‹ Victor Cherbuliez: Romancier, Publiciste, PhilosopheChapitre 194 sur 298 · Idem, p · texte numérisé non relu

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4, Idem, p. 51.

« Pour retrouver le réel dans les fictions de l’art, il faut un travail d'esprit et un acquiescement volontaire à de certaines conventions que les civilisés acceptent". »

Parmi ces conventions, il faut compter limitation par simplification et pour cause : « L’imitation est un principe commun à tous les arts, mais par nécessité comme par goût, ce qu'ils imitent dans le particulier, c’est le général?. »

« Deux espèces d'hommes ont peu de goût pour les arts. Ce sont d’abord les esprits positifs, occupés uniquement des faits et de leurs circonstances particulières. et les esprits abstraits qui ne se plaisent que dans la région des idées pures, dédaignent les jouissances esthétiques. » Ces gens ne sont nullement enclins à se prêter au jeu que pratiquent la nature, l’artiste et son art.

Ils préfèrent s’en remettre entièrement à leur intelligence, à leur raison. L'artiste demande à être trompé : « Ce que me doivent les arts, c’est ce qu'on peut appeler l'illusion intermittente. Il faut que tour à tour je m’abuse et me désabuse, je me laisse prendre et me reprenne, que je sois une dupe qui conserve assez de sang-froid pour juger son trompeur *. »

« [l résulte de ce qui précède que chaque art est un système de signes, et que l’artiste étant moins occupé de reproduire les choses elles-mêmes que de rendre dans la langue spéciale qu’il parle les impressions qu'il a reçues, ses imitations sont des traductions. »

« Ce que nous demandons avant tout à un traducteur, c’est de se pénétrer à un tel point du génie de l'original qu’il nous le fasse sentir sans effort, et ce que nous cherchons en premier lieu dans une œuvre d’art, c’est la vérité ou du moins un genre de vérité...

« Si le chimiste s'intéresse aux éléments dont se composent les corps, le physicien aux forces et à leurs lois, le physiologiste aux lois de la vie, le philosophe à la loi générale d’où dérivent les lois particulières, le moraliste aux rapports qu’ont les actions humaines avec la science du bien et du mal, l’homme qui considère en artiste les choses de ce monde s'occupe moins de savoir comment elles sont faites que de se rendre un compte exact de l’action qu'elles exercent sur la sensibilité. Or, c’est par leur caractère que les choses nous affectent, et, partant, la première qualité d'une œuvre d’art est la vérité du caractère. Si défectueuse qu’elle puisse être, une

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