‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 169 sur 298 · Idem, p · texte numérisé non relu

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de vrai zèle plus il est enclin à avoir des opinions particulières. Il en est des dogmes à ce qu’il me semble comme de la musique que chacun, sauf les indifférents, interprête à sa façon et au gré de son cœur. Pour que le dogme ait une action sur la vie, il doit se convertir en sentiment et nos sentiments nous sont très personnels, nous y mettons notre marque. Monsieur le curé, ai-je tort de m’imaginer que les plus grands saints ont eu leurs petites hérésies ? Il n’y a que les indifférents qui n’en aient pas‘. »

L'Église catholique, faisant la part de l’individualisme et de ses aspirations si nobles soient-elles, a ainsi fait le jeu de la Réforme : « L'attaque inopinée de Luther mit l’Église en péril. Quand deux doctrines sont aux prises, la plus simple, la plus grossière a de grands avantages sur celle qui a des aspirations plus hautes... Le programme de Luther : L’Évangile! rien que l'Évangile! plus de sacerdoce... avait une simplicité spécieuse propre à captiver les esprits *. »

En s’ennoblissant l’Église donna aux sentiments libre carrière : « Les pensées les plus hautes sont les plus sujettes à être mal interprétées ; les passions les défigurent* ». En s’humanisant pour élargir davantage les limites de son empire, elle perdit de sa puissance sur la foi qui voulait demeurer aveuglément soumise : « C’est ainsi que l’Église s'était affaiblie en s’agrandissant et l’on eût dit qu’en reculant les bornes de la vérité elle en avait ébranlé les fondements *. »

L'énergie dans la croyance et la sévérité rétablie dans le dogme, le protestantisme sut l’offrir à ceux dont les convictions avaient été ébranlées par le catholicisme adouci. Ce fut avant tout une religion . agressive : « Elle croyait savoir que les protestants sont d’intrépides convertisseurs”. » Et encore : « Car la direction des consciences n’est pas étrangère aux protestants * ».. Sa rudesse était un de ces attraits.

« Je m'étais frotté à mon siècle et ma vieille foi huguenote avait émoussé ses angles’. » Avec la religion réformée, pas de délicates réticences, pas de nuances. C’est bien le cas de redire avec Cher-

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