Idem, p
Formes et images agissant sur l'imagination, agissant sur la sensibilité ; idées et forces latentes conçues par l'intelligence recherchant l’ordre, l’unité, l'harmonie ; énigmes et mystérieuses concordances par lesquelles le conscient et l'inconscient essayent de se rejoindre ; Cherbuliez semble avoir voulu indiquer tout cela dans ses descriptions des choses de la nature.
Il faut également noter comme un rythme puissant, pulsant, une vie qui jamais ne s'arrête, le « devenir » hégélien sans doute; et enfin la notion panthéistique d’un Dieu.
L'union ou tout au moins la compréhension mutuelle de l'homme et de la nature par la sensibilité et l’imagination, le romancier en a fait un de ses thèmes favoris :
« Plus d’un sapin m'a regardé d’un air familier, plus d’un vieux mur m’a souri au passage. Un ruisseau tombant d’une roche grise a grossi sa voix pour m'appeler‘... » : « [Il me sembla que toutes les étoiles du ciel se penchaient vers cet humble toit et le regardaient avec amitié ? »... : « les pierres ont un cœur. Toute cette maison se prit à sourire en me voyant paraître*... » Il lui sembla que ce saule creux la regardait avec bienveillance *. »
Paul Sirven a d’ailleurs reproché à Victor Cherbuliez cette conception de la nature qu’il juge trop superficielle : « De la nature il ne sait guère que ce qu’elle a de coquet et de grandiose, et il la goûte en épicurien qui apprécie un paysage »... « Les récits de M. Cherbuliez abondent en descriptions. La nature s’y mêle perpétuellement aux actions et aux sentiments des personnages. Mais combien elle diffère chez lui de ce qu’elle est chez les poètes!
« Le poète est celui qui embrasse la nature dans son entier, qui la pénètre et s’y absorbe... Je ne vois nulle part chez M. Cherbuliez ce sens de l’immensité, ni cette préoccupation de l'infini...
« A défaut de la poésie de l'infini, il nous donne celle de la variété. Oui cette nature dont il sent si bien la grâce, il l’a voulue le plus souvent humaine, familière, plaisante et presque lutine... « Plus d’un vieux mur m'a souri au passage... un torrent tombant d’une roche grise a grossi sa voix pour m'appeler... » Cela tourne au procédé, mais c’est gentil tout de même. Et puis après tout la nature intelligente et sympathique est peut-être aussi vraie que l’autre... Et enfin je suis loin de reprocher à M. Cherbuliez de