‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 165 sur 298 · Idem., p · texte numérisé non relu

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tout prendre est une négation d’action, est préjudiciable, qu'il y à du bonheur même dans les croyances tristes, tant l'homme a besoin de trouver où s'appuyer... Les plus aimables des sceptiques prennent de l'humeur en prenant de l’âge, tournent à l’aigre* ».

Besoin de croire à quelque chose, éprouvé par tous à des degrés divers : « Si incrédule qu’on soit on croit toujours à quelque chose” »; désir de croire que la raison récuse souvent comme une taiblesse : « Je n’ai jamais vu d'homme plus croyant que cet incrédule* », scepticisme devenu à la longue plutôt l'attitude d'un esprit qui se garde et se complaît dans une douce habitude de mollesse : « J'avais renoncé à beaucoup de choses; ce qui me coûta le plus ce fut de renoncer à mes doutes‘ ».

Il est des scepticismes aimables, accueillants même pourrait-on dire : « Le scepticisme tolérant, c’est bien quelque chose’! » On serait tenté de considérer cette boutade comme une affirmation très personnelle à l’auteur. Nous avons au commencement de cette étude signalé cette opinion émise sur lui : Cherbuliez est un sceptique bienveillant. Après tout il y a dans les religions de très belles et de très nobles choses qu’un esprit ouvert et intelligent peut fort bien désirer connaître et à l’occasion faire siennes. C’estlorsqu'elles essaient de nous faire violence que nous nous insurgeons contre elles, car, pour un homme cultivé « le fanatisme est toujours sot° ». Mais il existe aussi un fanatisme de l’incroyance contre lequel notre scepticisme s’indigne également : « Nous sommes entourés de mystères que je n’ai eu ni le loisir ni le goût d'approfondir et j'ajoute que de toutes les explications qu’on a pu donner de l’univers le matérialisme m’a toujours paru la plus insuffisante et la plus sotte”. » ;

Mais en toute sincérité il existe une autre forme de scepticisme qui est comme une atonie de la foi et pour laquelle il n’y a pas de remède : « Mon scepticisme n’est pas une révolte, ni une indocilité raisonnée, mais une impuissance de croire et d’aimer dont je m'afflige*... » Dans un cas pareil, la philosophie va quelquefois

. Le Grand Œuvre, p. 33.

. Après Fortune Faile, p. 262.

. Paule Méré, p. 110.

. La Vocation du Comte Ghislain, p. 63.

. Noires el Rouges, p. 89.

. Idem, p. 248.

. Après Fortune Faile, p. 266.

. La Vocation du Comte Ghislain, p. 55.

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