‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 15 sur 298 · Emprunt, comme dans les pages, qui précèdent à M. Leguay · texte numérisé non relu

Emprunt, comme dans les pages, qui précèdent à M. Leguay

appeler platonicienne.. Avec le Comte Kostia en succéda une autre née, semble-t-il de George Sand, car ce liseur de grec était un liseur de romans‘ ».

On ne lui connaissait pas d'aptitude au métier de romancier. Et voilà que tout à coup grâce à cette fiction romanesque il s’imposait d'emblée. La surprise fut grande dans son entourage, parmi ses anciens maîtres et ses amis. Tel qui par curiosité avait acheté dans une gare ce roman pour avoir reconnu sa signature le lut et trouva court le trajet. Cherbuliez venait de découvrir sa double vocation.

Idylie. — M. D. dans le Journal de Genève” a parlé du roman de la vie de Cherbuliez : « car il en eut un, même très romanesque, au sens honnête du mot, un amour contrarié qui, avant de se terminer par un heureux mariage, l’obligea à quitter ses livres et à : VOYAger ».

De ce roman nous ne savons pas grand’chose, sauf quelques mots échappés à ses amis. Et cependant il ne fut pas en son temps sans soulever maintes discussions, sans provoquer même un demiscandale :

Chez la tante de Victor, Octavie Bourrit, il était devenu de tradition que le jeune homme allât déjeuner tous les samedis, après quoi il faisait la lecture à la vieille fille dont la vue avait considérablement baissé. Un beau jour, il trouva la place prise par une inconnue. C'était une jeune fille pauvre mais d'excellente éducation et de bonne famille, nous assure-t-on. Ce fut, paraît-il, le coup de foudre.

Victor s’empressa de demander la main de la demoiselle de compagnie et fut agréé. On voit qu’en fait de romanesque notre auteur, qui devait par la suite en inventer pendant plus de trente ans pour la grande délectation de son public (excédé d’une époque d’où cet élément était banni), écrivait en connaissance de cause.

Mais la famille (en particulier sa mère), qui avait sans doute caressé d’autres projets, fit des objections, posa des conditions : « pour la jeune fille deux ans dans un pensionnat de Morges; pour Victor deux ans à Paris pour y oublier si nécessaire sa forte passion... »°. On l’y envoya donc dans le but ostensible de lui permettre d'achever ses études. « On pensait qu'il oublierait. Il

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