Idem, p
d. Idem, p. 49.
procédés précités (simplification et contraste) dans l’œuvre de l'artiste, et jusqu’à un certain point comme une résultante de ces procédés, un peu souvent et parfois beaucoup d’exagération. « L'artiste, comme le fait observer notre philosophe, ment au profit de la vérité!. »
Mais pourquoi lui en faire un grief? : « L’exagération est naturelle au langage du cœur humain‘... » : « Toutes les passions sont de grandes exagéreuses”.…. » : « Si Homère ct Shakespeare n’avaient pas grossi leurs personnages en nous les faisant voir par le petit bout de la lunette, nous seraient-ils restés à jamais dans les yeux? Les images simplifiées et exagérées des objets réels sont des types ou des exemplaires *. »
Nous remarquons que Cherbuliez a fait à présent intervenir la passion, le sentiment dans son appréciation de l’œuvre d’art et dans son élaboration. Nous allons voir que c’est grâce à l’aide de cette même passion « exagéreuse », de ce sentiment divers que la magie de l'œuvre d’art va s’accomplir, que sans eux elle ne peut avoir lieu.
« L'art doit des sensations à nos sens, il doit des émotions à notre âme, et c’est là surtout qu’il se révèle magicien. Avec quelque fidélité qu’il représente les choses, ses copies font sur nous une autre impression que les choses elles-mêmes. Il nous montre des objets insignifiants, et nous croyons y découvrir un sens...
« Il excite en nous toutes les passions que nous avons pu ressentir dans la vie réelle, et les plus violentes, les plus douloureuses de ces passions ne nous causent aucune souffrance. Elles ne nous blessent pas, elles ne nous déchirent pas, elles sont devenues inoffensives”... »
« [1 faut accorder... que l’homme n’échappe à l’ennui que par ses passions, que c’est par elles qu’il se sent vivre et qu’il n’en est aucune qui ne soit accompagnée d’inquiétude, aucune qui ne soit une douleur commencée. Le désir et l’aversion sont les passions mères d’où dérivent toutes les autres°.. »
… «Nos passions sont des puissances désordonnées, orageuses, violentes et tyranniques; s’arrogeant un droit de souveraineté sur le monde, elles trouveraient naturel d’en bouleverser les lois pour