‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 188 sur 298 · Article de Jules Claretie dans le Temps, du 25 mars · texte numérisé non relu

Article de Jules Claretie dans le Temps, du 25 mars

« Cherbuliez a écrit trois dialogues considérables qui ne valent pas ceux de Renan {cités plus haut dans l’article), mais qui sont pleins d'idées, d’ingéniosité, parfois de grâce, et qui méritent d’être relus... Ce sont Un cheval de Phidias, Le Prince Vitale et Le Grand Œuvre. Un cheval de Phidias, qui est le premier en date des ouvrages de Cherbuliez, me paraît le meilleur, C’est un dialogue fort élégant entre des personnages d’une distinction un peu trop conventionnelle et facile, qui se passe sur l’Acropole d’aujourd’hui et qui fut écrit par Cherbuliez à Athènes, ou à la suite d’un voyage à Athènes.

« Il y développe toutes sortes d'idées aimables et judicieuses sur Phidias, sur la sculpture grecque, et aussi sur les chevaux qu’il paraît fort bien connaître, et qu'il montre que Phidias connaissait mieux encore. Le cheval dont il s’agit est l'un de ceux de la frise encore en place au Parthénon, et tout le monde au xix° siècle en a admiré la sûre anatomie, le mouvement, les veines saillantes, la réalité... »‘.

Ce livre de jeunesse donne assez peu de prise à l’éreintement, c’est sans doute un mérite.

Il nous parait toutefois plus intéressant de citer l'appréciation de Joël Cherbuliez, le libraire, « l’Oncle Joël », qui avait servi de premier mentor au jeune romancier en herbe *.

Cette appréciation a paru dane la Revue Critique des Livres Nouveaux parue à Genève en 1860 et publiée par l’oncle lui-même :

« J'entendis l’autre jour, quatre amateurs qui feuilletaient ce volume, exprimer ainsi leur opinion : « Évidemment, dit le premier, l’auteur doit être un disciple enthousiaste de Baucher ou de Franconi. Le cheval à ses yeux, l'emporte sur l’homme en intelligence comme en beauté. Tous les secrets de l’équitation lui paraissent familiers et sa plume élégante manie sans peine l’argot du manège. » « Erreur, s’écria le second, erreur profonde, cet homme-là ne fut jamais écuyer, il ne saurait faire faire la moindre manœuvre au cheval dont il parle tant. C’est bien plutôt quelque élève fraîchement sorti d’Alfort qui s'empresse d'’étaler sa science vétérinaire ». « Pas du tout, dit le troisième, le cheval dont il s’agit n'est pas de chair et d’os, mais de pierre. C’est un bas-relief du Parthénon que l’auteur apprécie en artiste expert qui certainement

4. Le Cenlenaire de Victor Cherbuliezs, par Albert Thibaudet. Candide, du 30 mai 1929.

2. Revue Crilique des Livres Nouveaux, Genève, 1860, 8e : « À Propos d'un Cheval, Causeries Athéniennes, par Victor Cherbuliez. Genève et Paris, J. Cherbuliez, 1860.

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