Idem, p
ris
Il existe donc dans l’art un procédé ou une magie. C’est par le langage des signes ou des symboles qu’il se fait auprès de nous linterprète de la nature : « Mais on fait ici une distinction; à l’architecture, à la musique, arts symboliques, qui dit-on n’imitent rien, on oppose la sculpture et la peinture en les qualifiant d’arts imitatifs. Regardons-y de plus près et nous reconnaîtrons qu’il y a une part d'imitation dans l'architecture et dans la musique, et que tout n'est pas imitation dans la peinture comme dans la statuaire, qu'ainsi tous les arts ont bien un air de famille, que ce sont vraiment les espèces d’un même genre‘. »
« La méthode des arts symboliques est limitation indirecte ; ils remplacent les ressemblances par les analogies. Une analogie est une similitude imparfaite entre des choses d’ordre différent. Certaines impressions morales et celles que nous procurent certains effets naturels ont ensemble une si étroite liaison que nous ne pouvons pas éprouver les unes sans ressentir les autres... Que dans un corps il y ait concordance entre ses trois dimensions ou que l’une soit sacrifiée pour accentuer la valeur des deux autres, ce corps aura un caractère, et ce caractère se communique à l’image qu'il laisse dans notre esprit, et notre âme en sera marquée”. »
« Si dans les arts symboliques, limitation... n’est jamais qu'un à peu près, il ne tient qu’à nous de nous convaincre qu’il en va de même dans les arts imitatifs. Sans parler ici de la sculpture, qui en rendant les formes, fait abstraction de la couleur comme d’une quantité négligeable, il y à impossibilité physique qu’un peintre possédant à fond son métier, qu’un paysagiste dont la main est aussi subtile que son regard est juste et précis, nous fasse voir une scène de la nature telle qu’il la voit”... »
L'artiste peut bien nous demander de nous prêter aux conventions de son métier, d'accepter ses procédés. II le fait sans nulle crainte : « Il sait que nous nous prêterons de bon cœur à cel accommodement, que la vérité d'impression nous suffit, que c’est la seule que nous attendions de lui, la seule qu’il nous doive. II compte sur notre complaisance, qui est le fruit de l'éducation et d'habitudes contractées à notre insu‘. »
Le procédé exige donc de nous un accord tacite et plus peut-être une préparation préalable à la parfaite compréhension.