances qui lui révélaient la grande harmonie de Punivers”. »

Le secret de la vie heureuse gouvernée entièrement par la sagesse qui est dans ce cas l’observation docile des lois naturelles, Silvère, jeune jardinier philosophe, nous le découvre parmi ces êtres en apparence peu compliqués : « Ces créatures inconscientes et mystérieuses qui entretiennent de secrets rapports avec l'air, le ciel, la terre et que ne travaille en apparence aucune inquiétude; ces organismes qui ont une âme et n’ont point de passions, qui ignorent les crises violentes et dans lesquels l'existence et la mort, tout s’accomplit tranquillement ; ces êtres animés qui n’éprouvent ni le besoin

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