‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 171 sur 298 · Idem, p · texte numérisé non relu

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renfermait l'Évangile... Comme le dogme le génie moral du chrisianisme eut son histoire‘. »

Au point vraiment critique de cette histoire on comprit confusément que les temps où la religion avait dû s’imposer par la violence étaientrévolus, que la croyance devait être revivifiée au contact du monde en qui tout n'était pas haïssable :

« Loin d'ici toute vaine distinction du profane et du sacré! Il n'y a de profane que le vice, il n’y a d’impie que le mal. Le Christ aux bras étroits est l’idole des fanatiques. Périssent les autels de cette divinité menteuse! Dieu vrai, Dieu infiniment bon, dans tous les temps toutes vos créatures vous ont été chères *. »

La sagesse de la vieille et sereine philosophie venant en aide à la religion, incapable de satisfaire entièrement à toutes les aspirations secrètes des âmes, cela même, bien avant la Renaissance, on l’avait désiré : « Déjà le moyen âge avait entrevu cette grande vérité. Il était allé demander à la Grèce son Aristote pour en faire un ouvrier du Seigneur... Aristote fut le saint Christophe du moyen âge, le géant de Stagyre fit passer à l’enfant Jésus le torrent de la barbarie”. »

La Renaissance s’efforca du mieux qu’elle le put d’abaisser les barrières qui existaient entre religion et philosophie, et ainsi c’est surtout « Platon qu’elle enrôle parmi les serviteurs de l'Église; car en dépit de leurs contradictions apparentes, elle croit à l’harmonie de tous les systèmes. Il y a selon Ficin de la religion dans la philosophie, comme il doit y avoir de la philosophie dans la religion.

« Socrate a été la préfiguration du Christ. Et que dira Ficin de son cher Platon? Se couvrant de l'autorité de saint Augustion qui déclare que les vrais platoniciens sont presque des chrétiens, il affirme que Platon a été visité de Dieu et que c’est par lui qu'on va à Christ. À son exemple, Pic démontra la concordance du platonisme avec les révélations juive et chrétienne, et tour à tour interprétant le récit mosaïque de la création, il retrouvait dans la Genèse les dogmes de la philosophie ou découvrait dans Platon les rudiments de la théologie chrétienne et l'explication des saints mystères‘. »

Le désir de retrouver de divines correspondances posséda les philosophes du temps : « Toutes les fables des mythologies sont

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