‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 157 sur 298 · Travaux de M. P. Leguay, p · texte numérisé non relu

Travaux de M. P. Leguay, p

simple, tout naturel de croire, lorsque tant d'entre nous trouvent que c’est la chose du monde la plus difficile. »

Et si un peu plus loin il se déclare lui aussi «du parti de l’espérance », 1l entend par là tout autre chose : « ce n’est plus dans sa bouche qu'une vague profession d’optimisme! »-

Plus hardiment peut-être, Cherbuliez nous a livré sa pensée dans les opinions qu'il a émises sur l’œuvre de David Strauss :

« Gherbuliez est un sceptique bienveillant. Il ne croit en aucune manière au surnaturel. C'était le rêve de ce qu’on appelait alors la nouvelle théologie protestante ou l’école de Strasbourg, celle de Colari et d’un Réville, celle à laquelle, semble-t-il, se rattachait aussi André Cherbuliez. Que Victor Cherbuliez ait partagé un instant la même idée chimérique, c’est possible, encore qu'il n’y en ait aucune preuve ; ils’en déprit bientôt. Son étude sur Strauss est d’un esprit très indépendant, fort éloigné du 'christianisme, même le plus allégé. Strauss, auteur de cette Vie de Jésus célèbre, qui parut en 1835 et fut traduite chez nous par Littré, ne lui paraît pas avoir été bien logique. Après avoir démoli, Strauss voulait reconstruire. Il publiait dès 1839 une brochure intitulée : Ce qu'il y a de périssable et de permanent dans le christianisme. Sa démonstration, dit Cherbuliez, se réduit à ceci : « Rien n’est plus admirable en ce monde ni plus adorable que le génie, les plus grands génies sont les génies religieux et aucun des fondateurs de religion n’a jamais égalé le Christ, aucun dans l’avenir ne le surpassera jamais. » Plus tard, en 1864, il publia une nouvells Vie de Jésus destinée non plus aux savants, mais à tout le peuple allemand. Dans ce livre, qui fut traduit en français par Nelftzer et Dollfus, il essayait de montrer qu’il n'avait pas été du tout le révolutionnaire et l’incrédule qu'avait cru voir en lui une opinion publique mal instruite, mais un continuateur de Luther, désirant secourir les âmes anxieuses et faisant pour elles, dans le christianisme, le départ «entre les vérités immortelles qui procurent le salut et les dogmes périssables que l'ignorance y a mêlés ». Jésus est un sage que la crédulité travestit en thaumaturge..…. Position peu défendable et que Cherbuliez s’étonne de le voir maintenir. Trouver « dans les déblais de la critique assez de marbre pour en bâtir un autel » lui semble une prétention bien imprudente. L'école de Strasbourg, très nettement par la plume de Colani, avec plus de réserve chez Réville, avait blâmé la Vie de Jésus de Renan. Or, Cherbuliez,

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