‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 192 sur 298 · Idem, p · texte numérisé non relu

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œuvre d'architecture comme dans toute œuvre d’art, la qualité suprême est le divin naturel.

« La musique, elle aussi, est un art qui a pour premier principe des analogies naturelles, et plus elle les observe et les reproduit avec fidélité, plus elle a de l’action sur nous. Il y a une conformité, une correspondance mystérieuse entre les vibrations des corps et de l’air et celles de nos nerfs et de notre cœur... Quel est le modèle du musicien quand il fait un chant? disait Diderot dans son Neveu de Rameau. C’est la déclamation. Il faut la considérer comme une ligne, et le chant comme une autre ligne qui serpenterait sur la première. Plus cette déclamation, type du chant, sera forte et vraie, plus le chant qui s’y conforme la coupera en un plus grand nombre de points’. »

La passion de la réalité qui nous pousse à prendre contact avec la nature n’est pas cependant plus vive en nous que l’amour des apparences (Cherbuliez a noté ces deux tendances plus haut).

Cet amour des apparences explique un autre trait commun à tous les arts : « Tous les arts ont encore ceci de commun que la forme y est toujours expressive ; les apparences y sont des signes et ont un sens que je découvre instantanément ou que je démêle par une induction du connu à l’inconnu qui me coûte peu d'effort.

« C’est ainsi que nous retrouvons dans ces simulacres des réalités qui ne nous étaient point étrangères ou que nous nous représentons facilement. Les joies austères que procure la science sont d’un autre ordre; elle nous révèle les principes secrets des choses, les lois cachées qui règlent et déterminent les phénomènes. L'art, à proprement parler, ne m’apprend rien; il ne démontre pas, il montre?. »

« Mais si l’artiste a du talent et sait son métier, sa copie me fera voir l'original mieux que je ne l'ai jamais vu. C’est une image qui éclaireit la réalité, parce qu’elle se réfléchit dans un miroir merveilleusement limpide; l'impression qu’elle produit sur moi, je l'avais éprouvée déjà en me trouvant en présence de l'objet représenté; il m'en souvient et il me semble pourtant que je la ressens pour la première fois, tant elle a de force et, pour ainsi dire, de certitude. Le plaisir esthétique serait incomplet si mes reconnaisances ne ressemblaient pas à des découvertes et s’il ne se mêlait pas quelque étonnement à mon admiration : — Oui, c’est bien cela, me dis-je, et cependant c’est autre chose’. » Le procédé le voici :

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