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peut-être pas la clef de la vérité, et l’idée de la mort qui détruira tout peut le hanter de sa déplaisante image. Mais c’est à lui de réagir, et il le peut, en assignant à chacune de ces idées déprimantes sa juste place et son importance relative : « Eh! sans doute nous mourrons tous, s’il faut en croire Bossuet‘'. » Bon, et après? sera-ton tenté d'ajouter.
Cherbuliez a noté chez l'individu, qu’il aspire à devenir un sage ou non, « certaines inquiétudes de l'esprit qui en toutes choses cherchent le mieux? ». Dans la sagesse elle-même n’a-t-il pas observé une folie particulière qui va précisément à l’encontre des préceptes de la philosophie bien établie, laquelle recommande raison, sang-froid, logique ? « Félix, faites votre métier, soyez philosophe : on ne l’est que par l’esprit de conséquence et la rigueur de la logique. » En regard de quoi il affirme : « Il y a dans le plus sage des hommes un fond de folie qu’il doit dépenser tôt ou tard‘. » Ce fond de folie ne se manifeste-t-1l pas dans ces « inquiétudes... qui en toutes choses cherchent le mieux? »
Généralement cette sagesse paradoxale se rencontre chez les jeunes, car elle exige souvent comme condition préalable que les principes de la raison et de la logique soient foulés aux pieds, que la vérité même soit écartée si elle gêne. « Il est si bon qu’un jeune homme à l’âge de déraisons ait été résolument, passionnément injuste, qu'avant de dire « J'aime Platon, mais j'aime encore mieux la vérité » il ait commencé par sacrifier la vérité à Platon*. »
Il est bon que le jeune sage ait à la fois courage et audace, et l’âge d'habitude diminue en nous ces facultés : « La prudence est la dernière vertu qu'apprennent les âmes généreuses‘. » Le sage qui aura cet enthousiasme juvénile ressemblera à ce personnage qui « s’enflammait pour des vérités vieilles comme le monde qu'il croyait découvrir ou pour des erreurs qui lui semblaient plus séduisantes que des vérités’ », quelquefois même pour des choses en apparence inutiles mais possédant pour lui un sens profond caché : Qil n’y a rien de plus utile dans ce monde que les choses qui ont
. L'Idée de Jean Télerol, p. 14.
. Paule Méré, p. 86.
. Le Secret du Précepteur, p. 67.
. Jacquine Vanesse, p. 12.
. Paule Méré, p. M8.
. Après Fortune Faîle, p. 86.
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l'air de ne servir à rien‘ ». L'homme qui possède cet esprit généreux a besoin de ressentir une sourde inquiétude, une quasi souffrance, pour pouvoir aspirer à ce mieux qu'il recherche confusément. Il est bon que l’adversité le tourmente. « Le premier principe de tout progrès est le sentiment très vif d’une privation et la douleur persistante qu’elle nous cause*, »
Il est des périodes dans la vie, comme il en est dans l’histoire, où l'enthousiasme d’une belle tâche nous possède : « Nous avions des croyances qui nous échauffaient le cœur, nos têtes bouillonnaient. Le général Foy, Hernani, la République, quel que fût le point en litige, nous prenions parti, et nos idées étaient nos maîtresses pour qui nous étions prêts à verser notre sang... Jeunes gens, jeunes gens, vous êtes une génération d’indifférents!... Dites plutôt que nous sommes une génération d’avertis*. »
L'homme a de tous temps recherché l’Idéal. Souvent celui-ci, les temps n’étant pas favorables, a démenti ses espoirs et s’est dérobé : « Il y a quelques vingt ans les âmes avaient conçu de trop vastes espérances; on était dans l’attente, on se préparait à entrer dans la terre promise... Le mirage se dissipa... Il se fit alors un grand déchirement dans les âmes exaltées, ce fut vraiment la banqueroute de l’idéal*. »
Dans la poursuite de l’idéal, l’homme ne fait que se conformer à la nécessité de sa nature intérieure. Le but pourra changer mais le besoin sera toujours présent là : « Ce qui est certain c’est que votre vie durant il faudra que vous ayez un culte pour quelque chose ou pour quelqu’un*. » Chacun de nous porte en soi son idéal de perfection : « Il faut croire que nous avons tous dans l’esprit à notre insu une figure de femme que nous avons faite à notre fantaisie®. » L'amour que nous avons en quelque sorte façonné à l’image d'une pensée innée est peut-être après tout lui aussi un mode de la sagesse en quête d’idéal : « Il y avait dans mon cœur comme un paradis commencé”. » Toutefois cette sagesse ne saurait se satisfaire à ce point; elle veut savoir pourquoi elle aime : « Son ado-
. L'Idée de Jean Téterol, p.14.
. La Béte, p. 95.
. Paul Méré, p. 1.
. Le Grand Œuvre, p. 16,
L'Aventure de Ladislas Bolski, p. 141.
. L'Idée de Jean Téterol, p. 203.
. L'Aventure de Ladislas Bolski, p. 202.